En Écosse, les monstres ne se cachent pas que dans les lacs. Blot­ti dans un cime­tière, un arbre monu­men­tal fas­cine tou­jours autant. Et lui au moins, il ne se dérobe pas aux regards du tou­riste ! L’if de For­tin­gall est plu­ri­mil­lé­naire et en plus, on spé­cule tou­jours sur son sexe. If any ques­tions arise, read below…

 

Cré­dit pho­to : Wikipédia

Enra­ci­né au plein de cœur de l’É­cosse, il aurait entre 2000 et 5000 ans ! L’if de For­tin­gall aurait gran­di au cours de l’âge de fer. L’in­té­rieur de son tronc est pour­ri, ce qui rend toute data­tion pré­cise impos­sible. On parle donc au condi­tion­nel. Nor­mal pour un if, me direz-vous. Et puis c’est une manière d’en­tre­te­nir le mys­tère au cœur de cette contrée pit­to­resque du Perthshire.

Le “monu­ment” est un sujet d’ad­mi­ra­tion mais aus­si un objet d’é­tude. Avant, les tou­ristes, plus mou­ton­niers que les mou­tons écos­sais, venaient lui décol­ler la peau pour repar­tir avec un sou­ve­nir. Le vil­lage mit fin à cet abus. Tout en res­tant acces­sible, l’arbre est désor­mais pro­té­gé par un mur. Le syn­di­cat d’i­ni­tia­tives ne dit pas si le ciment remonte à Hadrien.

Cré­dit pho­to : Scotland-Alba

Sur­nom­més “arbres éter­nels”, on uti­lise les ifs comme remèdes contre les can­cers, une pra­tique cou­rante au Cana­da. Les méde­cins conti­nuent leurs recherches sur ce point. Quant aux éco­lo­gistes, ils en font un sym­bole de pré­ser­va­tion de notre patri­moine végé­tal.

Cré­dit pho­to : SIPA

Un jour de prin­temps, l’arbre se mit à pro­duire des baies rouges. Dans la presse anglaise, un bota­niste du jar­din royal d’É­dim­bourg expli­qua :  “Nor­ma­le­ment ce chan­ge­ment appa­raît en par­tie sur la cou­ronne de l’arbre plu­tôt que sur tout l’arbre (…) Sur l’if de For­tin­gall, il semble qu’une petite branche de la par­tie exté­rieure de la cou­ronne ait chan­gé et se com­porte désor­mais en tant que femelle”. Ah, ces bri­tish et la cou­ronne, on ne se refait pas. Un jour, vous ver­rez, les book­ma­kers parie­ront sur la teinte de l’if comme sur la cou­leur de la robe de la reine.

En tout cas, a ques­tion arises : l’if serait donc transgenre ?

Selon Max Cole­man, “le stress envi­ron­ne­men­tal” pour­rait pro­vo­quer des muta­tions de sexe. Bigre. Science et Ave­nir s’a­muse de ce sur­pre­nant phénomène.

Femelle ou mâle, l’if de For­tin­gall demeure en bonne san­té. Heu­reu­se­ment que l’or­gueilleux monu­ment ne croi­sa jamais un de ces La Fon­taine pour lui faire la leçon. Le vent l’au­rait peut-être déjà déra­ci­né. Pour­tant, en Écosse, ça souffle. Le vent de l’in­dé­pen­dance est même plu­tôt violent. L’arbre qui est tou­jours là rap­pelle que ce pays vient du fond des âges et qu’il n’est pas près de bou­ger. Comme le fût d’un bon whisky.