Temple républicain de style néoclassique, plafonds à caissons de la monarchie de Juillet, façade végétale, parquets cirés dans le XVème…quelles mairies de Paris méritent le plus d’attention ?  

 

Alors que la cam­pagne des muni­ci­pales bat son plein et touche à son terme en ce dimanche 15 mars, les files d’attente ont com­men­cées dès 8h dans chaque arron­dis­se­ment de Paris…l’occasion de redé­cou­vrir le patri­moine répu­bli­cain. De nom­breuses mai­ries se res­semblent et pour cause, le XIXème siècle semble avoir bâti la ville : de hautes colonnes, des fron­tons tri­an­gu­laires, des inté­rieurs char­gés et par­fois de sobres façades. Ain­si, la mai­rie du VIème se veut modeste, celle du IXème une minia­ture de l’Elysée et celle de Paris Centre un hôtel par­ti­cu­lier… 

 

Les mairies de la capitale : un concentré de son charme 

En revanche dans le Ier arron­dis­se­ment la mai­rie se dis­tingue par une archi­tec­ture gothique par­ti­cu­lière : l’impression d’entrer dans une cathé­drale médié­vale plu­tôt que dans les mai­ries dix-neu­viè­mistes de la Vème Répu­blique ; un bef­froi de 38 mètres de haut vient cou­ron­ner le bâti­ment. Dans le XIVème, la mai­rie est impo­sante, mais ce sont les salles qui sont les plus impres­sion­nantes : par­quets cirés, ten­tures, lustres et velours bleu… Un charme que les années ont bien conser­vé. L’i­ti­né­raire du Rou­tard indique de pas­ser par le XIXème : ne pas s’attarder dans les quar­tiers du Parc et de la Vil­lette mais devant les murs de pierre et brique rouge de la mai­rie.  

Si la mai­rie du VIIème arron­dis­se­ment ne se dis­tingue pas depuis l’extérieur, la salle du conseil en mar­que­te­rie et velours rouge rehausse l’éclat du bâti­ment sobre de la rue de Gre­nelle. Il en est de même dans l’arrondissement voi­sin où l’intérieur en damier noir et blanc, sup­porte des colonnes grecques et une sculp­ture des trois Grâces. Le pla­fond peint et les dorures de la salle des mariages donnent un ton royal au bâti­ment muni­ci­pal.  

Entre l’imposant Pan­théon, et le quar­tier de la Sor­bonne, la mai­rie du Vème revêt elle aus­si un air d’antique avec ses hautes colonnes de pierre et le fron­ton tri­an­gu­laire : la façade est clas­sée aux monu­ments his­to­riques depuis 1925. Impo­sante aus­si est la mai­rie du XVIème arron­dis­se­ment : une façade aux airs mili­taires et struc­tu­rée.  

Mai­rie du Vème arron­dis­se­ment de Paris

Ces mairies aux airs de châteaux miniatures 

Quant à la mai­rie du Xème arron­dis­se­ment, le style rap­pelle celle des châ­teaux néo-gothique et de Cham­bord dans une esthé­tique du détail raf­fi­né ; l’intérieur n’a lui-même rien à lui envier puisque l’escalier au tapis rouge majes­tueux en fait un lieu idéal pour immor­ta­li­ser quelques cli­chés solen­nels. La mai­rie la plus oné­reuse de Paris semble avoir jus­ti­fié son coût de 2,75 mil­lions de francs en 1896. Com­ment ne pas évo­quer non plus la plus grande mai­rie de France ? 110 mètres de long, un domaine aux allures palatial…les can­di­dats sont nom­breux à convoi­ter aujourd’hui l’Hôtel de Ville de Paris qui fut le point de ral­lie­ment pen­dant plu­sieurs siècles des insur­gés et émeu­tiers de la Révo­lu­tion à la Libé­ra­tion. Un lieu sym­bo­lique et por­teur de l’histoire mil­lé­naire de Paris.  

Ave­nue des Gobe­lins, la mai­rie du XIIIème, se dresse, à la fois sobre et majes­tueuse, loin des fio­ri­tures de l’Hôtel de Ville ; elle prend l’envergure d’un petit châ­teau de pro­vince aux airs modestes. La mai­rie du XVIIIème offre éga­le­ment un bout d’histoire de la ville : ce petit bâti­ment a ser­vi durant l’Occupation. Un centre de regrou­pe­ment de Juifs avait été ins­tal­lé dans une des salles de la mai­rie après la rafle du Vélo­drome d’Hiver.                Hôtel de Ville de Paris

 

Le végétalisme du XVIIème ou comment le mauvais goût a détruit l’arrondissement  

Une seule mai­rie se détache parce qu’elle ne date pas du XIXème siècle et de son esthé­tisme néo­clas­sique mais du XXème et de ses goûts archi­tec­tu­raux hau­te­ment dis­cu­tables : façade végé­tale de bou­quets vio­lets et verts, struc­ture métal­lique blanche, inté­rieurs bureau­cra­tiques et sans âme…il ne s’agit sûre­ment pas du lieu le plus roman­tique pour contrac­ter mariage dans la ville de l’Amour. Cette construc­tion s’est peut-être vou­lue nova­trice, voire pro­gres­siste, mais le charme des par­quets cirés et des esca­liers d’honneur ne se rem­place pas aisé­ment. 

Mai­rie du XVIIème arron­dis­se­ment de Paris