Le terrible week-end de la gauche

L’annonce officielle de la candidature de Christiane Taubira dans la journée de samedi dernier, ainsi que le refus officiel d’Anne Hidalgo de se soumettre à une primaire ont démontré une fois de plus l’ampleur des divisions à gauche. Retour sur un week-end chaotique.

« Pour toutes ces exigences d’un gouvernement d’une grande démocratie, débarrassé de fantasmes monarchiques. Pour satisfaire toutes ces exigences, je suis candidate à la présidence de la République. » Dans un meeting en plein air, tenu dans le quartier de la Croix Rousse à Lyon, l’ancienne ministre de la Justice annonça officiellement sa candidature, emmitouflée dans une écharpe rose et une doudoune de couleur sombre. Sous les applaudissements de quelques centaines de militants, rassemblés dans un froid glacial, elle voulut se présenter comme la vraie candidate de gauche, à l’écoute des besoins des citoyens, en particulier des plus modestes et des opprimés. La Croix Rousse, symbole de la révolte des Canuts au XIXe siècle, est un lieu bien choisi pour faire passer ce message. Redéfinir le contenu du contrat social, lutter contre les inégalités en tous genres, protéger les salariés, ou encore assurer la transition écologique, Christiane Taubira présenta les grandes lignes d’un programme typiquement de gauche, que l’on saurait ne vraiment distinguer de celui de ses concurrents pour l’instant. Une déclaration de candidature attendue depuis déjà quelques semaines, qui ne crée aucun engouement à gauche, surtout chez la candidate du Parti socialiste, Anne Hidalgo.

« Une mauvaise nouvelle »

La candidate à 3 % ne put que faire un constat amer à propos de la candidature de l’ancienne ministre de la Justice. « C’est une candidature de plus, c’est une mauvaise nouvelle, […] cela crée de la confusion », regretta-t-elle sur BFMTV, renonçant ainsi au discours en faveur de l’union de la gauche, dont elle fut pourtant le défenseur acharné en décembre. L’entrée en campagne de Christiane Taubira ne présage rien de bon pour la candidate socialiste, qui a désormais face à elle une candidate plutôt populaire dans son camp, du moins chez certains militants. L’équipe de Christiane Taubira n’est pourtant pas très fournie en personnalités politiques. Parmi les soutiens d'élus, on trouve Renaud Payre, élu de la mairie de Lyon, et Olivia Fortin, adjointe au maire de la mairie de Marseille, des personnalités de second plan. Le défi pour la nouvelle candidate est de convaincre qu’elle est la seule à répondre aux aspirations de ses militants et sympathisants. Si elle y parvenait, elle mettrait la maire de Paris en danger. Toutefois, il y a du travail. Elle n'est pas seule à gauche, et doit faire face à d'autres candidats de plus grande envergure, en particulier Jean-Luc Mélenchon, dont le meeting à Nantes hier après-midi, rassembla plusieurs milliers de personnes, et qui montra une fois de plus que le candidat de La France Insoumise était encore bien établi.

Mélenchon : le refus de l’union

Dans une salle gigantesque, devant des centaines de militants exaltés, le candidat de la France Insoumise fustigea l’absence de sérieux de la gauche, et rappela sa détermination à mener sa campagne jusqu’au bout. « Nous ne sommes pas concernés pas les mésaventures du centre-gauche. Nous n’irons pas nous disputer avec eux, parce que nous ne sommes pas concernés par la compétition entre le Parti radical de gauche de Mme Taubira, et le Parti socialiste de Mme Hidalgo. » Dans un meeting à 360 degrés, et une salle avec des écrans géants, immergeant les participants dans l’ambiance correspondant aux thématiques abordées, Jean-Luc Mélenchon fit fureur. Surtout, il parvint à montrer qu’il avait encore de la vigueur. Politique étrangère, environnement, énergies, ou encore politique de l’espace, le candidat insoumis montra sa capacité à présenter un programme large, ambitieux et innovant, en promouvant par exemple la fondation d’une université spatiale francophone, afin d’unifier les savoirs de nombreux pays. Nous sommes loin des revendications d’Hidalgo sur la sanctuarisation de la retraite à 62 ans, idée dont Mélenchon ne manqua point de se moquer, ou encore des 800 € mensuels de salaire minimum proposés par Christiane Taubira à chaque étudiant. Jean-Luc Mélenchon a l’art d’enthousiasmer ses militants, jeunes et moins jeunes. Ce succès du candidat insoumis inquiète les organisateurs de la Primaire populaire, qui paraissent de moins en moins sûrs d'eux-mêmes.

Une primaire populaire en berne

Le projet de Samuel Grysbowski avait du plomb dans l’aile dès le départ, et n’est toujours pas près de décoller. Le premier tour de la primaire populaire, prévu le 27 janvier, doit choisir un candidat, parmi les sept parrainés par les militants. Parmi ceux qui sont sélectionnés, trois ont déjà refusé d’y prendre part : Jean-Luc Mélenchon, Jannick Jadot et Anne Hidalgo. Cette primaire, qui avait pour projet d’unir la gauche, pourrait à l’inverse contribuer à la diviser davantage si elle choisissait un autre candidat que ceux déjà lancés dans la présidentielle. Au total, cela ferait huit candidats, au lieu de sept aujourd’hui. À l’heure actuelle, les organisateurs revendiquent 250 000 inscrits. Si Christiane Taubira – parrainée aussi par cette primaire – n’est pas choisie, renoncera-t-elle à être candidate ? Pour l’instant, elle semble bien déterminée à aller jusqu’au bout. Peut-être sent elle le vent tourner en sa faveur ? Si toutefois la primaire la choisissait, son socle électoral s'élargirait sûrement, et des soutiens pourraient venir s’agréger autour d’elle. De quoi affaiblir encore un peu plus Anne Hidalgo. Il reste quelques jours à Christiane Taubira pour convaincre les militants de la primaire populaire. Sinon, elle fera cavalier seul, sans parti.


Gaspard Koenig : le candidat de la simplification

Il aime citer Tocqueville et Montaigne, et plaide ardemment pour la fin de l’État providence. Le philosophe et essayiste Gaspard Koenig se revendique le seul candidat libéral à l'élection présidentielle. De fait, son programme détonne avec celui de ses concurrents.

« Président de la République, ça ne me fait pas rêver, je ne suis pas un sauveur, je ne suis pas un messie, je ne guéris pas des écrouelles », avouait-il sur le plateau des "4 Vérités" sur France 2. Pourtant, l'homme se lance dans la bataille présidentielle. Le candidat de 38 ans, fondateur du think tank libéral GenerationLibre, revient d’un tour de France à cheval, sur les traces de Montaigne. Ce voyage de plusieurs semaines lui a permis de rencontrer les Français et de se forger un programme. Il souhaite peser dans le débat public, avec des idées innovantes. Fini le temps où il en proposait aux candidats. Ces derniers sont « imprégnés de jacobinisme » et ont « les oreilles bouchées ».  A vouloir être subversif, Gaspard Koenig pourrait bien dissuader des maires de le parrainer, qui sait ?

« Refonder notre droit »

Le candidat du parti Simple a une mesure phare : diviser par 100 le nombre de normes juridiques, sans s’interroger sur celles qui marchent et celles qui ne marchent pas. C’est le projet Portalis, en hommage au principal rédacteur du Code civil de 1804. Gaspard Koenig ambitionne de rendre compréhensible le fonctionnement de l’Etat et de mettre fin à l’inflation législative, dans laquelle la France est engagée depuis les années 1970. « La simplification, c’est de la justice sociale », aime-t-il répéter. Dans le système actuel, seuls les privilégiés peuvent avoir accès au système administratif, tant sa complexité est grande. « On meurt de la multiplication de micro-lois pour aiguiller les comportements, alors que la loi doit dire ce qui est interdit », assénait-il dans le quotidien l’Opinion. Selon lui, la loi ne doit pas être un moyen de contrôler les personnes, de leur faire la morale. Sa vocation est de permettre aux citoyens de mieux vivre ensemble et d'exercer leur liberté. Interrogé sur son soutien à Emmanuel Macron en 2017, Gaspard Koenig ne cache pas sa déception : « Le président [...] a pris une attitude extrêmement autoritaire ; il a gouverné d'en haut et a représidentialisé les institutions. »

« Prendre au sérieux la liberté des Français »

Son tour de France à cheval sur les traces de Montaigne a renforcé en lui une conviction : les Français veulent moins de bureaucratie. Ils sont capables de se gouverner eux-mêmes. Pour y parvenir, il propose d'accroître l'autonomie des collectivités locales. Celles-ci devraient pouvoir décider de tout ce qui les concerne directement, en particulier des services qu'il nomme « à proximité de bus » : l'école, la culture, le logement, ou encore la sécurité.  Gaspard Koenig veut aussi redonner le pouvoir au peuple, en facilitant l'organisation de référendums locaux d’initiative citoyenne. Il n'est certes pas le premier à faire des propositions en ce sens, mais dans la campagne actuelle, il paraît bien le seul à mettre la question en avant.

La vertu du revenu universel

La proposition choc de Gaspard Koenig paraît contraire aux idéaux du libéralisme, qui prônent l'émancipation de l'individu à l'égard de l'État, et maudissent l'État providence. Pourtant il l’assume : le revenu universel est au cœur de l’histoire du libéralisme. Non pas du néolibéralisme ni de l’affairisme de Jeremy Bentham et de John Stuart Mill. Mais un libéralisme où l'individu est appelé à faire des choix libres et responsables. Le revenu universel serait un moyen d'aider les personnes dans le besoin à ne pas tomber dans la misère, tout en les incitant à trouver un travail. Son expérimentation du revenu universel dans un village au Brésil en a été la preuve : les personnes sans travail et dans le besoin sont capables d’utiliser leur revenu de manière responsable, pour choisir des activités générant du revenu. Autrement dit, il souhaite éduquer à la liberté plutôt que de se contenter de l’assistanat. Avec un revenu de départ distribué à chacun, on évite le système actuel de distribution massive de subventions, complexe et bureaucratisé.

Toutefois, il lui reste encore à convaincre les maires de France de le parrainer. Si sa personnalité est moins controversée que celle de certains de ses contradicteurs, ses idées n’en sont pas moins subversives. Diminuer la place de l'Etat en France suscite souvent des craintes. Reste à savoir s’il parviendra à créer un engouement suffisant autour de ses idées. Il a jusqu’au 4 mars pour finir son tour de France des maires. Peut-être en train cette fois-ci.


Réaménagement intérieur de Notre-Dame : pourquoi une telle polémique ?

Deux ans après l’incendie, la cathédrale fait de nouveau parler d’elle. Non plus à cause de sa flèche ou de la restauration extérieure du bâtiment, mais en raison du projet de réaménagement intérieur. Celui-ci, validé avec quelques réserves le 7 décembre par la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture, est toujours l’objet de contestations par une partie des catholiques et des conservateurs du patrimoine. Une polémique jugée stérile par une source proche du dossier.

« Disneyland », « un Christland destiné aux touristes ». Les langues sont vives et les critiques vont bon train. 100 personnalités du monde de la culture, dont Stéphane Bern et Alain Finkielkraut, se sont insurgées dans les pages du Figaro contre ce projet jugé « kitsch » et « niais ». « Ce que l’incendie a épargné, le diocèse veut le détruire », lit-on en titre de cette tribune publiée le 7 décembre.

Y a-t-il pourtant de quoi faire couler autant d’encre ? Le diocèse de Paris souhaite-t-il réellement révolutionner la cathédrale pour en faire un site touristique désacralisé ?

Des propositions imprécises qui donnent lieu à des incompréhensions

Dans la confusion médiatique, il est important de distinguer trois choses : le projet, la polémique, et la réalité. Cela ne signifie pas que les trois ne se recoupent pas par moment, mais leur contenu diffère sur beaucoup de points. 

« À l’heure actuelle, nous n’avons aucune idée de ce à quoi ressemblera le projet lorsqu’il sera définitivement validé. » 

De nombreux éléments sont actuellement soumis à une nouvelle étude, d’autres ont été rejetés. La première version du projet était imprécise et manquait de schémas pour visualiser les propositions. 

En l’absence d’images, il n’est pas surprenant de voir que l’idée des bancs lumineux à roulettes, à la place des chaises, concentre à elle seule une bonne partie des critiques. Pourtant l’intention était sans doute de faciliter le déplacement des sièges lorsqu’il faut dégager la nef. Les experts doivent présenter un prototype de ces bancs, nous saurons ainsi ce qu’ils entendent par « bancs lumineux ». La commission sera, de toute façon, de nouveau consultée sur ce point. 

Concernant les projections murales de phrases issues de l’Évangile, il s’agirait de quelque chose de sobre, du reste indolore pour la cathédrale, et réversible. Rien de comparable à Disneyland. 

Le nettoyage des vitraux et surtout des 14 chapelles, qui étaient très sales et délabrées bien avant l’incendie, révèleront enfin la splendeur de l’édifice et du mobilier qui les compose. Les pierres retrouveront ainsi leurs couleurs d’origine. 

L’axe liturgique de la nef sera revalorisé. L’entrée se fera désormais par le grand portail central, pour mettre bien mieux en valeur l’édifice aux yeux des visiteurs. La déambulation se poursuivra par le côté nord (à gauche en entrant), et non plus par le côté sud. Le père Gilles Drouin, responsable du projet de réaménagement intérieur, explique que ce sens de circulation s’inscrit dans une symbolique de l’histoire évangélique. Celui-ci suivrait les thématiques suivantes : au nord, l’Ancien testament, puis l’incarnation, la passion et la résurrection vers le chœur, et l’Église et les saints au sud.

Le projet prévoit l’ajout de pièces de mobilier d’art d’aujourd’hui, sans que celui-ci ne remplace l'existant. Albéric de Montgolfier, président de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture, assure qu' « aucun objet ou tableau qui se trouvait dans la cathédrale avant l’incendie n’en sortira ». Les confessionnaux seront déplacés sans pour autant être mis au placard. Certaines tapisseries s’offriront une nouvelle jeunesse sur des murs mieux éclairés.

L’intérieur de la cathédrale sera loin d’être bouleversé. Aucune modification structurelle ne transformera le monument en profondeur.

Des intentions mal interprétées

Reprenons l’esprit du projet, les intentions du diocèse. Celui-ci avait deux idées en tête : avant tout, et c’est l’objectif premier, renforcer le primat de la liturgie et du culte. Ensuite, profiter du passage des 13 millions de visiteurs par an pour leur faire comprendre le mystère de la cathédrale, dans une optique missionnaire.

Les intentions ont été mal comprises. La polémique laisse entendre que le diocèse souhaite privilégier l’accueil des touristes au détriment du culte. L’emploi à tout-va de termes comme la « désacralisation » ou la « dénaturation » de la cathédrale par les contestataires détourne le débat des objectifs du projet.

La question du sacré dans l’art contemporain

Des noms d’artistes contemporains sortis dans la presse, tels que Ernest Pignon-Ernest, Anselm Kiefer ou Louise Bourgeois, ont provoqué de vives réactions. Le père Drouin affirme que le diocèse n’a encore rien décidé sur le choix des artistes, ni sur les œuvres elles-mêmes. L’expression contemporaine pourrait légitimement trouver sa place dans la cathédrale, à la condition d’un art au service de la liturgie. Ce ne serait pas la première fois : la flèche de Viollet-le-Duc, l’architecte de la grande restauration de 1845 à 1865, était à la fois une prouesse architecturale et une folie moderniste. L’art d’aujourd’hui en est-il encore capable ? Peut-il répondre aux objectifs d’une église, à savoir le service du sacré et du beau ? « C’est plutôt sur cette question que devrait se concentrer le débat, qui dépasse largement le cadre du chantier, plutôt que de s’égarer dans des polémiques stériles où les intentions sont dévoyées », affirme notre interlocuteur.

Le rôle décisif du futur archevêque de Paris

En suspens depuis la démission de Monseigneur Aupetit, le projet pourrait être amené à évoluer avec l’arrivée d’un nouvel archevêque. Il aura une place décisive dans la suite du processus. Ce changement pourra être l’occasion de nouvelles propositions, d’une nouvelle vision du projet.


Peltier chez Zemmour : un passage risqué

Le ralliement de Guillaume Peltier au candidat Éric Zemmour fait grand bruit. L’ancien vice-président des Républicains et député du Loir-et-Cher, nommé aussitôt porte-parole du parti Reconquête, n’en est pas à son premier revirement. Ce qui interroge sur sa fiabilité et sa loyauté.

« J'ai pris la décision de soutenir le seul candidat de la droite, le seul candidat du RPR, je rejoins Éric Zemmour ! » Cette déclaration de Guillaume Peltier aux journalistes du Grand Rendez-Vous d'Europe 1, en partenariat avec CNews et Les Echos, provoqua son expulsion quasi-immédiate des Républicains dont il était membre depuis 2008. Invitée sur France info hier matin, Valérie Pécresse qualifiait son départ de « non-événement ». Démis de ses fonctions de vice-président début décembre 2021, à cause de sa trop grande proximité avec les idées du candidat de Reconquête, son départ n’était pas vraiment une surprise. « Il [Guillaume Peltier NDLR] voulait faire un coup de com’, et se déclarer en début d’année », commentait Valérie Pécresse ce matin. Son expulsion était déjà actée depuis quelques semaines. « Il s’était terriblement isolé, il avait successivement changé de cheval, personne n’avait confiance. » Le message est clair, et n’est d’ailleurs pas dénué de sens. La primaire des Républicains l’a bien montré : Guillaume Peltier n'a pas été le candidat de la loyauté, loin de là.

Velléitaire

Plus que les convictions, les chances de gagner paraissent avoir davantage motivé les choix politiques de Guillaume Peltier. En juin, il se mit à soutenir activement Xavier Bertrand, alors que le baron nordiste n'était pas membre des LR et refusait obstinément de les réintégrer. Ce choix valut à Guillaume Peltier d’être déchu son poste de vice-président par Christian Jacob. En novembre, il se rallia à Éric Ciotti, baron sudiste. Cette trahison ne lui servit à rien. Ses velléités reflètent son opportunisme. Aujourd'hui, l'ex-FN affirme partage entièrement les valeurs défendues par Éric Zemmour depuis novembre.

Mauvais accueil

Le départ de Guillaume Peltier est accueilli de manière contrastée. Le député de l'Yonne, Guillaume Larrivée, s’en réjouit dans un tweet laconique posté hier, « Son retour dans les arrière-boutiques de l’extrême-droite est une excellente nouvelle. Bon débarras ! ». Quant à Éric Ciotti, il ne put que constater que « Guillaume a beaucoup changé dans sa carrière politique, […] il revient toujours au point de départ. Il était au Rassemblement national, il y revient progressivement. » Peltier passa l’ensemble de sa carrière à la droite de l’échiquier politique. Il militait au Front national dans sa jeunesse, du temps où Jean-Marie le Pen était président. Il rallia Bruno Mégret en 1988, lorsqu’il fonda le Mouvement national républicain. Il rejoignit ensuite Philippe de Villiers au Mouvement national républicain, avant d’adhérer aux Républicains en 2008. Autant dire qu’il a du mal à rester fidèle à une même famille politique, ce qui laisse d'ailleurs songeur sur sa fidélité à long terme à l'égard d'Éric Zemmour.

Un choix risqué

Guillaume Peltier prend un risque en se ralliant à Éric Zemmour. Une chose est certaine, s'il échoue avec lui, Les Républicains ne lui ouvriront plus leurs portes. Il est probable que le RN en fasse autant. « Là où Guillaume Peltier passe, les campagnes trépassent », assénait hier soir Marine le Pen au micro de BFMTV. Elle a affirmé d'ailleurs qu'il aurait « tapé à sa porte » hier, qu'elle a tenue fermée. Les semaines à venir montreront si Guillaume Peltier parvient à devenir un pilier de Reconquête.


Valérie Pécresse sonne la charge contre Emmanuel Macron

Dans une conférence de presse donnée hier après-midi dans son QG de campagne du XVIIe arrondissement de Paris, la candidate Les Républicains a attaqué frontalement le président, après ses propos sur les non-vaccinés publiés dans Le Parisien.

Valérie Pécresse veut se replacer au centre du jeu. La candidate était donnée comme la principale rivale après les primaires de décembre. Or, le dernier sondage Ipsos Sopra Steria, paru hier soir, donne Marine le Pen en deuxième position. La campagne s'annonce très concurrentielle et Valérie Pécresse doit démontrer sa solidité.

« Je dois relever la fonction présidentielle »

La candidate LR cherche à se montrer comme la seule alternance possible, face à un président suscitant « la discorde et le mépris ». Elle s’affirme comme le porte-voix de tous ceux qui se seraient sentis blessés par les propos macroniens – les non-vaccinés autrement dit. Valérie Pécresse prétend incarner « le respect » face au mépris. Et de rappeler des paroles comme « les gaulois réfractaires, gens qui ne sont rien ». S’en prendre au président, c’est un moyen de rassembler un camp divisé.

Le passe vaccinal

« Je ne serai pas une présidente soliste, mais une présidente chef d’orchestre », poursuit-elle. Après la débâcle des Républicains sur le passe vaccinal, Valérie Pécresse veut montrer l’unité de son camp et sa vigueur, en paraissant entourée de ses anciens concurrents à la primaire et du président du Sénat. Pourtant, elle est favorable au passe vaccinal, mais les députés de son camp sont divisés, comme le montre le vote à l’Assemblée nationale du 5 janvier. Ils se montrèrent incapables de se fixer une ligne commune, chacun en faisant à sa tête. Il était temps pour la prétendante LR de se repositionner en candidate sûre d’elle-même, proche des réalités des Français.

Relever la tête

Valérie Pécresse accuse le président d’être « déconnecté des aspirations profondes » des Français. Une référence indirecte aux personnes non-vaccinées, à qui elle adressa un message de soutien en début de semaine, alors même que le président les traitait d'« irresponsables ». Cet appel à ces 8 % de récalcitrants ne tient pas du hasard. Le dernier sondage Ipsos publié hier soir la donne juste derrière Marine le Pen, à 16% . Ce chiffre inquiète son camp. D'autant que la cote du président de la République ne baisse pas, même après ses propos sur le non-vaccinés. Emmanuel Macron oscille toujours entre 26 et 27%, loin devant ses concurrents.

Se distinguer ou couler

Valérie Pécresse est placée devant une alternative : se distinguer à droite ou couler. Interrogé sur France info, le politologue de chez Ipsos, Matthieu Gallard, estime qu’il « y a un fort scepticisme » de la part de l’électorat de Valérie Pécresse sur sa victoire au premier tour. Les réticents au vaccin hésitent à faire le pas vers Éric Zemmour ou Marine le Pen. Valérie Pécresse cherche à les séduire pour espérer brasser aussi large que possible à droite et ne froisser personne. Reste à savoir si cette stratégie sera suffisante pour la distinguer des autres candidats. Interrogée sur la possibilité qu’Éric Zemmour ne puisse pas se présenter faute de parrainages suffisants, elle se veut conciliante. Evoquant Voltaire, elle affirma qu’« il faut se battre pour que tous ceux qui ne pensent pas comme nous puissent le dire ». La suite de la campagne montrera si elle est capable de se distinguer sur ses idées qu’elle peine pour l’instant à exposer, tant la crise sanitaire obère le débat public. Les enjeux sanitaires ou sécuritaire ne suffiront pas à faire entendre une différence : il faudra parler d’autre chose : économie, impôts, pouvoir d’achat. Il lui reste un peu moins de 100 jours pour redynamiser sa campagne, consolider son électorat et creuser l’écart de manière décisive à droite.


La difficile structuration de l'Islam en France

Au Conseil français du culte musulman (CFCM) va succéder le mois prochain le Forum de l’Islam de France (FORIF). Une question demeure : est-il possible et réaliste de structurer l'islam en France ?

Fondé en 2003, le CFCM regroupe huit associations censées représenter les différentes tendances de l’Islam de France (UMF, GMP, MF, CCMTF, CIMG­ France, RMF, FFAIACA et FP). Miné par les désaccords, celles-ci transformèrent l'organisme en « coquille vide », selon les mots de son président Mohammed Massaoui. D’ailleurs, le mois dernier, le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin avait annoncé que le dialogue était rompu entre le CFCM et l’Etat. Si le FORIF constitue une nouvelle tentative de départ, les questions demeurent : les rapports avec la République, le financement et la formation des imams.

L'absence d'unité

En début de semaine, un haut fonctionnaire au ministère de l’Intérieur confiait au Figaro que les différentes tendances de l'islam en France « n’ont pas de véritables différends idéologiques mais qu'elles importent sur notre sol une guerre algéro-marocaine ». Les Algériens de la branche du recteur de la grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Haffiz, ne parviennent pas à s’entendre avec les Marocains, menés par le nouveau président du Conseil national des imams, Mohammed Massaoui. Il y a aussi des Tunisiens et des Turcs dont l’association Milli Gorüs est controversée. Chacun a une vision différente de la manière d’appliquer le Coran, en ce qui touche à l’égalité homme-femme, au prosélytisme, ou encore à la laïcité. Les associations islamiques ne sont pas unies. Elles illustrèrent leurs désaccords lors de la signature de la charte pour l’Islam de France (janvier 2021). Trois des huit associations membres du CFCM la refusèrent dont Milli Gorüs et l’association pakistanaise, de tendance rigoriste, Foi et Pratique.

Une nouvelle tentative vouée à l’échec ?

En 2003, le volontarisme de Nicolas Sarkozy, alors ministre l’Intérieur, se révéla sans effet. En octobre 2007, à la Grande mosquée de Paris, il avait vanté la nouvelle institution comme « un facteur d'intégration et d'apaisement ». Mais les années qui suivirent ne montrèrent aucun progrès. Emmanuel Macron saura-t-il régler cette question ? Les décrets de la loi sur le séparatisme adoptés en août dernier sont attendus en février. Ils touchent toutes les religions et présagent un regain de tension dans les relations avec l'Etat. L'islam est encore loin d’être le « partenaire de la République » dont rêvait le président lors de ses vœux aux religions le 5 janvier dernier.


Éric Anceau : "Éric Zemmour a fait l'effet d'une bombe à fragmentation à droite"

Loin des approximations historiques ou des réappropriations de personnages opérées par des candidats et des journalistes ces derniers mois, l'historien Éric Anceau* nous livre ses analyses sur la présidentielle. Propos recueillis par Maximilien Nagy

L'arrivée d’Éric Zemmour a bousculé la campagne présidentielle à droite. En quoi ce phénomène est-il inédit selon vous ?

La candidature d’Éric Zemmour a fait l’effet d’une bombe à fragmentation pour la droite, en parvenant à capter une partie importante de l’électorat LR, les plus à droite, mais aussi de celui du RN. Mais ses succès ne s’arrêtent pas là. Il a réussi en effet à récupérer une partie non-négligeable des gilets jaunes, comme en témoigne le soutien d’une de leurs chefs de file, Jacline Mouraud, lors du meeting de Villepinte le 5 décembre dernier.

De quand pourrait-on dater l’apparition de candidats originaux, qui n’ont jamais fait de politique auparavant ?

On peut dater cette apparition dès la première élection présidentielle au suffrage universel direct en 1965 avec Marcel Barbu, le « candidat des citoyens ordinaires », mais qui ne recueille que 1 % des suffrages exprimés. Le choc est la candidature de l’humoriste Coluche en 1981. Il atteint 15 % d’intentions de vote au début de la campagne, mais il dit avoir subi différentes menaces et n’a de toute façon pas réuni les 500 signatures d’élus nécessaires pour pouvoir se présenter. Le cas d’Éric Zemmour est très différent. D’après son équipe de campagne, il aurait déjà 300 parrainages et pourrait réunir les 500 requises d’ici la date fatidique. Quant à son niveau dans les sondages, il plafonne pour l’instant à 15% ce qui est très honorable pour un candidat qui n’a pas fait de politique par le passé. J’apporterai plusieurs nuances à ce succès : Éric Zemmour est très médiatisé depuis quelques années déjà pour ses prises de position sur l’Islam et l’immigration en particulier. Il n’est pas inconnu du public, loin de là et bénéficie du soutien de Vincent Bolloré (CNews, Europe 1) et de Valeurs actuelles.

Bien qu'ils soient deux candidats au profil très différent, peut-on comparer le phénomène Zemmour au phénomène Trump de 2016 ?

Il me semble que oui. L’un est journaliste, l’autre homme d’affaires. Le message très fort des élections américaines de l’époque est qu’on peut ne jamais avoir fait de politique et gagner une élection présidentielle. Éric Zemmour a fait ce pari. Reste à savoir s’il remportera la même adhésion que Trump il y a cinq ans. J’ajouterais qu’il y a une autre différence fondamentale entre les deux hommes qui nous renvoie à leur pays d’origine : l’un est cultivé et se réfère à l’histoire, l’autre est un homme d’affaires.

Pensez-vous que l’on pourrait voir un phénomène identique un jour en France : un candidat du milieu des affaires qui se lancerait dans la bataille présidentielle et la gagnerait ?

Dans l’histoire de la Ve République, deux cas se sont présentés seulement. D'abord, l’homme d’affaires Nicolas Miguet, candidat libéral, opposé à l’impôt et fondateur du Rassemblement des contribuables français, qui avait de grands moyens pour mener campagne mais qui s’est présenté quatre fois à la présidentielle depuis 2002 sans jamais recueillir les 500 parrainages. Ensuite, plus récemment, Denis Payre, le fondateur du parti Nous Citoyens, qui a tenté de se présenter aux primaires des Républicains cette année, mais sans obtenir de se présenter aux débuts terminaux. Les Français ont un rapport traditionnellement méfiant à l’égard des hommes d’affaires, à la grande différence des États-Unis, et le peu de succès que ces candidats ont remporté en témoigne.

De nombreux journalistes tentent de classer les différents candidats de droite en fonction des courants établis par René Rémond dans Les droites en France – la droite orléaniste, la droite bonapartiste et la droite légitimiste. Est-il encore pertinent de faire ainsi ?

Dans son ouvrage majeur pour l’histoire politique, René Rémond présente trois familles à droite : la droite bonapartiste très verticale ancrée dans un socle populaire, la droite légitimiste, nostalgique de l’Ancien Régime, en faveur de la dynastie Bourbon et la droite orléaniste, partisane d’une monarchie parlementaire, menée par la dynastie des Orléans. Cette thèse est sans doute intéressante pour analyser la vie politique, jusqu’au milieu du XXe siècle, mais l'est moins aujourd’hui. D’ailleurs, dans une conversation que j'ai eue avec René Rémond au début des années 2000, il convenait lui-même que sa thèse n’avait plus de pertinence au XXIe siècle. Que reste-il par exemple de la droite légitimiste aujourd’hui ? Les positions en faveur du retour d’une monarchie en France sont quasiment absentes à ce jour et les positions traditionnelles sur la famille ou plus largement sur les questions sociétales ne suffisent ni à faire un programme, ni à faire de ce courant l’héritier du légitimisme.

Où pourrait-on placer Éric Zemmour ?

Le meilleur qualificatif que l’on pourrait donner à M. Zemmour, est celui de populiste. Il concentre les mécontentements d’une catégorie non-négligeable de la population, en particulier les classes moyennes, qui dénoncent l’immigration, la taxation massive, et qui sont préoccupés par les questions identitaires. Il suscite aussi les espoirs d’un électorat catholique traditionaliste, d’une partie des élites très à droite, mais aussi d’une partie des couches populaires.

Nous avons parlé d’Éric Zemmour et de Marine le Pen. Comment positionner Valérie Pécresse par rapport à ces deux candidats ?

On pourrait la qualifier d’héritière de Jacques Chirac. Son programme est très pragmatique, elle évite dans l’ensemble d’y intégrer des idées trop clivantes telle la question de l’islam, celle de l’identité française, ou encore le rapport de la France avec l’Europe. Elle assume un programme de droite sur les questions régaliennes : fermeté face à la délinquance, contrôle de l’immigration, réforme des institutions européennes, tout en préservant l’Union européenne. Mais aussi libéral sur les questions économiques : réduction du nombre de fonctionnaires, baisse des impôts pour les classes moyennes, etc. Un moyen d’attirer les électeurs de la droite traditionnelle issus de la bourgeoisie. Le score réalisé par son concurrent du deuxième tour de la campagne pour l’investiture LR, Éric Ciotti, situé bien plus à droite qu’elle, l’a forcé aussi à durcir son discours sur les questions de sécurité ces dernières semaines. Nous verrons si cela suffit pour qu’elle se distancie de ses concurrents dans les sondages, et surtout de Marine le Pen. Pour l’instant, les sondages donnent la candidate LR dans un mouchoir de poche avec sa concurrente du RN.

Le général de Gaulle est aujourd’hui une référence pour la plupart des personnalités politiques de droite comme de gauche. Y a-t-il une quelconque pertinence dans cette réutilisation ?

C’est un fait hors de l’extrême gauche et d’EELV. Même Mélenchon n’échappe pas à cette règle. Ainsi nous l’avions interrogé pour la Revue politique et parlementaire à l’occasion de la publication du numéro anniversaire que j’ai coordonné en 2020 et il se montrait très gaullien. La Fondation de Gaulle s’est récemment opposée, dans un communiqué début décembre, à l’instrumentalisation de son discours par Zemmour comme elle avait pu le faire auparavant pour d’autres candidats. Mais cela n’est pas dissuasif. La référence à de Gaulle ou même à d’autres figures de l’histoire, est très populaire. Tous les candidats de droite ou de centre-droit, Marine le Pen, Éric Zemmour et Emmanuel Macron se revendiquent de lui d’une manière ou d’une autre. Marine le Pen le fait souvent par exemple, mais oublie toutefois que de Gaulle était bien plus libéral qu’elle ne l’est sur les questions économiques. Les positions du Rassemblement national sur ce terrain s’apparentent bien davantage à celles du Parti communiste au temps de Georges Marchais dans les années 1980 qu’à celle du président De Gaulle entre 1958 et 1970 !

Qu’est-ce qui, selon vous, explique la faible place de la gauche dans la campagne présidentielle ?

L’absence de la gauche dans la présidentielle me paraît due au fait qu’elle a renoncé à ses fondamentaux, en particulier les questions sociales. La base populaire ne semble plus intéressée par ses propositions, surtout centrées sur les questions sociétales (droits des minorités, racisme, wokisme). L’abandon d'une thématique comme la laïcité explique aussi à mon sens la difficulté pour la gauche de se faire une place dans le débat. Les personnalités qui avaient l’habitude de s’exprimer sur la question, Arnaud Montebourg et Anne Hidalgo, sont à peine audibles aujourd’hui. La plus grande déception pour une partie de l’électorat de gauche est sans doute Jean-Luc Mélenchon, qui paraît avoir abandonné cette thématique, dont il s’était fait le principal défenseur jusqu’à maintenant. Même si nous n’en sommes qu’au tout début de la campagne, le fait qu’il soit crédité par les sondages de dix points de moins que lors de sa belle campagne de 2017 me semble significatif. Nous verrons si Christiane Taubira parvient à renouveler le discours à gauche si jamais elle était choisie par la primaire. Il est encore trop tôt pour le dire.

Éric Anceau est professeur à la Sorbonne en histoire contemporaine.

Auteur de La laïcité, un principe, De l'Antiquité au temps présent, paru le 5 janvier 2022 chez Passés Composés et Les élites françaises, des Lumières au Grand confinement, Passés Composés, 2020.


Europe Ecologie les Verts et le Monde Rural

Willy Schraen président des chasseurs à le sourire en ce samedi 8 janvier, le candidat EELV Yannick Jadot est à peine crédité de 7% d’intention de vote. Ce dernier a commencé un bras de fer avec le monde rural sur les questions liées à la chasse et à la mobilité. Les vifs débats entre animalistes membres d’EELV et chasseurs sur les plateaux télé sont là pour nous le rappeler quotidiennement.  Mais certains cadres du parti souhaiteraient tenter une réconciliation avec les habitants de la France des champs.

EELV en opposition au monde Rural ?

EELV a toujours eu du mal à communiquer avec le monde rural, entre les écologistes et les ruraux ils existent de nombreux points de tensions. L’agriculture, le rôle de la voiture et bien sur la chasse. Yannick Jadot candidat des verts aux présidentielles a expliqué que durant son mandat, la chasse sera interdite durant le week-end et les vacances scolaires. Les chasseurs ont vivement protesté contre cette proposition, en expliquant que les pratiquants réguliers de la chasse sont souvent des français de classe moyenne et donc ils ne peuvent pas de permettre de rater un jour de travail pour aller chasser. Cette réponse brise la vision un brin caricatural que EELV avait des chasseurs, un conseiller de Yannick Jadot, confiait aux équipes du Point que pour eux les chasseurs étaient composés uniquement de cadres supérieurs, d’indépendants et de rentiers. Ce cliché peut être confirmé s’il on ne regarde que la chasse à courre qui est vrai coute chère à ses adeptes. Sur une année la chasse à courre peut couter entre 1500€ et 150 000 €. Il faut acheter le cheval, pays les soins de ce dernier, acheter une tenue, payer entre 300 € et 5000 € pour pouvoir entrer dans un équipage. Sachant que cette dernière somme doit être payé à chaque début de chasse.

Mais c’est une minorité de chasseur qui pratique la chasse à courre, la grande majorité font de la chasse dite « classique ». Donc EELV se situe très loin du réel dans cette situation. Il faut noter qu’en plus d’avoir un programme hostile aux chasseurs, EELV ne se gêne pas pour les identifier comme ennemis de leur idéologie. Rappelons-nous de ces affiches de Julien Bayou en avril 2014, lors des élections pour la présidence de l’Ile de France, le candidat EELV avait avec ses affiches directement ciblés les chasseurs et les boomers en expliquant que leurs votes aller faire pencher la balance en faveur de la LREM ou de LR. Si Julien Bayou avait vite fait machine arrière en expliquant ne pas avoir été mis au courant de l’existence de ces affiches, ce dérapage illustrait bien la vision négative que EELV avait et a toujours des chasseurs.

En plus de la question épineuse des chasseurs, il y aussi celle de la mobilité. Les ruraux utilisent plus leurs voitures que les urbains ce qui pour les cadres de EELV est une preuve de l’absence de conscience écologique chez les français des champs. Pour ces derniers EELV ne comprend pas que lorsqu’on habite en dehors des villes la voiture est non seulement nécessaire mais elle est même vitale. Pour aller travailler, pour se soigner et pour la sociabilisation. La volonté de l’équipe de Jadot de vouloir réaugmenter les prix à la pompes et vue comme un mépris totale et surtout cela pourrait rallumer les braises du mouvement des gilets jaunes.

Par-delà les clichés 

Malgré tout ces points de tension entre EELV et la vision caricaturale que les conseillers de Jadot ont des ruraux. Une partie des cadres, ralliés à Sandrine Rousseau, tentent de modifier la vision du monde rural au sein du parti. Ces cadres possèdent une sensibilité que les équipes de Jadot n’ont pas. La sensibilité aux problématiques sociales, pour eux, il faut trouver les raisons du pourquoi les ruraux utilisent la voiture et répondre à ceux besoin. Pour l’équipe Rousseau, il faut redynamiser les petites gares, pour ainsi permettre à tous de pouvoir se mouvoir sans forcément utiliser la voiture, cette idée a été ajouté au programme après la fusion des équipes Jadot et Rousseau. Sur la question de la chasse l’équipe Rousseau est aussi plus ouverte que celle de Jadot, pour eux il faudrait surtout interdire les chasses dites cruels comme la chasse à la glue et la chasse à courre. Mais ils se refusent à interdire totalement la chasse par exemple, Sandrine Rousseau disait à libération qu’elle n’était pas contre la chasse, si celle-ci est bien encadré… après cette déclaration l’équipe de la candidate c’est murer dans le silence pour toutes questions liées à la chasse. Ce silence nous oriente vers le cœur du problème et si le problème ne venait pas des cadres mais des électeurs écologistes. D’après l’IFOP 90% des électeurs écologistes vivent dans les grandes villes seulement 10% d’entre eux vivent en milieu rural. Ce qui oblige donc le parti à se plier à cette majorité, qui n’a jamais eu de contact avec la ruralité. Le travail pédagogique doit donc cibler les militants et électeurs écologiques et non pas les cadres.

En fait cette fracture entre EELV et le monde rural, est aussi celle du monde des villes et du monde champs, fracture qui est présente en France depuis l’après-guerre avec l’exode rural de plus en plus de français ont perdu tout contact avec le monde des champs. Ce contact qui à l’époque des grands parents était un oncle, un frère ou un père agriculteur a totalement disparu dans notre France contemporaine. Donc cette fracture n’est pas seulement l’affaire de EELV mais de l’ensemble des Français si nous ne voulons pas voir cette division s’entérinée dans le temps.


Kazakhstan : les Etats de l’OTSC dans la tourmente

Les Etats de l’OTSC (Organisation du traité de sécurité collective), la Russie, le Kazakhstan, la Tadjikistan, le Kirghizstan, la Biélorussie et l’Arménie ont déployé des troupes au Kazakhstan à le demande de ce dernier. Mais certains membres de l’organisation s’inquiètent d’un possible enlisement, et craignent d’avoir à affronter une résistance armée.

Le Kazakhstan un pays clé méconnu

Le Kazakhstan est le plus grand pays d’Asie centrale, il est aussi le plus riche grâce à ses gisements de gaz et d’uranium.  D’ailleurs Paris se fournit auprès du Kazakhstan en uranium pour alimenter son parc nucléaire. Ce pays faisait office de modèle pour Moscou via son modèle autoritaire similaire à celui du Kremlin. Son possible changement de régime risquerait de créer un effet domino en Asie centrale, les Etats-Unis pourraient alors se précipiter dans la brèche pour continuer à installer des bases dans cette zone. Ce qu’ils ont déjà fait en Ouzbékistan. Ce qui affaiblirait le Kremlin après le basculement de l’Ukraine dans le camp occidental il y a 8 ans. L’UE pourrait continuer à exploiter les gisements kazakhstanais sans avoir à craindre une intervention russe qui la couperait de ces précieuses ressources. Le régime kazakhstanais, lui, espère pouvoir sauver sa tête durant cette crise.

Baptême du Feu L’OTSC

L’OTSC (Organisation du traité de sécurité collective) a décidé d’intervenir au Kazakhstan à la demande ce dernier et sous les ordres de Moscou. C’est la première intervention de l’organisation, le Kremlin souhaiterait qu’elle soit couronnée de succès pour que l’organisation devienne un acteur régional important et si possible un concurrent de l’OTAN. Le seul souci, c’est que cette opération est menée majoritairement par des troupes russes et  ses alliés ont dépêché des poignées de soldats.

L’Arménie craint également que cette intervention militaire rappelle un peu trop celles des forces du Pacte de Varsovie réprimant le Printemps de Prague, en 1968 ou encore la répression de la révolution hongroise de 1956 à Budapest. Les membres de l’OTSC craignent aussi un possible enlisement, car certaines unités de l’armée kazakhstanaise ont rejoint les rebelles et pourraient les aider à constituer une résistance armée.

Le pouvoir kazakhstanais fragilisé 

Le Père de la nation Noursoultan Nazarbaiev est soupçonné de s’être enfuit en Russie. Cet homme qui fut président du pays de 1991 à 2019, avait laissé les rênes du pouvoir à un proche prenom Tokaiev. Mais il garda le contrôle du pays en créant le poste de chef du conseil de la sécurité. Il a d’ailleurs dû transférer cette fonction au président Tokaeiv, le 5 janvier face au désordre dans le pays. Sa possible fuite a créé un véritable mouvement de panique chez les élites kazakhstanaises, qui à leur tour se sont ruées sur leurs avions privés pour quitter le pays.  Cette intervention crée la peur de voir les Russes s’installer définitivement dans le pays et qu’ils l’administrent comme une région de leur Fédération.

Il faut rajouter à ce tableau peu reluisant pour le régime, que le retournement de certaines unités de l’armée et de la police, a été vécu comme un drame. Ces deux corps de fonctionnaires ont toujours été fidèles au pouvoir depuis les années 90, n’hésitant pas à réprimer les opposants dans le sang. Le fait qu’elles abandonnent leurs chefs où les capturent pour les remettre à la foule montre bien que leur fidélité n’est plus une évidence.

Quelle sortie de crise possible ?

Trois sorties sont envisageables dans les jours à venir. Première possibilité l’OTSC arrive à écraser la rébellion et le régime kazakhstanais est rétabli. Moscou sortira renforcé de cette crise et pourra alors à nouveau donner priorité à l’Ukraine. Ce scénario est envisagé par des stratèges ukrainiens qui le confiait à TV Svoboda. Deuxième possibilité, la pire pour le Kremlin et ses alliés, les rebelles arrivent à se constituer en armée de libération et le pays plonge dans la guerre. Les troupes de l’OTSC risqueraient ne pas tenir face à une guerre longue. Les alliées de Moscou pourraient alors choisir de quitter l’opération.  Les menaces russes envers l’Ukraine serait moins efficace. et risquerait de subir de lourdes pertes face à la résistance Kazakhstanaise. Cette vision pessimiste est portée par l’armée arménienne.

Dernière possibilité, les rebelles arrivent à faire fuir les derniers oligarques. Les Russes  choisissent alors la négociation, le nouveau gouvernement kazakhstanais devra accepter une présence russe mais il pourra la compléter d’une présence américaine ou chinoise s’il le souhaite. Cette possibilité existe car l’Ouzbékistan pays voisin du Kazakhstan a réussi à négocier un accord similaire avec les deux grands durant les années 2000, Tachkent a depuis une base russe et une base américaine sur son sol . Mais le modèle autoritaire à la russe sortirait largement affaibli de cette crise et ce soulèvement réussi pourrait encourager les autres peuples d’Asie centrale à renverser leurs gouvernements pro-russes. Sur le long terme la Russie pourrait se voir forcer de changer de politique par rapport aux pays d’Asie centrale.


Face au désordre indescriptible, les enseignants en colère appellent à la grève

C’est décidé : les principaux syndicats d’enseignants ont appelé à se mettre en grève le jeudi 13 janvier. L’objectif : manifester leur désaccord face au protocole indiqué par le ministre de l’Éducation Nationale concernant la crise sanitaire.

Vendredi 7 janvier, une grande majorité des syndicats enseignants a appelé le personnel des écoles à se mettre en grève ce jeudi 13. Objectif, sans surprise : dénoncer les mesures prises contre le covid dans les écoles. En quatre jours, il y a eu bien trop d’interventions de Jean-Michel Blanquer, « des ordres et des contre-ordres permanents », fulmine André Drubay, secrétaire général du syndicat Snes-FSU. Le ministre se montre beaucoup trop flou, et ne semble pas être sur la même longueur d’onde que les enseignants grévistes. En effet, le 3 janvier, la consigne exige que les enfants cas-contacts doivent faire un test antigénique ou salivaire le jour J pour pouvoir retourner à l’école, puis deux autres à J+2 et J+4. Quatre jours plus tard, il annonce un allègement de ces mesures car elles sont « irréalisables », selon ce même syndicat : désormais, un cas-contact de moins de 12 ans n’est plus contraint à l’isolement et peut rejoindre sa classe dès lors que ses parents produisent pour lui un test antigénique ou PCR négatif. Les deux autres tests sont demandés mais le délai d’application est plus long. Le résultat : « une pagaille indescriptible et un sentiment fort d’abandon et de colère », s’agace André Drubay.

Le mot d’ordre : n’en faire qu’à sa tête

Les syndicats grévistes sont unanimes : le protocole mis en place le 6 janvier est incompréhensible. « On n’a jamais vu ce niveau d’exaspération et d’épuisement », explique Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat d’enseignants SE-Unsa. « On a des collègues en pleurs qui passent leurs soirées à envoyer des messages aux familles pour leur faire comprendre la nouvelle procédure », insiste-t-il. En l’absence de consignes explicites, chaque direction d’établissement a appliqué sa propre règle. Ainsi, d’après le correspondant Figaro de l’académie de Montpellier, dans une école privée de Nîmes, 17 jours d’isolement pour les cas-contacts ont été maintenus entre lundi et jeudi, mais pas dans les écoles publiques voisines. De même, en Savoie, des directeurs d’école publique ont du attendre mardi soir pour avoir des directives, avant que celles-ci ne changent 3 jours après. Une confusion sans nom. Guislaine David, cosecrétaire générale du syndicat SNUipp-FSU dénonce un protocole « ahurissant ». « On a fait les choses partout différemment, parfois même dans les écoles d’une même ville », peste-t-elle.

A cette incompréhension s’ajoute une crise de personnel : les vies scolaires sont submergées par la gestion des absences et des cas contacts, les professeurs malades ne sont pas remplacés. La menace d’une véritable dégradation pédagogique plane. Les futurs grévistes se sentent seuls. Pour légitimer leur mouvement, ils s’appuient aussi sur les derniers chiffres diffusés jeudi par l’Éducation Nationale : 47 453 élèves recensés positifs et 9 202 classes fermées.

Des revendications qui ne sont pas unanimes

Dans son appel à la grève, Stéphane Crochet explique ce qu’il attend du gouvernement : plus d’autotests pour les cas-contacts et plus de masques FFP2 pour les enseignants ; abonder et recruter les listes complémentaires pour pallier à l’absence de professeurs ; plus de fermeté pour le traitement des cas positifs ; l’isolement des cas contacts intrafamiliaux.

Mais comment manifester son mécontentement ? Les avis divergent. Les parents d’élèves s’estiment plutôt soulagés des nouvelles règles qui leur permet de ne pas s’enfermer avec leurs enfants trop longtemps. Du côté des enseignants, ce sont 7 syndicats, pour la plupart marqués à gauche voire très à gauche, qui promeuvent la grève pour le 13 janvier : Snuipp-FSU, Se-Unsa, Snudi-FO, Snes-Fsu, Snalc, Sud éducation et CGT Education. Cette dernière regarde même jusqu’à fin janvier, en proposant un second mouvement de grève le 27. Les enseignants ont, quant à eux, jusqu’à lundi soir pour se déclarer gréviste. Pour le moment, il n’est pas certain que la majorité d’entre eux réponde présent. Peut-être beaucoup se rallieront-ils au principal syndicat de chefs d’établissement (SNPDEN-UNSA) qui se refuse à la grève : « On ne va pas dire qu’il ne faut pas le faire (...) mais faire grève, c’est abandonner les élèves quelque part et franchement, ce n’est pas le moment. Quand on manifeste notre mécontentement, on préfère le faire autrement ». Mais faire quoi ? La question reste en suspens...

De son côté, Jean-Michel Blanquer semble en position délicate : jeudi 6, dans une réunion en visioconférence avec ces syndicats, il assure que « dans un mois tout ira mieux », et se refuse donc à écouter les revendications. Expectative de la semaine prochaine : le taux de participation des enseignants à la grève lui donnera tort ou raison.


Guillaume Peltier rallie Eric Zemmour

Reçu par Sonia Mabrouk dans l’émission Le Grand Rendez-vous diffusée sur CNEWS, Europe 1 et Les Echos, l’ancien vice-président LR a annoncé dimanche 9 janvier rejoindre Eric Zemmour dans sa course à la fonction présidentielle.

Connu pour ses prises de position controversées au sein de son parti, Guillaume Peltier a fait son choix pour la présidentielle 2022. La polémique enflait depuis un mois. Le 6 décembre dernier, alors qu’il était encore numéro 2 des LR, le député du Loir-et-Cher avait posté ce tweet polémique « comment rester insensible au discours pour la France d’Eric Zemmour ? » faisant référence au discours de Villepinte. Démis de sa fonction de vice président du parti dans la foulée, ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’il n’annonce son ralliement à Eric Zemmour, qui incarne selon lui « le seul candidat de la droite capable de battre Macron ».

« Les qualificatifs de haine et d’extrême droite ça suffit »

Guillaume Peltier l’assume, « mon ADN politique c’est la droite forte ». L’ancien bras droit de Philippe de Villiers avait fait un bref passage au Front national de la jeunesse et au mouvement national républicain avant de rejoindre l’ancêtre du parti LR (UMP) en 2009 et de soutenir Nicolas Sarkozy dans sa campagne de 2012.

Convaincu que c’est Eric Zemmour et non Valérie Pécresse qui fera la très espérée union des droites, le député revendique qu’en 2022 « le coeur du clivage sera plus important que celui de la gauche et de la droite », c’est « d’un coté la tyrannie des minorités face à la majorité silencieuse qui ne supporte plus de voir ses modes de vie, sa culture, ses traditions, le bon sens bafoué par ceux qui nous gouvernent ». « Nous assumons l’idéal de la frontière sur le plan économique et migratoire » a t-il ajouté. 

Quant aux accusations du prétendu pétainisme d’Eric Zemmour, Guillaume Peltier les dénonce « les qualificatifs de haine et d’extrême droite ça suffit ». Et de rappeler qu’Eric Zemmour et sa famille « ont été marqués dans leur chair par ce que représente l’immonde régime de Vichy ». Ses grands parents ont en effet été déchus de la nationalité française par Vichy.

« Je n’ai pas confiance » en Valérie Pécresse

Guillaume Peltier l’a rappelé face à Sonia Mabrouk, Valérie Pécresse avait voté pour Emmanuel Macron en 2017. Il a avoué ne pas avoir confiance en la candidate à la présidentielle car celle-ci n’a pas répondu à sa question quand il lui a demandé ce qu’elle ferait au second tour si elle n’était pas qualifiée. « Valérie Pécresse c’est Emmanuel Macron » 

Du côté des Républicains, les réactions ne se sont pas faites attendre. La sentence est tombée quelques minutes après la fin de l’émission sur le compte Twitter du président du mouvement, Christian Jacob : « il est de fait exclu de notre parti politique et ne peut plus s’en revendiquer ». Eric Ciotti, que Peltier a soutenu lors de la primaire LR a lui aussi condamné sa décision en précisant qu’il « commet une lourde faute. Seule Valérie Pécresse peut battre Emmanuel Macron et rassembler tous les électeurs de droite ». Anticipant le début d’une « vague montante » Guillaume Peltier l’avait pourtant incité à le suivre, avec d’autres membres de sa désormais ex-famille politique.

Guillaume Peltier devient un nouveau porte-parole de la campagne de Zemmour, l’aboutissement logique et cohérent de 20 ans d’engagement politique, tel qu’il l’a lui même reconnu sur le plateau. 


Yannick Jadot : quand dénoncer devient tout un programme

Dimanche 9 septembre, Yannick Jadot était l’invité de France Inter dans l’émission « Questions politiques » : opposition aux primaires de la gauche, dénonciation de la gestion sanitaire, proposition d’un revenu citoyen automatique. Autant de projets, autant de critiques.

« On est à 90 jours de l’élection présidentielle », a déclaré Yannick Jadot, « et d’un seul coup on est sur des hommes ou des femmes providentielles qui arrivent sans l’ombre d’un projet ». Le vainqueur de la primaire Europe Écologie Les Verts (EELV), a affirmé une fois de plus son refus des primaires de la gauche, dénonçant l’entreprise de Christiane Taubira, : « ce n’est pas lui faire insulte, au regard de son intelligence ». Avec des intentions de vote affichées entre 5% et 8% dans les sondages, le militant écologiste croit à la force de ses idées : « L’écologie est la force qui peut rassembler et gagner l’élection présidentielle et je veux porter ce projet »

Yannick Jadot soutient la grève des enseignants

Interrogé sur la question sanitaire, Yannick Jadot a critiqué la gestion d’Emmanuel Macron : « À partir du moment où il a insulté les non-vaccinés, il a choisi de masquer tous les errements et les difficultés légitimes de la santé […] en cherchant des boucs émissaires ». Il prône toutefois le maintien de l’école ouverte, tout en soutenant l’appel à la grève des enseignants « à bout » prévue pour jeudi 13 janvier. Conserver les écoles ouvertes est la seule solution, selon lui, de protéger les élèves défavorisés.

De fait, l’écologiste s’est affiché en fervent défenseur de la jeunesse, présentant son projet de « revenu citoyen automatique », c’est-à-dire « un revenu minimum garanti de 885 euros […] pour éradiquer la grande pauvreté de ce pays ». Un plan ambitieux, qui repose sur « 20 milliards d’euros par ans ». Un plan nécessaire, car « la richesse d’une société aujourd’hui est l’accomplissement de la jeunesse. » Un plan coûteux qui serait compensé par la mise en place d’ « un impôt sur la fortune à partir de 2 millions d’euros de patrimoine ».

« Il faut sortir du nucléaire »

Quid du nucléaire dont la majorité des candidats disent qu’il est indispensable ? Le candidat des Verts a soutenu qu’ « il faut sortir du nucléaire », dénonçant la « taxonomie européenne ». En échange, il souhaite « rénover 2 millions de logements qui appartiennent à des familles qui vivent déjà dans une précarité énergétique » et « déployer des énergies renouvelables » : « Dans mon projet, chaque quartier, chaque village aura son projet d’énergies renouvelables soutenues par l’État », a-t-il affirmé. Les mesures du gouvernement, selon lui, « ne répondent pas aux urgences du climat ». Une contestation qui n’est pas partagée par la ministre de la Transition Écologique, Barbara Pompili, adhérente des Verts, qui « plaint » Yannick Jadot.