Bitcoin, cryptos : quand les États s'y mettent

Le Bitcoin touche à un pouvoir fondamental, celui de battre monnaie. Si certains États sont hostiles aux cryptos, d'autres savent tirer parti des avantages que procure cette innovation technologique.

2011, 2013, 2017, 2021 : ces quatre millésimes sont des années de bull-run pour le Bitcoin, c'est-à-dire de phase fortement haussière. Tel le taureau de Wall Street, la folie spéculative lui fait enfoncer tous les plafonds, avec une poussée de 1400 % en un an et un rendement qui ne souffre d'aucune comparaison.

Créé par un anonyme en 2009, le Bitcoin est à la fois un jeton numérique (une cryptomonnaie) et une base de données distribuée (une blockchain). En réalité, il existe des milliers de cryptomonnaies ou de blockchains aux caractéristiques bien différentes. C'est le cas d'Ethereum, le numéro 2 des cryptos, qui possède son propre langage de programmation et permet de créer des applications décentralisées. Pour faire simple, cette blockchain alternative cherche à fabriquer un nouvel internet et, accessoirement, un nouveau système financier.

Le droit de battre monnaie est un monopole de l'État et représente l'essence même de son pouvoir. Ce n'est pas un hasard si le faux-monnayage a longtemps été puni de mort. Les cryptomonnaies s'inspirent d'une conception libertarienne : l'idée est de s'affranchir de toute autorité centrale, qu'elle soit privée ou publique. La technologie blockchain, née avec le Bitcoin, permet justement d'émettre des transactions et des messages non-censurables.

On comprend que les États soient méfiants envers une innovation qui contredit ses pouvoirs.

En 2017, Peter Thiel, milliardaire américain et investisseur crypto, déclarait que le Bitcoin est "largement sous-estimé". Ce patron de la tech, ancien soutien de Trump, en a une vision politique : la blockchain est, selon lui, un outil libertarien pour se protéger de la centralisation. Dans les années 90, Peter Thiel avait d'ailleurs co-fondé PayPal avec Elon Musk, lui-même proche des idées libertariennes et investisseur dans le Bitcoin.

Le Bitcoin et la technologie blockchain ne sont pas neutres politiquement.

La blockchain fonctionne grâce à différents nœuds qui se forment librement, sans intervention centrale.

Les déclarations des responsables publics et politiques sont souvent hostiles aux cryptomonnaies. Le Bitcoin est d'ailleurs associé à des activités illégales comme le trafic de drogue ou le terrorisme. Mais seuls quelques États interdisent les cryptos, comme l'Algérie ou le Vietnam. Dans les faits, cet oukaze est assez illusoire : il est quasiment impossible d'empêcher des bits informatiques de circuler sur un réseau.

En réalité, la plupart des États s'intéressent à cette innovation. Dans le jeu de la mondialisation, les cryptomonnaies sont des outils autant politiques que financiers : elles permettent de contourner des sanctions internationales, de contester la suprématie de devises comme le dollar ou de tirer parti d'avantages énergétiques.

Des États qui minent des cryptos

Dans le Venezuela socialiste, c'est-à-dire au pays de l'hyperinflation (130000 % en 2018), avoir les plus grosses réserves de pétrole au monde n'est plus suffisant. À vrai dire, les sanctions et les embargos n'arrangent pas la situation : les avoirs du gouvernement sont bloqués à l'étranger et l'accès aux devises internationales est limité. Avec un PIB en chute de 75 % sur une décennie, la situation économique est catastrophique et les Vénézuéliens manquent de tout.

L'an dernier, le président Nicolas Maduro annonçait que son pays utiliserait tous les moyens possibles pour contourner les sanctions internationales.

L'armée vénézuélienne se lança dans le minage de cryptomonnaies.

Une brigade de l'armée vénézuélienne publiait en novembre 2020 une vidéo sur l'installation d'une ferme de minage.

Qu'est-ce que le minage ? C'est une opération qui consiste à valider une transaction et à l'enregistrer dans la blockchain. Le processus met en compétition des ordinateurs du monde entier, incités par des mécanismes cryptographiques à sécuriser le réseau sans en falsifier les opérations.

Le minage de Bitcoin est récompensé en Bitcoin : il peut ensuite être vendu dans une devise officielle, telle que l'euro ou le dollar sur une place de marché.

Mais contrairement à l'euro, au dollar ou au bolivar vénézuélien, le Bitcoin est limité en quantité. Et c'est l'argument principal de ses partisans qui y voient une réserve de valeur contre la planche à billets étatique. Pour des pays en difficulté, le Bitcoin est une aubaine contre l'inflation et les sanctions internationales. La Corée du Nord serait d'ailleurs très impliquée dans le minage de cryptomonnaies, selon un rapport américain.

Le minage de cryptomonnaies implique l'utilisation d'une puissance de calcul informatique colossale

En Ukraine, le gouvernement construit une ferme minage utilisant l'excédent d'énergie nucléaire : elle pourrait être opérationnelle dès août 2022. En Biélorussie, le président Loukachenko proposait déjà en 2019 d'utiliser l'atome pour miner du Bitcoin. Le pays est connu pour être un paradis fiscal pour les professionnels cryptos. Récemment, le ministre de l'énergie Viktor Karankevich annonçait que Minsk étudiait la possibilité de miner des cryptomonnaies.

Toutefois, les principaux producteurs de Bitcoin sont en Chine, aux Etats-Unis et en Russie. Ils profitent d'une énergie peu chère.

Quand les fermes ne sont pas directement exploitées par les États, elles sont tolérées sur leur sol. Et ce n'est pas anodin, compte tenu de la consommation énergétique que représente le minage : le seul réseau Bitcoin consomme annuellement plus d'énergie qu'un pays comme l'Argentine !

Des États qui favorisent le développement des cryptos

Beaucoup d'États jugent inévitable l'avènement des cryptomonnaies et de la blockchain. En 2017, Vladimir Poutine rencontrait Vitalik Buterin, le russo-canadien fondateur d'Ethereum. La presse rapportait alors les ambitions du chef du Kremlin : "Internet appartient aux Américains. La blockchain appartiendra aux Russes", aurait confié un ex-agent du FSB, selon le New York Times.

Du côté chinois, le président Xi Jinping déclarait en 2019 que "la blockchain est une percée technologique importante pour l'innovation" et que la Chine devait "accélérer le développement des solutions blockchains".

Les États-Unis hébergent de leur côté de grandes plateformes dédiées aux échanges de cryptomonnaies comme Kraken, Gemini ou Coinbase. Cette dernière, fondée en 2012, devrait bientôt faire son entrée en bourse avec une valorisation à 100 milliards de dollars. Coinbase propose des fonctionnalités de trading avancées de cryptomonnaies. Sa croissance n'est pas entravée par les autorités américaines. Mais les puristes se méfient de ces géants qui concentrent beaucoup de pouvoir, car cela s'oppose de fait à la philosophie crypto.

Coinbase est une plateforme d'achat et vente de cryptomonnaies très populaire.

Les États songent eux-aussi à lancer leur propre cryptomonnaie. Ni décentralisées, ni limitées en nombre, elles seraient plutôt des monnaies numériques de banque centrale (CBDC, Central Bank Digital Currency). Mais celles-ci reprendraient des caractéristiques propres aux cryptos, comme le fait de contourner le système bancaire traditionnel.

La Réserve fédérale s'intéresse à un dollar numérique qui pourrait être testé dès l'été. Les particuliers pourraient alors échanger des "billets verts" sans passer par une banque. Cette option est envisagée dans le cadre d'un plan de relance de l'économie US.

La Banque centrale européenne n'écarte pas non plus l'idée d'un euro numérique. Son lancement prendrait environ 5 ans, selon Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE. Une décision devrait être prise à ce sujet au milieu de l'année. L'institution en voit les avantages, notamment si l'argent liquide devait disparaître.

En 2018, le Venezuela fut le premier État à lancer une monnaie numérique, le Petro. Le Time Magazine avait cru y voir la main de Moscou. La Russie utiliserait le Venezuela, un pays qui n'a plus grand chose à perdre, comme un terrain d'expérimentation en matière de cryptomonnaies.

Depuis 2014, la Chine travaille sur un yuan numérique. Il serait actuellement en phase de test dans plusieurs villes comme Shanghai ou Shenzhen. La CBDC chinoise permettrait de réaliser des transactions internationales sans passer par le système bancaire dont le dollar est la devise de référence.

Le yuan est la devise officielle chinoise. Elle est pour le moment très marginale dans les échanges mondiaux.

Ces initiatives étatiques mettent-elles en péril la décentralisation et la liberté qui sont la matrice du Bitcoin ? Les prochaines années pourraient être décisives sur ce sujet.

Néanmoins, soyons conscient d'une chose : les cryptomonnaies ne se seraient pas autant développées sans l'aide, au moins tacite, de certains États. En janvier, la capitalisation totale des cryptomonnaies dépassait le trillion de dollars !


2,5 millions d’euros d’argent public pour la mosquée islamiste de Strasbourg

Accorder 2,5 millions d'euros à une organisation islamiste et communautariste turque n’est pas une idée qui dérange la mairie écologiste de Strasbourg. Les Verts confirment ainsi leur islamo-gauchisme latent, et deviennent les idiots utiles de l’impérialisme d’Erdogan.

 

En pleine polémique sur l'islamo-gauchisme, la mairie écologiste de Strasbourg souhaite financer une nouvelle mosquée, dans le quartier populaire de La Meinau. Il n’est pas question de n’importe quelle mosquée, mais bien de « la plus grande d’Europe après celle de Cordoue », avec deux minarets hauts de 37 mètres. Son nom ? Eyüp Sultan. Ce compagnon du prophète Mahomet est mort lors du premier siège arabe de Constantinople en 674. Les Alsaciens seront sans doute ravis d’apprendre que leurs impôts -potentiellement plus de 6 millions d’euros- serviront à honorer la mémoire d’un acteur de l’invasion arabo-musulmane.

En Alsace, où le Concordat de 1802 est encore en vigueur, ce genre de subventions est tout à fait légal. Depuis 1999, la Ville de Strasbourg octroie 10% du coût de construction ou de rénovation du lieu de culte. En ont ainsi profité la Grande Mosquée, l’église catholique Saint-Bernard et l’église protestante luthérienne Saint-Mathieu. En plus de cela, la Collectivité européenne d’Alsace et la Région Grand Est peuvent chacune ajouter une prise en charge de 8%.

En cumulant les subventions des collectivités locales, la mosquée Eyüp Sultan pourrait donc recevoir 26% des 25,6 millions de son coût de construction, soit 6,6 millions d’euros. En comparaison, la Grande Mosquée de Strasbourg inaugurée en 2012 a bénéficié de 4,4 millions d’euros d’argent public.

Millî Görüs favorise le communautarisme et l’islam politique

Mais si la subvention publique de 2,5 millions d’euros octroyés par la Ville de Strasbourg ne passe pas, c’est à cause du bénéficiaire : Millî Görüs. Cette organisation politico-religieuse promeut le communautarisme et s’étend grâce à la diaspora turque. Fondée en 1969 en Allemagne par l'ancien Premier ministre turc Necmettin Erbakan, Millî Görüs s'appuie désormais sur un réseau de 600 mosquées en Europe, dont pas moins de 71 dans l'Hexagone.

En France, l'organisation se nomme Confédération islamique Millî Görüs (CIMG). Membre statutaire du Conseil français du culte musulman (CFCM), elle y impose un « islam à la turque », très politique. « Ils sont très conservateurs. Par exemple, pour eux la femme musulmane ne peut exercer que certains métiers, ou ils ne sont pas forcément défavorables au port de la burka », précisait au Parisien en juillet 2020 Jean Marcou, professeur à Sciences-po Grenoble.

https://twitter.com/GDarmanin/status/1374321676448587776

Gérald Darmanin contre l’islamo-gauchisme des « Verts »

Gérald Darmanin, opportuniste, s’insurge contre ce financement d’une « mosquée soutenue par une fédération qui a refusé de signer la charte des principes de l'islam de France et qui défend un islam politique ». Et demande au préfet du Bas-Rhin de déférer cette délibération devant le juge administratif. Oubliant que le principe de cette subvention était connu depuis déjà longtemps, autrement dit, qu’il aurait pu intervenir bien en amont du vote. Oubliant surtout qu’en vertu du Concordat, toujours en vigueur en Alsace et en Lorraine, la subvention est en théorie parfaitement légale.

Jeanne Barseghian, le maire EELV de Strasbourg, fait cependant remarquer que le versement effectif de la subvention fera l’objet d’un second vote. L’édile verte précise attendre « un plan de financement consolidé, notamment par rapport à la demande faite aux autres collectivités, de savoir quelle est la provenance des autres types de financement », ainsi qu’une « réaffirmation des valeurs de la République ».

Millî Görüs compte sur l’islamo-gauchisme pour terminer sa mosquée

Le chantier de la mosquée Eyüp Sultan avait commencé en octobre 2017, sans subvention publique. Les donations dépassèrent à peine les 2 millions d’euros sur les 32 millions nécessaires, partie culturelle incluse. La construction avancée à 50% s’arrêta en août 2019. Une cagnotte Leetchi est même lancée alors mais sans succès : elle ne réunit que 2100 euros, sur les 100 000 espérés.

Si la CIMG parvient à obtenir ses financements, sa mosquée deviendra un « nouveau bastion de l’entrisme islamiste turc en Alsace », comme le dénonce la députée européenne et présidente du groupe RN du Grand Est, Virginie Joron. La société française doit se défaire de l’islamo-gauchisme qui la ronge, ou alors elle passera sans tarder sous la coupe du néo-sultan Erdogan.

 


« Couple franco-allemand » : la France toujours plus dans la soumission

Suspension sans préavis du vaccin AstraZeneca le lundi 15 mars et achat de cinq avions patrouilleurs américains le même jour, fermeture de la frontière avec la Moselle le mardi 2 mars, accaparement du savoir-faire de Dassault… Le couple franco-allemand s’étiole au profit de Berlin, tandis que Paris s’enfonce dans la soumission.

 

Les promesses de Berlin n’engagent que Paris qui les écoute. Mi-mars, l'Allemagne suspend le vaccin anti-Covid AstraZeneca, sans prévenir la France. Les deux États avaient pourtant convenu ensemble d'attendre un avis de l'Agence européenne des médicaments, mais Berlin perd patience ou n’en fait qu’à sa tête. La volte-face « prend de court » le gouvernement français, selon les sources de Franceinfo. Dans l’heure qui suit, Paris est obligé de suivre « notre principal partenaire européen » pour ne pas rester isolé.  « Il faut avoir confiance dans le vaccin AstraZenaca », disait encore pourtant 24 heures plus tôt le Premier ministre Jean Castex sur Twitch, alors qu'une douzaine d’États européens se méfiaient déjà du vaccin anglo-suédois et avaient déjà suspendu son utilisation.

La France, qui navigue à vue dans sa gestion de la crise sanitaire, accepte donc une humiliation de plus de la part de son voisin. Sachant que depuis le début du mois, les frontaliers qui vivent en Moselle doivent se munir d'un test négatif et d'une déclaration électronique pour se rendre en Allemagne. Des règles qui ne s’appliquent pas dans l’autre sens, pour les Allemands souhaitant entrer en France.

L'humiliation de la France à travers la pseudo-coopération militaire franco-allemande

L'industrie française de l'armement prend également du plomb dans l'aile à travers une coopération très déséquilibrée en faveur de l'Allemagne. MI-mars, Washington autorise la vente à l'Allemagne de cinq avions de patrouille maritime, pour 1,77 milliard de dollars. Ces Boeing 737 militarisés concurrencent les modèles du français Dassault et de l’européen Airbus. Leurs équipements (GPS, radars, détecteurs de missiles...) sont tous issus de l’industrie de défense américaine.

En 2018, la ministre de la Défense allemande de l'époque Ursula von der Leyen et son homologue Florence Parly annonçaient pourtant leur intention de créer ensemble un avion de patrouille maritime, à travers le programme MAWS, pour Maritime Airborne Warfare System.

Ce revers s’ajoute aux vives discussions qui opposent Berlin et Paris dans leur projet du SCAF, le Système de combat aérien du futur. Les Allemands réclament en effet à Dassault de partager les brevets de l'avion dont il a la maîtrise d'œuvre. La récente arrivée de l’Espagne et la participation d’Airbus brouillent encore davantage l’entente.

Le sursaut nécessaire de la France du Rafale

La France idéaliste mais aussi en manque de financements cherche à tout prix la coopération européenne, c’est-à-dire d’abord avec l’Allemagne. Cependant, celle-ci ne compte sur la France que pour lui arracher ses derniers savoir-faire exclusifs et se permettre d'entrer ensuite en concurrence avec son ancien partenaire. En ce sens, la mise en garde d'Éric Trappier, Président-directeur général de Dassault Aviation, est très claire. Pour lui, les brevets appartiennent à celui qui les crée, non à ceux qui les financent.

Éric Trappier admet que Dassault serait « techniquement » capable de faire le SCAF seul. L'origine du Rafale prouve bien que la France est capable d'assurer elle-même son armement. A la fin des années 1970, elle amorçait le projet d'un nouvel avion de combat polyvalent avec l'Allemagne de l'Ouest, le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie. Néanmoins, les divergences de besoins, notamment la capacité d'opérer depuis un porte-avions, amenèrent la France à se désolidariser de ses partenaires en 1985. Elle développa donc le Rafale, tandis que les quatre autres États finalisèrent l'Eurofighter Typhoon.

Berlin fait son retour en puissance devant Paris amorphe et soumis

Berlin ne cache pas son retour en puissance. En février 2021, 150 ans après l’humiliante défaite française de 1870 et la proclamation de l’Empire allemand en 1871, le gouvernement fédéral rénovait à Hambourg la monumentale statue du chancelier du IIe Reich Bismarck, haute de 34 mètres, pour un coût de 9 millions d’euros. Dans le même temps en France, les politiques comme Alexis Corbière ou Aurélien Taché renient l'héritage de Napoléon Ier et refusent de célébrer le bicentenaire de sa mort le 5 mai 2021.

Entre sa mauvaise gestion de la crise sanitaire et sa soumission face à l'Allemagne, la France emprunte la pente vertigineuse du déclassement. En réalité, la France a encore bien des atouts à mettre en valeur... à condition qu'elle ne les brade pas sur l'autel de la construction européenne.

 

 

 

 

 


Réunions sans blancs à l'UNEF : la gauche divisée

Oui, l’UNEF, le syndicat étudiant de gauche historique, organise bien des réunions « racisées » : entendez, interdites aux blancs. Les aveux de sa présidente Mélanie Luce sur Europe 1 le 17 mars l’attestent, et révèlent une idéologie racialiste. Une énième polémique secoue l'UNEF et divise profondément la gauche.

« Ce n’est pas moi qui organise des réunions où les blancs ne sont pas admis », pointe la journaliste Sonia Mabrouk. Mélanie Luce, son invitée sur Europe 1 tente péniblement de justifier le bien-fondé de réunions interdites aux blancs à l'UNEF.

Cet aveu survient peu de temps après la récente affaire de l'Institut d'études politiques de Grenoble. L’antenne locale de l'UNEF livre alors à la vindicte populaire deux professeurs de l’établissement qu’elle accusait d’islamophobie. Leurs noms sont placardés sur les murs de l’établissement et cités dans un tweet supprimé depuis devant le tollé général. Déclenchées quelques mois seulement après l’assassinat de Samuel Paty, ces accusations valent aux deux professeurs d’être placés sous protection policière.

L'UNEF, une rupture entre universalisme et "islamo-gauchisme"

Depuis quelques années, les polémiques se multiplient à l’UNEF sur des questions tantôt de racisme, tantôt d’atteintes à la laïcité que d’aucuns qualifient de dérives islamo-gauchistes. Ces polémiques sont l’occasion d'alimenter le nouveau clivage qui fracture la gauche.

D’un côté, les partisans d’un universalisme français tendent à unifier des populations différentes sous l’égide d'une même culture indépendamment de leurs origines. De l’autre, les tenants du communautarisme trient les individus selon leur appartenance ethnique ou religieuse. Ces deux conceptions parfaitement antagonistes établissent une rupture nette au sein de la gauche. Le premier camp accuse le second de reproduire de la ségrégation raciale sous couvert du combat antiraciste.

Des personnalités comme Christophe Castaner, président du groupe LREM et ancien élu du PS, ou Jean-Christophe Cambadélis ancien secrétaire du PS, ont ainsi rejoint les positions fermes de Jean-Michel Blanquer et de Bruno Retailleau. Le ministre de l’Education nationale et le sénateur LR appellent à des sanctions strictes contre l’UNEF. Eric Ciotti, député LR,  a même évoqué une éventuelle dissolution de l’association, qu'il qualifie « d'avant garde de l'islamo-gauchisme ».

L’islamo-gauchisme au secours de l’UNEF ?

Alors qu’une partie de la gauche s’est désolidarisée du syndicat, l’UNEF a reçu entre autres le soutien de Jean-Luc Mélenchon. Sans surprise, l'ancien élu PS et actuel leader de La France insoumise a fustigé « une campagne d’extrême-droite » à l’encontre du syndicat étudiant. Depuis sa participation à la Marche contre l'islamophobie aux côtés du CCIF en 2019, La France insoumise est régulièrement accusée d’islamo-gauchisme par ses opposants.
Par ailleurs, une tribune publiée dans Le Monde s'oppose à une éventuelle dissolution de l'UNEF, une mesure qui renverrait dos à dos le syndicat étudiant et Génération identitaire. Les 250 signataires, anciens dirigeants de l'UNEF, refusent de voir dans les activités racialistes du syndicat une dérive anti-républicaine.

Les polémiques autour de l’UNEF cristallisent ainsi la rupture consommée au sein de la gauche. Pour lutter contre le racisme, une partie d’entre elle s’est rapprochée d’une droite favorable à un traitement égal des individus quelle que soit leur couleur de peau. L’autre a choisi d’exacerber les appartenances identitaires de chacun pour mieux imposer une vision du monde communautariste, inspirée du modèle anglo-saxon.

Malgré un très faible taux de participation aux élections syndicales étudiantes de 7%, l’UNEF conserve une influence importante dans le monde universitaire. Le syndicat reçoit par ailleurs plus de 400 000€ de subventions publiques annuelles, pour former ses élus, argent qui sert en réalité à prendre en charge des dépenses courantes. Reste donc à savoir quelle ligne politique l’emportera à l’université dans ce contexte de crise de la représentation étudiante.


Clubhouse, l'appli qui monte en politique

Clubhouse est le nouveau réseau social en vogue. Prisé des politiques, il pourrait jouer un rôle dans la campagne présidentielle.

Elon Musk, Mark Zuckeberg, Drake, Oprah Winfey et d'autres stars sont des utilisateurs de Clubhouse. L'application, réservée pour l'instant aux Iphone, séduit par son aspect élitiste et encore confidentiel. Lancée en 2020, elle compte déjà 13 millions d'utilisateurs, essentiellement américains. En France, le réseau social commence à se faire une place, notamment dans les milieux politiques.

Sur Clubhouse, il n'y a ni texte, ni vidéo. Le réseau social mise tout sur la voix : des conversations sont animées, autour de thèmes ou de personnalités, dans des salons digitaux appelés "room". Mais pour y participer, il faut recevoir l'invitation d'un membre - chaque utilisateur reçoit deux invitations à distribuer, puis il est possible de prendre la parole, uniquement sur autorisation.

Certains internautes se vantent déjà d'avoir échangé avec un artiste ou un ministre. Et pour cause, l'application reste très sélecte en France grâce à son système de cooptation. Mais la donne peut changer : d'ici à 2022, les restrictions sanitaires devraient empêcher toute réunion, meeting ou événement politique d'une certaine ampleur. Clubhouse va bientôt s'ouvrir aux utilisateurs d'Android. Le réseau social pourrait alors se révéler décisif.

Clubhouse, l'appli qui offre du direct

Pour les politiques, les réseaux sociaux offrent un contact direct avec les citoyens. Mais surtout, la censure et l'hystérisation des débats sur Facebook ou Twitter incitent à chercher de nouveaux espaces. Clubhouse est le réseau social rêvé : le ton est libre et la modération n'est assurée que par les administrateurs des salons.

Pour la ministre Marlène Schiappa, c'est une manière "d'avoir des capteurs". Sur RTL, elle a expliqué l'intérêt de l'appli : "Quand vous avez un dialogue direct avec les gens et que les gens vous posent des questions sur tel ou tel sujet, c'est un faisceau d'indices concordants pour comprendre que ce sujet est une préoccupation dans la population..." Ce n'est pas un hasard, si parmi les adeptes de Clubhouse, on trouve également Frank Riester, Clément Beaune, Jean-Baptiste Djebbari ou encore Cédric O.

2022, ligne de mire

La macronie n'est pas seule sur Clubhouse : d'autres politiques sont récemment intervenus, comme Arnaud Montebourg, l'ancien ministre socialiste, ou encore Philippe Olivier, député RN et conseiller de Marine Le Pen. Tous veulent retisser des liens avec les gens, à commencer par leurs propres militants ou sympathisants.

Il est déjà admis que la présidentielle de 2022 sera singulière : non seulement le jeu politique est très ouvert, mais la situation sanitaire ne permet pas de mobiliser ses troupes sur le terrain ni d'enclencher une dynamique électorale. Et c'est précisément la raison pour laquelle Clubhouse, ou même Twitch (réseau de streaming vidéo), connaissent des hausses de popularité fulgurantes. Les politiques cherchent la bonne tribune digitale dans cette jungle du marketing politique.

Nul ne sait quelle plateforme sera la plus populaire en 2022. Ce qui est certain, c'est que Clubhouse est à suivre de près, tant l'appli offre proximité et confiance à ses utilisateurs.


Guerre en Syrie : les media s'informent toujours auprès du très controversé Observatoire syrien des droits de l’homme

Le 15 mars, le conflit international en Syrie entrait dans sa onzième année. En manque de données chiffrées, les agences de presse comme l'AFP, Reuters et Associated Press relaient les informations de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une source pourtant plus que contestable.

Dix ans après son commencement, la guerre en Syrie se solde par au moins par 388 652 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Dans sa dépêche, l'AFP reprend ce chiffre que les rédactions françaises s’empressent de relayer. Aucun media ne parle du peu de fiabilité de cette ONG.

Créé en mai 2006 à Coventry (Royaume-Uni), l'OSDH est dirigé par une seule personne : Rami Abdel Rahmane. Ce Syrien exilé en 2000 est le seul militant du réseau à l'étranger. Il revendique environ 200 contacts sur place.

L’OSDH s'octroie le monopole du comptage de victimes

La quasi-exclusivité des sources d'informations de l’OSDH rend souvent impossible leur vérification. L’Occident refuse de prendre en considération l'agence de presse SANA, organe officiel syrien. En 2012, les États-Unis la placent même sur leur liste noire. Le département du Trésor américain prétextait que la radio-télévision publique syrienne « a servi d'instrument au régime alors que celui-ci mettait en place des attaques de plus en plus barbares contre sa propre population et cherchait à cacher les violences autant qu'à les légitimer » .

Quant au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH), il stoppa le comptage officiel en avril 2014. L'ONU déplore de ne pas pouvoir suffisamment accéder aux zones de conflit et de ne pas disposer de sources fiables sur le terrain.

Ce contexte permit à l'OSDH de devenir « comme une agence de presse » qui « fait l’actualité syrienne » pour la presse internationale, constate Hala Kodmani. La journaliste franco-syrienne explique que « l'OSDH s'est assuré un monopole du comptage des victimes, en s'imposant un peu par rapport aux autres organismes comme le Syrian Network for Human Right (SNFR) et le Violation Documentation Center (VDC) ».

Le manque de fiabilité de l'OSDH

Ignace Leverrier, le fondateur du blog « Un œil sur la Syrie », reprochait en 2014 à l’Observatoire de ne pas indiquer sa méthodologie ni de donner le nom des victimes, contrairement aux autres organismes de comptage. De nombreuses fausses informations répandues par Rami Abdel Rahmane, jamais rectifiées, entachent également la crédibilité de l’OSDH.

Ainsi par exemple, à l'automne 2011, l'OSDH annonce la mort de la jeune Syrienne Zainab al-Hosni, devenue martyre de la répression avant de réapparaître. Également, en février 2014, des victimes civiles syriennes sont identifiées comme combattants islamistes tchéchènes, saoudiens et afghans.

Le financement opaque de l’OSDH

En 2013, Rami Abdel Rahmane affirma dans les colonnes du New York Times qu’il finançait son organisation grâce à « l'argent de ses deux magasins de vêtements, de petites subventions de l’Union européenne, et d’un État européen qu’il n’a pas voulu préciser ».

En 2011, l’OSDH était pourtant placé sur la liste des ONG aidées par le National Endowment for Democracy. Le NED est une fondation privée américaine, financée par le Congrès américain, dont l'objectif déclaré est le renforcement et le progrès des institutions démocratiques à travers le monde.

En 2012, Alain Chouet creusait davantage le sujet dans l'hebdomadaire Marianne. Selon cet ancien chef du service de renseignement de sécurité de la Direction générale des services extérieurs (DGSE), « l’OSDH qui fonctionne sur fonds saoudiens et qataris est en fait une émanation de l’Association des Frères Musulmans et il est dirigé par des militants islamistes dont certains ont autrefois été condamnés pour activisme violent ».

L’Occident se contente des chiffres contestables de l'OSDH

« L'intelligence de l'OSDH, conseillé par les journalistes d'Al-Jazeera, est d'avoir compris que les journalistes occidentaux avaient besoin d'annoncer des chiffres », analyse Fabrice Balanche, chercheur au Washington Institute. La chaîne de télévision qatarienne est réputée pour son militantisme islamiste. Elle s'est largement investie dans la couverture du conflit syrien contre la propagande du régime de Damas au risque elle aussi de travestir la vérité.

Les rapports de l'OSDH sont toujours au service de la propagande anti-Assad. La majorité de la presse française les estime néanmoins fiables, et se contente de préciser sobrement « selon l'OSDH » lorsqu’elle les reprend. Le journaliste du Figaro Étienne Jacob constitue une des rares exceptions, en ajoutant dans un article en 2018 que l'Observatoire est un « organisme proche de l'opposition ».

Combien de temps l'OSDH va-t-il rester la source des media pour traiter le conflit syrien ? Les chiffres qu'il propose ont le mérite d'exister. En revanche, ses biais idéologiques évidents et la récurrence de ses fausses nouvelles devraient attirer l'attention de la presse française. Les journalistes se rendent complices lorsqu'ils se contentent de citer les bilans de l'Observatoire sans les contextualiser.


AstraZeneca : le vaccin aux effets indésirables est suspendu

La France a décidé de suspendre la distribution du vaccin d'AstraZeneca après que 30 cas d’accidents thromboemboliques ont été observés. Cette décision s’inscrit dans une dynamique commune à plusieurs autres pays européens.

Le vaccin anglais avait déjà mauvaise réputation. Produit par le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca et l’université d’Oxford, son efficacité n’était estimée qu’à 70%. Elle diminuait encore pour les plus de 65 ans et se révélait également moins grande face au variant sud-africain. Le gouvernement français aime pourtant ce vaccin pour des raisons évidentes : une dose d’AstraZeneca vaut 1,78€ tandis qu’une dose de Moderna coûte 14,7€ et une de Pfizer coûte 12€ ! Par ailleurs, le stockage est facile puisqu’un simple réfrigérateur entre 2° et 8° suffit à conserver les doses.

Un vaccin aux effets secondaires reconnus

Ce vaccin est le troisième autorisé en France bien qu'il soit le moins utilisé à ce jour. On rapporte 970 cas d'effets secondaires indésirables pour 270000 doses administrées sur le territoire national fin février. Quelques semaines plus tard, trente cas graves (parmi lesquels au moins un décès) sont détectés dans toute l’Europe. Le 11 mars, le Danemark suspend complètement la distribution d'AstraZeneca. Raison invoquée :  des cas graves de formation de caillots sanguins chez les personnes vaccinées. La Norvège et l’Islande suivent rapidement. Au même moment, l’Autriche constate le décès d’une infirmière qui avait reçu ce vaccin. Vienne fait interrompre la distribution de tout le lot de vaccins associé à cet accident. Le Luxembourg, la Lettonie, l’Estonie et la Lituanie, également concernés par ce lot, ont tous réagi de la même manière.

Quand les effets secondaires évoluent

En France, l’Agence nationale de la santé publique indiquait qu’aucun lien n’était encore établi entre le vaccin et les caillots sanguins. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) assurait également qu' il "n’y a pas de raison de ne pas l’utiliser". C’est dans ces conditions que le ministre de la santé, Olivier Véran, annonçait encore jeudi 11 mars que la distribution du vaccin AstraZeneca ne serait pas suspendue en France. Quatre jours plus tard, Emmanuel Macron annonce l’inverse : suspension provisoire du vaccin en attendant l’avis de l’agence Européenne des médicaments (EMA). Ce changement de décision subit, auquel le gouvernement a habitué les Français depuis le début de la crise sanitaire, s’inscrit dans une dynamique commune à plusieurs autres pays européens. Les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Irlande ont pris une décision identique au cours du week-end. Le chef de l’État a dit « espérer reprendre vite » la vaccination avec ce sérum « si l’avis de l’autorité européenne le permet ».


Journée du droit de la femme : la collusion de toutes les luttes

Lundi 8 mars, de nombreuses manifestations étaient organisées partout en France, pour célébrer la journée internationale des droits des femmes. A Paris, le cortège parti de Port-Royal ressemblait plus à un méli-mélo de diverses revendications qu’à un cortège de défense des droits des femmes.

« Bas les Masques ! Autodéfense sanitaire et solidaire », le collectif des immigrants en France ou encore le « TJK-F, le mouvement de la femme kurde de France». Voici quelques noms de la cinquantaine d’associations qui appelaient à manifester pour célébrer la journée internationale des droits des femmes. Partie de Port-Royal à 13 heures, à Paris, la manifestation a rassemblé plusieurs milliers de personnes sous de multiples banderoles.

15h40 : l'heure féministe

Intitulée « 1ères de corvées », la manifestation se voulait un hommage à toutes les femmes qui ont lutté contre la pandémie de coronavirus, et dont les manifestants estiment que leur visibilité dans la société est trop faible par rapport à celle des hommes. Deux chiffres pour illustrer le propos : l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes, sans prendre en compte les différents métiers et statuts, est de 25%. C’est comme si chaque jour à partir de 15h40, les femmes travaillaient gratuitement. L’appel de la manifestation invitait chacun, ou plutôt chacune, à faire grève ce 8 mars, et à marquer cet horaire symbolique de 15h40. Ce que n’a pas manqué de faire Elisa Moreno, ministre déléguée de l'Égalité femme-homme.

https://twitter.com/1ElisaMoreno/status/1368934595882844162

Patriarcat-caca et autres revendications féministes

De nombreuses pancartes fustigent le système dit « du patriarcat » et les hommes en général. Une jeune demoiselle brandit par exemple un carton où est inscrit au rouge à lèvres : « Tout le monde déteste les hommes ». Le cortège n'est pourtant pas exclusivement composé de femmes. Martin, manifestant masculin d’une vingtaine d’années témoigne : « C’est important de soutenir ce combat en tant qu’homme blanc, cis-genre, né à Paris. Et puis, dans ma vie de tous les jours, je fais attention à me remettre en question sur les avantages dont je bénéficie en tant qu’homme ». Interrogé sur les pancartes hostiles aux hommes, il botte en touche : « Je ne sais pas si je peux poser un jugement dessus, je pense qu’il faut l’entendre et l’accepter. » Certaines parties du cortège, afin de « protéger les femmes des assauts des hommes », sont d’ailleurs réservées aux seules femmes, sous le nom « d’espaces non mixtes ». Il était préférable de ne pas se tromper de cortège lors de cette mobilisation. Malheur à l’homme qui intégrait un cortège de lesbienne, il se faisait rappeler à l’ordre par…deux hommes. Comme quoi, le patriarcat n’a pas que du mauvais.

https://twitter.com/lotcharlot/status/1368950829378658305

Pour l’égalité salariale, contre la transphobie, pour la reconnaissance des personnes LGBT, contre les « invisibilisations » des femmes, pour la régularisation de tous les sans-papiers, pour les femmes kurdes, contre la répression des Ouïghours, pour la défense des femmes palestiniennes… les sujets de manifestations semblent infinis. Toutefois, pour Océane et Sarah, deux manifestantes interrogées, la première des mesures à prendre pour l’égalité entre les hommes et les femmes est tout simplement l’égalité salariale.

https://twitter.com/LaManifPourTous/status/1368834883297116161

Si le respect des droits des personnes LGBT et la régularisation des migrants faisaient partie des revendications, peu de voix s’élevaient contre les techniques de marchandisation du corps humain, et notamment la gestation pour autrui. La veille, dimanche 7 mars, 268 mariannes de la Manif Pour Tous défendaient elles aussi les droits des femmes, en rappelant leur ferme opposition à la GPA.


Passeport vaccinal : garant de notre liberté à venir ?

La Commission européenne va présenter son projet de passeport vaccinal au cours du mois de mars. Emmanuel Macron avait déjà évoqué la mise en place d’un « pass sanitaire » au mois de février. Comment l’Europe et la France vont-elles mettre ce système en place ?

Le journaliste Christophe Barbier nous prévenait il y a quelques mois : pour aller au restaurant, au cinéma, sortir de chez soi ou voyager, il faudra être vacciné. Devant cette dérive totalitaire, bon nombre de Français avaient exprimé leur angoisse à un gouvernement  pétri de contradictions et incapable de rassurer. La fin de la crise ne se profile toujours pas et l’idée a finalement du passeport vaccinal fait son chemin, apparaissant presque comme une solution raisonnable. La question du respect des données personnelles et les impératifs économiques sont au cœur du débat.

Pass ou passeport ? sanitaire ou vaccinal ?

Emmanuel Macron ne voulant pas effrayer parle donc de « pass sanitaire ». Sans doute une façon d’éviter d’associer passeport et vaccination. Le pass serait une condition de réouverture des lieux culturels et des restaurants. Rappelons qu’en France, début mars 2021, moins de 5% de la population a été vaccinée et ce chiffre est identique à l’échelle de l’Europe. Par ailleurs, les Français ont été largement hostiles au vaccin (58% contre, le 3 janvier sur Ouest France) puis majoritairement favorables (56% pour, le 7 janvier sur LCI). Un peu plus tard vers mi-janvier, France 24 annonçait que près de 60% des Français étaient favorables au passeport vaccinal. Les chiffres paraissent peu vraisemblables ou bien révélateurs d’une population aussi perdue que semble l’être son gouvernement.

L’Europe favorable au passeport vaccinal « vert »

La Commission européenne s’intéresse à la question et parle de « passeport vert numérique attestant d’une vaccination » contre la Covid ou de tests négatifs pour voyager plus librement. Les 27 membres de l’UE sont donc d’ores et déjà en train de réfléchir à une norme commune pour ce passeport mais leur motivation demeure économique avant tout. Pour eux, le problème majeur est qu'un pays avec des restrictions plus faibles que les autres attirera fatalement le plus de touristes. Ce qui serait injuste et s’apparenterait à de la concurrence déloyale. À ce jeu-là, le premier pays vacciné remportera toute la mise économique.


Ils se mobilisent pour le patrimoine

Dans les colonnes du Figaro, Stéphane Bern s’inquiète de la destruction du patrimoine français. Selon l’animateur, « nous sommes à la veille d’un désastre si nous ne nous mobilisons pas ». Face à cette situation alarmante, des initiatives privées se multiplient pour sauver notre patrimoine.

Dès 1825, Victor Hugo implorait « d’arrêter le marteau qui mutile la face du pays » (Guerre aux démolisseurs). Malheureusement, cette démolition semble continuer. En décembre 2020 débutait la destruction du pavillon de garde de l’époque de Napoléon III à  Saint-Cloud, classé aux monuments historiques. Plus récemment, les pelleteuses se sont attaquées à la chapelle Saint Joseph de Lille, datant du 19e siècle. Ainsi, comme l’écrivait Hugo, « chaque jour, quelque vieux souvenir de la France s’en va avec la pierre sur laquelle il était écrit ». Près d’un quart des monuments historiques protégés dépérissent.

Patrimoine : une restauration par des fonds privés

Face au délitement du patrimoine, associations et particuliers se mobilisent. Hors de question pour eux de laisser s’effriter une part de notre identité. En Anjou, l’association SOS Calvaires, fondée en 1987, connait un second souffle depuis près de deux ans. Menuisiers, maçons et autres artisans mettent leurs talents au service de la sauvegarde de ce patrimoine. Cette association, reconnue d’intérêt général, se donne pour mission de restaurer un calvaire par mois. La demande des propriétaires et des locaux est forte. Comme le rappelle Olivier de Rougé, son vice-président, « les calvaires sont les témoins de la foi de nos ancêtres mais ils font aussi partis du patrimoine local ». L’association connait un véritable succès avec l’afflux de dons et la création d’antennes à Nantes, Rennes et Bordeaux. Ces bénévoles tentent ainsi de préserver une part des racines françaises.

Si l'on veut sauvegarder le patrimoine français, les fonds sont nécessaires. Or au niveau de l’État seuls 3% du budget du Ministère de la Culture y sont alloués. Pour Gilles Carrez (député LR), « les moyens consacrés à l’entretien de notre patrimoine […] sont notoirement insuffisants ». Par conséquent, des initiatives privées, cagnotte en ligne, mécénat, dons et autres collectes de fonds, se multiplient. A l’instar du Loto du Patrimoine porté par Stéphane Bern, les Dartagnans entendent préserver entre autre les trésors français grâce au financement participatif. Ces mousquetaires du patrimoine ont déjà réussi à lever près de 2 millions d’euros pour sauver le château de La Mothe-Chandeniers dans la Vienne.

Les réseaux sociaux au secours du patrimoine

La valorisation du patrimoine passe aussi par les réseaux sociaux. Pierre-Louis Delaunay et Philippe Siffert ont décidé de mettre en avant les plus belles places de France sur Facebook et Instagram. Au moment où le pays se confinait et les lieux culturels fermaient, les deux étudiants ont créé la page Patriotvisor, qui rassemble à ce jour près de 10 000 abonnés sur Facebook. Ils organisent régulièrement des concours : de la plus belle cathédrale, du plus beau monument et très bientôt de la plus belle mairie de France. Chaque tournoi est l’occasion de faire découvrir des monuments, des régions ou encore des traditions méconnues. Pour Pierre-Louis Delaunay, le patrimoine « est un témoignage du passé qui est fait pour nous enseigner l’histoire de notre pays, pas pour prendre la poussière ». Grâce à Patriotvisor, ces deux amoureux de la France font voyager leurs abonnés parmi les plus belles richesses du pays.

Avec 45 merveilles classées au patrimoine mondial de l’Unesco, plus de 45 000 châteaux et plus de 100 000 églises, la France a donc besoin de ces initiatives privées pour préserver l’ensemble de ces richesses qui font rayonner le pays au-delà de ses frontières et qui témoignent de son identité.


Censure : Big Facebook is watching you

Big Brother is watching you, mais pas seulement. De plus en plus, Big Brother, ou plutôt Facebook, façonne la réalité autorisée, non plus seulement par des algorithmes, mais par une censure presque aveugle tant elle est ciblée.

Le lendemain de la manifestation contre la dissolution de Génération Identitaire, mouvement proche du Rassemblement National, Facebook censure les pages de Jordan Bardella, député européen, et de Marion Maréchal.

Plus que les pages, Facebook censure les mots

La censure des pages de personnalités devient presque habituelle. Au lendemain de la prise de pouvoir de Joe Biden à la présidence des États-Unis, Twitter supprime la page de Donald Trump. La purge touche également des centaines de sympathisants. Alors, après tout, quoi de nouveau ? Facebook confirme simplement que certains n'ont, chez lui, pas droit à la parole.

En réalité, dans l'affaire des pages censurées Jordan Bardella et Marion Maréchal, ce ne sont pas les personnes qui sont ciblées, mais les mots qu'elles utilisent. Le mot incriminé ? "Génération Identitaire". Facebook s'octroie désormais la possibilité de bloquer les comptes de ceux qui utilisent les mots interdits : "Je serai demain à la manifestation pour Génération Identitaire" ou "Génération Identitaire c'est tous des fachos" en passant par "Vous avez des informations sur Génération Identitaire ? C'est pour un exposé". Les messages codés et les périphrases ont de beaux jours devant eux. On ne peut pas en dire autant de la liberté d'expression.

Comment Facebook détruit son avenir par la censure

Au fond, les choix de Facebook et Twitter regardent leurs PDG. Les entreprises américaines sont libres de leurs actes, tant qu’elles en informent leurs usagers et que ces actes respectent les lois. Les conditions d'utilisation que personne ne lit auraient bien pu mettre la puce à l'oreille aux utilisateurs. « Nous développons des systèmes automatisés pour améliorer notre capacité à détecter et à supprimer les activités abusives et dangereuses qui pourraient porter atteinte à notre communauté et à l’intégrité de nos produits », peut-on lire dans les termes d’utilisation. Une formulation aux nombreuses interprétations. Reste à créer un réseau social tout aussi performant où les idées seraient accueillies sans distinction, et à boycotter les entreprises dont les comportements ne nous conviendraient pas.

Justement, le déferlement de téléchargements de Signal, Gab et Parler après la censure de Donald Trump montrait les conséquences de cette pratique. Manifestement, l’hémorragie d'abonnés ne gêne pas Facebook. Cette perte est pourtant synonyme de perte de revenus, de perte d'influence, de perte de contrôle. Peut-être ces conséquences sont-elles acceptées par le réseau, qui préfère perdre des usagers mais servir ses intérêts. La censure de pages et de mots façonne une nouvelle réalité, où Génération Identitaire et Donald Trump n'existent pas. Un monde où leurs idées ne se répandent qu'en privé, ou pas du tout. La création de ce nouveau monde vaut peut-être, pour Facebook, la perte d'abonnés.


A Paris, manifestation contre la dissolution de Génération identitaire

Ce samedi 20 février se tenait une manifestation contre la dissolution de Génération identitaire à Paris. Quelques centaines de personnes manifestaient pour manifester leur soutien à l’association et à la liberté d’expression.

« On est chez nous », le slogan de GI résonne sur toute la place Denfert-Rochereau dans le 14è arrondissement de Paris. Après la décision du ministre de l’Intérieur de dissoudre Génération identitaire le 14 février, environ 1500 militants ont rappliqué de toute la France pour contester cette décision.

Pour rappel, le ministre de l'Intérieur a engagé la procédure de dissolution de Génération identitaire à la suite de l'action menée par le mouvement le 19 janvier. Ce jour-là, un groupe de militants protestait dans les Pyrénées contre l'absence de contrôles aux frontières. « Scandalisé», Gérald Darmanin avait annoncé qu’il envisageait la dissolution de ce mouvement dans la foulée.

Un condensé des angoisses actuelles

Si de nombreuses personnes soutiennent Génération identitaire, beaucoup viennent aussi exprimer leurs craintes et leurs inquiétudes. « Je pense que le peuple français va suivre Génération identitaire. La masse des Français dormants commence à comprendre que la situation est grave  », confie Georges, 58 ans. Un constat que partage aussi Thierry : « Je suis ici parce que je suis un patriote, un ultra-nationaliste, si on dissout Génération identitaire, demain toute association pourra être dissoute pour n’importe quel motif », déplore-t-il.

Parmi les manifestants, on retrouve de nombreux jeunes, comme Elisabeth : « Les valeurs qu’ils promeuvent me sont chères. Thaïs d’Escufon, [porte-parole de Génération identitaire, NDLR] est courageuse de militer pour l’identité française. » D’autres viennent avec des raisons encore plus larges : « Je suis ici, principalement pour soutenir la France », affirme Martin, 18 ans. « La culture française est gravement mise en danger par l’immigration », nous souffle Géraldine, mécanicienne de 19 ans.

De nombreuses personnalités politiques mais aucune du RN

Dans le cortège, de nombreuses personnalités politiques apportent leur soutien à Génération identitaire. « La seule dissolution qu’on aimerait prononcer aujourd’hui, ça serait celle de l’Assemblée nationale », s’est indigné Florian Philippot, ancien cadre du RN et actuel président du parti Les Patriotes. « Je suis venu d’ailleurs mais je suis devenu d’ici. Génération identitaire, comme tous les mouvements nationaux et patriotes français, accueille en son sein tous ceux qui ont la France chevillée au corps », a déclaré Jean Messiha, lui aussi, ancien membre du RN.

Hormis les anciens piliers du RN, Jean-Frédéric Poisson, candidat à la primaire de la droite en 2016, et président du parti VIA, la voie du peuple, était présent. « Les Etats musulmans ont décidé d’engager une action commune visant à installer la charria en Europe », a alerté l’homme politique. Le milieu associatif s’est aussi mobilisé durant cette manifestation, comme l’organisation Résistance Républicaine. « Une association qui se bat contre l’islam », selon Christine Tasin, sa présidente. Interrogée par L’Info Déchainée, elle confesse : « Je soutiens des gens qui, comme moi, se battent pour que l’identité de notre pays ne soit pas changée. »

Un combat que mène aussi le Rassemblement national. Malgré l’indignation suscitée par la dissolution de Génération identitaire, aucun membre éminent du parti de Marine Le Pen n’était présent. Comme l’a révélé le journaliste Charles Sapin du Figaro, la direction du RN estimait que la présence du parti « n’est pas vraiment utile ». « Les manifestations c’est pas notre truc », selon un cadre du RN. Un absentéisme qui n’a pas laissé indifférent certains participants : « Je regrette que certaines personnalités brillent par leur absence », a souligné Jean Messiha. « Ceux qui ne se lèvent pas pour dénoncer cette dissolution, s’en mordront les doigts », a asséné Florian Philippot visant le RN sans le citer.

Des échauffourées en marge de la manifestation

A quelques centaines de mètres de la place Denfert-Rochereau, se tenait une contre-manifestation interdite par la Préfecture de police qui rassemblait une centaine de militants d’extrême-gauche. Aux alentours de 16 heures, des rixes ont éclaté entre militants des deux bords. Dans la cohue, un membre du service d’ordre est tombé au sol, puis a été tabassé par les opposants à Génération identitaire. Toutefois, ces accrochages se sont vite estompés. Les gendarmes et les policiers, venus en nombre, ont rapidement rétabli le calme au sein des manifestants.

Des combats qu’avaient anticipé certains comme Gaetan, 26 ans, arrivé avec deux paires de chaussures : des baskets aux pieds, et des rangers ( des bottes notamment utilisées dans l’armée) dans le sac « au cas où ça dérape », nous confie le jeune homme. Certains avaient opté pour des gants coqués, « pour casser de la gueule d’antifas », selon un autre, goguenard.

« Il y a une forte chance que Génération identitaire soit dissous »

Malgré un optimisme de circonstance, la confiance dans la justice française ne règne pas. Sollicitée au cours de la manifestation par L’Info Déchainée, Thaïs d’Escufon, porte-parole de Génération identitaire se désole : « Il peut exister une justice politique. De ce fait, nous avons conscience qu’il y a une forte chance que Génération identitaire soit dissous. Néanmoins, le combat que nous menons ne s’arrête pas à notre organisation. Tant qu’il y aura de l’immigration massive, nous continuerons à nous interposer. »

Une position qui se lisait sur de nombreuses pancartes. A l'effigie d'un roi de France, d'un poilu, de Jeanne d'Arc ou d'un gaulois, on y lisait : « Et moi vous allez me dissoudre ? » En d'autres termes : « On peut dissoudre une association qui porte des valeurs, mais pas les gens qui les défendent », selon Christine Tasin. Chez de nombreux manifestants, l’ardeur anti-immigration ne se limite pas au militantisme de Génération identitaire, et continuera que l’association soit dissoute ou non. Dans le domaine de la droite nationaliste, il existe un précédent. Le mouvement Bastion social avait été dissous le 24 avril 2019 en Conseil des ministres. La même année, il réapparaissait sous la forme d’antennes locales décentralisées. Un exemple que Génération identitaire pourrait suivre.