Jordanie : ces réfugiés chrétiens qui ne veulent plus de l’Orient

Depuis 2014, des milliers de chrétiens ont fui les persécutions de Daesh en Irak. Peu espèrent retrouver leur terre; le plus grand nombre tente de se faire une place dans les pays limitrophes, en rêvant d’Occident et de paix. Helen, volontaire en Jordanie pour l’association SOS Chrétiens d’Orient, est de ceux-là.

Février 2022 : le mois s’achève à peine quand je rejoins la Jordanie. Je dois y assurer la réception d’une cargaison de donations bretonnes acheminées jusqu’au port d’Aqaba par le porte-hélicoptères amphibie français « Mistral ». Cette opération à quatre mains entre la Marine nationale et l’association SOS Chrétiens d’Orient vise à aider les réfugiés chrétiens d’Irak installés à Amman depuis plusieurs années. Au-delà du défi logistique, l’intérêt de ma mission résidait aussi dans le témoignage des déplacés. Au fil de longues discussions, je mesure la détresse de ces chrétiens persécutés, pour qui l’avenir ne s’écrit plus au Proche-Orient.

Helen est volontaire. Elle est à la fois mon « fixeur » et mon interprète. Cette trentenaire, architecte de formation, vit depuis huit ans avec ses parents et ses deux sœurs dans un petit appartement de la basse-ville d’Amman. Auparavant, elle habitait Bagdad avec sa famille. Même si l’environnement est plus calme qu’en Irak, c’est un cul-de-sac. « Il n’y a aucunes opportunités », se désole-t-elle. En quelques jours de présence, nous avons pu échanger – en anglais – sur le chemin qu'elle a suivi avant d'arriver ici. J’ai pu la convaincre de me raconter son histoire par écrit. Ce qu'elle avait déjà fait auprès des services du Canada, pays qu'elle cherche à rejoindre.

« Ils ont menacé mon père »

Cette histoire, c’est aussi celle de bien d’autres personnes persécutées. Elle déferle dans les reportages, suscite la compassion, pousse à la prière des uns et aux dons des autres. Rien ne touche plus que la détresse. Il faut voir avec quel courage les chrétiens que j’ai rencontrés font face à leur situation. Ils ont 25, 30 ou 60 ans ; ils étaient étudiants en biologie, designer ou policier. Leur vie a basculé depuis l'arrivée de l'État Islamique.

De Bagdad, Helen se souvient : « On June 25, 2016, I was surprised by three armed masked men barging in our house. » L’irruption dans la maison familiale de ces trois hommes armés reste gravée dans son esprit comme la première image de la chasse aux chrétiens organisée dans la capitale Irakienne. « Ils ont menacé mon père, l’obligeant à quitter la ville avant la fin de la semaine », écrit-elle. La captivité et la mort attendent les réfractaires. La pression des milices fondamentalistes entrave la riposte des autorités. La peur règne alors au sein de la police, si bien que jamais elle ne se serait risquée à protéger les mécréants chrétiens. Or, cinq jours après les menaces, la famille d’Helen est réveillée par un bruit fracassant. « Nous avons vu les mêmes terroristes armés détruire la clôture de la maison et ils ont continué à nous menacer en disant que nous n'avions que deux jours pour partir, sans quoi ils mettraient en œuvre leurs menaces. » Sa famille fuit alors chez un parent au nord de Bagdad, puis chez un ami. Mais là encore, les humiliations et le harcèlement se poursuivent. Il faut partir, quitter définitivement l’Irak pour la Jordanie. Ce récit me rappelle une autre réalité, celle de ces chrétiens fichés à Mossoul par l’Etat Islamique. La lettre n, le noun arabe, était inscrite au fronton de leurs habitations, afin que chacun sût que des « Nazaréens » ou chrétiens s'y trouvaient.

Au début, j'ignorais tout du parcours d'Helen. Mais l’état d’esprit des personnes traquées se décèle dans un millier de détails anodins. Dans le taxi qui me menait à l’hôtel, après une longue journée, elle préféra passer de l’anglais à espagnol pour que le chauffeur ne pût comprendre ce que nous disions. Cette prudence m'étonna : que pourrait bien faire le chauffeur de mon test PCR négatif ? « Es mejor que no entienda nada » (c’est mieux qu’il ne comprenne rien), répondit-elle.

Les espoirs déçus

D'Aqaba jusqu'à Amman, il faut entre 4 et 5 heures. Le paysage est monotone, sableux, chaud, ponctué de stations-services et de magasins improbables. Ce trajet me permet de vérifier certains points du témoignage d’Helen auprès de mon chauffeur, Melad, et de son frère jumeau, tous deux réfugiés à Amman. Quatre heures d’échange passionnants, dans un anglais approximatif. Ils m’expliquent pourquoi on voit partout des maisons inachevées d'où dépasse du béton un treillage métallique. C'est comme en Grèce : en faisant ainsi, les Jordaniens ne paient pas de taxe d’habitation. Ils m’éclairent aussi sur l'origine de l’étrange chapelet sans croix que l’on voit à la main de tout musulman. L'objet n'a rien d'un chapelet ; c'est un passe-temps venu des Kabyles des premiers siècles. Rien de musulman donc, seulement une coutume préislamique.

Les splendeurs du golfe d’Aqaba ne suffisent pas à faire oublier l’Irak. Melad et son frère n’en peuvent plus de voir leurs espoirs déçus. S’acharner à vouloir rester sur une terre qui est pourtant la leur est plus suicidaire que courageux. Cette idée de guerre perdue habite les chrétiens et les pousse à s’expatrier. Mes deux accompagnateurs ont de la famille en Australie ; ils espèrent la rejoindre un jour. Trop de conflits, trop de souffrance privent les personnes persécutées et exilées d'une espérance, d'une foi en un avenir meilleur. SOS Chrétiens d’Orient ne prétend pas changer la donne mais veut redonner, par l’action humanitaire, l’envie à ces chrétiens d’être des bâtisseurs sur leurs terres. Vaincre la résignation, tout un programme !


La politique économique comme principale atout de Marine Le Pen ? 

En se présentant comme la candidate du pouvoir d’achat, il y a près d’un an, Marine Le Pen a semble-t-il eu du flair politique. La question est aujourd’hui centrale dans un débat – certes phagocyté par la guerre en Ukraine. A la veille de sa rentrée politique en septembre dernier, la candidate du Rassemblement national annonçait deux mesures à caractère économique : la suppression de la contribution à l’audiovisuel public et la nationalisation des autoroutes si elle était élue présidente en avril 2022. Malgré des contradictions pas tout à fait aplanies, Marine Le Pen semble devoir tracer son sillon vers le second tour. 

Une appropriation des questions économiques par la droite patriote 

Le Front national d’hier, comme le Rassemblement national (RN) d’aujourd’hui, est trop souvent réduit à sa seule prise en compte des questions d’immigration, de sécurité, de mœurs. C’est oublier que la notion de souveraineté économique, aujourd’hui déclinée à l’envi par les membres de la majorité présidentielle comme par une certaine gauche souverainiste, est une déclinaison naturelle de celle de préférence nationale, qui fonde l’idéologie défendue par le RN depuis ses débuts. Si ces sujets sont, de longue date, défendus par les élus du mouvement au contact direct des Français, le moment était venu pour Marine Le Pen de s’en emparer ouvertement en vue de la présidentielle de 2022.

Car, dans le même temps, les prétendants à la candidature suprême s’approprient de plus en plus ouvertement le corpus idéologique qui fait du RN le seul mouvement politique authentiquement populaire et patriote. Il est plus que jamais temps, pour Marine Le Pen, d’affirmer la singularité du RN face à ceux qui s’approprient ses idées tout en feignant de le combattre. Même Fabien Roussel, candidat communiste à la présidentielle de 2022, a fait de la sécurité l’une des priorités de sa campagne 

A un peu plus de six mois seulement de l’élection présidentielle, Marine Le Pen a donc réussi à imposer ses thèmes dans le débat. Reste pour elle à s’imposer sur les sujets économiques afin que l’électorat patriote ne subisse pas un bis repetita de 2017. La candidate RN, opposée à l’actuel président lors du traditionnel débat d’entre-deux-tours, n’avait pas réussi à imposer sa ligne directrice sur les sujets économiques. En face d’elle, un Emmanuel Macron façonné par la finance internationale et la droite libérale avait déroulé aux Français un rassurant exposé européiste, libre-échangiste et dérégulateur. La persistance du chômage de masse ou l’augmentation du taux de pauvreté des Français ont confirmé, si cela était encore nécessaire, l’impasse de cette idéologie. Le temps est peut-être venu pour les Français de sortir de cette logique mortifère. 

Audiovisuel public et autoroutes : deux propositions aux effets incomparables

En ouvrant sa campagne sur l’audiovisuel public et les autoroutes, Marine Le Pen aborde deux thèmes qui parlent à ceux des électeurs qui se sentent, à raison, trahis par une gauche plus prompte à théoriser la notion de classe populaire qu’à mettre en œuvre des solutions à son service. 

L’audiovisuel public est aujourd’hui un réseau de propagande au service d’une idéologie « progressiste », repentante et anti-France, sapant la possibilité d’une conscience nationale commune au profit des particularismes et des dérives wokistes. Infiltré par une élite médiatique hors-sol, sa valeur ajoutée en tant que source d’information est faible. L’audiovisuel privé ne fait pas moins bien en termes de traitement de l’actualité, tandis que les organes de réinformation se passent de subventions publiques. Au-delà de l’aspect idéologique, la contribution à l’audiovisuel public est inique. Elle s’applique à tout foyer possesseur d’un téléviseur ou appareil assimilé, même exonéré de taxe d’habitation. Et frappe sans distinguer téléspectateurs et auditeurs ou non de ces chaînes de télé et stations de radio publiques. La réforme proposée par Marine Le Pen, simple à mettre en œuvre et effective, permettra de sauvegarder le pouvoir d’achat des plus de 27 millions de foyers qui versent cette contribution pour un montant de plus de 3,5 milliards d’euros par an. 

En ce qui concerne la moins idéologique mais tout autant symbolique « nationalisation » des autoroutes en revanche, les calculs de Marine Le Pen sur le pouvoir d’achat des Français apparaissent erronés.

Le terme de « nationalisation » en lui-même est impropre : les autoroutes appartiennent déjà à l’État, qui en délègue la gestion et l’entretien pour une durée et selon un cahier des charges déterminés par un système de concession. Il y a ensuite deux manières de comprendre le projet de Marine Le Pen. La première, une « nationalisation » faisant reposer l’entière charge des infrastructures autoroutières sur les finances publiques, en rendant les autoroutes « gratuites », est un non-sens économique. La puissance publique s’est en effet historiquement appuyée sur les entreprises privées pour développer le réseau autoroutier, en leur faisant supporter les risques économiques et techniques. Revenir sur ce système n’est ni possible, au vu de la situation des finances publiques, ni même souhaitable. Non seulement les personnes n’empruntant pas l’autoroute pour leurs déplacements paieraient pour son entretien. Mais ce système irait également à l’encontre du principe de préférence nationale : les Français paieraient pour les millions de véhicules étrangers qui utilisent le réseau chaque année. 

La seconde hypothèse, plus probable, est que Marine Le Pen veut substituer l’État aux entreprises concessionnaires pour la gestion des autoroutes. Le principe de l’utilisateur-payeur, via un système de péage, resterait inchangé. Pour la présidente du RN, ce système devrait « faire baisser de 10 à 15% le prix des péages » et augmenter les recettes de l’État d’un milliard et demi d’euros par an. Dans les faits, ce système contribuerait surtout à transférer à la puissance publique les risques de la concession, sans lui en conserver les avantages. Sur le plan technique, les autoroutes sont développées depuis des décennies par des entreprises ayant acquis un savoir-faire difficilement substituable. Sur le plan financier, le système de la concession est très avantageux pour la puissance publique, qui fait reposer l’ensemble du risque financier – endettement, risque de fréquentation – sur l’opérateur privé tout en percevant 40% du prix du péage en impôts et taxes divers. Les autoroutes sont ainsi gérées aujourd’hui de façon optimale tant pour les finances de l’État que pour celles des contribuables. Ce qui n’est pas le cas, à titre de comparaison, pour les routes nationales non concédées

En s’aventurant sur le terrain économique, Marine Le Pen a pris un risque nécessaire mais a ouvert le flanc aux critiques. Pourtant, les propositions égrenées au fil des mois font de plus en plus écho à une population française en détresse économique et sociale. Les notions de préférence nationale, souverainisme économique, protectionnisme, doivent être la colonne vertébrale de la doctrine économique de la France. En donnant une vraie cohérence idéologique et économique à ses propositions Marine Le Pen est au coude-à-coude avec un Emmanuel Macron qui semble de plus en plus fébrile à mesure que s’approche l’échéance.


Zemmour au Trocadéro : le meeting de la dernière chance

Le meeting au Trocadéro dimanche 27 mars était le dernier grand rendez-vous de la campagne présidentielle pour le candidat de Reconquête !. L'occasion pour Éric Zemmour de mobiliser son camp, alors qu'il peine à dépasser les 12% d'intentions de vote au premier tour.

Jeunes et moins jeunes étaient là, bien présents pour soutenir leur candidat. Après les interventions de Stanislas Rigault, Gilbert Collard et Marion Maréchal. Éric Zemmour sut enthousiasmer le public par des phrases choc, en assumant ses positions traditionnelles sur l’immigration et l’assimilation, et en appelant de ses vœux à une union des droites.

Emmanuel Macron, la cible principale 

De Jacqueline Moureau à Gilbert Collard, Jérôme Rivière à Éric Zemmour lui-même, le président de la République en prit plein la figure. Chacun lui reprocha sa la gestion de la crise sanitaire, de l’immigration, son refus systématique du débat, en un mot, son mépris des Français. « Il a promis un renouveau aux Français, et c’est le désenchantement qu’il leur a offert ». Et le candidat de Reconquête! d'ajouter : « Quant à Emmanuel Macron, il a passé dix ans au pouvoir auprès de François Hollande, et il ne sait toujours pas dans quel camp il est. »

Rassembler la droite

Éric Zemmour et Valérie Pécresse, donnée entre 10 et 12%, se tiennent dans un mouchoir de poche, loin derrière Marine le Pen (RN). Pour les dépasser, il lança un appel solennel à leurs principaux soutiens : « J’aurai besoin d’Éric Ciotti, François-Xavier Bellamy, Laurent Wauquiez et Jordan Bardella. Applaudissez-les ! » Un appel audacieux : les deux partis subissent de nombreuses défections depuis le début de la campagne. Dernière en date : un sénateur LR, Sébastien Meurant. Éric Zemmour se montra cinglant sur la position de ses deux concurrentes : « Valérie Pécresse est une centriste déjà prête à voter Emmanuel Macron au second tour. Marine le Pen est une socialiste en économie. » Le message est limpide : le seul candidat proposant un vrai programme de droite, c’est lui.

« J’aime l’État qui protège ceux qui travaillent »

« Nous sommes les seuls à être de droite dans cette campagne. La droite de Charles Pasqua, de Philippe Séguin. » L'orateur ponctua son discours des thématiques phares de son programme : l'assimilation, la grandeur de la culture française et de son histoire et l'autorité de l’État. Le candidat de Reconquête ! reste fidèle à ses principes d’origine : fermeté sur l’immigration, imposition juste, rigueur sur la distribution des aides sociales : « J’aime l’État qui protège ceux qui travaillent. Je veux un État qui a peur lorsqu’il prélève un euro de plus, qui réserve la solidarité nationale aux Français. »

Assimiler les musulmans

« Je respecte toutes les religions et tous les croyants. Mais j’appelle à ce que vous pratiquiez votre religion dans la discrétion. Beaucoup de compatriotes musulmans ont déjà fait le choix de l’assimilation. » Depuis le début de la campagne, Éric Zemmour expliquer sa position sur l’assimilation des musulmans : ceux qui ne souhaitent pas s’intégrer ne doivent pas tenter d’imposer leur modèle : « Si vous n’aimez pas la France, notre culture, notre peuple, notre art de vivre, et que vous ne souhaitez pas être Français, et bien, c’est votre droit. Ce n’est pas à la France de s’adapter à vous. » S'il invita ceux qui refusent l'assimilation à quitter le pays, il fit le choix d'éviter les polémiques pour se centrer sur un programme général. Le candidat demeura discret sur son ministère de la Remigration.

Des militants mobilisés

« Les sondages se trompent, je suis sûr qu’il va gagner au second tour », s’exclame Martine, 65 ans, avec son masque aux couleurs de la Normandie. Jean, jeune ingénieur parisien, renforce son soutien au « Z » après ce meeting : « Je le suivais depuis longtemps, et là, je suis encore plus convaincu qu’il représente mes idées. » Arrivera-t-il pour autant au second tour ? « On espère, mais on verra », soupire François, satisfait du meeting, mais sceptique sur les chances du candidat. S’agissant du ralliement des cadres des LR, les soutiens de Zemmour sont optimistes : « Certains se sont déjà prononcés en faveur du ralliement, mais au second tour. Vivement qu’il y ait une union des droites qui nous permette de nous débarrasser non seulement de Macron mais aussi de la macronie », confie le sénateur Stéphane Ravier, enthousiaste.

Les meetings au Trocadéro sont traditionnellement associés à deux échecs électoraux : Nicolas Sarkozy en 2012 et François Fillon en 2017. Celui d’Éric Zemmour fera-t-il exception ? Un cadre de Reconquête! veut y croire : « Aucun candidat n’aura rassemblé autant durant cette campagne, Éric peut au moins gagner quatre à cinq points. » En tous cas, le candidat put s’assurer d'une base militante plus que jamais convaincue. Mais plus qu’un noyau militant solide, ce sont les Français qu’il lui faudra convaincre dans deux semaines.


Le débat des valeurs ou énième meeting de Zemmour 

Mardi 23 mars, la rédaction de Valeurs Actuelles et l’association des Éveilleurs ont réuni au Palais des Sports de Paris des personnalités politiques de droite : Marion Maréchal et Éric Zemmour (Reconquête), Valérie Pécresse et Éric Ciotti (LR), Jordan Bardella (RN), mais aussi Marlène Schiappa ont participé à un grand débat. Ce désir initial de confrontation d’idées s’est rapidement transformé en meeting zemmourien.

Tout commence par une phrase de l'humoriste Gaspard Proust : « Dans le brief que m’ont fait les mecs de Valeurs Actuelles, ils m’ont dit ‘’il faut que tu mettes les gens à l’aise, qu’il n’y ait pas de favoritisme entre l’une ou l’autre écurie politique ; on n’est pas là pour orienter l’avis de nos lecteurs, l’important c’est qu’ils passent un bon moment et qu’à la fin tout le monde rentre à la maison en se disant ‘’au fond Zemmour a raison’’ ».

Réponse de la salle, enthousiaste : « Zemmour Président ! »

Marlène Schiappa contre l'entre-soi

Valeurs Actuelles voulait un débat d’idées ; cela plut à Marlène Schiappa, effigie du président sortant : « Je regrette que le débat d’idées n’ait pas plus de place », affirma-t-elle. « J’ai répondu à Valeurs Actuelles dans le passé, ça m’a valu pas mal d’attaques, je crois vraiment à la démocratie, je ne supporte pas l’entre-soi et je pense que quand on est qu’avec des gens avec lesquels on sait qu’on est d’accord sur absolument tout, ça veut dire qu’il faut se remettre en question parce qu’on frise la dérive sectaire. » Interrogée par la journaliste Charlotte d’Ornellas, la ministre LREM tint un discours musclé à un public aigre-doux, prompt à murmurer, voire à siffler.

Valérie Pécresse malmenée

Valérie Pécresse suscita une réaction comparable, même si elle prit soin de dire aux quelque 4000 spectateurs rassemblés sous le dôme de Paris : « Emmanuel Macron va dans des salles avec des gens triés, là on peut remarquer que je n’ai pas trié la salle. » La candidate LR souligna ses différences avec le président de la République : « Si on est là ce soir, c’est parce qu’on veut remplacer Emmanuel Macron et qu’on ne croit pas aux sondages, et qu’on ne veut pas se faire voler cette élection, ça au moins c’est un point d’accord entre nous. » Ce débat fut l'occasion parfaite pour rappeler son appartenance à la droite et réaffirmer une fois de plus « les différences colossales » entre LR et LREM.  Des « ben voyons » fusèrent dans le public.

Face à l’assemblée acquise à Éric Zemmour, Geoffroy Lejeune, directeur de VA, se fendit d'une phrase polie : « Merci d’avoir pris le risque d’affronter cette salle », lança avant que le candidat n'apparût sur la scène et qu'une ovation générale ne retentît sous le dôme de Paris. Dès la fin de son discours, beaucoup s'éclipsèrent. Comme si la soirée organisée par Valeurs Actuelles n'avait eu pour seule fin d'accueillir le candidat de Reconquête!.

 

 

 

 

 


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Emmanuel Macron, le grand gagnant de la guerre en Ukraine

Trois semaines après l’invasion de l’Ukraine, Emmanuel Macron est le favori de l'élection présidentielle, en dépit d'une campagne très courte lancée par une réunion publique à Poissy (Yvelines). Cette situation exceptionnelle inquiète ses concurrents à droite, tous à dix points derrière lui dans les sondages.

La campagne d'Emmanuel Macron est enfin lancée. Le chef de l’Etat est si débordé ! Entre les appels récurrents à Vladimir Poutine, les réunions de l’UE pour sanctionner la Russie, le président-candidat n'arrête pas. Charge aux membres du gouvernement et aux députés d'assurer sa promotion électorale. « Une situation qui n’est pas si gênante, affirme un cadre de LREM, la guerre actuelle ne fait que renforcer sa posture présidentielle qu’on lui reconnaissait déjà avant. »

Au pouvoir jusqu’au bout

On ne pourra pas lui reprocher d’avoir passé trop de temps en campagne. Jamais depuis le début de la Ve République un chef de l'Etat en exercice ne s'était présenté si tard à sa réélection. En 1962, le général Gaulle avait annoncé sa candidature au mois de novembre. En 1988, François Mitterrand s’était déclaré un 8 février, et Nicolas Sarkozy le 15 février 2012. Emmanuel Macron a confirmé son entrée en lice un 3 mars. Et malgré cette déclaration officielle, il n’a toujours pas le temps de se consacrer à sa campagne. Ce qui ne l'empêche pas d'être en tête dans les sondages, atteignant les 30% à 35% d’intention de vote au premier tour, selon les dernières estimations. Un gain de 5 à 10 points par rapport à la période précédant la crise ukrainienne.

Un président irréprochable

Malgré son échec à apaiser les tensions en Ukraine, cette guerre fut un bon moyen pour replacer le chef de l'Etat au centre du jeu. Ces dernières semaines, les candidats tous bords confondus n'ont cessé de le critiquer sur son bilan. Jusque-là, il ne pouvait se défendre que par l’intermédiaire de son équipe de campagne. Depuis le déclenchement de la crise ukrainienne, Emmanuel Macron est presque intouchable et réussit, malgré lui, à faire oublier pendant un temps les débats nationaux. De quoi provoquer l’ire des candidats de droite, en particulier d'Éric Zemmour et de Marine le Pen, sous le feu des reproches pour avoir déclaré plusieurs fois qu'ils admiraient Vladimir Poutine, devenu le diable en personne depuis trois semaines.

Une droite fragilisée par la crise en Ukraine

A peine la guerre déclenchée que les extraits d’interviews où Éric Zemmour et Marine le Pen affirmaient ne pas croire à l’invasion de l’Ukraine étaient diffusés par leurs adversaires, en particulier Valérie Pécresse. La candidate des LR, dont la campagne est au ralenti depuis son meeting désastreux du Zénith, en profita pour attaquer son adversaire de Reconquête, qui lui fait tellement peur. "Vladimir Zemmour", voilà le surnom donné au candidat qui osa soutenir Poutine et affirmer – certes hâtivement – que l’invasion de l’Ukraine par la Russie n’aurait jamais lieu. Mais début février, personne en France n’y croyait, même les plus grands spécialistes de la Russie. Les sondages montrent que Valérie Pécresse ne profite pas davantage de sa position anti-Poutine. Sa cote dans les sondages ne cesse de baisser. Le dernier sondage Ifop lui attribue 11% des intentions de vote, derrière Jean-Luc Mélenchon (11,5%), Éric Zemmour (13%) et Marine le Pen (14,5%). Sa difficulté à montrer de la conviction dans ses conférences de presse et ses meetings, son snobisme à peine voilé à l’égard d’un agriculteur voulant lui parler des défis de son métier, rendent la candidate peu sympathique. A droite, aucun candidat ne se démarque. Seul Éric Zemmour engrange encore des ralliements. Le dernier en date est celui de Marion le Pen, sans que cela ne crée de nouvelle dynamique.

Une gauche en petits morceaux

On pensait Jean-Luc Mélenchon inattaquable jusqu’à maintenant, mais la crise ukrainienne met aussi le candidat en difficulté, lui qui plaidait pour l’établissement d’une relation de confiance avec le président russe et refusait de croire à une invasion de l’Ukraine. Le Parti socialiste obligea l’équipe du candidat de La France Insoumise à se repositionner, voire à démentir toute complaisance envers le Kremlin. « C’est une calomnie », dénonça son entourage. L'épisode ukrainien ne changera sans doute pas grand-chose pour les autres candidats de gauche, évalués entre 2% et 7% des intentions de vote. Pas de quoi inquiéter le chef de LFI, fort du ralliement de la Primaire populaire, qui avait pourtant choisi Christiane Taubira en décembre dernier. La candidate ne récolta que 181 parrainages, et ne put donc se présenter.

La capacité des candidats à ramener le débat public sur des enjeux de politique intérieure pourra peut-être leur permettre de grimper avant le premier tour. Pour l’instant, tout porte à croire que le grand gagnant de 2022 sera Emmanuel Macron, malgré une campagne de courte durée.


Le bombardement de la mosquée de Marioupol suscite les contradictions

Kiev a annoncé, samedi 12 mars, qu'une mosquée abritant 80 personnes avait été bombardée dans la ville assiégée de Marioupol. Une information que nie un responsable communautaire sur place. 

En Ukraine, la ville côtière de Marioupol est stratégique pour les forces russes. Sous les bombes depuis le début du conflit, la ville est aujourd'hui méconnaissable. Il y a quelques jours, le gouvernement ukrainien annonçait que la mosquée de la ville avait été bombardée et qu'environ 80 civils étaient alors sur place. Dans un message posté sur Twitter, le ministère ukrainien des Affaires étrangères a indiqué que «La mosquée du sultan Souleïman le Magnifique et de son épouse Roxolana à Marioupol a été bombardée par les envahisseurs russes», ajoutant : «Plus de 80 adultes et enfants s'abritent là, dont des citoyens turcs». Une information rapidement démentie par le président de l'Association de la mosquée Souleiman de la ville, Ismail Hacioglu, qui explique à HaberTürk, chaîne de télévision turque, que la mosquée n'a pas été touchée. Sur Instagram, l'homme précise «Les Russes bombardent la zone qui se trouve à 2 km de la mosquée, et une bombe est tombée à une distance de 700 m de la mosquée». D'après lui, une trentaine de personnes "dont des enfants" sont sur place.

"Les Russes ne nous ont pas laissés passer"

Ismail Hacioglu tente de retrouver les citoyens turcs de la ville et de les faire évacuer. S’efforçant plusieurs fois de former un convoi, l’homme raconte que "les Russes ne nous ont pas laissé passer" aux checkpoints. Une situation que dénonce Médecins sans frontières qui a alerté sur l'état de la ville. Les habitants doivent désormais se terrer dans les caves sans aucun moyen. La vice-première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk a déclaré qu'un nouveau couloir humanitaire est prévu pour permettre aux civils de quitter la ville et de se réfugier au Nord-Ouest afin d'éviter le feu nourri des Russes. De son côté, le président de l'association de la mosquée de Marioupol a annoncé qu'il tentera "une cinquième fois" d'évacuer les familles turques.


Le Liban fragilisé par l'exode des chrétiens

Depuis l'explosion de Beyrouth à l’été 2020, le départ de centaines de milliers de chrétiens inquiète.

Ce sont près de 200000 Libanais, des chrétiens pour la plupart, qui ont fui leur pays sur les deux dernières années. L'explosion d’août 2020 toucha surtout les quartiers chrétiens de la capitale et s'ajouta à une réalité politique angoissante et bloquée. Ailleurs, la situation est moins enviable encore. Déçus par la faillite du printemps arabe de 2011, les chrétiens d’Orient virent s’éteindre leur rêve d’émancipation et de liberté. Des sunnites radicaux prirent le pouvoir. Une nouvelle occasion s'offrait aux minorités chrétiennes pour quitter la région.

Fragile équilibre

Au Liban, l’équilibre démographique demeure fragile. Pour le moment, les chrétiens représentent encore 40% de la population, le pourcentage le plus élevé du Proche-Orient. Mais celui-ci pourrait chuter si l'exode devenait massif et continu. Sur un plan social et culturel, le christianisme s'affirme comme le dernier bastion contre la régression, le dernier espoir de la modernité et de la liberté. D’où l’importance de préserver la mixité sociale et religieuse. Le pape Jean-Paul II disait d’ailleurs que l’interaction pacifique entre le meilleur de l’islam et le meilleur du christianisme était essentiel et nécessaire pour le vivre-ensemble dans ces pays-là. Il n'est pas sûr qu'il ait été entendu.


Marine Le Pen sur LCI : championne de la droite nationale ?

Mercredi 16 février, Marine Le Pen était l’invitée de « Mission convaincre » sur LCI, rendez-vous animé par Ruth Elkrief et David Pujadas. La candidate chercha à se démarquer une bonne fois pour toute de ses concurrents du camp national.

Non, Marine Le Pen n'est pas Eric Zemmour ! A quelque 55 jours du scrutins, certains de ses électeurs pensent le contraire, comme Antonin. Pour ce Niçois, Zemmour a le même programme que sa candidate « à 90 % ». Cette proximité incita le maire de Malaussène, joli village des Alpes-Maritimes, à lâcher Marine Le Pen pour parrainer Zemmour. Parce que « la population ne la suit pas », dit-il, et que « Marine Le Pen a manqué le coup ». L’intéressée répond qu’il se trompe. Car elle est bien « en situation de gagner ». Quant à Betty, jeune retraitée et ancien Gilet Jaune, elle implore Marine Le Pen de se rallier à Eric Zemmour, « pour qu’on puisse gagner » et « sortir de cet enfer ». La candidate rétorque : « tous ceux qui croient en la France doivent se rassembler, au 1er tour on choisit, au 2nd tour on écarte », et « tous ceux qui croient en la France doivent se réunir dans un gouvernement d’union nationale. » Avant de prédire, optimiste : « tout le monde se retrouvera pour que les 5 prochaines années soient sans Emmanuel Macron ». Mais Betty, pas totalement convaincue, avoue ne pas savoir à qui donner son bulletin, d 'Eric Zemmour ou de Marine Le Pen.

Le RN et Reconquête : le loup et l'agneau

Si Marine Le Pen déplore les récents départs en cascade vers le parti d'Eric Zemmour, la candidate du RN les justifie. Nicolas Bay « ne peut plus rester à mon côté », déclare-t-elle. Refusant la déloyauté, elle préfère licencier « ces gens » plutôt que de les laisser « saboter la campagne de l’intérieur ». Pour elle, « c’est impardonnable ». Finalement, elle écarte de son mouvement ceux qui le discréditent et le dénaturent. Cela doit-il entraîner une remise en question ? Marine Le Pen s’emporte : certes non, cela serait irrationnel, « ces gens partent parce qu’ils ne veulent pas gagner », « moi je veux gagner cette élection présidentielle », clame-t-elle.

Marine Le Pen : « Je ne vais pas m’amuser au jeu des 7 différences avec Eric Zemmour »

Qui de Marine Le Pen ou d’Eric Zemmour représente le mieux le camp national ? La candidate du RN se considère la plus apte. Son concurrent de Reconquête défend l'immigration zéro. Sur ce point, elle demeure ambiguë : « 50 ans que nous alertons les Français sur le danger de l’immigration », rétorque-t-elle, en invoquant le courage dont son parti a fait preuve « depuis 20 ans ». Elle annonce ainsi avoir préparé un projet de loi très complet sur l’immigration, qu’elle soumettra par referendum. Ce projet contient, entre autres points, l’expulsion « des délinquants et des criminels étrangers » et la suppression du droit du sol, car, reprenant sans l’avouer les mots du Z, « la nationalité française doit s’hériter ou se mériter ». Concernant le regroupement familial, Marine Le Pen semble se montrer moins radicale que Zemmour : « je veux que les étudiants étrangers continuent à venir en France », mais « ils doivent repartir chez eux ensuite ». Elle annonce « une politique dissuasive d’immigration », car « on ne peut plus accueillir tout le monde ». Il y aurait deux divergences majeures avec Zemmour, selon David Pujadas : l'immigration zéro qui « n'a pas de sens » et les régularisations exceptionnelles, que Marine Le Pen dit concevoir. Et l'interrogée juge que son concurrent « n’apporte aucune plus-value à part de la brutalité ». Selon elle, la question de « la migration doit être réglée avec tranquillité ».

Eric Zemmour pourrait-il faire partie de son gouvernement si elle est élue ? Pour elle, le candidat de Reconquête ne le souhaite pas. « Je ne le mettrai pas ministre de l’Economie », ironise-t-elle. Si elle constate de nombreuses similitudes avec l’ancien journaliste, il n’y a cependant pas « une identité totale ».


Le programme économique de Marine le Pen est-il applicable ?

Invitée sur le plateau de « Mission convaincre » sur LCI, Marine le Pen a présenté plusieurs points majeurs son programme économique, avec un objectif précis : montrer qu'il concerne les Français. Est-il pour autant réaliste ?

« Rendre le pouvoir d’achat aux Français »

C’est son refrain depuis le début de la campagne. Marine le Pen l'a d'ailleurs bien compris, c'est le pouvoir d'achat qui préoccupe le plus les Français. Interrogée en détails par les deux présentateurs et la dizaine « d’abstentionnistes » sollicités par LCI, Marine le Pen a fustigé le bilan économique d'Emmanuel Macron, accusé d'avoir « appauvri les Français les plus démunis. » La candidate du RN propose de geler les prix de l’essence et du gaz, de ramener la TVA de 20% à 5,5% sur le carburant, l'électricité et le fioul. Cette mesure répond directement aux gilets jaunes. Elle prend le contrepied de la politique d'Emmanuel Macron, « qui en 2018 avait promis de ne pas augmenter les prix de l'essence, et qui l'a pourtant fait ». Mais la candidate RN a voulu aussi s'adresser aux jeunes avec deux mesures phares : l'exonération de l'impôt sur le revenu pour les contribuables de moins de 30 ans. « Je veux aider les jeunes à vivre décemment au début de leurs premières années de vie professionnelle. » Cette mesure ne s'appliquerait qu'à partir de 23 ou 24 ans, l'âge auquel la plupart des jeunes finissent leurs études.

« Plus on a travaillé tôt, plus le travail était dur, plus on doit partir tôt »

Les retraites sont l'autre volet phare de son programme, et elle ne craint pas de revendiquer son conservatisme sur le sujet. « Les Français qui travailleront avant 24 ans partiront à 60 ans à la retraite. » Marine Le Pen est fière de cette mesure. Contrairement aux autres candidats de droite, elle ne veut pas forcer les Français qui ont commencé à travailler jeune, « dans des métiers manuels, souvent difficiles » à travailler au-delà de 60 ans. « C'est une injustice », poursuit-elle. Interrogée sur le financement de toutes ces mesures généreuses, la candidate exclut d'augmenter les impôts, et préconise de lutter contre le gaspillage d'argent public.

Plus de dépenses, mais sans dette supplémentaire

« La dette n’augmentera pas durant mon mandat », a juré Marine Le Pen. Toutefois, les présentateurs n’ont pas manqué de mettre la candidate devant ses contradictions : ses recettes (37 milliards) sont largement inférieures à ses dépenses (73 milliards). Hormis la lutte contre les fraudes, qui pourrait rapporter 10 milliards, on trouve peu d’économies dans son programme, hormis sur les subventions à l’éolien et la suppression allocative aux étrangers. Elle ne propose rien sur la fonction publique, qu’elle se fait une fierté de défendre face aux autres candidats de droite, lesquels s’en donnent à cœur joie pour la critiquer sur ce point. De même pour la dette de la Sécurité sociale. Les rapports alarmants de la Cour des comptes ne semblent pas être entendus par la candidate. Marine Le Pen choisit de dire à son électorat qu’il n’aura pas à faire d’efforts pour rembourser la dette.


J0 2022 : une compétition déjà réussie pour les Bleus

Alors que le dénouement des Jeux Olympiques d'hiver approche, l’équipe de France comptabilise déjà 11 médailles. Certains athlètes sont montés plusieurs fois sur le podium alors que d’autres ont connu de cruelles désillusions. Ces jeux se révèlent dans tous les cas une grande réussite pour le clan français.

 

Cela fait quatre ans que de nombreux athlètes répètent jour après jour leurs gammes pour se qualifier et préparer les Jeux Olympiques dans l’espoir de gagner une médaille. A l’aube de ces jeux, la France comptait de grandissimes favoris : Perrine Lafont en ski de bosse, Guillaume Cizeron et Gabriella Papadakis en patinage artistique ou encore Tess Ledeux en Big Air et en slopestyle snowboard. Mais c’est le biathlète Quentin Fillon-Maillet qui finalement a laissé son empreinte à Pékin.

 

Quentin Fillon-Maillet marque l’histoire

Quatre courses, quatre médailles. Quentin Fillon-Maillet est devenu en dix jours l’athlète français ayant remporté le plus de médailles sur une olympiade. Avec en prime deux titres de champions olympiques, alors qu’il lui reste encore deux courses cette semaine. Il a époustouflé les observateurs avec des performances incroyables, très maîtrisées tant sur les skis que sur le tir, et a permis à la France de rentrer dans le top 10 au classement des médailles. Dans sa lignée, le duo Papadakis-Cizeron illumine également ces jeux avec le titre de champion olympique en patinage artistique. Une belle revanche pour eux qui avaient dû se contenter de la médaille d'argent il y a quatre ans.

 

Quelques déceptions à relativiser

Tout le monde s’attendait à ce que Perrine Lafont réédite l’exploit des derniers jeux, lorsqu’elle est devenue championne olympique de ski de bosses. Malheureusement, elle n’a pas réussi en finale à skier avec autant de relâchement que lors de son run de qualification. Quelques petites erreurs la font tomber à la quatrième place, au pied du podium. Une déception immense qu’elle préfère relativiser : « Quand j’ai voulu arrêter en 2019, je me suis promis de ne plus me rendre malade avec le sport. J’y pense un peu ce soir. »

Julia Pereira de Sousa, la vice-championne olympique en titre, a également joué de malchance en snowboard cross. Lors de l'épreuve en individuel, elle chute en demi-finale poussée par une concurrente alors qu’elle menait la manche. Sur l'épreuve par équipe, un problème de fartage pénalise les quatre athlètes français et les laisse collés à la piste, sans vitesse. Elle s'arrête avec son partenaire en quart de finale. Chloé Trespeuch est cependant là pour succéder à sa compatriote avec une magnifique deuxième place sur l’épreuve en individuel.

 

Alors que certaines nations construisent leur succès sur une ou deux disciplines en particulier, comme l’Allemagne qui remporte tous les titres en luge et en skeleton ou les Pays-Bas qui dominent outrageusement le patinage de vitesse, la France se positionne dans quasiment toutes les disciplines. Les athlètes français ont maintenant jusqu'à dimanche pour égaliser ou faire mieux que les deux dernières olympiades où ils avaient récolté 15 médailles. Une tâche largement à leur portée.


Mbappe-PSG-Real

PSG - Real Madrid : un tournant dans la saison du club parisien ?

Ce soir, au Parc des Princes, s’affronteront le Paris Saint-Germain et le Real Madrid. Le club de la capitale est attendu au tournant, comme son joueur vedette, Kylian Mbappé, au centre d’une rivalité entre les deux équipes.

Un entraîneur sur la sellette, un niveau de jeu qui inquiète

Beaucoup de questions se posent avant la reprise de la Ligue des Champions. À Paris, des réponses devraient être données, dès ce soir. Premièrement, le PSG a rarement brillé pendant cette saison. Une élimination en Coupe de France et surtout une deuxième place décevante en phase de poules de Ligue des Champions provoquent les inquiétudes des spécialistes. On peut les comprendre au vu du recrutement effectué cet été par le club de Paris : Lionel Messi, récompensé par le Ballon d’or en décembre dernier, Gianluigi Donnarumma, sacré meilleur joueur de l’Euro cet été, ou encore Wijnaldum, capitaine de la sélection néerlandaise, sont venus renforcer l’effectif parisien en vue de les aider à remporter tous les trophées, notamment sur la scène européenne. Mais force est de constater que les recrues ne répondent pas aux attentes que l’on plaçait en eux. Le PSG avait même recruté Sergio Ramos, emblématique capitaine du… Real Madrid ! Malheureusement sujet à de trop nombreuses blessures, le défenseur espagnol n’a pu enchaîner les matchs en première partie de saison et ne sera pas présent pour la réception de son ancien club. Si les joueurs sont évidemment les premiers responsables des mauvaises performances du club, Mauricio Pochettino, leur entraîneur, se retrouve lui aussi sur le banc des accusés. Critiqué pour ses choix douteux, ou pour son absence de décision et de vision, l’entraîneur argentin peine à trouver l’équilibre de sa formation, où égos et blessures compliquent son travail. En cas de défaite ce soir ou, pire, d’élimination en 8ᵉ de finales de Ligue des Champions, il sait qu’il sera trop tard pour se rattraper. La presse sportive parle notamment de Zinedine Zidane pour le remplacer.

Kylian Mbappé, partira, partira pas ?

On le sait, l’international français est courtisé chaque été lors du marché des transferts. Les principaux intéressés ? Le Real Madrid. Depuis plusieurs saisons déjà, des offres ont été transmises au club de la capitale pour acheter le joueur, sans jamais convaincre les dirigeants parisiens de vendre leur pépite. Seulement, son contrat arrive à son terme en juin 2022. Un renouvellement du contrat ? Le PSG y a déjà pensé bien sûr, mais Kylian Mbappé refuse de poursuivre avec son club et souhaite — un rêve d’enfant ? — rejoindre le Real Madrid. On se demande alors quelle sera son attitude ce soir, lors du choc entre les deux équipes. S’il ne fait aucun doute qu’il donnera le maximum pour remporter la victoire et se montrer sous son meilleur jour, une élimination de l'un des deux clubs pourrait-elle décider la star à choisir ? Il faudra attendre l'été 2022 pour connaître le fin mot de cette histoire.