Au Brésil comme aux Etats-Unis, les différentes communautés ne votent pas de la même façon. Un point commun réunit ces deux pays : les minorités ethniques sont massivement à gauche et les populations blanches majoritairement à droite. 

La récente et fragile élection de Lula au Brésil avec 50,9% des voix réjouit les partisans de l’alternance et déçoit les plus conservateurs. Au-delà du résultat, il est important de s’interroger sur les disparités ethniques qui sont mis en avant dans les deux électorats. Selon l’institut de sondage Datafolha, lors de l’élection brésilienne du 27 octobre, 58% des blancs ont voté pour Jair Bolsonaro, mais cette statistique s’inverse à l’intérieur de la communauté noire qui a voté à 64% pour le candidat de gauche. L’électorat blanc est majoritairement conservateur quand l’électorat noir est plutôt progressiste. 

Un phénomène qui dépasse les frontières du Brésil

Mais le Brésil n’est pas le seul pays touché par ce phénomène. Aux Etats-Unis, lors du scrutin ayant vu Joe Biden battre Donald Trump, la communauté blanche s’était portée à 58% sur le candidat républicain, alors que dans la communauté noire seulement 12% des électeurs avaient glissé leur bulletin en faveur du représentant conservateur. En 2012 déjà, 59% des blancs avaient plébiscité le candidat républicain Mitt Romney, tandis que 93% des afro-américains s’étaient prononcés en faveur de Barack Obama. D’autres communautés que certains qualifient de “minorités racisées” votent aussi massivement pour le parti démocrate. La démocratie semble ainsi vouée à devenir un marché où chaque candidat ferait du clientélisme ethnique. 

En France, les statistiques de ce genre sont interdites. Selon un sondage de l’IFOP pour le journal La Croix, on sait simplement que près de 70% des votants musulmans ont choisi Jean-Luc Mélenchon.