Le rayonnement de la France est-il en baisse ?

Lors de sa visite aux coureurs du Tour de France le jeudi 21 juillet 2022, Emmanuel Macron a dit : « (Le Tour de France) C’est un moment de rayonnement de la France dans le monde entier. » Mais la France rayonne-t-elle toujours autant ?

 

Diplomatiquement, la France est toujours très présente sur la scène internationale avec 184 pays où l’hexagone est représenté avec la présence d'une ambassade ou d'un consulat, ce qui fait de notre nation le troisième pays le plus représenté derrière les États-Unis et la Chine. Mais l’influence de nos voisins outre-Atlantique étant de plus en plus forte, la diplomatie française a du mal à s’imposer face à certaines prises de positions des Etats-Unis qui n'hésitent pas à imposer leur droit en dehors de leurs frontières.

Économiquement, la France est une grande puissance agricole, la première de l’Union Européenne, et une grande nation exportatrice, la deuxième du monde. Exemple phare : son vin dont son export en Chine représente un tiers de ses ventes à l’étranger. Le tourisme reste la 1e source de revenus pour la France, première destination mondiale avec près de 90 millions de touristes par an. Mais son classement des puissances économiques mondiales ne cesse de chuter passant de la deuxième à la septième place en 55 ans avec un PIB de 2 936,70 milliards de $ en 2022. Et cela pourrait continuer : le déficit de la balance commerciale française a atteint en 2021 le record de 84,7 milliards d'euros. Ce qui conduit à une importante dette publique : 2 901,8 milliards d’euros.

Culturellement, la francophonie est le symbole de la puissance culturelle de la France dans le monde illustrée par sa cinquième place au classement des langues les plus parlées et par sa présence parmi les langues officielle de nombreuses institutions (OMS, UE, ONU). Et l’AFP (l’Agence France Presse) est la troisième antenne de presse mondiale. Cependant, l’anglais prédomine toujours d’avantage. Illustré récemment par la demande faite par le comité d’organisation des Jeux Olympiques de retirer le français des langues officielles des JO et par le slogan des Jeux Olympiques de 2024 organisés en France et qui est pourtant en anglais : « Made for sharing ».

Le cinéma français, lui, conserve une place atypique dû à son statut de pays inventeur et détient en France 40,6% des parts de marché face aux films américains qui sont à 43%. Mais, à l’international, ce sont les États-Unis qui dominent largement avec 86% à 90% des part du marché contrairement à la France à 2% à 3%. Côté mode, la réputation de la France n’est plus à faire notamment grâce aux créateurs tels que Chanel, Dior, St Laurent ou encore Louis Vuitton qui ont tous été innovants en termes de stylisme et dotés d’une technique remarquable. Mais, même si Paris est toujours avec New York et Londres l’une des capitales de la mode, d’importantes villes telles que Berlin ou Singapour tentent de s’affirmer par leur rejet des codes traditionnels de la mode et son accessibilité à tous.

Et pour finir, l’incontournable gastronomie. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2010, le repas français est connu dans le monde entier pour mettre l’accent sur le fait d’être ensemble, le plaisir du goût et l’harmonie. Mais, alors que les Français restent fiers de leurs nombreuses spécialités et de l’art qui entoure le service de tables, un sondage réalisé dans 20 pays révèle que beaucoup d'étrangers estiment que la cuisine française est surfaite et ne suscite plus la même admiration qu’auparavant. Et maints individus lui préfèrent le fast-food. La France en est le deuxième marché mondial.

Si la France diplomatiquement, économiquement et culturellement continue de rayonner, sa place est de plus en plus controversée par l’émergence de nouvelles puissances. N’oublions pas ces mots du Général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre : « La France ne peut être la France sans la grandeur » !


Présidence de la commission des Finances : les députés LR préfèrent le RN à LFI

Premier groupe d'opposition à l'Assemblée avec 89 députés, le RN réclame la présidence de la commission des Finances. La NUPES veut y faire échec mais les LR pourraient soutenir la candidature lepéniste.

Depuis Nicolas Sarkozy, la présidence de la commission des Finances est attribuée à un parti d’opposition. Une tradition respectée sous François Hollande puis Emmanuel Macron, avec successivement Gilles Carrez puis Eric Woerth. Elisabeth Borne promet de se plier à la règle : « Les députés de la majorité, dit-elle, respecteront la tradition de ne pas prendre part au vote. » Le RN a des chances de l’emporter et Gérard Larcher n'y est pas hostile : « La pratique républicaine consiste à considérer tous les élus avec un principe d’égalité et de respect. Ensuite, il y a un règlement à l’Assemblée nationale qui dit que le président de la commission des finances doit être issu de l’opposition. Or, je constate que le RN est le premier groupe d’opposition. Donc, elle devrait lui revenir », trancha sur BFMTV le président du Sénat.

NUPES : le danger du candidat unique

Seulement voilà, la NUPES rejette cette perspective. Bien que ses membres refusent de s’associer pour former un groupe commun, l'union de la gauche pousse un candidat unique en la personne du député LFI Éric Coquerel. « Il est acté que ce sera aux Insoumis de choisir, c’est la principale force », confirme le député écologiste Benjamin Lucas. Face au danger, le Rassemblement national et Les républicains pourraient conclure un arrangement inédit, selon Le Figaro. Les républicains seraient prêts à soutenir une présidence RN, en échange d’un poste de questeur. Le questeur occupe une fonction clé au sein de l’Assemblée. Il a notamment la charge d’élaborer son budget, de gérer les crédits et d’engager les dépenses. Depuis 1973, il est de tradition que deux des trois questeurs soient membres de l’opposition. Les LR souhaitent à tout prix éviter que LFI remporte la présidence de la commission des Finances : « Ce serait une catastrophe. LFI est jugée encore plus repoussoir que le RN au sein du groupe » confie un parlementaire LR. Si un accord, même officieux, lie le RN à LR, jusque-là présentés comme antagonistes, ce serait une première dans l’histoire de la Ve République. L’élection des huit présidences de commission se déroulera mercredi prochain, le 29 juin, à bulletins secrets.


Le Conseil constitutionnel en passe d’examiner l’ouverture de la PMA aux personnes trans

Depuis l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples lesbiens et aux femmes seules en septembre 2021, les lobbies LGBT réclament son élargissement aux personnes transexuelles. L’association Inter-LGBT a obtenu du Conseil constitutionnel l’examen, le 28 juin prochain, de l’élargissement de la PMA aux personnes trans.

La fermeture de la PMA aux personnes transexuelles est une « atteinte à l’égalité » d’après l’association Inter-LGBT. Face à ce qu'elle juge injuste, l'association a attaqué le décret d'organisation de la PMA ouverte à toutes les femmes devant le Conseil d’État, dans le cadre d’un recours pour excès de pouvoir, et en a profité pour poser une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Le Conseil d’État a estimé non seulement la « question nouvelle » mais a jugé son caractère « sérieux », et a donc transmis la QPC au Conseil constitutionnel. Un moyen d’agir vite et de ne pas attendre le cas individuel d’une personne qui aurait soulevé, lors d’un procès devant le tribunal administratif, une QPC. Trois issus restent possibles : Les Sages peuvent déclarer les dispositions inconstitutionnelles, mais également  les juger conformes à la Constitution ou bien émettre une « réserve d’interprétation ». 

Une "cause" largement soutenue par les militants LGBT

Au lendemain de la marche des fiertés de Paris, samedi 25 juin, le sujet préoccupe de nombreux militants transexuels. "Je milite pour cette cause depuis plus d'un an étant moi-même concerné par la question" nous indique Bryan, 24 ans, lui-même trans. Lors du défilé multicolore, sur de nombreuses pancartes, peintes aux couleurs du drapeau trans (cyan, rose, et blanc), sont inscrits des slogans clairs : "La PMA pour les personnes trans", "PMA pour les trans vite !", "Vous n'avez pas le monopole de la famille". Camille, une jeune femme hétérosexuelle venue en "alliée" nous explique : "Il faut que tout le monde soit libre d'avoir des enfants, c'est un droit. Les trans ont le droit d'avoir des enfants". Hier, des dizaines de milliers de personnes ont battu le pavé pour faire entendre leurs voix malgré la pluie et exercer faire pression sur le gouvernement afin d'obtenir toujours plus de nouveaux "droits".


Avortement : quelles conséquences pour les Etats-Unis ?

La Cour suprême des Etats-Unis a révoqué l’arrêt Roe versus Wade qui autorisait l’avortement, laissant aux Etats le choix de l’interdire ou non. Les règles varient selon la législation de ces derniers.

Aux Etats-Unis, l’avortement était encore possible à la 24ème semaine de grossesse jusqu’à ce vendredi 24 juin. La Cour suprême, composée de neuf juges – dont trois nommés à vie par Donald Trump – a voté à six voix contre trois l’abrogation de cet arrêt qui divise les Américains depuis 1973, date de son entrée en vigueur.

Au Texas, dénoncer une femme qui avorte est récompensé

Les sept états américains les plus conservateurs ont déjà interdit l’IVG sur leur territoire. Dans le cadre d’une législation dite « trigger-law » (à déclencheur), leurs lois étaient prêtes à être appliquées dès la décision de la Cour suprême. Pour certains Etats, comme l’Idaho, l’IVG reste possible dans le cas de viol ou d’inceste, parfois aussi en cas de danger pour la vie de la mère. Les peines diffèrent également : dans le Missouri, la loi prévoit 15 ans de prison. Au Texas, la délation est encouragée par une prime... de 10 000 $.

Treize autres Etats devraient bientôt légiférer sur l’IVG en le supprimant ou en le restreignant fortement. Parmi eux, certains ne sont pourtant pas spécifiquement conservateurs, comme le Wisconsin ou le Michigan. La question du délai de 24 semaines est notamment posée par un certain nombre d’Américains qui souhaiteraient le réduire.

Netflix promet 10 000 $ à ses salariées pour pouvoir avorter

A l’inverse, les Etats démocrates ont pour leur part annoncé qu’ils légifèreraient pour protéger le droit à l’avortement. Même les grandes entreprises de la tech sont entrées dans la danse. Après Amazon qui a promis 4000 $ par an à ses salariées pour leur permettre d'avorter, Netflix a surenchérit en annonçant aller jusqu’à 10 000 $ de prise en charge.

Mais c’est dans les Etats où cohabitent démocrates (pro-choix) et républicains (pro-vie) que la bataille sera la plus ardue. Chaque camp tentera de faire basculer la tendance de son côté. Selon Olivier Piton, avocat en droit public aux Etats-Unis et élu à l’Assemblée des Français de l’étranger, « nous assisterons à un nouvel épisode de la « guerre de sécession » larvée qui déchire le pays depuis des années. »

LREM pour inscrire l’avortement dans la Constitution... après l’avoir rejeté en 2018

À titre de comparaison, la France qui autorise l’avortement depuis 1975, en avait allongé le délai à dix, douze et enfin quatorze semaines en mars dernier. La décision de la Cour suprême américaine a immédiatement fait réagir Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance (ex LREM) à l’Assemblée. Samedi 25 juin, elle publié le projet de loi constitutionnel inscrivant le droit à l’avortement dans la Constitution sur les réseaux sociaux. Les débats commenceront lundi 27 juin à l’Assemblée nationale.


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Remaniement : un gouvernement, à l’image de l’Assemblée nationale ?

Former un nouveau gouvernement d’action, c’est la tache qu’a confiée Emmanuel Macron à sa Première ministre. Les différents groupes parlementaires seront sondés dans les prochains jours.

Emmanuel Macron compte sur Élisabeth Borne, confortée dans ses fonctions, pour sortir de l’impasse politique résultant des élections législatives.
N’ayant pas obtenu la majorité absolue à l’Assemblée nationale, le camp macronien doit composer avec l’opposition. La Première ministre va devoir déterminer quelles sont les forces politiques prêtes à coopérer avec le gouvernement afin d’y piocher, peut-être, des futurs ministres.

Ni LFI, ni RN, au gouvernement

Le Président de la République a été clair sur ce sujet. Il accorde certes que « Les Français ont accordé une légitimité aux députés RN et LFI et ces partis ont une formation politique » mais taxant ces partis d’extrêmes, il refuse de les considérer comme des partis de gouvernement. Il exclut donc la possibilité de voir des personnalités de ces mouvances devenir ministres.
La stratégie consiste à constituer une coalition, négociée en amont, afin de réunir dans un même gouvernement des ministres issus de formations désireuses et susceptibles de voter les projets de lois proposés par la majorité. Désireux d’entamer la réforme des retraites, le chef de l’État annonce que le futur gouvernement aura pour priorités l’écologie, le travail, la sécurité, la santé et l’école. C’est avec cet état d’esprit que la Première Ministre aura la charge de composer le nouveau gouvernement.

Conseil national de la Refondation, une main tendue ?

Le président de la République a évoqué la création prochaine d’un « Conseil national de la refondation » pour faire émerger des « besoins » et « bâtir » des solutions aux problèmes des Français. Cette instance réunira des partis, des syndicats et des élus ainsi que des citoyens tirés au sort.
Certains opposants considèrent qu'il ne s'agit là que d'une opération de communication. Le nouveau secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, a déclaré « On va recréer un machin. Pour faire quoi ? », doutant de la pertinence d'une telle organisation.
« L’objectif, c’était surtout de partager aux Français le constat et les pistes, les solutions que le gouvernement et le président de la République envisageaient et qui feront l’objet d’échanges avec les forces vives », s'est défendue porte-parole actuelle du gouvernement.


Yaël Braun-Pivet, probable première femme présidente de l’Assemblée nationale

Sans énorme surprise, Yaël Braun-Pivet devrait accéder mardi 28 juin à la présidence de l’Assemblée nationale. Une première pour une femme qui ignorait encore tout ou presque de la politique en 2017.

C’est l’histoire d’une femme pressée. Moins de cinq ans après son entrée en politique, Yaël Braun-Pivet devrait devenir le quatrième personnage de l’État. Un parcours très rapide sans équivalent pour cette jeune femme politique.

Yaël Braun-Pivet élue députée en 2017

Ayant adhéré à En marche ! à l’automne 2016, Yaël Braun-Pivet s’inscrit en ligne comme candidate aux législatives pour la majorité présidentielle. Sans soutien particulier ni véritable expérience en politique, sa candidature est retenue. Une première surprise pour cette avocate née à Nancy. Quelques semaines plus tard, Yaël Braun-Pivet devient facilement députée de la 5ème circonscription des Yvelines, en devançant le député sortant Jacques Myard.

Cette débutante en politique ne veut pas en rester là. À peine installée au Palais-Bourbon, elle brigue la présidence de la commission des Lois, une des huit commissions permanentes de l’Assemblée nationale. Loin d’être favorite, elle parvient à la tête de cette commission promise à un député d’expérience. Un véritable exploit pour cette avocate de formation. Jamais dans l’histoire de la Vème République, un nouvel élu n’avait obtenu la présidence de la commission des Lois.

Des débuts difficiles à l'Assemblée nationale

Moquée, souvent maladroite, Yaël Braun-Pivet subit de lourdes critiques à ses débuts dans l’hémicycle. Mais cette mère de cinq enfants n'a pas l'habitude de se décourager. Elle prend progressivement ses marques au Palais-Bourbon. Ses prises de position tranchées sur certains sujets sont même saluées. On loue alors sa capacité à s’écarter des propositions de la majorité présidentielle, son propre camp. La députée des Yvelines est notamment à la manœuvre avec l’opposition pour exempter les 12-15 ans de passe vaccinal. Une nouvelle preuve de sa force de caractère et de sa volonté de défendre ses convictions jusqu’au bout.

De nature plutôt indépendante et très ambitieuse, la jeune députée se porte candidate à la présidence de l’Assemblée nationale en septembre 2018. Au risque de perdre sa fonction de présidente de la commission des lois, elle doit se retirer et soutient la candidature de Richard Ferrand, finalement élu. Son heure n’avait pas encore sonné.

Ministre des Outre-mer en 2022

Après la réélection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, Yaël Braun-Pivet est promue. Elle devient ministre des Outre-mer sous le gouvernement Borne en mai 2022. Une récompense pour cette femme ayant vécu loin de la France pendant presque dix ans. Mariée à un cadre de L'Oréal, la jeune avocate avait quitté son cabinet de Neuilly-sur-Seine en 2003 pour suivre son époux expatrié. Après plusieurs années passées en Asie, à Taiwan et au Japon, le couple a vécu au Portugal avant de revenir au Vésinet, dans la banlieue ouest très chic de la capitale, en 2012.

Loin de délaisser à nouveau les Yvelines, elle se représente dans la 5ème circonscription aux législatives en juin 2022. Réélue avec près de 65% des voix, elle ne cache pas sa volonté de devenir présidente de l’Assemblée nationale, suite à la défaite électorale de Richard Ferrand. Le 20 juin 2022, elle est investie candidate de la majorité présidentielle face à Roland Lescure.

En route pour monter au perchoir, elle quitte son ministère comme le stipule le Journal Officiel du dimanche 26 juin : « Il est mis fin aux fonctions de Madame Yaël Braun-Pivet ». Tout laisse à penser que la désormais ex-ministre des Outre-mer accédera à la présidence de l’Assemblée nationale mardi 28 juin.

Nathanaël Lamouret


Energie : TotalEnergies, EDF et Engie appellent les Français à réduire immédiatement leur consommation d’énergie

Face aux risques de pénuries qui menacent la cohésion sociale et politique l’hiver prochain, les trois énergéticiens appellent ensemble dans une tribune à baisser drastiquement la consommation de pétrole, d'électricité et de gaz.

Un hiver à venir sous haute tension : « chaque geste compte » ! Dimanche 26 juin, dans une tribune commune publiée par le Journal du Dimanche, Patrick Pouyanné (TotalEnergies), Jean-Bernard Lévy (EDF) et Catherine MacGregor (Engie) demandent à la population de faire un « effort immédiat, collectif et massif », pour limiter la consommation d’énergie.

 

« Une prise de conscience et une action collective »

« Nous appelons donc à une prise de conscience et à une action collective et individuelle pour que chacun d'entre nous change ses comportements et limite immédiatement ses consommations énergétiques, électriques, gazières et de produits pétroliers » continuent t-ils. La France à pour objectif de remplir 100% de ses réserves de gaz avant la fin de l’été pour faire face aux futures pénuries. Jeudi 23 juin, Elisabeth Borne, a annoncé souhaiter réduire la dépendance de la France au gaz russe en se dotant d'un gros terminal méthanier flottant au Havre. Les trois dirigeants évoquent la forte baisse des livraisons de gaz russe dans le contexte de la guerre en Ukraine liée aux différentes sanctions occidentales, mais également les tensions sur une partie de la production électrique européenne a cause des différents choix politiques. « La flambée des prix de l’énergie qui découle de ces difficultés menace notre cohésion sociale et politique et impacte trop lourdement le pouvoir d'achat des familles » relèvent les auteurs du texte.

 

« Chasse au gaspillage nationale »

« La meilleure énergie reste celle que nous ne consommons pas » soulignent les dirigeants pour insister sur la limitation de la consommation d’énergie. Ils souhaitent également le lancement « d’un grand programme d’efficacité énergétique » ainsi qu’une « chasse au gaspillage national » pour inciter la population à maximaliser le rendement de l'énergie Les trois dirigeants expliquent qu’ « agir dès cet été nous permettra d'être mieux préparés pour aborder l'hiver prochain et notamment préserver nos réserves de gaz », en limitant l’utilisation de la climatisation par exemple ou en favorisant les transports en commun. Les trois patrons normalement en concurrence sont unanimes et proposent de collaborer pour trouver des solutions durables permettant de limiter les effets des pénuries à venir. « Acteurs industriels responsables, nos trois groupes s'engagent à collaborer activement ».

Un bouclier énergétique avait déjà été mis en place en fin d’année dernière par le gouvernement pour limiter l’augmentation des prix de l’électricité et du gaz à 4% . Bruno le Maire, ministre de l’Économie, avait d’ailleurs expliqué avant les élections législatives que le surcout lié a ce bouclier ne serait pas facturé aux ménages. En lien avec cette tribune, le gouvernement entend dans les prochains jours publier un décret prolongeant ce bouclier jusqu’à la fin de l’année 2022.

 


Recrudescence des cas de COVID-19 : vers de nouvelles restrictions ?

Avec plus de 79 000 cas positifs de COVID-19 recensés en 24h en France, une septième vague d’ampleur est redoutée. Alors que les mesures se sont assouplies depuis plusieurs semaines, notamment la fin du masque dans les transports, le gouvernement travaille sur de nouvelles restrictions.

Les contaminations aux variants d’Omicron montent en flèche

« On a une septième vague avec un variant encore plus transmissible qu’avec les premiers Omicron », estime le chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de Tenon à Paris, Gilles Pialoux. Même s’ils présentent des symptômes moins graves que les autres variants, BA.4 et BA.5 d’Omicron se propagent beaucoup plus rapidement. Santé publique France annonce une recrudescence du nombre de cas positifs sur le territoire, en hausse de 50% sur la semaine du 20 au 26 juin 2022. En Europe, la situation s’aggrave aussi en Allemagne, qui recense 120 000 nouveaux cas le 25 juin, en Italie avec plus de 60 000 cas et en Espagne qui quant à elle compte 68 000 nouveaux cas. Le Portugal est aussi touché de plein fouet et a subi une sixième vague d’ampleur alors même que le masque n’a jamais été levé dans les transports. Si le nombre de contaminations reprend de plus belle, d’après Gilles Pialoux c’est à cause des Français qui sont « à distance de la troisième dose ».

Vers de nouvelles mesures en France et en Europe

Alain Fischer, chercheur français en médecine, estime que le retour du masque dans les transports doit être « sérieusement envisagé ». Cette mesure a pourtant été abandonnée depuis déjà quelques semaines en France et dans certains pays d’Europe comme en Angleterre et en Norvège. Le gouvernement français prépare les mesures qu’il estime nécessaires, bien que rien ne soit encore annoncé. Un avant-projet de loi est prévu visant à réinstaurer le pass sanitaire pour « se déplacer à destination ou en provenance du territoire hexagonal, de la Corse ou de l'une des collectivités ». Pourtant, l’ex-ministre de la Santé Brigitte Bourguignon estime que « les mesures actuelles suffisent si chacun s’y met » et lance un appel à la vaccination « qui doit être maintenue, soutenue. Il faut l'intensifier, c'est la meilleure arme dont nous disposons ». En Europe, alors que les vacances d’été battent déjà leur plein, certains pays prennent déjà des dispositions. En Italie par exemple, l’obligation de porter des masques FFP2 dans tous les transports, sauf les avions, a été prolongée jusqu’au 30 septembre.


Pap Ndiaye : 2000 euros nets pour les jeunes enseignants d'ici 2023

Face à la crise que subit le milieu enseignant, le nouveau ministre de l'Education nationale annonce son projet dans une interview donné au Parisien le 26 juin. Il promet également « un prof devant chaque classe à la rentrée » de l’année prochaine.

Malgré les polémiques qui l'ont entouré dès sa nomination, Pap Ndiaye se montre très déterminé. Ce dernier a pu l'exprimer à travers les lignes du Parisien paru le 26 juin. C'est la première fois que le nouveau locataire de la rue de Grenelle s'exprime depuis sa nomination. Le nouveau ministre du gouvernement Macron a notamment annoncé de futures augmentations de salaire pour les enseignants. Le ministre annonce notamment des hausses de salaire à venir pour les enseignants. « La hausse de rémunération sera composée de deux parts. La première sera non conditionnée et s’appliquera à tous les enseignants. Ce qui implique de passer le salaire de départ des jeunes au-dessus des 2 000 euros net." Le nouveau ministre ajoute que "Ce sera en 2023. Par ailleurs, nous mettrons en place une part salariale conditionnée à des tâches nouvelles. »

Dans le même article, Pap Ndiaye affirme que l'Education nationale a dénombré 627 signalements pour des atteintes à la laïcité de décembre 2021 à mars 2022 dans les établissements scolaires. Ces signalements sont « globalement stables » si l’on les compare aux chiffres des premiers mois de l’année scolaire 2021-2022. En effet il y a eu neuf signalements de moins, cependant la part des tenues religieuses contrevenant à la laïcité dans le chiffre global a augmenté. Pap Ndiaye indique que ces chiffres représentent 22% du total des signalements. En dépit de ces informations alarmantes, le ministre n'oublie pas de préciser qu'il n'y aura pas de compromis avec le Rassemblement national, il en fait sa ligne rouge, sa ''boussole politique.’’

Des promesses qui vont à ravir aux jeunes professeurs mais qui laissent plus sceptiques les plus anciens qui se sentent lésés par cette décision ne valorisant plus l’ancienneté. 


Covid-19 : Une 4e dose pour tous face à la 7e vague ?

Selon le dernier bilan de Santé publique France, les cas de contamination au virus du Covid-19 repartent à la hausse. La 4e dose concerne pour l'instant les personnes âgées de plus de 60 ans ou immunodéprimés. Faut-il l'étendre à tous ?

 

La ministre de la Santé battue aux législatives dans le Pas-de-Calais, Brigitte Bourguignon, souhaite « intensifier la vaccination » qu’elle considère comme la « meilleure arme dont nous disposons » avec 30% des Français (Le Parisien-Aujourd’hui en France) éligibles qui ont déjà reçu une quatrième dose de vaccin. La question refait surface, au moment même où la 7e vague s’installe. L’apparition du nouveau variant Omicron BA.5 et son petit frère BA.4 inquiètent les autorités de Santé, notamment pour les personnes âgées dans les EHPAD ou les USLD (Unité de soins de longue durée).

Pour l’heure tous les Français ne semblent pas concernés par cette quatrième dose qui pointe le bout de son aiguille, seules les personnes de plus de 60 ans ou celles immunodéprimés pourront en bénéficier.

Toute personne dans cette situation peut alors prétendre à une quatrième injection, qui revient au final à une deuxième dose de rappel vaccinal.

 

L’appel à la 4e dose « pour tous » divise les professionnels de santé

 

Le président du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale Alain Fischer appelle les plus de 60 ans à faire leur quatrième dose, ainsi que pour les personnes fragiles. Toujours en alerte sur la propagation du Covid-19, Alain Fischer assure qu’un rappel permet de protéger des formes graves « à plus de 90% » dans un entretien accordé au JDD.

Alors qu'on assiste à un rebond de l'épidémie, faut-il élargir la vaccination à tous ? Pas si simple, d’un côté pour le docteur Yves Platrat « personne n’a envie d’être malade en vacances. Proposer une dose supplémentaire à plus de monde me semblerait une bonne chose ». Entre étendre la vaccination pour tous ou la réserver aux personnes à risque, les professionnels de santé sont divisés.

Autre confrère, autre vision. Selon la docteure Margot Bayart, vice-présidente du syndicat MG France « si le bénéfice épidémiologique n’est plus là, faut-il mobiliser énormément de soignants pour vacciner alors que le système de santé s’écroule et qu’il manque de bras partout. » elle ajoute également « prioriser les plus âgés est sûrement le plus pertinent ».

Plus radical, le directeur de l’IHU Méditerranée à Marseille, Didier Raoult affirme « le vaccin n’empêche pas la contagion et nous ne sommes même pas sûrs avec les données dont nous disposons qu’il diminue la gravité même chez les personnes âgées ». Après deux ans de Covid, la lassitude des Français se fait ressentir. Les Français seraient contre le retour du masque dans les transports à hauteur de 72%, selon un une question posée par CNews.

Alain Fischer, le monsieur « stratégie vaccinale » anticipe même un troisième rappel d’ici fin 2022.

L’éradication du Covid-19 n’est pas pour demain, et le rebond épidémique annoncé avec cette 7e vague fait craindre un été mouvementé.


Exposition Jean Gabin : à la redécouverte d'un grand nom du cinéma français

Du 9 mars au 10 juillet 2022, le musée des années Trente de Boulogne-Billancourt abrite une vaste exposition sur une icône du septième art, un témoin de toutes les péripéties du dernier siècle et un homme qui lança la carrière des plus grands acteurs français : Jean Gabin.

Le musée des années Trente n’en est pas à sa première. Après une magnifique exposition sur le paquebot Île-de-France, il a choisi cette année de se tourner vers le comédien mythique qu’est Jean Moncorgé, alias Jean Gabin. Pourquoi à Boulogne-Billancourt ? Car c’est ici qu’il tourna plus du quart de sa centaine de films, dans les studios de Boulogne et de Billancourt. Son jeu d’acteur inimitable et unique incarne la France de son époque marquée par d’énormes transformations. Il symbolise tous les types de Français avec puissance et sobriété, pour le plus grand plaisir des spectateurs se pressant en salle pour voir ses plus grandes productions.

La Ville de Boulogne-Billancourt ne fait pas les choses à moitié : l’exposition, à la mesure du protagoniste, se déploie sur 700 m². Avec l’aide de la famille de Jean Gabin, elle est parvenue à rassembler des trésors inestimables, ainsi que de nombreux témoignages : des effets personnels, des traces de ses contrats, lettres et scénarios, ses costumes les plus emblématiques comme la chemise qu’il porte dans Maria Chapdelaine, l’un de ses tous premiers longs-métrages, mais aussi du matériel cinématographique de l’époque, venu tout droit des anciens studios. Elle nous replonge ainsi dans l’univers si particulier mais si attachant des années 30 jusqu’aux années 70, pour ce premier hommage d’une telle ampleur consacré à Jean Gabin.

Du music-hall au Quai des Brumes

L’histoire de Jean Gabin est un peu l’histoire de la France. En effet, le colosse du septième art a vécu tous les évènements marquants du XXe siècle, des deux guerres en passant par la crise économique, le Front Populaire et les Trente Glorieuses. Jean Moncorgé naît le 17 mai 1904 à Paris et meurt le 15 novembre 1976 à Neuilly-sur-Seine. On ne peut évoquer sa carrière sans en appeler à l’influence évidente de sa famille. Les Moncorgé sont des artistes dans l’âme. Son père est chanteur et comédien d’opérette, tandis que sa mère, de plumassière se reconvertit en chanteuse « fantaisiste ». Quoi de plus prometteur pour lancer le petit Jean sur les planches ? Le garçon grandit sur les bords de l’Oise avant de rejoindre son grand-père à Boulogne-Billancourt. C’est à 18 ans qu’il entre dans le monde du spectacle, sur les conseils paternels avisés. Comme beaucoup de comédiens et de futurs acteurs de cinéma de l’époque, Jean Moncorgé, alias Gabin, commence par la chanson et le théâtre de boulevard. Très vite, grâce à son jeu très prometteur, il se fait un nom dans le Tout-Paris. Il n’en faut pas plus pour lancer sa carrière filmique. Si ses plus connus sont ceux d’après-guerre, il endosse ses qualités scéniques et mimétiques dès les premiers dialogues, dans les années 30, dans la période charnière de la transition vers le cinéma parlant.

Pendant la guerre de 40, il s’engage dans les Forces françaises combattantes, comme marin embarqué, puis chef de char au régiment blindé de fusiliers-marins. Marié trois fois et divorcé deux fois, Jean Gabin n’est pas réputé pour sa grande fidélité. Un temps à New-York, il y rencontre la célèbre Marlène Dietrich qui le prend sous sa protection. Il poursuit ses films pendant les permissions, une profession qu’il ne peut oublier.

L’acteur français par excellence

Pourquoi tous les spectateurs de l’époque se retrouvent-ils autant dans les films de Jean Gabin ? Parce que « la gueule d’amour » comme on l’appelle alors incarne le visage du Français en lui-même, avec son nez rond et son sourire en coin. Il donne la réplique aux futures grands stars de la génération suivante, tels que Jean-Paul Belmondo, Louis de Funès, Alain Delon, Bernard Blier ou bien même Gérard Depardieu.

Jean Gabin a l’avantage de couvrir tous les évènements qui ont scandé le XXe siècle. Il vient au monde à l’ère de l’avènement de l’automobile, du pétrole, de l’électricité, du téléphone, du cinématographe, à l’ère du progrès et de la modernité. C’est un homme qui reste cependant extrêmement attaché aux traditions, à la terre, à ses chevaux et à ses parties de chasse, un bon « franchouillard » apprécié de ses congénères. Il parcourt la crise économique, le chômage, le Front Populaire, subit la menace de la guerre et son arrivée fatale. Par conséquent, ses films s’inscrivent parfaitement dans leur contexte, marqué par de fortes revendications sociales qui ne le laissent pas indifférent ; ainsi, il s’intéresse particulièrement à la condition ouvrière et au travail des mains, rejetant aussi les transformations radicales des années 1950. Très identitaire, Jean Gabin reprend son vrai nom pendant la guerre, celui de Moncorgé : la profession cinématographique et la défense de la patrie sont deux choses distinctes, et il ne sert à rien de mener le combat sous un pseudonyme.

Très vite devenu une vedette du cinéma français, le protagoniste du Quai des Brumes tourne avec les plus grands réalisateurs d’alors, comme Jean Renoir ou Marcel Carné. C’est véritablement à partir de Touchez pas au grisbi, en 1954, qu’il devient le « pacha » du septième art. Avec son physique imposant et son regard sombre, il incarne surtout des rôles de truands ou de policiers, souvent sur les dialogues de Michel Audiard. C’est l’homme du peuple, l’ouvrier, le titi parisien, jouant tour à tour des chômeurs, des déserteurs ou des cheminots. Puis, vers la fin de sa carrière, il interprète le vieux monsieur grincheux des films comiques. Ses personnages s’imposent dans l’imaginaire collectif du public français, développant des archétypes professionnels ou sociaux : l’ouvrier d’avant-guerre, le patriarche bourru d’après-guerre, mais toujours bon vivant.

Avec ses 95 films, comptant de grands classiques cultes, comme La Bête humaine, Pépé le Moko, Le Quai des brumes, La Grande illusion, Le Pacha ou La Traversée de Paris, Jean Gabin fait partie des acteurs français ayant attiré le plus de spectateurs en salle.