Europe Ecologie les Verts et le monde rural
Le président de la Fédération nationale des chasseurs Willy Schraen a le sourire en ce samedi 8 janvier : Yannick Jadot est à peine crédité de 7% d’intention de vote aux présidentielles. Le candidat EELV joue un bras de fer avec le monde rural sur les questions liées à la chasse et à la mobilité, les vifs débats entre animalistes membres d’EELV et chasseurs sur les plateaux télé nous le rappellent quotidiennement. Certains cadres du parti souhaiteraient toutefois tenter une réconciliation avec les habitants de la France des champs.
EELV en opposition au monde rural ?
EELV a toujours eu du mal à communiquer avec le monde rural. Entre écologistes et ruraux existent de nombreux points de tensions au sujet de l’agriculture, de la voiture et bien sûr de la chasse. Yannick Jadot, candidat des Verts aux présidentielles, a expliqué que durant son mandat la chasse serait interdite durant le week-end et les vacances scolaires. Les chasseurs ont vivement protesté contre cette proposition, arguant que les pratiquants réguliers de la chasse sont souvent des Français de classe moyenne ne pouvant se permettre de rater un jour de travail pour aller chasser. Cette réponse brise la vision un brin caricaturale que EELV avait des chasseurs. Un conseiller de Yannick Jadot confiait en effet aux équipes du Point que pour eux, ceux-ci étaient formés uniquement de cadres supérieurs, d’indépendants et de rentiers. Si on ne considère que la chasse à courre, ce cliché peut se confirmer : une saison de chasse coûte entre 1500€ et 150 000 €. Il faut acheter le cheval, assumer les soins vétérinaires, se procurer une tenue, payer entre 300 € et 5000 € l'entrée dans un équipage...
Mais cela ne concerne qu'une minorité de chasseurs, la grande majorité pratiquant la chasse dite « classique ». EELV se situe donc très loin du réel. Il faut noter qu’en plus de son programme hostile aux chasseurs, EELV ne se gêne pas pour les identifier comme ennemis de leur idéologie. Rappelons-nous ces affiches de Julien Bayou en avril 2014, lors des élections pour la présidence d’Ile de France : le candidat y ciblait directement les chasseurs et les boomers en expliquant que leurs votes aller faire pencher la balance en faveur de la LREM ou de LR. Si Julien Bayou avait rapidement fait machine arrière en expliquant ne pas avoir été mis au courant de l’existence de ces affiches, ce dérapage illustrait bien la vision négative que EELV avait et a toujours des chasseurs.
Outre la question épineuse de la chasse, celle de la mobilité occupe aussi les esprits. Les ruraux utilisent plus leurs voitures que les urbains, ce qui pour les cadres de EELV est une preuve d'absence de conscience écologique. Difficile pour EELV de comprendre que lorsqu’on habite en dehors des villes, la voiture est non seulement nécessaire mais vitale pour aller travailler, se soigner et pour sociabiliser. La volonté de l’équipe de Jadot d'augmenter les prix à la pompe est perçue comme un mépris total par les Français des champs, ce qui pourrait rallumer les braises du mouvement des gilets jaunes.
Par-delà les clichés
Malgré tout ces points de tension entre EELV et les ruraux en raison de la vision caricaturale des conseillers de Jadot, une partie des cadres ralliés à Sandrine Rousseau tentent d'inverser la tendance. Ces cadres possèdent une sensibilité aux problématiques sociales que les équipes de Jadot n’ont pas. Pour eux, il faut comprendre pourquoi les ruraux utilisent la voiture et répondre à ce besoin. Ils pensent notamment qu'il est nécessaire de réhabiliter les petites gares pour permettre à tous de se mouvoir sans utiliser la voiture. Cette idée a été ajoutée au programme après la fusion des équipes Jadot et Rousseau. Sur la question de la chasse, l’équipe Rousseau est aussi plus ouverte que celle de Jadot et l'idée serait surtout d'interdire les chasses dites cruelles comme la chasse à la glue et la chasse à courre. Ils se refusent à interdire totalement la chasse, Sandrine Rousseau disant à Libération qu’elle n’était pas contre si celle-ci est bien encadrée… Après cette déclaration, l’équipe de la candidate s'est murée dans le silence pour toutes les questions liées à la chasse. Ce silence nous oriente vers le cœur du problème : et si le problème ne venait pas des cadres mais des électeurs écologistes ? D’après l’IFOP, 90% d'entre eux vivent dans les grandes villes, ce qui oblige le parti à se plier à cette majorité qui n’a jamais eu de contact avec la ruralité. Le travail pédagogique doit donc cibler les militants et électeurs écologistes et non pas les cadres.
En fait, cette fracture entre EELV et le monde rural est aussi celle qui existe entre le monde des villes et celui des champs, apparu en France à l’après-guerre ; avec l’exode rural, de plus en plus de Français ont perdu tout contact avec la campagne. Ce contact qui à l’époque des grands parents passait par un oncle, un frère ou un père agriculteur a totalement disparu dans notre France contemporaine. Cette fracture n’est donc pas seulement l’affaire de EELV mais bien celle de l’ensemble des Français.
Kazakhstan : les Etats de l’OTSC dans la tourmente
A la demande du Kazakhstan, l’OTSC (Organisation du Traité de Sécurité Collective) a déployé en janvier des troupes sur son sol. Mais certains membres de l'organisation qui comprend également la Russie, le Tadjikistan, le Kirghizstan, la Biélorussie et l’Arménie, s’inquiètent d’un possible enlisement et craignent de devoir affronter une résistance armée.
Le Kazakhstan, un pays clé méconnu
Le Kazakhstan est le plus grand pays d’Asie centrale, et il est aussi le plus riche grâce à ses gisements de gaz et d’uranium. Paris s'y fournit d'ailleurs pour alimenter son parc nucléaire. Ce pays faisait office de vitrine pour Moscou via son modèle autoritaire similaire à celui du Kremlin. Son possible changement de régime risquerait de créer un effet domino en Asie centrale. Les Etats-Unis pourraient se précipiter dans la brèche pour continuer à installer des bases dans la zone, comme ils l'ont déjà fait en Ouzbékistan. Une telle situation affaiblirait encore plus le Kremlin, après le basculement de l’Ukraine dans le camp occidental il y a 8 ans, et l’UE pourrait continuer à exploiter les gisements kazakhs sans avoir à craindre une intervention russe. De son côté, le régime de Nour-Soultan espère pouvoir sauver sa tête durant cette crise.
Baptême du feu pour l’OTSC
L’OTSC a décidé d’intervenir au Kazakhstan à la demande ce dernier et sous les ordres de Moscou. C’est la première intervention de l’organisation ; le Kremlin souhaiterait qu’elle soit couronnée de succès pour que l’OTSC devienne un acteur régional important et si possible un concurrent de l’OTAN. Le seul souci est que cette opération est menée majoritairement par des troupes russes et que ses alliés n'ont dépêché que des poignées de soldats...
L’Arménie craint que cette intervention militaire rappelle un peu trop celles des forces du Pacte de Varsovie réprimant le Printemps de Prague en 1968, ou encore la répression de la révolution hongroise de 1956 à Budapest. Les autres membres de l’OTSC craignent un possible enlisement car certaines unités de l’armée kazakhe ont rejoint les rebelles et pourraient les aider à constituer une résistance armée.
Le pouvoir kazakh fragilisé
Le "Père" de la nation Noursoultan Nazarbaiev est soupçonné de s’être enfui en Russie. Cet homme qui fut président du pays de 1991 à 2019 avait laissé les rênes du pouvoir à un proche, Jomart Tokaiev, tout en gardant le contrôle du pays en occupant un poste de chef du conseil de la sécurité. Le 5 janvier, face au désordre du pays, il transfère cette fonction au président Tokaeiv. Sa possible fuite créée un véritable mouvement de panique chez les élites kazakhes, qui à leur tour se ruent sur leurs avions privés pour quitter le pays. Elles craignent que cette intervention n'installe définitivement les Russes au Kazakhstan et qu’ils l’administrent comme une région de leur Fédération.
Rajoutons à ce tableau peu reluisant pour le régime kazakh que le retournement de certaines unités de l’armée et de la police a été vécu comme un drame. Ces deux corps de fonctionnaires ont toujours été fidèles au pouvoir depuis les années 90, n’hésitant pas à réprimer les opposants dans le sang. Le fait qu’elles abandonnent leurs chefs ou les capturent pour les remettre à la foule montre bien que leur fidélité n’est plus une évidence.
Quelles sorties de crise possibles ?
Trois sorties sont envisageables dans les jours à venir. Première possibilité, l’OTSC écrase la rébellion et le régime kazakh est rétabli. Moscou sortirait renforcé de cette crise et pourrait à nouveau donner priorité à l’Ukraine. Ce scénario est envisagé par des stratèges ukrainiens qui le confiait à TV Svoboda. Deuxième possibilité, la pire pour le Kremlin et ses alliés : les rebelles se constituent en armée de libération et le pays plonge dans la guerre. Les troupes de l’OTSC risqueraient ne pas tenir face à une guerre longue. Les alliés de Moscou pourraient alors choisir de quitter l’opération. Les menaces russes envers l’Ukraine seraient moins efficaces, et les troupes russes risqueraient de subir de lourdes pertes face à la résistance kazakhe. Cette vision pessimiste est portée par l’armée arménienne.
Dernière possibilité, les rebelles font fuir les derniers oligarques. Les Russes choisiraient alors la négociation ; le nouveau gouvernement kazakh devrait accepter une présence russe mais pourrait la compléter par une présence américaine ou chinoise. Cette option existe car l’Ouzbékistan, pays voisin du Kazakhstan, a réussi à négocier un accord similaire avec les deux grands durant les années 2000 : Tachkent a depuis une base russe et une base américaine sur son sol . Le modèle autoritaire à la russe sortirait largement affaibli de cette crise et ce soulèvement réussi pourrait encourager les autres peuples d’Asie centrale à renverser leurs gouvernements pro-russes. Sur le long terme, la Russie pourrait se voir obligée de changer de politique extérieure dans cette région.
Face au désordre indescriptible, les enseignants en colère appellent à la grève
C’est décidé : les principaux syndicats d’enseignants ont appelé à se mettre en grève le jeudi 13 janvier. L’objectif : manifester leur désaccord face au protocole indiqué par le ministre de l’Éducation Nationale concernant la crise sanitaire.
Vendredi 7 janvier, une grande majorité des syndicats enseignants a appelé le personnel des écoles à se mettre en grève ce jeudi 13. Objectif, sans surprise : dénoncer les mesures prises contre le covid dans les écoles. En quatre jours, il y a eu bien trop d’interventions de Jean-Michel Blanquer, « des ordres et des contre-ordres permanents », fulmine André Drubay, secrétaire général du syndicat Snes-FSU. Le ministre se montre beaucoup trop flou, et ne semble pas être sur la même longueur d’onde que les enseignants grévistes. En effet, le 3 janvier, la consigne exige que les enfants cas-contacts doivent faire un test antigénique ou salivaire le jour J pour pouvoir retourner à l’école, puis deux autres à J+2 et J+4. Quatre jours plus tard, il annonce un allègement de ces mesures car elles sont « irréalisables », selon ce même syndicat : désormais, un cas-contact de moins de 12 ans n’est plus contraint à l’isolement et peut rejoindre sa classe dès lors que ses parents produisent pour lui un test antigénique ou PCR négatif. Les deux autres tests sont demandés mais le délai d’application est plus long. Le résultat : « une pagaille indescriptible et un sentiment fort d’abandon et de colère », s’agace André Drubay.
Le mot d’ordre : n’en faire qu’à sa tête
Les syndicats grévistes sont unanimes : le protocole mis en place le 6 janvier est incompréhensible. « On n’a jamais vu ce niveau d’exaspération et d’épuisement », explique Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat d’enseignants SE-Unsa. « On a des collègues en pleurs qui passent leurs soirées à envoyer des messages aux familles pour leur faire comprendre la nouvelle procédure », insiste-t-il. En l’absence de consignes explicites, chaque direction d’établissement a appliqué sa propre règle. Ainsi, d’après le correspondant Figaro de l’académie de Montpellier, dans une école privée de Nîmes, 17 jours d’isolement pour les cas-contacts ont été maintenus entre lundi et jeudi, mais pas dans les écoles publiques voisines. De même, en Savoie, des directeurs d’école publique ont du attendre mardi soir pour avoir des directives, avant que celles-ci ne changent 3 jours après. Une confusion sans nom. Guislaine David, cosecrétaire générale du syndicat SNUipp-FSU dénonce un protocole « ahurissant ». « On a fait les choses partout différemment, parfois même dans les écoles d’une même ville », peste-t-elle.
A cette incompréhension s’ajoute une crise de personnel : les vies scolaires sont submergées par la gestion des absences et des cas contacts, les professeurs malades ne sont pas remplacés. La menace d’une véritable dégradation pédagogique plane. Les futurs grévistes se sentent seuls. Pour légitimer leur mouvement, ils s’appuient aussi sur les derniers chiffres diffusés jeudi par l’Éducation Nationale : 47 453 élèves recensés positifs et 9 202 classes fermées.
Des revendications qui ne sont pas unanimes
Dans son appel à la grève, Stéphane Crochet explique ce qu’il attend du gouvernement : plus d’autotests pour les cas-contacts et plus de masques FFP2 pour les enseignants ; abonder et recruter les listes complémentaires pour pallier à l’absence de professeurs ; plus de fermeté pour le traitement des cas positifs ; l’isolement des cas contacts intrafamiliaux.
Mais comment manifester son mécontentement ? Les avis divergent. Les parents d’élèves s’estiment plutôt soulagés des nouvelles règles qui leur permet de ne pas s’enfermer avec leurs enfants trop longtemps. Du côté des enseignants, ce sont 7 syndicats, pour la plupart marqués à gauche voire très à gauche, qui promeuvent la grève pour le 13 janvier : Snuipp-FSU, Se-Unsa, Snudi-FO, Snes-Fsu, Snalc, Sud éducation et CGT Education. Cette dernière regarde même jusqu’à fin janvier, en proposant un second mouvement de grève le 27. Les enseignants ont, quant à eux, jusqu’à lundi soir pour se déclarer gréviste. Pour le moment, il n’est pas certain que la majorité d’entre eux réponde présent. Peut-être beaucoup se rallieront-ils au principal syndicat de chefs d’établissement (SNPDEN-UNSA) qui se refuse à la grève : « On ne va pas dire qu’il ne faut pas le faire (...) mais faire grève, c’est abandonner les élèves quelque part et franchement, ce n’est pas le moment. Quand on manifeste notre mécontentement, on préfère le faire autrement ». Mais faire quoi ? La question reste en suspens...
De son côté, Jean-Michel Blanquer semble en position délicate : jeudi 6, dans une réunion en visioconférence avec ces syndicats, il assure que « dans un mois tout ira mieux », et se refuse donc à écouter les revendications. Expectative de la semaine prochaine : le taux de participation des enseignants à la grève lui donnera tort ou raison.
Guillaume Peltier rallie Eric Zemmour
Reçu par Sonia Mabrouk dans l’émission Le Grand Rendez-vous diffusée sur CNEWS, Europe 1 et Les Echos, l’ancien vice-président LR a annoncé dimanche 9 janvier rejoindre Eric Zemmour dans sa course à la fonction présidentielle.
Connu pour ses prises de position controversées au sein de son parti, Guillaume Peltier a fait son choix pour la présidentielle 2022. La polémique enflait depuis un mois. Le 6 décembre dernier, alors qu’il était encore numéro 2 des LR, le député du Loir-et-Cher avait posté ce tweet polémique « comment rester insensible au discours pour la France d’Eric Zemmour ? » faisant référence au discours de Villepinte. Démis de sa fonction de vice président du parti dans la foulée, ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’il n’annonce son ralliement à Eric Zemmour, qui incarne selon lui « le seul candidat de la droite capable de battre Macron ».
« Les qualificatifs de haine et d’extrême droite ça suffit »
Guillaume Peltier l’assume, « mon ADN politique c’est la droite forte ». L’ancien bras droit de Philippe de Villiers avait fait un bref passage au Front national de la jeunesse et au mouvement national républicain avant de rejoindre l’ancêtre du parti LR (UMP) en 2009 et de soutenir Nicolas Sarkozy dans sa campagne de 2012.
Convaincu que c’est Eric Zemmour et non Valérie Pécresse qui fera la très espérée union des droites, le député revendique qu’en 2022 « le coeur du clivage sera plus important que celui de la gauche et de la droite », c’est « d’un coté la tyrannie des minorités face à la majorité silencieuse qui ne supporte plus de voir ses modes de vie, sa culture, ses traditions, le bon sens bafoué par ceux qui nous gouvernent ». « Nous assumons l’idéal de la frontière sur le plan économique et migratoire » a t-il ajouté.
Quant aux accusations du prétendu pétainisme d’Eric Zemmour, Guillaume Peltier les dénonce « les qualificatifs de haine et d’extrême droite ça suffit ». Et de rappeler qu’Eric Zemmour et sa famille « ont été marqués dans leur chair par ce que représente l’immonde régime de Vichy ». Ses grands parents ont en effet été déchus de la nationalité française par Vichy.
« Je n’ai pas confiance » en Valérie Pécresse
Guillaume Peltier l’a rappelé face à Sonia Mabrouk, Valérie Pécresse avait voté pour Emmanuel Macron en 2017. Il a avoué ne pas avoir confiance en la candidate à la présidentielle car celle-ci n’a pas répondu à sa question quand il lui a demandé ce qu’elle ferait au second tour si elle n’était pas qualifiée. « Valérie Pécresse c’est Emmanuel Macron »
Du côté des Républicains, les réactions ne se sont pas faites attendre. La sentence est tombée quelques minutes après la fin de l’émission sur le compte Twitter du président du mouvement, Christian Jacob : « il est de fait exclu de notre parti politique et ne peut plus s’en revendiquer ». Eric Ciotti, que Peltier a soutenu lors de la primaire LR a lui aussi condamné sa décision en précisant qu’il « commet une lourde faute. Seule Valérie Pécresse peut battre Emmanuel Macron et rassembler tous les électeurs de droite ». Anticipant le début d’une « vague montante » Guillaume Peltier l’avait pourtant incité à le suivre, avec d’autres membres de sa désormais ex-famille politique.
Guillaume Peltier devient un nouveau porte-parole de la campagne de Zemmour, l’aboutissement logique et cohérent de 20 ans d’engagement politique, tel qu’il l’a lui même reconnu sur le plateau.
Yannick Jadot : quand dénoncer devient tout un programme
Dimanche 9 septembre, Yannick Jadot était l’invité de France Inter dans l’émission « Questions politiques » : opposition aux primaires de la gauche, dénonciation de la gestion sanitaire, proposition d’un revenu citoyen automatique. Autant de projets, autant de critiques.
« On est à 90 jours de l’élection présidentielle », a déclaré Yannick Jadot, « et d’un seul coup on est sur des hommes ou des femmes providentielles qui arrivent sans l’ombre d’un projet ». Le vainqueur de la primaire Europe Écologie Les Verts (EELV), a affirmé une fois de plus son refus des primaires de la gauche, dénonçant l’entreprise de Christiane Taubira, : « ce n’est pas lui faire insulte, au regard de son intelligence ». Avec des intentions de vote affichées entre 5% et 8% dans les sondages, le militant écologiste croit à la force de ses idées : « L’écologie est la force qui peut rassembler et gagner l’élection présidentielle et je veux porter ce projet »
Yannick Jadot soutient la grève des enseignants
Interrogé sur la question sanitaire, Yannick Jadot a critiqué la gestion d’Emmanuel Macron : « À partir du moment où il a insulté les non-vaccinés, il a choisi de masquer tous les errements et les difficultés légitimes de la santé […] en cherchant des boucs émissaires ». Il prône toutefois le maintien de l’école ouverte, tout en soutenant l’appel à la grève des enseignants « à bout » prévue pour jeudi 13 janvier. Conserver les écoles ouvertes est la seule solution, selon lui, de protéger les élèves défavorisés.
De fait, l’écologiste s’est affiché en fervent défenseur de la jeunesse, présentant son projet de « revenu citoyen automatique », c’est-à-dire « un revenu minimum garanti de 885 euros […] pour éradiquer la grande pauvreté de ce pays ». Un plan ambitieux, qui repose sur « 20 milliards d’euros par ans ». Un plan nécessaire, car « la richesse d’une société aujourd’hui est l’accomplissement de la jeunesse. » Un plan coûteux qui serait compensé par la mise en place d’ « un impôt sur la fortune à partir de 2 millions d’euros de patrimoine ».
« Il faut sortir du nucléaire »
Quid du nucléaire dont la majorité des candidats disent qu’il est indispensable ? Le candidat des Verts a soutenu qu’ « il faut sortir du nucléaire », dénonçant la « taxonomie européenne ». En échange, il souhaite « rénover 2 millions de logements qui appartiennent à des familles qui vivent déjà dans une précarité énergétique » et « déployer des énergies renouvelables » : « Dans mon projet, chaque quartier, chaque village aura son projet d’énergies renouvelables soutenues par l’État », a-t-il affirmé. Les mesures du gouvernement, selon lui, « ne répondent pas aux urgences du climat ». Une contestation qui n’est pas partagée par la ministre de la Transition Écologique, Barbara Pompili, adhérente des Verts, qui « plaint » Yannick Jadot.
Christiane Taubira, candidate à la primaire de la gauche
Christiane Taubira rompt le suspens sur sa candidature : si elle l'emporte à la primaire populaire, elle se présentera pour l'élection présidentielle.
En déplacement à Bondy en Seine-Saint-Denis le dimanche 9 janvier, Christiane Taubira a annoncé accepter "d'être candidate à la primaire populaire". L'ancienne garde des sceaux "accepte le jeu démocratique". Elle sera candidate à la présidentielle si elle remporte la primaire populaire organisée par 2022 ou jamais. Une primaire à laquelle elle était déjà favorable. Anne Hidalgo avait proposé de la rejoindre le 8 décembre. Mais la plupart de ses opposants de gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot, opposent un refus catégorique. La candidate du Parti socialiste reconnaît elle-même que son appel s'est soldé par un échec : "Une primaire n'a de sens que si elle sert à avoir un candidat commun". Le matin même de l'annonce de Christiane Taubira, Anne Hidalgo balayait la question de Jean-Pierre Elkabbach : "Ce sera une candidature de plus et pas une candidature de moins".
Un bon point pour la primaire populaire
Pourtant, l'ancienne garde des sceaux replace la gauche au centre des attentions et redonne un intérêt à cette primaire qui se déroulera du 27 au 30 janvier. Les personnes souhaitant se présenter doivent le faire avant le 15 janvier, date à laquelle la liste sera publiée. Le Socle Commun est la première étape de l'association 2022 ou jamais qui espère ainsi remporter l'élection. Ce socle est constitué de dix mesures de rupture pour une république écologique, sociale et démocratique. Si Christiane Taubira gagne la primaire populaire, 2022 ou jamais fera campagne pour elle. L'unique condition est l'inclusion des propositions du Socle Commun dans son programme : "La personnalité remportant le vote de la Primaire Populaire devra s’engager à promouvoir le Socle Commun."
Anne Hidalgo, définitivement inaudible ?
Anne Hidalgo, candidate du parti socialiste pour l'élection présidentielle, se bat pour être écoutée et remonter dans les sondages. Tous les arguments sont bons.
"Je suis candidate, je suis investie, j'ai pris ce totem "réunir la France"". Au micro de Jean-Pierre Elkabbach dimanche 9 janvier sur Europe 1, Anne Hidalgo a tenté une fois de plus de défendre sa candidature, à moins de 5% des intentions de vote si Christiane Taubira ne se présente pas selon le sondage Ipsos Sopra-Steria publié le 7 janvier. Regrettant le refus de la gauche de se rallier dans une primaire comme elle l'avait proposé le 8 décembre, la candidate à la présidentielle affirme néanmoins être capable de l'emporter contre Yannick Jadot. Quant à l'hypothèse d'une candidature de Christiane Taubira, Anne Hidalgo balaye la question du journaliste : "Ce sera une candidature de plus et pas une candidature de moins", en reconnaissant que "L'homme ou la femme providentiel n'existe pas".
La candidate du Parti socialiste martèle : "Je suis candidate et je vous invite à venir voir le programme que je présente" en se défendant contre Jean-Pierre Elkabbach qui l'interroge sur le déclin de son parti en 2017 : "J'ai fait ce travail d'essayer de rassembler (...), les idées sont là, le programme est là, permettant à notre pays de sortir de cette situation". Pour elle, les deux défis majeurs auxquels il faut répondre sont le défi climatique et celui des injustices et des inégalités sociales : "Vous verrez que dans mon programme, ces sont les défis qui servent de guides". Comme tous les candidats, elle affirme apporter les propositions concrètes pour remédier au problème du travail, aux questions du salaire, de l'école, de la santé et de la transition écologique. "Depuis trois mois, ce que j'ai fait, c'est rassembler ma famille, mettre en place les équipes, proposer ce chemin de l'unité qui est rejeté notamment par Yannick Jadot. Maintenant, je suis très concrète en vous disant que j'avance".
Son principal argument repose sur les soutiens de son parti depuis des années : "Cette force que je représente s'appuie sur des milliers d'élus locaux, de citoyennes, de citoyens partout dans le pays. La preuve en est que je dois être la seule peut-être avec Valérie Pécresse à avoir tous mes parrainages". C'est en effet son unique avantage sur la droite, et notamment sur Eric Zemmour et Marine Le Pen qui peinent à trouver leurs parrainages alors que le sondage cité plus haut les place à 12 et 17% : "C'est la loi qui décide de qui participe en fonction des parrainages, s'ils ne l'ont pas, c'est qu'ils ne méritent pas d'y participer". Pour elle, ce principe n'est pas anti-démocratique : "La démocratie est définie avant les sondages par la loi, et si la loi dit que les parrainages doivent être de 500 pour chacun des candidats sur la ligne de départ, c'est la loi qui doit s'imposer. (...) [s'ils n'y arrivent pas], tant pis pour eux, ça veut dire qu'ils n'ont pas convaincu 500 maires".
Manifestation de l’Union citoyenne pour la liberté (UCPL) à Montparnasse : « Le pass on n’en veut pas ! »
Journée de manifestations dans la capitale, trois lieux étaient concernés, le Palais Royal et la Place de Catalogne pour les deux cortèges et la Place du 18 juin 1940 à Montparnasse pour l’UCPL. Une journée marquée par une forte protestation de la politique gouvernementale après le vote à l’Assemblée nationale du pass vaccinal.
Le mouvement citoyen UCPL (Union citoyenne pour la liberté), se défini sur son compte Twitter comme citoyen, apartisan et pacifique. La fondatrice est Sophie Tissier, gilet jaune et féministe.
Place du 18 juin 1940 (VIe arrdt), le mouvement citoyen UCPL a exprimé leur colère contre l’instauration du pass vaccinal. Une bonne centaine de personnes étaient rassemblés pour porter un message de liberté.
Le rendez-vous était donné à 14h, malgré la pluie, le froid et la grisaille, les plus courageux sont au rendez-vous. Plusieurs panneaux, affiches ou tracts dénoncent la vaccination obligatoire, la protection des enfants « Non à l’injection des enfants » peut-on lire sur une affiche et la détresse des soignants. Beaucoup parmi les participants dénoncent dans la joie et la bonne humeur (malgré la gravité de la situation selon certains), les « mensonges d’État ».
Tout au long de ce rassemblement statique, ce qui les distingue des autres manifestations ambulantes du jour, plusieurs chants et musiques viennent rythmer les discours des intervenants. Une femme du nom de Leila nous explique « qu’on va tous être impacté dans notre vie de tous les jours pour des moments banals », on l’a entendu à plusieurs reprises au sein des anti pass, elle ajoute stricto sensu « c’est une entrave aux libertés de chacun ». Échangeant avec Marie, une dame d’un certain âge, les deux femmes partagent le même avis, pour Marie « Il y a une atteinte à la liberté qui est extrêmement nuisible », chacune sont venus en tant que citoyenne et pour défendre la génération future.
Leila avoue même avoir choisi cette manifestation statique plutôt que les autres, selon elle celle-ci a le mérite d'être apolitique et à taille humaine.
Nombre des participants se battent pour leurs enfants et la nouvelle génération, première victime du gouvernement selon eux. Dans la foule Samy, un jeune présent cet après-midi et non vacciné ne semble pas convaincu par l’efficacité de ce vaccin « la situation n’est pas meilleure qu’il y a un an » estime-t-il avant d’ajouter « moi le pass je ne l’ai pas », au lieu de s’habituer à vivre avec le pass, Samy s’est habitué à vivre sans les loisirs et priorise les sorties entre copains à l’air libre ou les soirées à domicile.
A partir de l’heure du goûter, les manifestants commencent à quitter les lieux, une Marseillaise résonne sur la Place du 18 juin 1940, le choix est symbolique, clin d’œil fait au Général de Gaulle et à cet esprit de liberté qu’il incarne.
Aucune violence n’est à déplorer, quelques camions de CRS étaient présents pour encadrer l’évènement, faute de débordements, les forces de l’ordre partent.
Le message du jour est de vivre libre plutôt que soumis, les personnes scandent « liberté ! » la liberté a un prix dorénavant, celle de ne plus pouvoir profiter des plaisirs simples de la vie.
Valentin CHERY
« Truth Social » le réseau social de Donald Trump à la conquête des GAFAM.
Après avoir été censuré par Facebook, Twitter et YouTube à la suite de l’assaut du Capitole par une partie de ses sympathisants, Donald Trump lancera bientôt son propre réseau social alternatif, « Truth Social ». Déjà bien coté en bourse avec un capital de départ estimé à 1 milliard d’euros.
L’ancien président américain devait prendre la parole lors d’une conférence de presse le 6 janvier dernier, date anniversaire de l’assaut du Capitole, finalement il n’en a rien été, puisque ledit président a reporté sa prise de parole pour la faire sous forme de meeting en Arizona le 15 janvier.
La plateforme qui se veut « garante de la liberté d’expression et d’opinion » est à l’encontre des plateformes « fake news » (Facebook, Twitter, YouTube). Martelant inlassablement que l’élection de 2020 lui a été volé, Donald Trump compte bien revenir dans le jeu politique et médiatique grâce à son réseau social.
Entre les « fake news » et les « truth news », la bataille pour la vérité fait rage aux États-Unis. La société Trump Media & Technology Group (TMTG) est le QG de l’application « Truth Social » ; elle dispose d’un peu plus d’un milliard d’euros de capital à son départ.
Sur le site truthsocial.com on peut dès à présent s’abonner à une « newsletter », faisant office de liste d’attente avant le lancement de la plateforme.
Depuis l’apparition des réseaux sociaux et l’essor de ces derniers avec la création de Facebook en 2004 et Twitter en 2006, la communication politique a changé, passant de la poignée de mains au pouce bleu sur smartphone, de la relation humaine à la relation virtuelle, du meeting au podcast.
Donald Trump l’avait bien compris en 2016 : il a utilisé les réseaux sociaux à son escient, critiquant la censure tout en twittant chaque jour des dizaines de posts. Connu pour être un admirateur des émissions politiques matinales, l’ancien locataire de la Maison Blanche commentait chaque intervention.
Nouveau réseau social pour une nouvelle année, 2022 est marqué notamment par les « midterms » en novembre prochain. D’ici là Donald Trump en fin stratège, prépare sa possible réélection en 2024.
Valentin CHERY
Label "vert" européen : les Etats-membres désunis
Le 31 décembre dernier, la Commission européenne dévoilait son intention d’intégrer le nucléaire et le gaz à la liste des énergies vertes. Destinée à orienter les investissements énergétiques, cette classification divise les Etats-membres et place la Commission en position d’arbitre.
Au sein de l’Union Européenne, deux blocs s’opposent. D’un côté, l’Autriche, le Danemark, le Luxembourg et l’Allemagne rejettent le projet de la Commission. L’énergie nucléaire est ainsi interdite par la Constitution autrichienne depuis 1978. Vienne et Berlin pointent du doigt les risques de catastrophes naturelles et ceux liés au stockage des déchets. Dans un entretien accordé à Ouest-France, le diplomate autrichien Wolfgang Wagner juge qu’une telle mesure irait « à l’encontre de l’essence même de la taxonomie ». Vienne envisage un recours juridique. A l’origine, continue-t-il, « la classification visait à étiqueter les solutions vertes » et à guider les investisseurs. Valoriser des énergies fossiles risque alors de diminuer les investissements à destination des énergies renouvelables.
Pragmatisme écologique
De l’autre côté, la France, la Pologne, la République Tchèque et la Slovaquie défendent l’inscription du gaz et du nucléaire comme « énergies vertes ». Pour l’atome, ces pays avancent l’absence de rejet de CO2, la disponibilité continue de l’énergie et la longévité des centrales. Ils plaident pour une transition pragmatique. Loin des utopies du 100% renouvelable d’ici à 2050, l’énergie verte de demain aura besoin, estiment-ils, des énergies fossiles décarbonées. Comme énergie de transition, le nucléaire et le gaz gagnent ainsi leur lettres de verdure. Aux yeux de la Commission européenne, la transition l’emporte sur la rupture. On peut ainsi lire dans le projet de l’exécutif européen que "le nucléaire fournit une source stable d’approvisionnement en énergie » et qu’ il « facilite le déploiement des sources renouvelables intermittentes ».
Enjeux géopolitiques
Les arguments écologiques des Etats et la nature de leur mix énergétique sont liés. Les intérêts stratégiques de chacun expliquent la désunion de tous. En Autriche, plus de 70% de l’électricité est renouvelable (source 2019). En France à l’inverse, 70% de l’électricité est d’origine nucléaire. Dans son arbitrage, la Commission européenne a recherché le compromis. Le label a finalement été accordé sous conditions, comme pour compenser les faveurs accordées aux « pro ». Les nouvelles centrales atomiques doivent ainsi acquérir leur permis de construire avant 2045, des garanties dans le traitement des déchets sont exigées et le gaz est qualifié d’ « énergie de transition ». La Commission européenne ménage deux géants européens aux intérêts ici divergents ; une France pronucléaire face à une Allemagne qui a dit non à l’atome il y a plus de 10 ans.
Peltier rejoint Zemmour : qui sera le suivant ?
Peltier rejoint Zemmour : qui sera le suivant ?
Guillaume Peltier a annoncé dimanche 9 janvier son ralliement à Eric Zemmour sur CNEWS et Europe 1. Il espère de nombreux ralliements dans les prochaines semaines, évoquant François-Xavier Bellamy, Nadine Morano, Eric Ciotti et même Laurent Wauquiez, ancien président des Républicains.
Il lance également un appel “ à tous ceux qui aiment la droite, la vraie droite, à rejoindre Eric Zemmour”.
“ Je n’ai absolument pas de doute que nombreux seront ceux qui vont nous rejoindre dans les prochaines semaines ” promet Guillaume Peltier. Les noms évoqués sont ceux de personnages définis comme “ conservateurs” et appartenant à la droite des LR, celle la même que Guillaume Peltier explique avoir créée et défendue pendant des années avec Laurent Wauquiez. L’annonce de ce nouveau ralliement est-il un événement isolé ou le début d’une longue liste de nouveaux soutiens importants ?
François-Xavier Bellamy le grand muet des Républicains
François-Xavier Bellamy n’a pas encore annoncé son soutien officiel à Valérie Pécresse pour la campagne présidentielle de 2022. Il l’avait pourtant fait lors des dernières élections régionales en région Ile-de-France.
Cependant, le grand perdant des élections européennes de 2019 est revenu en force avec une tribune publiée dans le Figaro Vox appelant à “une remise en cause profonde et inédite de notre modèle de société”. Il critique ouvertement la gestion de la crise sanitaire du gouvernement, s’oppose clairement au pass sanitaire et refuse absolument la monde qui se dessine. Saluée par Marine le Pen, cette tribune à fait grand bruit dans le camp national, divisé sur la question sanitaire. Alors que Valérie Pécresse fustige les non-vaccinés et soutient l’idée d’un pass vaccinal, cette tribune dévoile deux visions profondément opposées sur un sujet majeur au sein d’un même parti. On connaît également les positions claires de François-Xavier Bellamy sur les questions bioéthiques et sociales : opposition au mariage homosexuel, à la PMA et à la GPA ; Il semble donc que ses idées rejoignent plus le programme d’Eric Zemmour que celui de la candidate élue au congrès des Républicains. dans cette campagne présidentielle, il pourrait devenir, à l’instar de Guillaume Peltier, un potentiel soutien d’Eric Zemmour.
Eric Ciotti le fidèle obéissant
Eric Ciotti quant à lui, fort d’une campagne axée sur l’identité et les valeurs conservatrices durant le congrès des Républicains semble encore être vu par certains militants comme un futur soutien du candidat de Reconquête. Les dernières déclarations d’Eric Ciotti et son soutien indéfectible à son parti et à sa candidate témoignent pourtant d’une position immuable. Il a d’ailleurs réagi aux déclarations de Guillaume Peltier par un tweet : “Je suis déçu par l’attitude de Guillaume Peltier. Il commet une lourde faute. Seule Valérie Pécresse peut battre Emmanuel Macron et rassembler tous les électeurs de droite.” Son vote en faveur de l’instauration du pass vaccinal trahit d’ailleurs sa soumission totale à la campagne des Républicains qui propose pourtant un programme présidentiel bien éloigné de ses propositions tenues durant le congrès, plus proches des idées du candidat Eric Zemmour.
Eric Ciotti semble donc choisir la fidélité à un parti plutôt qu'à des convictions , une fidélité à des intérêts personnels plutôt qu’au combat pour la France , qu’il promettait pourtant il y a quelques mois.
Nadine Morano ou le choix de la solidarité féminine
Sur Twitter, le 7 Décembre 2021, Nadine Morano écrivait : “La droite est de retour ! @lesRepublicains réunis et unis pour changer le destin de la France avec Valérie Pécresse”. Nommée conseillère de campagne sur les questions internationales, la deputé européenne compte bien occuper une place importante dans la bataille. Et pourtant, en 2019 Nadine Morano ne filait pas le grand amour avec Valérie Pécresse : “ Elle ne veut pas le débat, elle veut une cour” dénonçait Nadine Morano dans un tweet. Si les deux femmes admettent aujourd’hui ne pas être les meilleures amies du monde, force est de constater que la désignation de Valérie Pécresse à la tête du parti pour les élections présidentielles a bien amélioré les relations entre elles. Nadine Morano parle désormais de sa candidate comme une femme forte, de convictions, capable de battre Emmanuel Macron. Force est de constater que la cour de Valérie Pécresse accueille aujourd’hui ses anciens détracteurs. A l’instar d’Eric Ciotti, Nadine Morano qui parlait de “ zones de non-droit” en France et tenait un discours semblable à celui d’Eric Zemmour semble aujourd’hui également privilégier son parti à ses convictions.
Valérie Boyer garante du vote bourgeois catholique
Valérie Boyer, engagée depuis longtemps en faveur de la défense des Chrétiens d’Orient et les questions bioéthiques, semble également avoir le profil idéal pour rejoindre Eric Zemmour. Interrogée sur LCI le 4 Décembre 2021 à propos de la victoire de Valérie Pécresse elle déclare : “ Elle ( ndlr Valérie Pécresse) à tous les atouts pour réussir, c’est une femme compétente qui porte un projet d’ésperance”. Elle soutient donc officiellement aussi la candidate des Républicains assurant la note identitaire conservatrice du parti : “ oui nous sommes en guerre contre le totalitarisme islamiste ”, écrit-elle sur Twitter le 7 Janvier 2022 pour commenter le triste anniversaire des attentats contre les journalistes de Charlie Hebdo. Si ses phrases chocs témoignent d’un certain courage politique, les formules ressemblent plus fortement à celles utilisées par Eric Zemmour qu’à celles de Valérie Pécresse qui signait en 2010 un “ appel pour une république multiculturelle et postraciale ” aux côtés de Rokhaya Diallo et Christiane Taubira. *
Valérie Boyer, qui a commenté la polémique survenue suite aux propos séparatistes du chanteur Maître Gims n’a cependant pas rappellé ni mis en cause le soutien du chanteur envers la candidate des Républicains lors des élections régionales de Juin 2020
Laurent Wauquiez le soutien discret des Républicains
Guillaume Peltier était numéro deux des Républicains sous la présidence du parti de Laurent Wauquiez. Son ralliement à Eric Zemmour interroge donc sur un possible soutien de l’ancien président du parti envers le candidat de Reconquête.
Dans un entretien au Journal du dimanche le 12 Décembre 2021, Laurent Wauquiez déclare : « Je m’engage dans cette campagne aux côtés de Valérie Pécresse avec une seule obsession : stopper le déclin français et retrouver l’espoir ». Si le soutien à la candidate choisie par les adhérents des Républicains semble total, l’utilisation du terme “ déclin français" n’est pas sans rappeler le titre du livre d’Eric Zemmour publié en 2018. Interrogé sur la candidature de ce dernier, Laurent Wauquiez répond : « Eric Zemmour ne peut pas gagner. Voter pour lui n’aura qu’une conséquence : permettre à Macron de poursuivre la politique qu’il mène et que, pourtant, une majorité de Français rejette ». Depuis, Laurent Wauquiez se fait discret sur la campagne, pensant peut-être que son heure viendra en 2027…
Les futurs soutiens d’Eric Zemmour dans le camp républicain ne seront donc pas nationales. Elles seront peut-être locales: des figures telles que Gilles Platret, devenu porte-parole des Républicains suite à la victoire de Laurent Wauquiez a la tête du parti en 2017 ou encore Yannick Moreau, membre des Républicains jusqu’en 2017, qu’Eric Zemmour est allé rencontrer aux Sables d’Olonnes samedi 8 Décembre.
Entre convictions et opportunisme, les choix des grandes figures du parti Les Républicains servent majoritairement leurs intérêts personnels. Guillaume Peltier en soutenant Eric Zemmour pose ici un choix courageux en cohérence avec les idées qu’il défend. Son cas semble cependant isolé mais à l’impossible nul n’est tenu , Guilhem Carayon parlait de panache pour désigner Valérie Pécresse, gageons que ce panache conduira de nouvelles figures politiques à s’engager pour leurs idées plutôt que pour leurs intérêts.
Gabriel Attal « Oui on assume de mettre la pression sur les non-vaccinés »
Invité politique de BFM Politique dimanche 10 janvier 2022, le porte-parole du gouvernement est revenu sur la stratégie vaccinale de l’exécutif et réitère sa volonté d’imposer des contraintes aux non-vaccinés.
« Nous on est cohérents et on assume notre ligne », lance Gabriel Attal à l’encontre des Républicains et du Rassemblement National qui veulent un « laisser faire » du vaccin. La stratégie du gouvernement s’accélère. Attaqué sur le refus de revenir à des fermetures et des confinements, Gabriel Attal se justifie. Au lieu de fermer les établissements, l’idée est de faire tester de plus en plus de monde, peu importe le prix : « oui ça coute cher mais laisser galoper l’épidémie pas sûr que ça coûte moins cher ».
Gabriel Attal comprend les difficultés que cela engendre pour les familles, les enfants, et les professeurs dans le domaine scolaire mais insiste. Le vaccin est la solution, et le gouvernement met un point d’honneur à vacciner les derniers réticents : « nous avons des équipes formidables qui vont au pied des immeubles avec le moins de vaccinés et vont toquer à chaque porte ». « On veut vacciner tout le monde » et à propos des non-vaccinés « oui on assume de leur mettre la pression », puisqu’il les estime responsables des tensions dans les hôpitaux.
Nouvelles mesures pour une couverture vaccinale plus large
En plus d’annoncer que le passe vaccinal entrera en vigueur dans les « premiers jours de la semaine du 17 janvier 2022 », Gabriel Attal dévoile trois autres mesures phares destinées à atteindre une immunité collective.
Première mesure, l’ouverture de plus de centres de tests près des centres de vaccination. Dans la semaine du 3 janvier 2021, la France a enregistré des records de tests et plus de 59.000 premières injections, ce dont le gouvernement se réjouit. Les nouveaux centres de tests vont permettre une meilleure couverture vaccinale du pays et permet au gouvernement de mieux comprendre la situation. Second temps, les pharmaciens vont être autorisés à ouvrir leurs propres « centres de dépistages près de leurs pharmacies » et peuvent recruter eux-mêmes des professionnels de santé pour « travailler avec eux ». Et dernière mesure phare, il va y avoir un « élargissement des personnes habilités à faire des tests », notamment les biologistes moléculaires et les personnes détenant un brevet de premier secours.
Interrogé sur la situation dans les écoles, Gabriel Attal affirme que les fermer serait « le dernier des derniers recours ».










