Peut-on manquer de pain en France ?

75 départements se plient encore à des restrictions d’eau, 95 en subissaient en août. L’agriculture a pâti du niveau de sécheresse record de cette année. La guerre en Ukraine affecte la production mondiale de céréales. Doit-on s’inquiéter pour notre sécurité alimentaire ?

On nous avait promis un été catastrophique pour l’agriculture française, le marché mondial du blé est perturbé par la guerre en Ukraine, le prix de l’énergie augmente : les facteurs d’incertitude sur la production et l’échange de céréales s’accumulent.

Les conséquences hétérogènes de la sécheresse

Les cultures les plus touchées par la sécheresse sont les céréales de printemps, semées en mars-avril. Le volume de la récolte accuse une baisse d’environ 13% par rapport à la moyenne quinquennale. D’après les estimations, la production de maïs devrait être inférieure de 17% à la moyenne. La cause principale de cette baisse est le stress hydrique et thermique subit par les plantes. Les rendements ont certes été en partie protégés par l’irrigation, qui concerne 32% des surfaces, mais ils ont chuté de 15,6% pour le maïs non irrigué. Le bilan de la récolte des céréales d’hiver est un peu meilleur à première vue : la production est inférieure à la moyenne quinquennale de seulement 3%. Cette baisse est due à une diminution des rendements et des surfaces. Le fait marquant de cette moisson est la grande hétérogénéité des rendements. Selon Michel Portier, directeur général d’Agritel, société experte en stratégies des marchés agricoles et agro-industriels, « le printemps sec laissait craindre le pire mais les pluies tardives du mois de juin ont sauvé la situation dans les régions situées au nord de la Loire ». En revanche, les régions du Sud ont connu des rendements nettement inférieurs à la moyenne.

La force de l'agriculture française

Si des pays vont manquer de blé, la France n’en fera pas partie. Entre le 1er juillet 2021 et le 3 avril 2022, les importations françaises de céréales n’ont compté que pour 0,1% des importations totales de l’Union Européenne (dont 10 650 tonnes de blé et 3 697 tonnes de maïs). Sur une soixantaine de millions de tonnes de céréales produites en France chaque année, environ 27 sont exportés. La situation agricole et géopolitique mondiale a davantage d’effets sur sa balance commerciale, toujours positive pour l’agriculture, que sur sa capacité à se nourrir. Cette année, la campagne d’export a bien débuté, soutenue par une demande qui ne faiblit pas. D’autant que la production ukrainienne a diminué et que les principaux importateurs, comme le Maroc, ont enregistré des récoltes décevantes cette année.


Mets-toi en sécurité et tais-toi !

Annulation de festivals, retrait de CRS sur les plages, Darmanin reconnaît son incapacité à protéger les Français et demande encore et toujours des efforts.

 

Les festivals d’été devront “faire des efforts” en 2024, disait Gérald Darmanin jeudi 27 octobre sur France Inter. On ne peut pas retirer au gouvernement Macron que c’est un gouvernement de l’effort, celui des autres certes, mais de l’effort tout de même. Après les politiques de sobriété énergétique, le ministre de l’intérieur nous annonce de fait une politique de sobriété sécuritaire.

 

Cette demande d’effort aux entreprises de l'événementiel, qui ont déjà dû faire face à la COVID et toutes les politiques qui l’ont accompagnées, fait suite aux déclarations du mardi 25 octobre dernier faites par sa très sérénissime majesté Gérald Moussa Darmanin Ier "l'expulseur", seigneur de toutes les polices, héritier du trône du Tigre, empereur des mouchards, grand vainqueur d'Iquioussen et des Liverpuldiens.  Il annonçait alors : "le report ou l’annulation de tous les événements en France qui demandent des unités de force mobile ou qui demandent la présence très forte en nombre de policiers" pendant les JO. Tout cela afin que les forces de police puissent se concentrer sur la sécurisation desdits Jeux Olympiques. Décision unilatérale évidemment, prise sans aucune concertation avec les représentants des concernés, qui ne savent pas s’ils se relèveront économiquement de ce coup porté. La mairie de Marseille est d’ailleurs très contrariée car les 150 policiers dédiés à ses plages seront également déployés sur les JO. Ce qui pose la question suivante : “Depuis quand a-t-on besoin de flics pour être tranquille à la plage ?”.

 

Face à l’insécurité, Français, ne vivez plus !

 

Au regard de leur prestige mondial, on comprend parfaitement la priorisation des JO 2024, et l’on comprend également que ce soit une vraie charge en termes d’organisation.

On comprend par contre beaucoup moins l’indécence de Gérald Darmanin à demander des efforts au secteur de l'événementiel durement touché depuis presque trois ans. 

On ne comprend pas non plus pourquoi aucune mesure n’a été prise en amont alors que l’on sait depuis des années, qu’en 2024, les JO seront à Paris.

Le comble de l’indécence étant que monsieur le ministre annonce en fait que le secteur tout entier devra subir les conséquences de sa gestion catastrophique du pays. Darmanin nous confesse une nouvelle fois qu’il y a un problème d’insécurité majeur dans le pays et qu’il n’a ni les moyens, ni la volonté de lutter contre.  N’étant pas capable de garantir la sécurité des français dans ces événements, il préfère tout bonnement les annuler. Traduisez : ”Il y a un problème dans le pays ? Plutôt que d’essayer de le régler à la source, interdisons tout ce qui peut le montrer.”

 

La sécurité, cadet des soucis du gouvernement ?

La moindre des choses quand on est le pays avec le plus fort taux d’imposition au monde serait peut être de trouver de réelles solutions et pas ce genre de cache-misère...

Certains iraient même jusqu'à dire que notre gouvernement préfère laisser des entreprises mourir et d’honnêtes citoyens à l’abandon plutôt que de s’emparer réellement du problème sécuritaire. On ne peut pas vraiment leur en vouloir de dire ça, puisque jusqu’ici l’Élysée et le premier flic de France ne prouvent pas le contraire. Les scènes anarchiques au stade de France en mai dernier auraient peut-être dû servir d’avertissement et de prétexte pour penser à des mesures efficaces, non ?


Qui est vraiment Jordan Bardella ?

A seulement 27 ans, Jordan Bardella vient d’être largement élu nouveau président du Rassemblement National, avec 85% des voix, devenant le premier à occuper ce poste sans porter le nom de Le Pen. Portrait d’un homme politique venu de la France d’en-bas.

Un « surdoué des plateaux », « une bête », « une fusée ». Pour décrire le jeune eurodéputé, les qualificatifs sont unanimes : Bardella est bon. Son parler est fluide, il est clair, trouve les mots justes, il ne fait pas d’erreurs. Il ne s’énerve pas mais il agace ses adversaires, il est incisif sans être agressif, il est le RN dédiabolisé. Le fils qu’aurait voulu avoir Marine Le Pen. Du haut de son mètre quatre-vingt-dix, costume sobre et cheveux toujours peignés, fossettes discrètes, Bardella rassure. Peu connu avant la campagne de 2022, il a été la bouche de sa candidate, et on aurait presque voulu le voir face à Emmanuel Macron pour le débat d’entre-deux tours. Une perspective pas si absurde ?

Des origines populaires qui vont bien

Jordan est né dans le neuf-trois, et c’est bien utile. Petit-fils d’immigré kabyle, il a grandi dans un HLM de Drancy avec ses parents d’origine italienne, sans frères et sœurs. Il incarne exactement cette France périphérique analysée par Jérôme Fourquet, dont le titre d’un livre paru en 2015 lui fait écho : Karim vote à gauche et son voisin vote FN. Son prénom illustre cette jeunesse prolo qui a rejoint son parti, où les nouveaux cadres se nomment Jordan, Steve, Franck ou encore Kévin. Comme beaucoup au RN, Bardella n’a pas fait Sciences-Po ou l’ENA mais seulement une licence de géographie. Pourtant, il est redouté en débat, doté d’un talent reconnu par tout le monde.

Un enfant précoce

Un temps militant à l’UNI, il prend sa carte au FN à 16 ans, en 2012. Ensuite, il gravit les échelons rapidement  : secrétaire départemental du parti en Seine-Saint-Denis en 2014, candidat aux départementales en 2015, porte-parole du Front National en 2017 puis vice-président en 2019. Depuis le début, Jordan Bardella plaît beaucoup en interne, et a l’avantage d’être dans les petits papiers de Marine Le Pen, qu’il adule explicitement. Il est à la fois compris par l’électorat populaire et apprécié pour sa compétence. Conseiller régional d’Île-de-France depuis 2015, ses expériences électorales sont déjà nombreuses : il a mené le RN au succès qu’on lui sait aux européennes de 2019, et a participé pour beaucoup à la qualification de MLP au second tour de la présidentielle. Malgré sa jeunesse, on se demande même s'il ne pourrait pas détrôner son prédécesseur pour briguer l'Elysée en 2027.


Micro-trottoir - le Grand Débat des Valeurs

https://www.youtube.com/watch?v=CX0JlqTvwrA&t=1s

 


Mbappe-PSG-Real

PSG - Real Madrid : un tournant dans la saison du club parisien ?

Ce soir, au Parc des Princes, s’affronteront le Paris Saint-Germain et le Real Madrid. Le club de la capitale est attendu au tournant, comme son joueur vedette, Kylian Mbappé, au centre d’une rivalité entre les deux équipes.

Un entraîneur sur la sellette, un niveau de jeu qui inquiète

Beaucoup de questions se posent avant la reprise de la Ligue des Champions. À Paris, des réponses devraient être données, dès ce soir. Premièrement, le PSG a rarement brillé pendant cette saison. Une élimination en Coupe de France et surtout une deuxième place décevante en phase de poules de Ligue des Champions provoquent les inquiétudes des spécialistes. On peut les comprendre au vu du recrutement effectué cet été par le club de Paris : Lionel Messi, récompensé par le Ballon d’or en décembre dernier, Gianluigi Donnarumma, sacré meilleur joueur de l’Euro cet été, ou encore Wijnaldum, capitaine de la sélection néerlandaise, sont venus renforcer l’effectif parisien en vue de les aider à remporter tous les trophées, notamment sur la scène européenne. Mais force est de constater que les recrues ne répondent pas aux attentes que l’on plaçait en eux. Le PSG avait même recruté Sergio Ramos, emblématique capitaine du… Real Madrid ! Malheureusement sujet à de trop nombreuses blessures, le défenseur espagnol n’a pu enchaîner les matchs en première partie de saison et ne sera pas présent pour la réception de son ancien club. Si les joueurs sont évidemment les premiers responsables des mauvaises performances du club, Mauricio Pochettino, leur entraîneur, se retrouve lui aussi sur le banc des accusés. Critiqué pour ses choix douteux, ou pour son absence de décision et de vision, l’entraîneur argentin peine à trouver l’équilibre de sa formation, où égos et blessures compliquent son travail. En cas de défaite ce soir ou, pire, d’élimination en 8ᵉ de finales de Ligue des Champions, il sait qu’il sera trop tard pour se rattraper. La presse sportive parle notamment de Zinedine Zidane pour le remplacer.

Kylian Mbappé, partira, partira pas ?

On le sait, l’international français est courtisé chaque été lors du marché des transferts. Les principaux intéressés ? Le Real Madrid. Depuis plusieurs saisons déjà, des offres ont été transmises au club de la capitale pour acheter le joueur, sans jamais convaincre les dirigeants parisiens de vendre leur pépite. Seulement, son contrat arrive à son terme en juin 2022. Un renouvellement du contrat ? Le PSG y a déjà pensé bien sûr, mais Kylian Mbappé refuse de poursuivre avec son club et souhaite — un rêve d’enfant ? — rejoindre le Real Madrid. On se demande alors quelle sera son attitude ce soir, lors du choc entre les deux équipes. S’il ne fait aucun doute qu’il donnera le maximum pour remporter la victoire et se montrer sous son meilleur jour, une élimination de l'un des deux clubs pourrait-elle décider la star à choisir ? Il faudra attendre l'été 2022 pour connaître le fin mot de cette histoire.


L'assassinat du père Hamel a débuté devant la Cour d'assise spéciale de Paris

Lundi 14 février s’est ouvert le procès de l’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray (76), devant la Cour d’assise spéciale de Paris. Encore meurtrie par l’égorgement du Père Hamel, les victimes et leurs proches espèrent « comprendre ». 

Presque six ans. Six ans que deux jihadistes de 19 ans – du reste fichés S - Adel Kermiche et Abdel-Malik Petitjean, ont assassiné à coups de couteau le père Hamel, âgé de 85 ans ; celui-ci célébrait la messe dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, devant trois religieuses et un couple de paroissiens. Quelques heures plus tard, l’attaque était revendiquée par l’État Islamique. Et le verdict de la Justice se fait toujours attendre : de nombreuses interrogations sont restées sans réponse, ce qui rend « le deuil difficile », a dit Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, lors d’une récente conférence de presse.

Depuis lors, les juges anti-terroristes chargés de l’enquête ont procédé à l’arrestation de trois proches des assaillants jihadistes, tués sur place le 26 février : Jean-Philippe Jean Louis, Farid Khelil et Yassine Sebaihia, Les trois hommes sont soupçonnés d’avoir été avertis des projets des meurtriers du père Hamel. Ils ont été mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », crime passible de 30 ans de réclusion. Un quatrième accusé, Rachid Kassim, est jugé par défaut : il aurait été tué en Syrie en 2017.

Comprendre pour pardonner

Selon Me Béranger Tourné, avocat de Jean-Philippe Jean Louis, le procès paraît artificiel : les prévenus ne sont « que trois lampistes que l’on tente de raccrocher » à un crime. Mais l’Église n’est pas de cet avis et espère comprendre, pour pouvoir pardonner. Guy Coponet, qui assistait à la messe avec sa femme le 26 juillet 2016, souhaite que l’audience permette de « régler le problème une bonne fois pour toutes », et espère que « ceux qui sont responsables demand[ent] pardon à tous ceux à qui ils ont fait de la peine ». Tout comme Jacques Simon, successeur du père Hamel, interrogé sur Radio Classique : « Est-ce que le père Hamel était connu par ses assaillants ? » s’indigne-t-il. « En tous cas il a été assassiné comme prêtre et j’espère que ce procès va nous éclairer davantage ».

Le père Hamel, martyr pour sa foi

Pour Roseline Hamel, sœur du Père Hamel, la souffrance est encore bien vivante : « La mort de mon frère, de cette façon tellement barbare, a immédiatement provoqué une déchirure que je ressens encore aujourd’hui », témoigne-t-elle auprès du Parisien […] « Et puis, au bout de quelques jours, j’ai compris que son martyre avait fait de lui un frère universel ». Pourtant, celle-ci estime que « ce sera l’occasion de revenir sur le rôle des services de l’État qui n’ont pas assez surveillé ces personnes que l’on savait radicalisées ». « Je suis certaine qu’avec plus de sérieux, la mort de Jacques aurait pu être évitée », poursuit-elle.

Le procès doit durer quatre semaines. Outre le volet judiciaire, il y a la dimension ecclésiale. Le père Hamel est au cœur d'un autre procès, en béatification cette fois. L'archevêché de Rouen a remis un dossier de quelque 12000 pages à la Congrégation pour les causes des saints. Le prêtre devrait être reconnu martyr, c'est-à-dire "mort en haine de la foi".


Présidentielle : le jeu habile d’Emmanuel Macron

Bien qu'Emmanuel Macron ne se soit toujours pas déclaré candidat et qu'il semble attendre le dernier moment pour le faire, le président sortant a déjà mis en marche sa logistique de campagne, sans trop s'exposer dans le débat public.

« Avec vous ». Voilà le premier slogan de la campagne d’Emmanuel Macron. Depuis la semaine dernière, on peut le lire dans toute la France sur des centaines d’affiches placardées dans les rues. C’est également le nom du site ad hoc du "pas encore" candidat. S'il attend son heure, le dispositif est déjà là : outre le site internet, il y a la cellule de recherche de parrainages, ainsi que l'ébauche d'un programme. Sur le site, un message saute aux yeux : « Vous ne vous reconnaissez pas dans les déclarations des candidats à l'élection présidentielle ? C'est normal, ils ne parlent pas de vous, ils parlent d'eux. Notre démarche est à l'opposé de ça. » Juste en-dessous, un onglet intitulé « Découvrez-le » explique la démarche macronienne : transcender les clivages, se préoccuper de la situation réelle des Français. Pour cela, trois vidéos sont disponibles et permettent de découvrir les témoignages d’un agriculteur et d’une soignante. Emmanuel Macron prétend être le seul candidat véritablement à l’écoute des Français, au plus proche de leur quotidien. La bonne gestion de la pandémie de Covid-19 dont il se vante, en est un bon exemple.

Le coronavirus : un excellent moyen pour noyer le poisson

La crise du coronavirus est une aubaine pour le président, se désolent les opposants à Emmanuel Macron. « Elle évite de centrer le débat public sur les sujets qui fâchent », peste un membre de l’équipe de campagne d’Éric Zemmour. Il est vrai que le président s'est plu à diviser la classe politique avec l'instauration du pass vaccinal fin janvier. L’équipe de Valérie Pécresse s’était retrouvée à voter ce texte en ordre dispersé. Quant à la gauche, elle s’est aussi fracturée sur le sujet, Jean-Luc Mélenchon y étant opposé. « Pendant ce temps, on n’a pas parlé de son bilan économique, de l’endettement massif du pays, ou encore de l’immigration », déplorait un élu des Républicains, ajoutant : « Heureusement que la crise s’est apaisée et qu'elle nous permet maintenant de parler des sujets de fond. » Toutefois, les indicateurs économiques n'étant pas si mauvais, il n'est pas facile d'attaquer le gouvernement sur ce terrain.

Une économie apparemment saine

La croissance est estimée à 7 %, « un chiffre jamais atteint depuis 1969 », se vante le gouvernement. « C’est un rebond spectaculaire de l’économie française […], ça efface la crise économique », s’est félicité Bruno Le Maire sur France 2. Toutefois, le ministre de l'Economie a soigneusement évité de répondre à la question du coût pour les finances publiques : les 700 milliards d’euros d’endettement destinés à soutenir les entreprises et les commerçants sont oubliés. D’ailleurs, aucun remboursement du prêt accordé par l’Etat aux entreprises en 2020 n’est exigé pour l’instant. Qu’adviendrait-il s’il venait à l’être ? Les entreprises continueraient-elles à embaucher ? La croissance ne paraît donc pas engendrée par les entreprises mais bien par l’argent public, encore et toujours.                « L’économie française tourne à plein régime », a continué le patron de Bercy. Oui, à partir du moment où l’Etat la soutient. La conjoncture paraît donc plutôt bonne pour le futur candidat Macron. D'autant qu’il n’a, pour l’instant, aucun adversaire en passe de le concurrencer sérieusement. À gauche, les divisions s’accroissent, et à droite, aucun candidat ne parvient à se distinguer. Dans les débats, chacun cherche à marquer des points en décrédibilisant l’adversaire. C’est justement ce que le président veut éviter.

De nouveaux soutiens, des divisions sans fin

Le soutien officiel de l'ancien porte-parole du PS Eduardo Rhian Cypel à Emmanuel Macron, annoncé lundi, et les ralliements attendus de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, ainsi que celui du maire de Dijon, François Rebsamen, ne font que conforter le futur candidat dans sa stratégie :  attendre le dernier moment pour entrer dans l'arène, en évitant de se blesser et en regardant ses concurrents s'épuiser. Une stratégie payante pour l'instant. La division croissante de la gauche est bien sûr une aubaine pour le futur de candidat de Avec vous, qui parvient à s'attacher les derniers dinosaures du Parti socialiste, découragés par la triste campagne d'Anne Hidalgo. La candidate officielle du PS plafonne à 2,5 % des intentions de vote selon le dernier sondage. Et visiblement, Christiane Taubira, vainqueur de la Primaire populaire, ne paraît pas non plus convaincre. Emmanuel Macron représente la seule option pour ceux qui ne voudraient pas rejoindre la gauche plus radicale de Jean-Luc Mélenchon ou de Fabien Roussel. « Il se peut bien que des ralliements se fassent plus nombreux dans les prochaines semaines », prévient un cadre de la République en Marche. Des noms comme l'adjointe au maire de Marseille Samia Ghali ou encore Thierry Repentin, maire de Chambéry, circulent depuis quelques jours. En attendant, l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron est pleinement mobilisée.

Une campagne active, mais sans le candidat

En plus d’un site internet, les militants de La République En Marche vont frapper aux portes, fidèles à la tradition anglo-saxonne reprise par le candidat Macron en 2017. Par ailleurs, le président s'exprime par la voix de membres du gouvernement, en particulier de son porte-parole, le jeune Gabriel Attal. Celui-ci affirmait récemment à propos des candidats déclarés « qu’à les écouter, tout était mieux hier et tout sera pire demain. Où est la foi dans les Français ? » À l’opposé de discours obscurantistes, il y a, ajoutait-il, « Emmanuel Macron [qui] a fait entrer notre pays dans le temps des conquêtes. Quand la situation sanitaire et internationale le permettra, il proposera, je l'espère, d'aller plus loin encore pour l'avenir. » Apparemment, seul le président est capable de comprendre les réalités complexes, porteuses de sens et d'ouverture, alors que la droite, obnubilée par les questions de sécurité, d’immigration et d’identité, s'enlise dans un discours rétrograde. Parviendra-t-il encore longtemps à maintenir cette posture présidentielle, au-dessus de la mêlée électorale ? Si les sondages lui sont toujours favorables, Emmanuel Macron a tout intérêt à donner du temps au temps et à se déclarer le plus tard possible, début mars.


CANDIDATURE ZEMMOUR : L’EFFET PELTIER

Dans son Grand Rendez-Vous sur Europe 1 – les Echos – CNews ce dimanche, Guillaume Peltier, ancien numéro deux du parti Les Républicains, a annoncé soutenir la candidature d’Éric Zemmour. Un ralliement de poids pour le fondateur du parti Reconquête !... qui n’est pas du goût des LR.

« Alors qu’il n’exerçait plus aucune responsabilité dans les instances de LR, Guillaume Peltier fait un retour aux sources en rejoignant Éric Zemmour. Par cette décision, il est de fait exclu de notre famille politique et ne peut plus s’en revendiquer », a déclaré le président des Républicains, Christian Jacob, dans un tweet en fin de matinée. Une réaction rapide aux propos véhéments de l’ex-numéro 2 des LR envers Valérie Pécresse, la candidate désignée du parti. « Je n’ai pas confiance en elle. Je n’ai aucune garantie d’un non-ralliement à Emmanuel Macron », a-t-il déclaré sur Europe 1 jugeant que « Valérie Pécresse et Emmanuel Macron, c’est la même chose ».

Rallier la candidature de l’ex-éditorialiste de CNews n’est pas un choix anodin. Mais le député du Loir-et-Cher assume totalement : « J'ai pris ma décision avec beaucoup de gravité et d'enthousiasme. J'ai pris le temps de la réflexion et j'ai mesuré l'enjeu ». Celui qui avait soutenu Éric Ciotti au congrès des Républicains en décembre explique son choix simplement.  C’est l’unique possibilité pour la droite de battre Emmanuel Macron aux élections présidentielles de 2022. « J’ai pris la décision de soutenir le seul candidat de la droite, le seul candidat fidèle aux valeurs du RPR, le seul candidat capable de battre Emmanuel Macron parce que capable de rassembler tous les électeurs de droite », a-t-il renchéri.

« Le choix du courage »

Crédité de la quatrième place dans le dernier sondage Ipsos, au coude-à-coude avec Marine Le Pen et Valérie Pécresse, Zemmour n’est pourtant pas en position de force. « Je fais le choix du courage plutôt que de la carrière. C'est un acte de foi que je pose », a assuré Guillaume Peltier. Un choix qui s’inscrit dans la continuité de ses déclarations lors des derniers mois. « Comment être insensible au discours pour la France d’Éric Zemmour ? », avait-il notamment déclaré dans un tweet en décembre suite au meeting de Villepinte. Le député qui a commencé sa carrière au Front National de la jeunesse (FNJ) avant de rejoindre le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers est souvent considéré comme le représentant de la ligne la plus à droite de LR. «  J'ai été numéro deux des Républicains, porte-parole de Nicolas Sarkozy, je suis député du peuple », a-t-il lancé, ajoutant prendre cette décision « au nom de la droite forte que j'ai fondée au sein des Républicains, au nom des 40% des adhérents LR qui ont voté comme moi pour Éric Ciotti il y a quelques semaines ».

Un appel à tous les Républicains

À 90 jours du premier tour des élections présidentielles, le ralliement de Guillaume Peltier à la candidature d’Éric Zemmour pourra-t-il entrainer des défections en cascade chez Les Républicains (LR) ? C’est en tout cas ce que souhaite le député du Loir-et-Cher. « Je lance un appel à tous les électeurs des Républicains. Je les invite à quitter une candidate aujourd'hui en deuxième position pour un candidat en quatrième position, parce que j'ai la conviction qu’Éric Zemmour va gagner cette élection ».

Pour que ses rêves élyséens deviennent réalité, l’ancien polémiste devra d’abord obtenir ses 500 parrainages. Guillaume Peltier pourrait jouer un rôle majeur dans cette quête. Dès ce matin, le député a commencé à œuvrer dans ce sens. Comme le fondateur du parti Reconquête ! il y a quelques jours, il a demandé au maire de Cannes et président de l’Association des Maires de France, David Lisnard, d’anonymiser les promesses des parrainages en créant un « pool de maires ».

 


"J'ai très envie de les emmerder" : un retraité porte plainte contre Emmanuel Macron

Un retraité de 63 ans a récemment porté plainte contre le Président de la République suite à ses propos tenus dans le journal Le Parisien. Se disant « choqué et blessé », son recours est purement symbolique.

« Les non vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Donc on va continuer de le faire jusqu’au bout. […] Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus citoyen » déclarait le Chef de l’État le 4 janvier dernier, lors de son interview donnée au Parisien. Petite phrase que 6 Français sur 10 estiment inadéquate selon un sondage Harris Interactive pour LCI.

Les propos d’Emmanuel Macron « discriminatoires et insultants»

Parmi ces citoyens, Didier Lalande, corrézien retraité de 63 ans, juge les propos d’Emmanuel Macron « discriminatoires et insultants» envers les personnes non-vaccinées contre la Covid-19. Portant plainte à la gendarmerie de son village pour ce qu’il nomme « diffamation et menaces publiques par personne ayant autorité », le retraité ne tolère pas qu’un Président de la République tienne  de tels propos à l’encontre d’une partie de la population. « Il a dépassé les bornes » explique le corrézien au quotidien régional La Montagne qui considère qu’Emmanuel Macron est « un président qui utilise sa tribune pour démarrer une campagne. La fonction présidentielle est utilisée pour discriminer et insulter des gens. »

Une plainte symbolique

Le retraité, non-vacciné accepte les contraintes qu’on lui impose. « Je suis en règle avec la loi, je paye mes impôts et je trouve cela insupportable de remettre en cause la citoyenneté des non vaccinés » tonne-t’il. « C'était individuel, et je voulais juste rendre mon action publique pour réveiller les chaumières et c'est vrai qu'aujourd'hui, j'ai reçu des messages de gens qui veulent faire comme moi, déclare l’intéressé, même si ça sert à rien, au moins on s'exprime et on montre qu'il y a des gens qui s'inquiètent pour la démocratie en France. C'est ça le fond de ma démarche. » au journal La Montagne.

Comme Didier Lalande, de nombreux Français s'opposent aux nouvelles mesures gouvernementales en matière sanitaire. Samedi 8 janvier,  plus de 100 000 personnes manifestaient dans toute la France contre le passe vaccinal.


Alzheimer : les vraies causes de la progression de la maladie identifiées par des chercheurs en vue d'un traitement

Dans une étude publiée vendredi 29 octobre par la revue scientifique américaine Science Advances, des chercheurs ont observé les causes de l’évolution de la maladie d’Alzheimer dans différentes zones du cerveau. Cette découverte pourrait améliorer les traitements de dizaines de millions de patients à travers le monde.

La maladie d’Alzheimer nous dévoile peu à peu ses secrets. Des scientifiques révèlent, dans la revue Science Advances, la présence d’amas de protéines toxiques réparties dans le cerveau des patients atteints par la maladie. S’agrégeant au fil des années dans différentes zones de l'encéphale, ces protéines seraient responsables du déclin cognitif lié à la maladie d’Alzheimer. Première étude à s’appuyer sur des données humaines, celle-ci contredit les recherches jusque-là menées sur des souris. 

Deux protéines produites dans le cerveau responsables d’Alzheimer

Les résultats de l'étude montrent que les molécules responsables de la dégénérescence ne s'établiraient pas à partir d'un point fixe du cerveau, mais s’installeraient très rapidement dans plusieurs zones de celui-ci.  Selon le Dr. Meisl, professeur de chimie à l’université de Cambridge (Royaume-Uni) et principal auteur de l’article, « deux éléments ont rendu ce travail possible ». Ainsi, il se fonde sur « l’étude de données très détaillées venant de TEP-Scan [Tomographie par Émission de Positions couplée à un scanner] et de divers ensembles de données rassemblées » ainsi que sur « des modèles mathématiques qui ont été développés au cours des dix dernières années ».

L’exploitation de 400 échantillons de cerveaux humains de personnes décédées, atteintes de la maladie d’Alzheimer, couplée à l’analyse de 100 cerveaux de malades vivants par TEP-Scan, a permis de suivre l’évolution de deux protéines responsables : tau et bêta-amyloïde. Leur accumulation dans le cerveau provoque la mort des cellules cérébrales et un rétrécissement de l’encéphale.

Vers un possible traitement de la maladie d’Alzheimer 

Co-auteur de l’étude et chercheur au département de chimie de l’université de Cambridge, le Pr. Knowles déclare que « cette recherche montre l’intérêt de travailler avec des données humaines plutôt qu’avec des modèles animaux imparfaits ». Le scientifique indique que « maintenant, nous sommes en mesure d’étudier ce processus au niveau moléculaire chez de vrais patients, ce qui est une étape importante pour un jour développer des traitements ». Avec ces nouvelles ressources disponibles, la recherche a progressé de façon considérable dans l'étude des maladies neurodégénératives. En effet, le professeur ajoute : « La principale découverte est que le fait d’arrêter la réplication des agrégats plutôt que leur propagation sera plus efficace aux stades de la maladie que nous avons étudiés ».

Dans un communiqué de l’Alzheimer’s Research UK, la chercheuse Sara Imarisio espère « que cette étude et d'autres permettront d'orienter le développement de futurs traitements ciblant la protéine tau, afin qu'ils aient plus de chance de ralentir la maladie et d'aider les personnes atteintes de démence. » À en croire le Pr. Knowles, ces nouvelles méthodes de recherche pourraient bien apporter une compréhension renouvelée de l’ensemble des maladies neurodégénératives, avec l’espoir pour des millions de patients de voir l’arrivée prochaine de traitements préventifs.