Double vote à Paris… et double dépouillement
Deux bulletins de vote par électeur à Paris et un nombre de scrutateurs qui doit aussi être multiplié par deux.
20 heures, fermeture des bureaux de vote de Paris. Mais pour les bénévoles engagés pour les élections, la journée ne sera pas terminée. Il faut encore dépouiller, compter les votes, et transmettre les résultats. Pour cette étape essentielle du système électoral, d’autres bénévoles sont recrutés, au cours de la journée, pour venir remplir le soir la mission de scrutateur. À raison de quatre scrutateurs par table et d’une table par isoloir, le nombre de volontaires nécessaire s’élève vite. Environ 18.000 pour la capitale, pour une élection ordinaire.
Des besoins exceptionnellement doublés
Le scrutin de ce 15 mars est un peu particulier à Paris. Les électeurs doivent en effet glisser deux enveloppes dans les urnes : une première pour leur maire d’arrondissement, la seconde pour le maire de la ville. Mais qui dit double vote dit double dépouillement. Il faudrait donc idéalement 36.000 volontaires pour compter ce soir les votes à Paris. Cette organisation à double scrutin pour les municipales de Paris, mais aussi de Lyon et Marseille, est une première puisqu’elle résulte de la loi PLM du 11 août 2025 qui réforme le mode d’élection des conseils de ces villes. Auparavant, les électeurs votaient pour les conseillers d’arrondissements qui élisaient le conseil de la ville, dont les membres votaient eux-mêmes pour le maire de la ville. Maintenant chacun vote pour l’arrondissement et pour la ville.
Dans les bureaux, les équipes de bénévoles assesseurs qui viennent pour la journée sont déjà presque doublées : deux tables de bulletins, deux urnes. Quand les effectifs requis ne sont pas atteints, les mairies envoient des employés en renfort. Les scrutateurs volontaires sont presque aussi difficiles à dénicher. « On commence à faire une liste des meilleures excuses qu’on nous donne : ‘J’ai un avion dans quelques heures’, ‘Je travaille aujourd’hui’. Je n’ai jamais vu autant de gens qui travaillent le dimanche ! » nous raconte la présidente d’un bureau de vote du 16e arrondissement. Le nombre de tables est en conséquence souvent réduit et les bénévoles de la journée restent pour prêter main-forte. Cette femme qui témoigne de son engagement dans les bureaux de vote depuis ses vingt-cinq ans explique que le travail des bénévoles est essentiel pour garantir la démocratie et le droit de vote « durement acquis par nos ancêtres ». « Ça ne sert à rien de râler parce que rien ne va, si on ne participe pas pour améliorer les choses », conclut-elle.
Une situation qui n’inquiète pas les bénévoles malgré tout
Le nombre de scrutateurs et donc de tables de dépouillement n’est pas un problème en lui-même. La proportion d’une table par isoloir est donnée à titre indicatif, sans obligation. Un manque de bénévoles entraîne principalement un temps de dépouillement plus long. Pour les assesseurs arrivés avant l’ouverture des bureaux à 8h, la journée est longue. Ils sont donc heureux d’obtenir de l’aide pour la dernière étape de la journée et pas des moindres : pas d’erreur possible. Mais le manque de scrutateurs est habituel, et les bénévoles s’accommodent donc d’un nombre table réduit. Et si l’aide est excessivement basse, les présidents feront appel aux employés de mairie, pour lesquels cette mission entre alors dans le cadre de leur travail. Cette situation ne sera certainement pas rare ce dimanche, où les effectifs devraient être doublés. Mais le taux national de participation à ces élections municipales particulièrement élevé, 48,90% à 17 heures selon le ministère de l’Intérieur, peut laisser penser que les bonnes volontés seront aussi plus nombreuses qu’à l’accoutumée.
Pour la présidente de bureau interrogée, il y a une seule raison d’aider lors des journées de vote : « Ce n’est pas le déjeuner offert, qui n’est pas formidable, même dans le 16e, souligne-t-elle avec humour, mais pour la démocratie. Il n’y a pas d’autres raisons. » Sa conclusion : aider vaut mieux que râler. La préférence des Français est connue.
Réforme de la loi PLM : une nouvelle organisation pour un nouveau mode de scrutin
REPORTAGE – Le premier tour des élections municipales a débuté dès 8h ce matin en ce dimanche 15 mars. À Paris, les 903 bureaux de vote subissent les conséquences du nouveau mode de scrutin.
Une certaine effervescence anime les arrondissements en cette matinée ensoleillée. Et pour cause, près de 1 405 035 électeurs parisiens se rendent dans les bureaux de vote.
Réforme de la Loi PLM, une nouvelle organisation
Rue Boissière, dans le XVIe arrondissement, le bureau de vote numéro 68 a ouvert ses portes au sein de l’école maternelle publique. Un homme âgé y entre à petits pas, portefeuille en main d’où il sort sa carte électorale. Dans la salle de jeux, voiturettes et petits bancs ont été sagement rangés pour laisser place aux 8 isoloirs, aux tables des décharges et d’émargement, ainsi qu’à deux urnes.
C’est en effet une grande nouveauté pour les municipales : deux scrutins distincts et simultanés permettront d’élire les conseillers municipaux et les conseillers d’arrondissements. Et ce, en vertu de la réforme de la loi PLM, promulguée en août dernier, qui s’applique pour la première fois uniquement à Paris, Lyon, Marseille, les trois villes françaises les plus peuplées. Cela implique une nouvelle organisation : « On fait voter les électeurs deux fois à travers un seul parcours de vote » explique le président du bureau 68, Sanjay d’Humières.
Chemise bleu ciel, pantalon marine, il s’occupe de « gérer le flux » d’électeurs, qui, à 11h20, se fait un peu plus dense. Une trentaine de personnes, assesseurs compris, occupent la pièce. Une vingtaine de minutes plus tard, le flot se sera tarit. Mais ce n’est rien comparé à l’affluence plus importante souvent constatée « entre 14 heures et 16 heures et vers 18 heures » ajoute-t-il. Parmi les votants présents, les personnes âgées sont surreprésentées, confirmant le constat suivant lequel les séniors, majoritaires dans le XVIe, votent davantage que les jeunes.
La nouvelle organisation peut être surprenante pour ceux qui ne se sont pas renseignés, mais « c’est impeccablement bien organisé, on a des jeunes femmes qui nous guident très bien », témoigne une votante, « il faut être guidé sinon ce n’est pas facile autrement. » Les équipes mobilisées sont rôdées pour accueillir les quelques 1800 électeurs inscrits dans ce bureau.
Plus de logistique, pas assez de personnel
Sanjay d’Humières sait qu’avec le nouveau fonctionnement le temps va être long. Et d’autant plus ce soir lors du dépouillement. En termes de logistique « c’est énorme ! Il faut que chaque bureau de vote trouve le bon nombre de scrutateurs et d’assesseurs, ce qui n’est pas donné. » Pour autant, le bureau 68 semble mieux loti en termes de personnel, contrairement au numéro 70, dans le 19è arrondissement.
Dans ce dernier, l’école maternelle publique a aussi été réquisitionnée pour l’occasion. À l’intérieur, il y a moins de monde pour un espace bien plus large, au point que le jeune derrière la table des décharges (sur laquelle se trouvent les différentes listes des candidats), semble bien seul. « Vous voulez venir à 20h pour dépouiller ? » demande la présidente du bureau à une électrice qui vient de déposer son bulletin dans l’urne. Sa proposition reçoit une énième réponse négative. Visiblement les volontaires se font plus rares ici.
À côté du 17 rue de Tanger, dans le bureau 67, c’est le même son de cloche : « la PLM a doublé le nombre de bureaux de vote, il faut deux fois plus de bénévoles et c’est très compliqué » se désole un assesseur-titulaire, sweat à capuche bordeaux recouvert par une veste noire en velours côtelé. À ses côtés, la présidente confirme ses propos. Petite de taille, lunettes rouges sur le nez, et veste sans-manches en laine, selon elle il faudra « au moins 3 tables de 4 pour le dépouillement. Donc plutôt 12 scrutateurs au lieu de 16. »
Depuis 30 ans qu’elle est présidente de ce bureau de vote, car il s’agit de son quartier, son expérience lui permet de souligner que « les assesseurs n’ont pas de suppléants alors que c’était le cas avant. Et maintenant ce sont des assesseurs-électeurs et non plus des assesseurs-politiques. » Autrement dit, des citoyens qui ne sont pas membres de conseils municipaux ou d’arrondissements, acceptent de se mobiliser sur la base du volontariat. Et ce, pour contribuer à la logistique conséquente qu’implique le nouveau mode de scrutin qui sera de retour dimanche prochain.
Solesmes, un moine aux municipales
Ce 15 mars 2026 se tient le premier tour des élections municipales. Dans le village de Solesmes dans la Sarthe, un candidat retient l’attention. Jean-Philippe Duval est moine bénédictin et candidat sur la liste unique conduite par le maire sortant Pascal Lelièvre.
Jean-Philippe Duval en est fier, la présence d’un ou plusieurs moines au conseil municipal est une tradition à Solesmes. S’apprêtant à briguer son troisième mandat d’élu, celui-ci est fier de rappeler que la communauté bénédictine est représentée à la mairie depuis 1855. De Sieyès au Chanoine Kir, nombreux sont les religieux à s’être fait un nom en politique depuis la Révolution. Mais depuis une vingtaine d’années, la représentation religieuse en politique est extrêmement minoritaire.
Ce que dit la loi
Malgré l’importance du phénomène jusqu’aux années 60, la loi française n’a jamais prévu explicitement les conditions de candidature des religieux pour des fonctions publiques. En l’absence de texte législatif, on se réfère alors au principe général et constitutionnel de laïcité qui est clair sur ce point, chaque citoyen est considéré de manière égale, sans distinction d’appartenance religieuse.
Un clerc, peu importe sa fonction, peut donc se présenter pour un mandat civil en sa qualité de citoyen. Un moine au conseil municipal, c’est donc possible, du moins sur le plan civil. Ce n’est en revanche pas le cas des pompiers qui ne peuvent pas être maire et pompier. Cela s’explique par de potentiels conflits d’intérêts car un pompier relève du service départemental d’incendie et de secours et pas de la commune.
Concernant le frère Duval, il lui est aussi permis de participer au conseil en arborant son habit religieux. En 2024, c’est le juge administratif qui se penche sur la question par un jugement du Tribunal de Grenoble. Le règlement intérieur du conseil municipal de la commune de Voiron avait été attaqué par les requérants pour plusieurs dispositions jugées illégales. L’une d’entre elle prévoyait la soumission des élus au principe de neutralité religieuse, notamment sur leur tenue vestimentaire. Le juge déclare alors cette disposition illégale « la liberté des élus municipaux d’exprimer leurs convictions religieuses ne peut être encadrée que sur le fondement de dispositions législatives particulières prévues à cet effet. Or, il ne résulte [d’aucune] disposition législative que le principe de neutralité religieuse s’applique aux élus locaux». La question est donc tranchée par la Constitution et la jurisprudence.
Quel régime prévu par l’Église ?
L’Église, quant à elle, n’est pas restée muette textuellement sur le sujet. La question est traitée par les canons depuis 1917. On la retrouve aujourd’hui aux canons 285 et 287 édictés par Jean-Paul II qui prévoient respectivement « Il est interdit aux clercs de remplir les charges publiques qui comportent une participation à l’exercice du pouvoir civil. » «[Les clercs] ne prendront pas une part active dans les partis politiques ni dans la direction des associations syndicales, à moins que, au jugement de l’autorité ecclésiastique compétente, la défense des droits de l’Église ou la promotion du bien commun ne le requièrent.». En principe donc, les religieux ne peuvent pas prétendre à un mandat civil.
Pourtant, le père abbé de l’abbaye de Solesmes autorise le frère Duval à candidater lors de chaque élection. « À la fin de chaque mandat, le maire invite les conseillers à réfléchir à la suite. Je transmets alors cette demande au père abbé et nous en discutons ensemble.» déclare le candidat auprès d’Alétéia. En effet, dans l’ordre bénédictin, le moine est d’abord dépendant de l’autorité supérieure directe qui est incarnée par le père abbé. Celui-ci tient la place du Christ dans le monastère et gouverne la communauté selon la règle de Saint Benoît. C’est donc par une double permission, civile et canonique, que le frère Jean-Philippe Duval est autorisé à candidater.
L’abbaye, un élément d’identité de la commune
Avec une population totale de 1 200 habitants, la commune de Solesmes est principalement connue pour l’attrait de son abbaye bénédictine, chef-d’œuvre architectural. La cinquantaine de moines est source de tourisme et d’accueil des pèlerins. La communauté est donc une grande partie de l’identité du village. La représentation des religieux au conseil municipal est une tradition locale qui perdure depuis deux siècles et dont le maire sortant et candidat unique de Solesmes se réjouit. Les moines à eux seuls représentent en effet 5 % des habitants de la commune. Malgré sa qualité de religieux, Jean-Philippe Duval affirme travailler comme n’importe quel citoyen pour le bien de sa commune. Il s’est par exemple opposé à l’installation d'un base nautique de kayak au pied de l’abbaye qui aurait selon lui enlaidit le lieu et rendu le tourisme trop important. Un avis qui n’aura pas convaincu le conseil puisque le projet est maintenu. Il s’assure néanmoins d’agir conformément aux valeurs chrétiennes et confie prier pour le maire et ses conseillers avant chaque conseil « La première chose que je fais avant chaque conseil municipal, c’est de prier. Cela me permet d’être disponible, à l’écoute des autres et d’exprimer mon point de vue de manière juste, en cohérence avec l’idéal chrétien. » a-t-il déclaré aux journalistes d’Alétéia. Une vie municipale faite de bienveillance et motivée par la volonté d’améliorer la vie locale qui le pousse à se présenter à nouveau cette année.
Comment fonctionne un conseil municipal ?
En ce dimanche 15 mars, les Français votent pour élire leurs nouveaux maires, mais aussi les conseillers municipaux qui siégeront au conseil municipal pour une durée de six ans. Cette instance, souvent méconnue du grand public, est pourtant le lieu où se décident de nombreuses orientations pour l’avenir de la commune
Qu’est-ce que le conseil municipal ?
Le conseil municipal est élu tous les six ans lors des élections municipales. Il est chargé de la gestion de la commune et prend des décisions concernant de nombreux domaines de la vie locale : le budget municipal, l’urbanisme, les services publics, les équipements municipaux, mais aussi les actions sociales, éducatives ou culturelles.
Il constitue l’organe principal de décision de la commune. Les décisions y sont prises sous forme de délibérations, votées par les conseillers municipaux lors de réunions appelées séances du conseil municipal. Ces séances sont généralement ouvertes au public et doivent se tenir au moins quatre fois par an, quelle que soit la taille de la commune.

Comment se compose-t-il ?
Le conseil municipal se compose de trois types d’élus avec tout d’abord le maire qui dirige la commune et préside le conseil municipal. Il est élu par les conseillers municipaux lors de la première réunion qui suit les élections municipales.
Son rôle est multiple, il doit présider les réunions du conseil municipal, préparer et proposer les décisions qui seront débattues et votées, mettre en application les décisions prises par le conseil, représenter la commune auprès de l’État, de la justice ou d’autres institutions, agir comme représentant de l’État pour certaines missions, notamment l’état civil, l’organisation des élections ou certaines fonctions de police administrative. Le maire est donc à la fois le chef de l’exécutif de la commune et un représentant de l’État au niveau local.
Les adjoints ensuite, qui assistent le maire dans la gestion de la commune. Ils sont eux aussi élus par le conseil municipal parmi les conseillers municipaux. Chacun reçoit généralement une délégation dans un domaine précis comme l’urbanisme, l’éducation, la culture ou le sport. Ils peuvent ainsi gérer certains dossiers et prendre des décisions au nom du maire dans le cadre de leurs compétences.
Les conseillers municipaux enfin, qui eux représentent directement les habitants de la commune. Ils participent aux débats, proposent des projets ou des amendements et votent les décisions du conseil municipal. Ils peuvent appartenir à la majorité municipale ou à l’opposition, ce qui permet d’avoir des débats et des points de vue différents sur les projets locaux. Leur nombre dépend de la taille de la commune allant de 7 conseillers pour les plus petites jusqu’à 69 pour les plus grandes villes.
Ensemble, ils forment le conseil municipal, l’organe délibérant qui représente à la fois les citoyens et l’autorité publique au niveau local.
Comment se déroulent les séances ?
Le conseil municipal doit se réunir au moins une fois par trimestre. Le maire fixe l’ordre du jour et convoque les conseillers municipaux avant la séance. Les réunions se tiennent généralement à la mairie. Durant ces séances, les élus débattent des projets présentés, ils votent les délibérations proposées et enfin les décisions sont adoptées à la majorité.
Pour qu’une décision soit valable, un quorum c’est-à-dire un nombre minimum de conseillers présents doit être atteint. Les séances sont en principe publiques, ce qui permet aux habitants d’assister aux débats et de suivre les décisions prises pour leur commune.
En résumé
Le conseil municipal est l’organe central de la démocratie locale. Élu pour six ans, il réunit le maire, ses adjoints et les conseillers municipaux pour gérer la commune et décider de nombreuses politiques locales : budget, urbanisme, services publics ou projets culturels. À travers ses débats et ses votes, il façonne concrètement la vie quotidienne des habitants et l’avenir de la commune.
Les mairies de Paris : quelle beauté pour quel arrondissement ?
Temple républicain de style néoclassique, plafonds à caissons de la monarchie de Juillet, façade végétale, parquets cirés dans le XVème...quelles mairies de Paris méritent le plus d’attention ?
Alors que la campagne des municipales bat son plein et touche à son terme en ce dimanche 15 mars, les files d’attente ont commencées dès 8h dans chaque arrondissement de Paris...l’occasion de redécouvrir le patrimoine républicain. De nombreuses mairies se ressemblent et pour cause, le XIXème siècle semble avoir bâti la ville : de hautes colonnes, des frontons triangulaires, des intérieurs chargés et parfois de sobres façades. Ainsi, la mairie du VIème se veut modeste, celle du IXème une miniature de l’Elysée et celle de Paris Centre un hôtel particulier...
Les mairies de la capitale : un concentré de son charme
En revanche dans le Ier arrondissement la mairie se distingue par une architecture gothique particulière : l’impression d’entrer dans une cathédrale médiévale plutôt que dans les mairies dix-neuvièmistes de la Vème République ; un beffroi de 38 mètres de haut vient couronner le bâtiment. Dans le XIVème, la mairie est imposante, mais ce sont les salles qui sont les plus impressionnantes : parquets cirés, tentures, lustres et velours bleu... Un charme que les années ont bien conservé. L'itinéraire du Routard indique de passer par le XIXème : ne pas s’attarder dans les quartiers du Parc et de la Villette mais devant les murs de pierre et brique rouge de la mairie.
Si la mairie du VIIème arrondissement ne se distingue pas depuis l’extérieur, la salle du conseil en marqueterie et velours rouge rehausse l’éclat du bâtiment sobre de la rue de Grenelle. Il en est de même dans l’arrondissement voisin où l’intérieur en damier noir et blanc, supporte des colonnes grecques et une sculpture des trois Grâces. Le plafond peint et les dorures de la salle des mariages donnent un ton royal au bâtiment municipal.
Entre l’imposant Panthéon, et le quartier de la Sorbonne, la mairie du Vème revêt elle aussi un air d’antique avec ses hautes colonnes de pierre et le fronton triangulaire : la façade est classée aux monuments historiques depuis 1925. Imposante aussi est la mairie du XVIème arrondissement : une façade aux airs militaires et structurée.
Mairie du Vème arrondissement de Paris
Ces mairies aux airs de châteaux miniatures
Quant à la mairie du Xème arrondissement, le style rappelle celle des châteaux néo-gothique et de Chambord dans une esthétique du détail raffiné ; l’intérieur n’a lui-même rien à lui envier puisque l’escalier au tapis rouge majestueux en fait un lieu idéal pour immortaliser quelques clichés solennels. La mairie la plus onéreuse de Paris semble avoir justifié son coût de 2,75 millions de francs en 1896. Comment ne pas évoquer non plus la plus grande mairie de France ? 110 mètres de long, un domaine aux allures palatial...les candidats sont nombreux à convoiter aujourd’hui l’Hôtel de Ville de Paris qui fut le point de ralliement pendant plusieurs siècles des insurgés et émeutiers de la Révolution à la Libération. Un lieu symbolique et porteur de l’histoire millénaire de Paris.
Avenue des Gobelins, la mairie du XIIIème, se dresse, à la fois sobre et majestueuse, loin des fioritures de l’Hôtel de Ville ; elle prend l’envergure d’un petit château de province aux airs modestes. La mairie du XVIIIème offre également un bout d’histoire de la ville : ce petit bâtiment a servi durant l’Occupation. Un centre de regroupement de Juifs avait été installé dans une des salles de la mairie après la rafle du Vélodrome d’Hiver.
Hôtel de Ville de Paris
Le végétalisme du XVIIème ou comment le mauvais goût a détruit l’arrondissement
Une seule mairie se détache parce qu’elle ne date pas du XIXème siècle et de son esthétisme néoclassique mais du XXème et de ses goûts architecturaux hautement discutables : façade végétale de bouquets violets et verts, structure métallique blanche, intérieurs bureaucratiques et sans âme...il ne s’agit sûrement pas du lieu le plus romantique pour contracter mariage dans la ville de l’Amour. Cette construction s’est peut-être voulue novatrice, voire progressiste, mais le charme des parquets cirés et des escaliers d’honneur ne se remplace pas aisément.
Mairie du XVIIème arrondissement de Paris
« De petites républiques dans la grande »
Pendant que beaucoup de communes ne sont pas parvenues à réunir des listes pour les municipales, certains villages de faible population possèdent le plus grand nombre de candidats par habitants en France. Preuve que la politique n’attend pas que les grandes villes, et qu’en un temps de défiance des Français envers leurs politiques, elle pourrait bien se jouer à l’échelle locale…
80 habitants… et trois listes électorales. Certaines communes résistent à la réforme des municipales, qui impose des listes proportionnelles et la parité, rendant plus dure la constitution de celles-ci. Là où presque 80 % des communes de moins de 1000 habitants n’ont qu’une liste, le maire sortant de la Rosière en Haute-Saône François Mange fera face à deux groupes. Ce n’était pas le cas en 2020, preuve qu’un débat d’idée naît, et signe de pluralité et de démocratie selon lui. « C’est de bonne guerre » a-t-il déclaré au journal L’Est Républicain.
A Caubous en Haute-Garonne, plus petit village d’Occitanie comptant 3 habitants dont 1 à l’année… Deux listes de cinq personnes s’affrontent : celle du maire sortant, élu depuis 2008, et celle d’un groupe de « gens arrivés récemment » a expliqué un habitant à France 24. Ils ont « envie de faire quelque chose », et regrettent un certain immobilisme lié aux mandats successifs dit-il. Même constat à Aix-la-Fayette dans le Puy-de-Dôme où deux candidats affrontent un maire sortant élu depuis 30 ans, dans ce village de 96 habitants. Un des candidats, Didier Vial, reproche au maire Roger Bergheaud un « manque de concertation » dans le village d’après l’AFP.
Dans le Nord-Pas-De-Calais, à Gouy-Saint-André, la population devra départager pas moins de 4 listes pour 659 habitants. Ces quatre listes toutes « sans étiquettes » n’échappent cependant pas dans les faits au clivage gauche-droite, et malgré un climat plus calme qu’auparavant, la mobilisation est vive. Un administré plaisante devant le Monde : « 10 % de la population espère être élue (…) Cette scène d’élection est digne d’un film avec Bourvil et Fernandel ». Un autre confie : « à l’approche de chaque élection, on ressent toujours de la tension et de vieilles rivalités familiales ressurgissent. ». Ces quatre listes sont dues à une rupture de la majorité, par suite d’une querelle liée à un permis de construire pour un box à chevaux … proche de la maison du neveu d’un des adjoints au maire. Une dizaine de communes ont été recensés, dans lesquelles le nombre de candidats est largement supérieur au nombre d’habitants. A Fontanès-de-Sault, dans l'Aude, 16 candidats répartis sur deux listes se présentent pour 6 habitants. Certains choisissent en effet de s’engager dans un village où ils ne vivent pas à l’année.
Les municipales : un lieu de confiance en la démocratie ?
L’expression dit : « là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie », et l’on pourrait dire « Là où il y a des citoyens, il y a de la politique ! ». Gérard Larcher a d’ailleurs confié à France Inter : « Les 34.875 communes, ce sont autant de petites Républiques dans la grande, et la République, elle a besoin aujourd'hui, alors qu'elle est tellement divisée, fracturée, qu'on se rassemble » Le président du Sénat souligne une division qui n’a pas besoin d’être à l’échelle nationale pour exister. Là où plusieurs personnes forment une cité, là pourrait se jouer l’unité nationale autour de repères communs.
La voirie d’un petit village en Ardèche est-elle proportionnellement moins importante que l’insécurité à Marseille ? Un regard de journaliste parisien peut considérer comme minimes, voire ridicules, tous ces petits combats des villages les plus reculés de province. Selon une étude publiée en début d’année par Cevipof et la Fondation Jean-Jaurès, 60% des Français font encore confiance en leur maire, faisant de lui l’élu le plus digne de confiance pour la population. Cette étude révèle aussi que l’étiquette politique du maire importe de moins en moins aux électeurs. Les municipales semblent pouvoir être pour les Français un lieu où se réapproprier leur devoir d’électeur, car là se joue la démocratie dans son sens le plus incarné, le plus direct.
"Les 34.875 communes, ce sont autant de petites Républiques"
Dans la société fracturée dont parle Gérard Larcher, les communes sont le lieu où les individus prennent le plus conscience de leur intérêt commun. A une époque où les Français ne cessent de se désintéresser de la politique, des petites communes ont un nombre disproportionné de candidats… Est-ce simplement un problème de division, ou également le signe que la vie politique concerne encore ?
« Loi PLM » : la réforme qui change les règles des municipales en 2026
Pour la première fois, les maires des villes les plus peuplées de France vont être élus au suffrage universel direct.
Parisiens, Lyonnais et Marseillais, ne soyez pas surpris de devoir glisser deux bulletins, dans deux urnes distinctes, ce dimanche (et même trois à Lyon).
La « loi PLM » (Paris-Lyon-Marseille) de 1982, qui régit l’organisation administrative des grandes villes françaises - les seules à être subdivisées en arrondissements (Paris, Lyon) ou secteurs (Marseille) - a été réformée à l’été 2025, et entre en vigueur pour la première fois à l’occasion des élections municipales du 15 et 22 mars.
Une réforme pour une meilleure représentation
L’objectif majeur de cette réforme est de permettre un lien plus direct entre les citoyens et leur maire central.
Précédemment, les habitants de ces trois villes votaient uniquement pour les conseils d’arrondissements, chargés d’en élire les maires. Ces derniers votaient ensuite pour ceux qui les représenteraient au conseil municipal, et qui éliraient le maire de la ville. La répartition des conseillers siégeant au niveau municipal étant proportionnelle à la taille des arrondissements, ce système a entraîné des incohérences, qui ont conduit à ce changement. La critique principale étant la représentativité. En effet, la surreprésentation de certaines zones a permis l’élection d’un maire n’ayant pas obtenu la majorité des suffrages dans son arrondissement, ou bien ayant gagné de justesse, à l’instar d’un maire qui a largement remporté les suffrages mais dans une subdivision à la population moindre.
Pour y pallier, les candidats à la mairie de la ville se présentent désormais directement face aux électeurs - sans nécessairement devoir candidater dans un arrondissement -, et doivent convaincre un électorat plus large, plutôt que de se contenter d’une victoire stratégique dans quelques zones clés. Ce qui promet des élections municipales plus palpitantes qu’à l’accoutumée pour ces villes, avec des campagnes aux enjeux majeurs à quelques mois des prochaines élections présidentielles.
Des municipales au double scrutin proportionnel, de liste, paritaire à deux tours
Mais concrètement, comment est-ce que ça se passe ? Dès aujourd’hui, les électeurs de ces grandes métropoles vont voter successivement et dans le même bureau, à la fois pour un conseil d’arrondissement - électeur du maire d’arrondissement -, et pour un conseil municipal - électeur du maire de la ville -.
Au niveau de l’arrondissement, pas d’évolution à noter. Le conseil qui obtient la majorité absolue au premier tour, ou qui remporte le second tour, obtient 50% des sièges. Et les compétences de ces mairies restent inchangées, ainsi que leurs budgets.
Au niveau municipal en revanche, le suffrage est maintenant direct et la prime majoritaire est revue à la baisse. Seulement 25% des sièges seront attribués à la liste majoritaire, et les 75% restants répartis proportionnellement parmi les listes ayant obtenu plus de 5% des voix. Une majorité absolue sera donc plus difficile à constituer à Paris, Lyon et Marseille, que dans les autres communes de France, où la prime reste fixée à 50%.
Une conférence des maires
Paradoxalement, la crainte que génère cette décorrélation des élections est une diminution de la représentation des arrondissements au niveau de la politique municipale, les maires ne siégeant plus nécessairement au conseil de la ville. Pour cette raison, et au moins une fois par an, le maire central se devra de réunir tous les maires des subdivisions lors d’une conférence dédiée.
Un jeu d’équilibriste, dont les résultats restent à observer dans les prochains mois, prochaines années…
Municipales 2026 : Les bureaux de vote ouverts, 48 millions d'électeurs attendus
Les bureaux de vote sont ouverts.
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L'équipe de l'info déchaînée
17:17 - Près d'un Français sur deux a voté !

À 17h, le taux de participation s'élève à 48,90% selon le ministère de l'intérieur. C'est une nette progression par rapport à 2020 où à ce même horaire, le taux de participation ne s'élevait qu'à 38,77%
16:29 - Quand aura-t-on les résultats du premier tour ?
Public Sénat indique que la majorité des communes verront leurs premiers résultats annoncés entre 20 heures et 22 heures. Les résultats des grandes villes telles que Paris ou Marseille, ne seront disponibles que plus tard dans la soirée entre 22 heures et minuit.
15:52 - Marseille Écologie (EELV/LÉ) dénonce la disparition d'une partie de ses bulletins
À Marseille, alors que le candidat du Rassemblement National, Franck Allisio, dénonçait des bulletins entaillés, l'équipe de Christine Juste, candidate du parti Les Écologistes, a signalé la disparition d'une partie des bulletins de la candidate pour couvrir l'ensemble des bureaux de vote concernés. L'équipe en charge de l'organisation a pourtant assuré au Figaro qu'un nombre suffisant avait été prévu pour « couvrir toute la ville ».
15:46 - Olivier Faure (PS) a voté à Savigny-le-Temple
Le premier secrétaire du Parti Socialiste, a voté pour le premier tour du scrutin à Savigny-le-Temple, dans la Seine-et-Marne
15:39 - Une hausse de la participation à Lyon

À 14h, la participation s'élevait à 35,23% selon la mairie de Lyon. C'est près de 10 points supplémentaires (25,58%) par rapport aux élections municipales de 2020.
15:30 - Louis Aliot (RN) a voté à Perpignan
Le maire sortant et candidat du Rassemblement National à la mairie de Perpignan, a voté pour le premier tour du scrutin à Perpignan
15:17 - Fabien Roussel (PCF) a voté à Saint-Amand-les-Eaux
Le maire sortant et candidat du Parti Communiste Français à la mairie de Saint-Amand-les-Eaux, a voté pour le premier tour du scrutin à Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord
15:12 - Thomas Cazanave (RE) a voté à Bordeaux sans passer par l'isoloir
Candidat union de la droite et du centre à la mairie de Bordeaux, le député Renaissance aurait mis dans l'urne, une enveloppe sortie de sa poche selon un journaliste de l'AFP. Interrogé par cette dernière, le président du bureau de vote a répondu qu'il n'avait pas fait attention, que ce n'était "pas normal" et "aurait dû passer en effet par l’isoloir"
15:02 - Jeanne Barseghian a voté à Strasbourg
Soutenue par Les Écologistes, la candidate à la mairie de Strasbourg, a voté pour le premier tour du scrutin à Pau
14:59 - François Bayrou (MoDem) a voté à Pau
L'ancien premier ministre, président du parti Mouvement Démocrate et candidat à la mairie de Pau, a voté pour le premier tour du scrutin à Pau
14:57 - Robert Ménard a voté à Beziers
Soutenu par Les Républicains, le candidat Divers Droite à la mairie de Beziers, a voté lors du premier tour des élections municipales à Béziers
14:53 - Arnaud Deslandes (PS) a voté à Lille
Le candidat du Parti Socialiste à la mairie de Lille, a voté lors du premier tour des élections municipales à Lille
14:50 - Louis Sarkozy a voté à Menton
Soutenu par Horizons, Les Républicains et Renaissance, le candidat à la mairie de Mention, a voté à Menton en Alpes-Maritimes pour le premier tour du scrutin
14:46 - Marine Tondelier a voté à Hénin-Beaumont
La secrétaire nationale des Les Écologistes et candidate au présidentielle 2027, a voté à Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais pour le premier tour du scrutin.
14:43 - Sophia Chikirou (LFI) a voté à Paris
La candidate de La France Insoumise à la mairie de Paris, a voté lors du premier tour des élections municipales dans le 20ème arrondissement de Paris
14:35 - Pas de vote à Cohiniac
Petit bourg de 400 habitants en Côtes-d’Armor, une cinquantaine d'entre eux se réunissent afin de monter une liste participative et citoyenne dans les 3 mois qui suivent le premier tour de ces élections municipales
14:29 - Emmanuel Macron a voté au Touquet-Paris-Plage
Le président de la République a voté lors pour le premier scrutin au Touquet-Paris-Plage, dans le Pas-de-Calais
14:25 - Sarah Knafo (R!) a voté à Paris
La candidate Reconquête! à la mairie de Paris, a voté lors du premier tour des élections municipales à Paris
12:15 - Municipale 2026 : Une hausse de la participation par rapport à 2020
Selon le ministère de l'intérieur, le taux de participation a atteint les 19,37% de participation en France métropolitaine, soit une hausse de 1 point par rapport à 2020, année du Covid-19. Les départements ayant le plus voté à midi sont : la Corse, l’Aude, les Alpes-du-Sud.
12:09 - Le vote de Sarah Knafo (R!) retardé à Paris
La presse s'est vue refuser l'entrée dans le bureau de vote par le président du bureau de vote selon Le Parisien. Résultat, l'équipe de Sarah Knafo et les photographes patientent à l'extérieur du bureau de vote. Le président du bureau de vote étant changé à midi, la candidate du parti Reconquête! votera à 12h15 au 6ème arrondissement de Paris.
11:58 - Eric Ciotti (UDR) a voté à Nice
Le candidat Union des Droites pour la République à la mairie de Nice, a voté lors du premier tour des élections municipales à Nice
11:52 - Sébastien Lecornu (RE) a voté à Vernon
Le premier ministre et troisième sur la liste divers droite Génération Vernon du candidat François Ouzilleau, a voté lors du premier tour des élections municipales à Vernon
11:47 - Jean-Luc Moudenc (LR) a voté à Toulouse
Le maire sortant de Toulouse et issu du parti Les Républicains et candidat de la coalition divers droite à la mairie de Toulouse, a voté lors du premier tour des élections municipales à Toulouse
11:43 - Grégory Doucet (EELV/LÉ) a voté à Lyon
Le maire sortant et candidat Les Écologistes à la mairie de Lyon, a voté pour le premier tour du scrutin à Lyon
11:29 - Pierre Hurmic (EELV/LÉ) a voté à Marseille
Le maire sortant et candidat Les Écologistes à la mairie de Marseille, a voté lors du premier tour des élections municipales à Marseille
11:26 - Franck Allisio (RN) a voté à Marseille
Le candidat du Rassemblement National à la mairie de Marseille, a voté lors du premier tour des élections municipales à Marseille
11:23 - Martine Vassal (LR) a voté à Marseille
La candidate Les Républicains à la mairie de Marseille, a voté pour le premier tour du scrutin à Marseille
11:12 - Une soixantaine de commune privée d'élection

Faute de candidats, 68 communes seront privées d'élection municipale, les 15 et 22 mars. Ces dernières seront administrées pendant 3 mois par une équipe nommée par le préfet.
11:09 - Emmanuel Grégoire (PS) a voté à Paris
Le candidat du Parti Socialiste à la mairie de Paris, a voté lors du premier tour des élections municipales dans le 12ème arrondissement de Paris
11:07 - Christian Estrosi (HOR) a voté à Nice
Le maire sortant et candidat Horizon à la mairie de Nice, a voté lors du premier tour des élections municipales à Nice
11:03 - Martine Vassal (LR) a voté à Marseille
La candidate Les Républicains à la mairie de Marseille, a voté pour le premier tour du scrutin
11:01 - Josée Massi (SE) a voté à Toulon
Le maire sortant et candidat sans étiquette à la mairie de Toulon, a voté lors du premier tour des élections municipales à Toulon
10:52 - Laure Lavalette (RN) a voté à Toulon
La candidate du Rassemblement National à la mairie de Toulon, a voté lors du premier tour des élections municipales à Toulon
10:48 - Sébastien Delogu (PS) a voté à Marseille
Le candidat de La France Insoumise à la mairie de Marseille, a voté lors du premier tour des élections municipales à Marseille
10:45 - Rachida Dati (LR) a voté à Paris
La candidate Les Républicains à la mairie de Paris, a voté pour le premier tour du scrutin dans le 7ème arrondissement de Paris
10:33 - Les scrutins ouvrent leurs portes
Ouvert ce dimanche à 8h en France métropolitaine, c'est le dernier scrutin majeur avant les élections présidentielles
POUR DIRE NON AU MERCOSUR, LES AGRICULTEURS BLOQUENT LA N118
Lundi 18 novembre 2024, 7h01 du matin. La nationale 118, près de Vélizy dans les Yvelines, est déserte. Depuis la veille au soir, le trafic est paralysé par des agriculteurs venus exprimer leur colère contre les accords du Mercosur.
Au milieu de l’axe routier habituellement saturé, des dizaines de tracteurs en bloquent l’accès dans un parfum de campagne. Des banderoles aux couleurs des Jeunes Agriculteurs et de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) flottent au gré du vent. Des pancartes, parfois acerbes, sont brandies comme celle-ci : « Macron, si tu vas à Rio, n'oublie pas tes péquenots », en référence à la célèbre chanson de Dario Moreno. Malgré l’intensité de la protestation, l’atmosphère reste étonnamment bon enfant pour un sujet aussi vital pour le monde agricole : « On n’est pas là pour bloquer, mais pour survivre », glisse Christophe, venu de l’Essonne, en me tendant un café chaud. Une colère mais surtout une résilience se lit sur les visages des manifestants.
Les éleveurs sont parmi les plus touchés par les conséquences des accords de libre-échange entre l’Europe et l’Amérique du Sud. « Si ces accords passent, c’est fini pour nous. Comment rivaliser avec du bœuf brésilien qui nous coûte moins cher que nos propres coûts de production ? », s’interroge Christophe. Pour Valentin Delbos, président des Jeunes Agriculteurs cantaliens, les enjeux ne se limitent pas aux seules questions économiques. « On se bat pour garder nos produits de qualité. Ce n’est pas seulement de la viande, c’est un patrimoine. Si on perd ça, on perd une partie de ce qui fait la France. »
« Si on doit revenir on reviendra »
Depuis plusieurs années, les agriculteurs alertent sur une concurrence jugée déloyale : «On nous demande de respecter des règles environnementales strictes, ce qui est normal. Mais importer des produits qui ne les respectent pas ? On marche sur la tête ! », dénonce Christophe. Les syndicats agricoles tels que la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs alertent sur ces doubles standards. Ils accusent les gouvernements successifs d’ignorer les impacts catastrophiques de ces accords sur le monde rural. Peu ici espèrent une réaction forte de la part du président Emmanuel Macron en dépit de ses récentes déclarations en marge du G20, à Rio de Janeiro.
Autour d’un barbecue improvisé, les agriculteurs discutent, échangent sur les solutions à prendre et ne se laissent pas abattre. Malgré l’incertitude, l’espoir demeure : « Si on doit revenir, on reviendra. Autant de fois qu’il le faudra. On ne lâchera rien », promet Marie, éleveuse de brebis dans les Pyrénées.
Alors que le soleil se lève doucement sur la route bloquée, une question reste en suspens : quel avenir pour l’agriculture française dans un monde globalisé ?
A.M
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Edmond Dantès rêve de Los Angelès
Pierre Niney annonçait le 20 octobre que Le Comte de Monte Cristo avait dépassé les 9 millions d'entrées depuis sa sortie le 26 juin dernier. Celui qui joue Edmond Dantès espère bien que l'aventure se terminera dans les étoiles de Los Angeles.
Le Comte de Monte Cristo sortira à partir du 20 décembre aux Etats-Unis. Son distributeur américain Samuel Goldwyn films a d’ores et déjà annoncé que le film allait candidater dans toutes les catégories pour les oscars. La production a néanmoins dû faire face à une déception, celle de ne pas être sélectionnée par le CNC (Centre national du cinéma) pour concourir dans la catégorie du "meilleur film en langue étrangère" et donc représenter la France. Le film connaît déjà un succès à l'international puisqu'il compte 2 millions d'entrées à l'étranger. Et cette adaptation du roman d'Alexandre Dumas est toujours à l'affiche, quatre mois après sa sortie.
Pierre Niney, successeur de Jean Dujardin ?
Ainsi la production espère bien obtenir une flopée d'oscars, ce qui serait assez inédit pour le cinéma français, un tel événement ne s’étant pas produit depuis 2012 où le film "The artist" de Michel Hazanavicius avait obtenu 10 nominations et 5 oscars dont celui de meilleur acteur pour Jean Dujardin. Pierre Niney pourrait donc succéder à Dujardin pour cette récompense, ce qui serait un sacré clin d'œil, puisque les 2 acteurs avaient partagé ensemble l'affiche en 2021 pour le film OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire, film qui était jusque-là le plus grand succès de la carrière cinématographique de l'acteur de 35 ans (en nombre d'entrées en salle). Cette récompense pourrait ensuite ouvrir à Pierre Niney les portes du cinéma hollywoodien, à l'instar de Jean Dujardin, Omar Sy ou Marion Cotillard. Réponse le 5 mars, jour de la cérémonie des Oscars.
G.J
Élections américaines : hors des Républicains, point de salut
Bien que 98 % des Américains aient voté pour Donald Trump ou Joe Biden lors de la dernière élection présidentielle, d’autres candidats s’acharnent à se présenter à chaque scrutin. Issus de partis mineurs, il est possible d’en ranger certains à la droite de Donald Trump.
Les plus connus des « méconnus » sont probablement les libertariens. Depuis 1972, le Parti libertarien et ses 700 000 adhérents font souvent figure de troisième homme lors des élections. En 2020, ceux qu’il est difficile de vraiment ranger à droite ou à gauche ont comptabilisé plus de 1,8 millions de voix, ce qui est bien peu face aux 74 millions de voix de Donald Trump. Cette année, leur champion se nomme Chase Oliver, activiste politique de 39 ans. Celui-ci se présente à la presse comme « un libertarien pro-armes, pro-réforme de la police, pro-choix ». Il sera possible de voter pour lui dans chaque État le 5 novembre.
Un siècle avant les libertariens, le Parti de la prohibition tentait déjà d’entrer à la Maison-Blanche. Le « tiers parti, le plus ancien des États-Unis, toujours actif depuis 1869 », a choisi l’ancien entrepreneur Michael Wood. Son programme indique que « la consommation d'alcool et d'autres drogues récréatives n'est pas seulement un problème personnel, mais un problème social plus vaste ». En 2020, le parti n’avait pas dépassé les 5000 voix.
Autrement plus important, le Parti de la Constitution avait récolté environ 60 000 voix il y a quatre ans. Très à droite, le mouvement est aujourd’hui représenté par Randall Terry, connu outre-Atlantique pour être un opposant à l’avortement depuis presque 40 ans. Sa campagne comme celle des autres « petits » peine toutefois à décoller, et tous restent dans l’ombre de l’éléphant républicain.
Royaume-Uni : la pro-Brexit et anti-woke Kemi Badenoch élue à la tête des conservateurs
Samedi 2 novembre à Londres, l’ancienne Secrétaire d’État aux Affaires et au Commerce Kemi Badenoch a pris la tête des Tories. Elle succède à Rishi Sunak. Son élection marque un virage à droite pour le parti politique britannique.
La très à droite Kemi Badenoch a été élue chef du Parti conservateur avec 57 % des voix face au député Robert Jenrick. D’origine nigériane, elle devient la première femme noire à diriger l’une des principales formations politiques du Royaume-Uni. Sa victoire lui a valu les félicitations de son prédécesseur Rishi Sunak. « Je sais qu'elle sera une excellente dirigeante de notre grand parti […] Unissons-nous derrière elle », a-t-il notamment publié sur le réseau social X. L’actuel Premier ministre travailliste Keir Starmer a quant à lui salué « l'arrivée du premier leader noir à la tête d'un parti de Westminster ».
« Un enfant ne peut pas être transgenre »
La députée anglaise de 44 ans entend incarner une nouvelle ère pour les Tories, sévèrement battus le 4 juillet lors des élections générales. Elle défend un retour au « vrai conservatisme » et n’hésite pas à tenir des propos qui divisent, même dans son propre camp. Anti-woke, elle estime qu’un « enfant ne peut pas être transgenre ». Dans un discours prononcé en 2017, elle a également déclaré que le Brexit était « le plus grand vote de confiance jamais exprimé dans le projet du Royaume-Uni ». Un style qu’elle assume. « Je suis quelqu'un de très direct », a-t-elle lancé la semaine dernière sur la chaîne britannique Sky News.
Julian HERRERO










