Yaël Braun-Pivet, probable première femme présidente de l’Assemblée nationale

Sans énorme surprise, Yaël Braun-Pivet devrait accéder mardi 28 juin à la présidence de l’Assemblée nationale. Une première pour une femme qui ignorait encore tout ou presque de la politique en 2017.

C’est l’histoire d’une femme pressée. Moins de cinq ans après son entrée en politique, Yaël Braun-Pivet devrait devenir le quatrième personnage de l’État. Un parcours très rapide sans équivalent pour cette jeune femme politique.

Yaël Braun-Pivet élue députée en 2017

Ayant adhéré à En marche ! à l’automne 2016, Yaël Braun-Pivet s’inscrit en ligne comme candidate aux législatives pour la majorité présidentielle. Sans soutien particulier ni véritable expérience en politique, sa candidature est retenue. Une première surprise pour cette avocate née à Nancy. Quelques semaines plus tard, Yaël Braun-Pivet devient facilement députée de la 5ème circonscription des Yvelines, en devançant le député sortant Jacques Myard.

Cette débutante en politique ne veut pas en rester là. À peine installée au Palais-Bourbon, elle brigue la présidence de la commission des Lois, une des huit commissions permanentes de l’Assemblée nationale. Loin d’être favorite, elle parvient à la tête de cette commission promise à un député d’expérience. Un véritable exploit pour cette avocate de formation. Jamais dans l’histoire de la Vème République, un nouvel élu n’avait obtenu la présidence de la commission des Lois.

Des débuts difficiles à l'Assemblée nationale

Moquée, souvent maladroite, Yaël Braun-Pivet subit de lourdes critiques à ses débuts dans l’hémicycle. Mais cette mère de cinq enfants n'a pas l'habitude de se décourager. Elle prend progressivement ses marques au Palais-Bourbon. Ses prises de position tranchées sur certains sujets sont même saluées. On loue alors sa capacité à s’écarter des propositions de la majorité présidentielle, son propre camp. La députée des Yvelines est notamment à la manœuvre avec l’opposition pour exempter les 12-15 ans de passe vaccinal. Une nouvelle preuve de sa force de caractère et de sa volonté de défendre ses convictions jusqu’au bout.

De nature plutôt indépendante et très ambitieuse, la jeune députée se porte candidate à la présidence de l’Assemblée nationale en septembre 2018. Au risque de perdre sa fonction de présidente de la commission des lois, elle doit se retirer et soutient la candidature de Richard Ferrand, finalement élu. Son heure n’avait pas encore sonné.

Ministre des Outre-mer en 2022

Après la réélection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, Yaël Braun-Pivet est promue. Elle devient ministre des Outre-mer sous le gouvernement Borne en mai 2022. Une récompense pour cette femme ayant vécu loin de la France pendant presque dix ans. Mariée à un cadre de L'Oréal, la jeune avocate avait quitté son cabinet de Neuilly-sur-Seine en 2003 pour suivre son époux expatrié. Après plusieurs années passées en Asie, à Taiwan et au Japon, le couple a vécu au Portugal avant de revenir au Vésinet, dans la banlieue ouest très chic de la capitale, en 2012.

Loin de délaisser à nouveau les Yvelines, elle se représente dans la 5ème circonscription aux législatives en juin 2022. Réélue avec près de 65% des voix, elle ne cache pas sa volonté de devenir présidente de l’Assemblée nationale, suite à la défaite électorale de Richard Ferrand. Le 20 juin 2022, elle est investie candidate de la majorité présidentielle face à Roland Lescure.

En route pour monter au perchoir, elle quitte son ministère comme le stipule le Journal Officiel du dimanche 26 juin : « Il est mis fin aux fonctions de Madame Yaël Braun-Pivet ». Tout laisse à penser que la désormais ex-ministre des Outre-mer accédera à la présidence de l’Assemblée nationale mardi 28 juin.

Nathanaël Lamouret


Jubilé d’Elizabeth II : à Saint-Paul, l'Angleterre fait l'éloge de sa souveraine

Vendredi 3 juin, à la cathédrale anglicane Saint-Paul de Londres, un office religieux rendit hommage à la reine Elizabeth II pour ses 70 ans de règne. 

Ce fut une cérémonie religieuse très solennelle, en présence d'une quarantaine de membres de la famille royale ainsi que des anciens Premiers ministres Theresa May, David Cameron, Gordon Brown et Tony Blair. Certes, la reine était absente. A 96 ans, la souveraine souffrait d’« inconfort » au soir du deuxième jour des célébrations officielles de son jubilé de platine. Le prince Charles, héritier de la Couronne, était à la place d'honneur, avec son épouse Camilla à ses côtés. William et Kate étaient aussi au rendez-vous, sans leurs trois enfants cette fois-ci. Harry et Meghan, arrivés du Canada mercredi, durent se contenter du second rang dans la nef, au même titre que leurs cousins. Quant au propre fils de la reine, le prince Andrew, testé positif au coronavirus et pris dans le scandale de l'affaire Epstein, les media britanniques préférèrent ne pas trop commenter son absence.

Silencieuse mais pas muette

Le célébrant n'était autre que l’archevêque de York, le Révérendissime (The Most Reverend) Stephen Cotrell, deuxième dans le rang protocolaire après l’archevêque de Canterbury. Dans son homélie, le religieux salua en Elizabeth II, chef de l'Eglise d'Angleterre, l’exemple « d’une loyauté fidèle et d’une inébranlable cohérence ; d’une fidélité à Dieu, d’une obéissance à la vocation qui est le socle de sa vie ». Au service de son peuple, la souveraine sut s’adapter aux nombreux changements de société, en continuant d'incarner l'institution. La reine n’est pas souveraine de droit divin, mais par l’accident de la naissance. Elle est choisie par Dieu pour régner sur la Grande-Bretagne et le Commonwealth. L’archevêque de Canterbury loua cette vocation, vécue très fidèlement. Un paradoxe, pourrait-on dire, puisqu’elle brilla surtout par son silence durant 70 ans. Mais un silence qui parle propre au statut de la monarchie britannique, laquelle commande de régner et non gouverner, d'être un guide moral et spirituel, d'assurer la continuité, et de se situer au-dessus des controverses politiques. Un rôle pleinement accompli, auquel l’archevêque fit référence via le vocabulaire de l’équitation, loisir préféré du monarque : « Votre Majesté, nous regrettons que vous ne soyez pas physiquement parmi nous ce matin, mais sommes si heureux que vous soyez toujours en selle (in the saddle). Et nous sommes tous ravis qu’il y ait encore plus à venir. »

Une foi mise à l'épreuve

La foi d'Elizabeth II fut l’autre élément central du sermon : « Je n’ai pas honte de dire que je me repose sur Jésus Christ, que j’essaie de vivre près de son cœur. [...] Et vous me pardonnerez une telle présomption, c’est ce que vois aussi dans Sa Majesté la Reine », souligna l'archevêque d'York. Une foi que la reine ne cache jamais et qu’elle manifeste en particulier au moment de Noël, profitant de son message annuel pour tirer une leçon morale de la naissance de Jésus. Sa foi, la reine ne la vivait pas seulement en paroles mais aussi en actes. Le révérend Stephen Cotrell conclut sur ces mots : « Ce que je vois dans Sa Majesté la Reine, c’est quelqu’un qui a été capable de servir fidèlement notre nation, grâce à sa foi en Jésus-Christ. » De fait, il lui fallut beaucoup d'abnégation pour servir l'Angleterre pendant si longtemps, en particulier pour surmonter le déclin et les épreuves, de la fin de l'empire britannique à la mort de Lady Di et jusqu'aux turpitudes de ses fils.


Conservateurs, populistes et progressistes ? Le sens des mots décryptés par Olivier Dard

Pour être à la mode depuis 2017, il ne faut plus être de droite ou de gauche, mais assumer une pensée, une identité idéologique. Le second tour le montre : Marine le Pen et Emmanuel Macron ont une vision bien différente voire totalement opposée sur des sujets économiques et sociaux, mais aussi de la France en général. On retrouve un discours qui s'adresse aux classes populaires chez Marine le Pen face à un discours en faveur du « progrès » chez Emmanuel Macron. Olivier Dard, professeur à la Sorbonne en histoire des idées, et spécialiste des droites en France, nous donne un éclairage sur le positionnement idéologique des candidats.

Vous êtes le coauteur d’un récent Dictionnaire du progressisme[1], paru pendant la campagne présidentielle. Pourquoi un dictionnaire sur cette thématique ?

Lorsqu’on a fait le dictionnaire du conservatisme[2], on s’est rendu compte, Frédéric Rouvillois, Christophe Boutin et moi-même que chez Emmanuel Macron, il y a aujourd’hui deux ennemis : le conservatisme et le populisme. Par ailleurs depuis 2016, l'actuel président de la République se réclame ouvertement du progressisme. Il a répété cette affiliation sur le media en ligne Brut, le 8 avril dernier. La campagne de 2017 fut un nouveau tournant dans l’utilisation du terme progressiste. Mais le premier à mon sens – le plus récent – fut celui des débats sur le mariage pour tous en 2013, où les clivages « progressistes » contre « conservateurs » sont réapparus. Dans notre dictionnaire, nous cherchons à faire un panorama de l’utilisation de ce concept en politique et dans le langage médiatique.

Pourriez-vous nous faire un historique de ces deux termes ?

L’idée même de progrès d’abord, se développe surtout au XVIIIe siècle. La Révolution ensuite, reprend le concept à son compte, en cherchant à faire table rase du passé, de l’Ancien régime, et à créer une cité et un homme nouveaux. Le mot « progressisme » apparaît quant à lui en 1842 dans le dictionnaire des mots nouveaux, et s’oppose en France au terme « conservateur » à la fin du XIXe siècle. Les conservateurs désignent le camp monarchiste après 1875, lorsque légitimistes et orléanistes échouent définitivement à installer leur prétendant sur le trône de France. Attention, le mot « conservateur » date, lui, du début du XIXe siècle. Il désigne le titre de la revue Le Conservateur, dirigée par Châteaubriand à partir de 1816, qui contribue largement à la définition du terme.

Venons-en à la campagne présidentielle. Peut-on dire en ce sens qu’Emmanuel Macron incarne le candidat progressiste par définition ? Frédéric Rouvillois a publié un article intitulé « Macronie » ! Est-il possible de l’inscrire dans une lignée avec d’autres candidats aujourd’hui ?

Emmanuel Macron a accentué le dynamitage du clivage droite-gauche entre 2017 et 2022. Valérie Pécresse en a d’ailleurs fait l’aveu dans un entretien au Figaro le 12 avril dernier, en attribuant sa défaite au fait qu’Emmanuel Macron avait copié son programme. C’est une grave erreur à mon sens, parce qu’elle a fait la démonstration d’une faiblesse incontestable en avouant en fin de compte n’avoir presque aucune différence idéologique ou programmatique avec le président. La conclusion que j’en tire est que la droite républicaine gaulliste n’existe plus guère aujourd’hui, parce que n’ayant plus de socle idéologique propre.

A défaut de socle idéologique, les Républicains ont-ils encore un socle électoral ?

Non, et les 4,7% de Valérie Pécresse nous l’ont bien montré. L’échec des Républicains s’explique surtout par leur incapacité à choisir entre la branche conservatrice qui s’en est allée chez Éric Zemmour, et une branche progressiste, partie en grand nombre chez Emmanuel Macron. Aujourd’hui, le projet d’union de la droite et du centre que souhaitait opérer Nicolas Sarkozy avec l’UMP en 2007, et qu’il a poursuivi avec les Républicains en 2015, a tout simplement échoué. D’ailleurs, il suffit de voir comment ont voté les électeurs de l’ouest parisien, essentiellement préoccupés par les questions économiques, et très peu par les enjeux de société ou identitaires. Traditionnellement, ils votaient massivement LR. Dès 2017, leur vote du second tour était entièrement en faveur d’Emmanuel Macron. Ce qui s’est confirmé au premier tour de 2022.

Avec l’apparition d’un candidat comme Éric Zemmour, et déjà avec Marine le Pen, peut-on dire qu’il y a un retour de l’opposition entre candidats progressistes et conservateurs parmi les candidats ?

Le conservatisme chez Éric Zemmour est une question complexe. Aujourd’hui, il s’incarne essentiellement dans la figure de Marion Maréchal, qui pour beaucoup d’électeurs de droite, est une figure des valeurs conservatrices. Elle s’est en particulier illustrée lors des Manifs pour Tous entre 2013 et 2017, incarnant ainsi la branche conservatrice du Rassemblement national (ex-FN) de l’époque. Elle est d’une certaine manière à sa place chez Éric Zemmour, qui regroupe les anciennes grandes figures conservatrices des Républicains et du Rassemblement national. Il est certain que plus qu’une union des droites, il s’agit d’une nouvelle union des conservateurs autour d’un programme commun.

Peut-on opposer aujourd’hui dans l’électorat, comme le fait David Goodhart, les « anywhere » et « somewhere » ? Que veut-il dire par-là ?

Les « somewhere », ce sont les enracinés, ceux qui ne peuvent pas quitter leur ville ou leur village, par manque de moyens économiques. Ce sont souvent les électeurs de Marine le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon. On pourrait associer les gilets jaunes à cette catégorie de la population par exemple. Ces personnes ont un travail modeste – employé, fonctionnaire territorial – et ont tout juste les moyens d’élever une famille. Leurs enfants vont bien sûr à l’école public du secteur. A l’inverse, les « anywhere », ce qui se traduit par « les personnes venant de nulle part », sont les jeunes d’une sociologie mondialisée, scolarisés dans les centres-villes, ou en région parisienne, et qui ont les moyens de quitter la France pour faire une partie de leurs études, ou un stage. Ils se distinguent souvent par une meilleure maîtrise des langues étrangères, qui facilitent leur recrutement lors de leur première recherche d’emploi. La mise en avant de l’apprentissage des langues étrangères par Jean-Michel Blanquer dans sa dernière réforme de l’enseignement, vise particulièrement ce genre d’électorat issu des classes moyennes supérieures, plutôt favorable aux idées d’Emmanuel Macron.

 

[1] Frédéric Rouvillois, Olivier Dard, Christophe Boutin, Dictionnaire du progressisme, Cerf, 2022, 1234 p.

[2] Dictionnaire du conservatisme, Cerf, 2017, 1072p.


Micro-trottoir - le Grand Débat des Valeurs

https://www.youtube.com/watch?v=CX0JlqTvwrA&t=1s

 


La Marche pour la 6ème République

https://www.youtube.com/watch?v=304mzYYWOyg


Mbappe-PSG-Real

PSG - Real Madrid : un tournant dans la saison du club parisien ?

Ce soir, au Parc des Princes, s’affronteront le Paris Saint-Germain et le Real Madrid. Le club de la capitale est attendu au tournant, comme son joueur vedette, Kylian Mbappé, au centre d’une rivalité entre les deux équipes.

Un entraîneur sur la sellette, un niveau de jeu qui inquiète

Beaucoup de questions se posent avant la reprise de la Ligue des Champions. À Paris, des réponses devraient être données, dès ce soir. Premièrement, le PSG a rarement brillé pendant cette saison. Une élimination en Coupe de France et surtout une deuxième place décevante en phase de poules de Ligue des Champions provoquent les inquiétudes des spécialistes. On peut les comprendre au vu du recrutement effectué cet été par le club de Paris : Lionel Messi, récompensé par le Ballon d’or en décembre dernier, Gianluigi Donnarumma, sacré meilleur joueur de l’Euro cet été, ou encore Wijnaldum, capitaine de la sélection néerlandaise, sont venus renforcer l’effectif parisien en vue de les aider à remporter tous les trophées, notamment sur la scène européenne. Mais force est de constater que les recrues ne répondent pas aux attentes que l’on plaçait en eux. Le PSG avait même recruté Sergio Ramos, emblématique capitaine du… Real Madrid ! Malheureusement sujet à de trop nombreuses blessures, le défenseur espagnol n’a pu enchaîner les matchs en première partie de saison et ne sera pas présent pour la réception de son ancien club. Si les joueurs sont évidemment les premiers responsables des mauvaises performances du club, Mauricio Pochettino, leur entraîneur, se retrouve lui aussi sur le banc des accusés. Critiqué pour ses choix douteux, ou pour son absence de décision et de vision, l’entraîneur argentin peine à trouver l’équilibre de sa formation, où égos et blessures compliquent son travail. En cas de défaite ce soir ou, pire, d’élimination en 8ᵉ de finales de Ligue des Champions, il sait qu’il sera trop tard pour se rattraper. La presse sportive parle notamment de Zinedine Zidane pour le remplacer.

Kylian Mbappé, partira, partira pas ?

On le sait, l’international français est courtisé chaque été lors du marché des transferts. Les principaux intéressés ? Le Real Madrid. Depuis plusieurs saisons déjà, des offres ont été transmises au club de la capitale pour acheter le joueur, sans jamais convaincre les dirigeants parisiens de vendre leur pépite. Seulement, son contrat arrive à son terme en juin 2022. Un renouvellement du contrat ? Le PSG y a déjà pensé bien sûr, mais Kylian Mbappé refuse de poursuivre avec son club et souhaite — un rêve d’enfant ? — rejoindre le Real Madrid. On se demande alors quelle sera son attitude ce soir, lors du choc entre les deux équipes. S’il ne fait aucun doute qu’il donnera le maximum pour remporter la victoire et se montrer sous son meilleur jour, une élimination de l'un des deux clubs pourrait-elle décider la star à choisir ? Il faudra attendre l'été 2022 pour connaître le fin mot de cette histoire.


L'assassinat du père Hamel a débuté devant la Cour d'assise spéciale de Paris

Lundi 14 février s’est ouvert le procès de l’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray (76), devant la Cour d’assise spéciale de Paris. Encore meurtrie par l’égorgement du Père Hamel, les victimes et leurs proches espèrent « comprendre ». 

Presque six ans. Six ans que deux jihadistes de 19 ans – du reste fichés S - Adel Kermiche et Abdel-Malik Petitjean, ont assassiné à coups de couteau le père Hamel, âgé de 85 ans ; celui-ci célébrait la messe dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, devant trois religieuses et un couple de paroissiens. Quelques heures plus tard, l’attaque était revendiquée par l’État Islamique. Et le verdict de la Justice se fait toujours attendre : de nombreuses interrogations sont restées sans réponse, ce qui rend « le deuil difficile », a dit Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, lors d’une récente conférence de presse.

Depuis lors, les juges anti-terroristes chargés de l’enquête ont procédé à l’arrestation de trois proches des assaillants jihadistes, tués sur place le 26 février : Jean-Philippe Jean Louis, Farid Khelil et Yassine Sebaihia, Les trois hommes sont soupçonnés d’avoir été avertis des projets des meurtriers du père Hamel. Ils ont été mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », crime passible de 30 ans de réclusion. Un quatrième accusé, Rachid Kassim, est jugé par défaut : il aurait été tué en Syrie en 2017.

Comprendre pour pardonner

Selon Me Béranger Tourné, avocat de Jean-Philippe Jean Louis, le procès paraît artificiel : les prévenus ne sont « que trois lampistes que l’on tente de raccrocher » à un crime. Mais l’Église n’est pas de cet avis et espère comprendre, pour pouvoir pardonner. Guy Coponet, qui assistait à la messe avec sa femme le 26 juillet 2016, souhaite que l’audience permette de « régler le problème une bonne fois pour toutes », et espère que « ceux qui sont responsables demand[ent] pardon à tous ceux à qui ils ont fait de la peine ». Tout comme Jacques Simon, successeur du père Hamel, interrogé sur Radio Classique : « Est-ce que le père Hamel était connu par ses assaillants ? » s’indigne-t-il. « En tous cas il a été assassiné comme prêtre et j’espère que ce procès va nous éclairer davantage ».

Le père Hamel, martyr pour sa foi

Pour Roseline Hamel, sœur du Père Hamel, la souffrance est encore bien vivante : « La mort de mon frère, de cette façon tellement barbare, a immédiatement provoqué une déchirure que je ressens encore aujourd’hui », témoigne-t-elle auprès du Parisien […] « Et puis, au bout de quelques jours, j’ai compris que son martyre avait fait de lui un frère universel ». Pourtant, celle-ci estime que « ce sera l’occasion de revenir sur le rôle des services de l’État qui n’ont pas assez surveillé ces personnes que l’on savait radicalisées ». « Je suis certaine qu’avec plus de sérieux, la mort de Jacques aurait pu être évitée », poursuit-elle.

Le procès doit durer quatre semaines. Outre le volet judiciaire, il y a la dimension ecclésiale. Le père Hamel est au cœur d'un autre procès, en béatification cette fois. L'archevêché de Rouen a remis un dossier de quelque 12000 pages à la Congrégation pour les causes des saints. Le prêtre devrait être reconnu martyr, c'est-à-dire "mort en haine de la foi".


Présidentielle : le jeu habile d’Emmanuel Macron

Bien qu'Emmanuel Macron ne se soit toujours pas déclaré candidat et qu'il semble attendre le dernier moment pour le faire, le président sortant a déjà mis en marche sa logistique de campagne, sans trop s'exposer dans le débat public.

« Avec vous ». Voilà le premier slogan de la campagne d’Emmanuel Macron. Depuis la semaine dernière, on peut le lire dans toute la France sur des centaines d’affiches placardées dans les rues. C’est également le nom du site ad hoc du "pas encore" candidat. S'il attend son heure, le dispositif est déjà là : outre le site internet, il y a la cellule de recherche de parrainages, ainsi que l'ébauche d'un programme. Sur le site, un message saute aux yeux : « Vous ne vous reconnaissez pas dans les déclarations des candidats à l'élection présidentielle ? C'est normal, ils ne parlent pas de vous, ils parlent d'eux. Notre démarche est à l'opposé de ça. » Juste en-dessous, un onglet intitulé « Découvrez-le » explique la démarche macronienne : transcender les clivages, se préoccuper de la situation réelle des Français. Pour cela, trois vidéos sont disponibles et permettent de découvrir les témoignages d’un agriculteur et d’une soignante. Emmanuel Macron prétend être le seul candidat véritablement à l’écoute des Français, au plus proche de leur quotidien. La bonne gestion de la pandémie de Covid-19 dont il se vante, en est un bon exemple.

Le coronavirus : un excellent moyen pour noyer le poisson

La crise du coronavirus est une aubaine pour le président, se désolent les opposants à Emmanuel Macron. « Elle évite de centrer le débat public sur les sujets qui fâchent », peste un membre de l’équipe de campagne d’Éric Zemmour. Il est vrai que le président s'est plu à diviser la classe politique avec l'instauration du pass vaccinal fin janvier. L’équipe de Valérie Pécresse s’était retrouvée à voter ce texte en ordre dispersé. Quant à la gauche, elle s’est aussi fracturée sur le sujet, Jean-Luc Mélenchon y étant opposé. « Pendant ce temps, on n’a pas parlé de son bilan économique, de l’endettement massif du pays, ou encore de l’immigration », déplorait un élu des Républicains, ajoutant : « Heureusement que la crise s’est apaisée et qu'elle nous permet maintenant de parler des sujets de fond. » Toutefois, les indicateurs économiques n'étant pas si mauvais, il n'est pas facile d'attaquer le gouvernement sur ce terrain.

Une économie apparemment saine

La croissance est estimée à 7 %, « un chiffre jamais atteint depuis 1969 », se vante le gouvernement. « C’est un rebond spectaculaire de l’économie française […], ça efface la crise économique », s’est félicité Bruno Le Maire sur France 2. Toutefois, le ministre de l'Economie a soigneusement évité de répondre à la question du coût pour les finances publiques : les 700 milliards d’euros d’endettement destinés à soutenir les entreprises et les commerçants sont oubliés. D’ailleurs, aucun remboursement du prêt accordé par l’Etat aux entreprises en 2020 n’est exigé pour l’instant. Qu’adviendrait-il s’il venait à l’être ? Les entreprises continueraient-elles à embaucher ? La croissance ne paraît donc pas engendrée par les entreprises mais bien par l’argent public, encore et toujours.                « L’économie française tourne à plein régime », a continué le patron de Bercy. Oui, à partir du moment où l’Etat la soutient. La conjoncture paraît donc plutôt bonne pour le futur candidat Macron. D'autant qu’il n’a, pour l’instant, aucun adversaire en passe de le concurrencer sérieusement. À gauche, les divisions s’accroissent, et à droite, aucun candidat ne parvient à se distinguer. Dans les débats, chacun cherche à marquer des points en décrédibilisant l’adversaire. C’est justement ce que le président veut éviter.

De nouveaux soutiens, des divisions sans fin

Le soutien officiel de l'ancien porte-parole du PS Eduardo Rhian Cypel à Emmanuel Macron, annoncé lundi, et les ralliements attendus de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, ainsi que celui du maire de Dijon, François Rebsamen, ne font que conforter le futur candidat dans sa stratégie :  attendre le dernier moment pour entrer dans l'arène, en évitant de se blesser et en regardant ses concurrents s'épuiser. Une stratégie payante pour l'instant. La division croissante de la gauche est bien sûr une aubaine pour le futur de candidat de Avec vous, qui parvient à s'attacher les derniers dinosaures du Parti socialiste, découragés par la triste campagne d'Anne Hidalgo. La candidate officielle du PS plafonne à 2,5 % des intentions de vote selon le dernier sondage. Et visiblement, Christiane Taubira, vainqueur de la Primaire populaire, ne paraît pas non plus convaincre. Emmanuel Macron représente la seule option pour ceux qui ne voudraient pas rejoindre la gauche plus radicale de Jean-Luc Mélenchon ou de Fabien Roussel. « Il se peut bien que des ralliements se fassent plus nombreux dans les prochaines semaines », prévient un cadre de la République en Marche. Des noms comme l'adjointe au maire de Marseille Samia Ghali ou encore Thierry Repentin, maire de Chambéry, circulent depuis quelques jours. En attendant, l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron est pleinement mobilisée.

Une campagne active, mais sans le candidat

En plus d’un site internet, les militants de La République En Marche vont frapper aux portes, fidèles à la tradition anglo-saxonne reprise par le candidat Macron en 2017. Par ailleurs, le président s'exprime par la voix de membres du gouvernement, en particulier de son porte-parole, le jeune Gabriel Attal. Celui-ci affirmait récemment à propos des candidats déclarés « qu’à les écouter, tout était mieux hier et tout sera pire demain. Où est la foi dans les Français ? » À l’opposé de discours obscurantistes, il y a, ajoutait-il, « Emmanuel Macron [qui] a fait entrer notre pays dans le temps des conquêtes. Quand la situation sanitaire et internationale le permettra, il proposera, je l'espère, d'aller plus loin encore pour l'avenir. » Apparemment, seul le président est capable de comprendre les réalités complexes, porteuses de sens et d'ouverture, alors que la droite, obnubilée par les questions de sécurité, d’immigration et d’identité, s'enlise dans un discours rétrograde. Parviendra-t-il encore longtemps à maintenir cette posture présidentielle, au-dessus de la mêlée électorale ? Si les sondages lui sont toujours favorables, Emmanuel Macron a tout intérêt à donner du temps au temps et à se déclarer le plus tard possible, début mars.


CANDIDATURE ZEMMOUR : L’EFFET PELTIER

Dans son Grand Rendez-Vous sur Europe 1 – les Echos – CNews ce dimanche, Guillaume Peltier, ancien numéro deux du parti Les Républicains, a annoncé soutenir la candidature d’Éric Zemmour. Un ralliement de poids pour le fondateur du parti Reconquête !... qui n’est pas du goût des LR.

« Alors qu’il n’exerçait plus aucune responsabilité dans les instances de LR, Guillaume Peltier fait un retour aux sources en rejoignant Éric Zemmour. Par cette décision, il est de fait exclu de notre famille politique et ne peut plus s’en revendiquer », a déclaré le président des Républicains, Christian Jacob, dans un tweet en fin de matinée. Une réaction rapide aux propos véhéments de l’ex-numéro 2 des LR envers Valérie Pécresse, la candidate désignée du parti. « Je n’ai pas confiance en elle. Je n’ai aucune garantie d’un non-ralliement à Emmanuel Macron », a-t-il déclaré sur Europe 1 jugeant que « Valérie Pécresse et Emmanuel Macron, c’est la même chose ».

Rallier la candidature de l’ex-éditorialiste de CNews n’est pas un choix anodin. Mais le député du Loir-et-Cher assume totalement : « J'ai pris ma décision avec beaucoup de gravité et d'enthousiasme. J'ai pris le temps de la réflexion et j'ai mesuré l'enjeu ». Celui qui avait soutenu Éric Ciotti au congrès des Républicains en décembre explique son choix simplement.  C’est l’unique possibilité pour la droite de battre Emmanuel Macron aux élections présidentielles de 2022. « J’ai pris la décision de soutenir le seul candidat de la droite, le seul candidat fidèle aux valeurs du RPR, le seul candidat capable de battre Emmanuel Macron parce que capable de rassembler tous les électeurs de droite », a-t-il renchéri.

« Le choix du courage »

Crédité de la quatrième place dans le dernier sondage Ipsos, au coude-à-coude avec Marine Le Pen et Valérie Pécresse, Zemmour n’est pourtant pas en position de force. « Je fais le choix du courage plutôt que de la carrière. C'est un acte de foi que je pose », a assuré Guillaume Peltier. Un choix qui s’inscrit dans la continuité de ses déclarations lors des derniers mois. « Comment être insensible au discours pour la France d’Éric Zemmour ? », avait-il notamment déclaré dans un tweet en décembre suite au meeting de Villepinte. Le député qui a commencé sa carrière au Front National de la jeunesse (FNJ) avant de rejoindre le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers est souvent considéré comme le représentant de la ligne la plus à droite de LR. «  J'ai été numéro deux des Républicains, porte-parole de Nicolas Sarkozy, je suis député du peuple », a-t-il lancé, ajoutant prendre cette décision « au nom de la droite forte que j'ai fondée au sein des Républicains, au nom des 40% des adhérents LR qui ont voté comme moi pour Éric Ciotti il y a quelques semaines ».

Un appel à tous les Républicains

À 90 jours du premier tour des élections présidentielles, le ralliement de Guillaume Peltier à la candidature d’Éric Zemmour pourra-t-il entrainer des défections en cascade chez Les Républicains (LR) ? C’est en tout cas ce que souhaite le député du Loir-et-Cher. « Je lance un appel à tous les électeurs des Républicains. Je les invite à quitter une candidate aujourd'hui en deuxième position pour un candidat en quatrième position, parce que j'ai la conviction qu’Éric Zemmour va gagner cette élection ».

Pour que ses rêves élyséens deviennent réalité, l’ancien polémiste devra d’abord obtenir ses 500 parrainages. Guillaume Peltier pourrait jouer un rôle majeur dans cette quête. Dès ce matin, le député a commencé à œuvrer dans ce sens. Comme le fondateur du parti Reconquête ! il y a quelques jours, il a demandé au maire de Cannes et président de l’Association des Maires de France, David Lisnard, d’anonymiser les promesses des parrainages en créant un « pool de maires ».

 


"J'ai très envie de les emmerder" : un retraité porte plainte contre Emmanuel Macron

Un retraité de 63 ans a récemment porté plainte contre le Président de la République suite à ses propos tenus dans le journal Le Parisien. Se disant « choqué et blessé », son recours est purement symbolique.

« Les non vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Donc on va continuer de le faire jusqu’au bout. […] Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus citoyen » déclarait le Chef de l’État le 4 janvier dernier, lors de son interview donnée au Parisien. Petite phrase que 6 Français sur 10 estiment inadéquate selon un sondage Harris Interactive pour LCI.

Les propos d’Emmanuel Macron « discriminatoires et insultants»

Parmi ces citoyens, Didier Lalande, corrézien retraité de 63 ans, juge les propos d’Emmanuel Macron « discriminatoires et insultants» envers les personnes non-vaccinées contre la Covid-19. Portant plainte à la gendarmerie de son village pour ce qu’il nomme « diffamation et menaces publiques par personne ayant autorité », le retraité ne tolère pas qu’un Président de la République tienne  de tels propos à l’encontre d’une partie de la population. « Il a dépassé les bornes » explique le corrézien au quotidien régional La Montagne qui considère qu’Emmanuel Macron est « un président qui utilise sa tribune pour démarrer une campagne. La fonction présidentielle est utilisée pour discriminer et insulter des gens. »

Une plainte symbolique

Le retraité, non-vacciné accepte les contraintes qu’on lui impose. « Je suis en règle avec la loi, je paye mes impôts et je trouve cela insupportable de remettre en cause la citoyenneté des non vaccinés » tonne-t’il. « C'était individuel, et je voulais juste rendre mon action publique pour réveiller les chaumières et c'est vrai qu'aujourd'hui, j'ai reçu des messages de gens qui veulent faire comme moi, déclare l’intéressé, même si ça sert à rien, au moins on s'exprime et on montre qu'il y a des gens qui s'inquiètent pour la démocratie en France. C'est ça le fond de ma démarche. » au journal La Montagne.

Comme Didier Lalande, de nombreux Français s'opposent aux nouvelles mesures gouvernementales en matière sanitaire. Samedi 8 janvier,  plus de 100 000 personnes manifestaient dans toute la France contre le passe vaccinal.


Alzheimer : les vraies causes de la progression de la maladie identifiées par des chercheurs en vue d'un traitement

Dans une étude publiée vendredi 29 octobre par la revue scientifique américaine Science Advances, des chercheurs ont observé les causes de l’évolution de la maladie d’Alzheimer dans différentes zones du cerveau. Cette découverte pourrait améliorer les traitements de dizaines de millions de patients à travers le monde.

La maladie d’Alzheimer nous dévoile peu à peu ses secrets. Des scientifiques révèlent, dans la revue Science Advances, la présence d’amas de protéines toxiques réparties dans le cerveau des patients atteints par la maladie. S’agrégeant au fil des années dans différentes zones de l'encéphale, ces protéines seraient responsables du déclin cognitif lié à la maladie d’Alzheimer. Première étude à s’appuyer sur des données humaines, celle-ci contredit les recherches jusque-là menées sur des souris. 

Deux protéines produites dans le cerveau responsables d’Alzheimer

Les résultats de l'étude montrent que les molécules responsables de la dégénérescence ne s'établiraient pas à partir d'un point fixe du cerveau, mais s’installeraient très rapidement dans plusieurs zones de celui-ci.  Selon le Dr. Meisl, professeur de chimie à l’université de Cambridge (Royaume-Uni) et principal auteur de l’article, « deux éléments ont rendu ce travail possible ». Ainsi, il se fonde sur « l’étude de données très détaillées venant de TEP-Scan [Tomographie par Émission de Positions couplée à un scanner] et de divers ensembles de données rassemblées » ainsi que sur « des modèles mathématiques qui ont été développés au cours des dix dernières années ».

L’exploitation de 400 échantillons de cerveaux humains de personnes décédées, atteintes de la maladie d’Alzheimer, couplée à l’analyse de 100 cerveaux de malades vivants par TEP-Scan, a permis de suivre l’évolution de deux protéines responsables : tau et bêta-amyloïde. Leur accumulation dans le cerveau provoque la mort des cellules cérébrales et un rétrécissement de l’encéphale.

Vers un possible traitement de la maladie d’Alzheimer 

Co-auteur de l’étude et chercheur au département de chimie de l’université de Cambridge, le Pr. Knowles déclare que « cette recherche montre l’intérêt de travailler avec des données humaines plutôt qu’avec des modèles animaux imparfaits ». Le scientifique indique que « maintenant, nous sommes en mesure d’étudier ce processus au niveau moléculaire chez de vrais patients, ce qui est une étape importante pour un jour développer des traitements ». Avec ces nouvelles ressources disponibles, la recherche a progressé de façon considérable dans l'étude des maladies neurodégénératives. En effet, le professeur ajoute : « La principale découverte est que le fait d’arrêter la réplication des agrégats plutôt que leur propagation sera plus efficace aux stades de la maladie que nous avons étudiés ».

Dans un communiqué de l’Alzheimer’s Research UK, la chercheuse Sara Imarisio espère « que cette étude et d'autres permettront d'orienter le développement de futurs traitements ciblant la protéine tau, afin qu'ils aient plus de chance de ralentir la maladie et d'aider les personnes atteintes de démence. » À en croire le Pr. Knowles, ces nouvelles méthodes de recherche pourraient bien apporter une compréhension renouvelée de l’ensemble des maladies neurodégénératives, avec l’espoir pour des millions de patients de voir l’arrivée prochaine de traitements préventifs.