Brésil : Lula, fragile vainqueur
Avec 50,90% des voix, Luiz Inacio Lula da Silva l’a emporté de peu dimanche face au président sortant Jaïr Messias Bolsonaro (49,10%). Avec un Congrès à droite, des militants bolsonaristes réfutant les résultats et une opinion publique polarisée, sa marge de manœuvre apparaît assez étroite voire maigre.
Une « résurrection ». C’est ainsi que Lula, le « nouveau » ancien président élu du Brésil, qualifie sa victoire. La prison pour corruption et blanchiment d’argent sont un lointain souvenir, maintenant que les portes du palais du Planalto s'ouvrent de nouveau sous ses pas. Mais son retour n'est pas triomphal et sa victoire n'est qu'« en demi-teinte ». Il devance son concurrent que de 1,7% seulement. La droite bolsonariste domine le Congrès fédéral et dispose de puissants relais sur tout le territoire. Elle est maintenant bien rodé à l'exercice de fonctions électives.
Lula devra s’armer de patience
L’ex-syndicaliste se trouve dans une position inconfortable. Les territoires les plus riches dont Rio de Janeiro et Sao Paulo sont dirigés par des bolsonaristes. Sur les 27 États brésiliens, on compte 14 gouverneurs conservateur. Au moins 11 États ont un sénateur bolsonariste, en particulier dans les régions Norte, Centro-Oeste et Sul. Les deux dernières abritant un tiers de la population et produisent la plus grande part du PIB. À Brasília, la droite dispose de 187 députés dont 99 pour le seul Parti libéral de Bolsonaro, devenu la première force de la chambre. La gauche toute entière n'a que de 108 sièges. Lula devra négocier avec les centristes, ni pro-PT, ni pro-Bolsonaro.
S’allier avec le Centrão ?
Face au risque d'instabilité et de blocage, Lula aura besoin de soutiens. Des alliances avec les centristes (Centrão) sont probables. Leur idéologie n'est point marquée. Ce sera selon les postes que le nouvel exécutif de gauche pourra leur offrir. Si certains d'entre eux comme Geraldo Alckmin, nouveau vice-président du Brésil et ex-gouverneur de Sao Paulo, n'avaient pas hésiter à soutenir Lula dès le début de sa campagne, beaucoup d'autres restent à convaincre. Et il n'est pas sûr que les seuls mots suffisent.
Fashion Week : ce que les défilés disent de la société
La fashion week s'est achevée fin septembre. Elle permet d'éviter les faux pas vestimentaires cet hiver. Les catwalks sont traversés par des influences diverses : guerre en Ukraine, partir au vert, indigénisme. Pour les créateurs, s’habiller ne semble plus relever uniquement de l’esthétisme.
« Je trouve comique que vous pensiez que ce pull vous exempte du fabuleux monde de la mode alors qu’en fait il a été créé spécialement pour vous ». Qui ne connait pas cette réplique cinglante de Miranda Priestly dans le Diable s’habille en Prada ? S’habiller n’a rien d’anodin car le vêtement est le reflet des courants sociaux et politiques contemporains. Et cet hiver, la femme Dior martèlera le pavé avec une version féminine de la ranger, reflet de l’atmosphère belliqueuse qui vient d’Ukraine. La guerre a atteint les catwalks, les mannequins portent des imprimés militaires, une déclinaison de vestes de treillis, des souliers cloutés. Pour contraster on les associera à des pyjamas stylisés, des matières « sweat » invitant au télétravail et au Netflix and chill, reliquats des années confinement. La santiag, qui a fait une discrète apparition l’année dernière, est aujourd’hui mise à l’honneur : la citadine veut quitter les vapeurs polluées et la ville goudronnée, elle se rêve courant dans un ranch texan. Une ambiance Petite maison dans la prairie qui correspond à ses aspirations écologiques. Chez Valentino la dimension politique est plus assumée, le défilé de Pier Paulo Piccioli débute par des looks de la même couleur que la peau des mannequins. Le directeur artistique prône ainsi ouvertement la diversité au sein de son défilé et se drape dans le politiquement correct. La couleur de peau est un étendard politique.
Le vêtement devient un enjeu politique
Déjà au Moyen-Âge, l’apparence était le reflet d’une éducation et d’un rang social : les plus aisés portaient des parures colorés et en bas de l’échelle sociale les vêtements étaient sombres, la teinture était un signe de richesse. Cependant, il semble qu’avec l’apparition du mouvement féministe et la volonté de s’émanciper des règles dans les années 60, une touche politique voire polémique s’est peu à peu invitée dans le processus de création des vêtements. Celui-ci n’est plus seulement un marqueur social, il devient un signe d’appartenance à un courant de pensée, de préférence féministe, écologique et indigéniste.
Avec un pull banal, les maisons de couture nous rendent responsables du message que nous portons. Prenez gare à vos fripes cet hiver car il semblerait qu’avoir le style de ses idées n’est pas qu’une expression mais bien une réalité.
L’OM patine et doute avant le choc contre Tottenham
Le vent tourne dans la cité phocéenne. Hier à Strasbourg, en championnat, les hommes d'Igor Tudor ont essuyé un nul après avoir mené 2-0 jusqu'à la 75e minute. Mercredi, ils avaient perdu 2-1 sur le terrain de l'Eintracht Francfort. Y aura-t-il un sursaut face à Tottenham mardi prochain ? Depuis quelque temps, Marseille enchaîne les contre-performances. La faute à certains joueurs et à un calendrier chargé.
Décidément, les supporters marseillais n’auront aucun répit cette saison. Après deux défaites consécutives face à Ajaccio et au PSG, les Marseillais alignèrent une troisième défaite de rang face au Racing Club de Lens (0-1). Ils dégringolèrent à la cinquième place du championnat, eux qui étaient encore deuxième il y a deux semaines ! L’OM nourrit pourtant de grandes ambitions cette année. Son début de saison était réussi en championnat et son retour au premier plan en Ligue des champions, grâce à leurs deux victoires face au Sporting Portugal, annonçait de grandes ambitions. Cette mauvaise passe arrive au pire moment pour les Phocéens, car leurs rivaux Lyonnais retrouvèrent le chemin de la victoire dans le même temps à Montpellier (1-2). L’affiche du 6 novembre entre les deux clubs olympiens s’annonce déjà décisive pour deux écuries en besoin de points.
Un manque de réussite
Face à Lens, les Marseillais développèrent pourtant un jeu séduisant, dominèrent largement la première mi-temps. Selon leur entraîneur Igor Tudor, « ce fut probablement notre meilleur match ». Mais l’OM buta sur le gardien du Racing, Brice Samba. Consécutivement Mbemba puis Clauss et Sanchez manquèrent la cible. La finition n'est pas le fort des ciels et blancs (1 seul but marqué en 3 matches !). Pourtant, avec des recrues en attaque comme la star chilienne Alexis Sanchez ou le retour d'Amine Harit, les Marseillais avaient tout pour croire en une saison florissante. El nino Maravilla, auteur de 4 buts, traverse quant à lui une période de disette depuis le 10 septembre. Igor Tudor est coincé : il n’a pas la possibilité de faire souffler son attaquant vedette tant les choix sur le banc sont maigres. Luis Suarez, le jeune attaquant colombien, n'arrive pas à convaincre.
Des prestations individuelles en demi-teintes
L'attaque pêche aussi par la condition physique et le manque de régularité de certains joueurs à vocation défensive. La Coupe du monde commence dans trois semaines et, pour ne pas bousculer le calendrier, les matches s'enchaînent tous les trois jours. Certains joueurs ont du mal à s’adapter comme Jonathan Clauss, bien en peine de faire un match complet correct, ou le défenseur bosnien Sead Kolasinac qui empile les blessures. Le latéral gauche Nuno Tavares déçoit également, malgré son meilleur début de saison depuis le début de sa carrière. Le Portugais peine à briller par son sens du jeu, alors que ses qualités techniques sont indéniables. Ses replacements défensifs ne sont que trop rares et sa difficulté à donner son ballon dans le bon tempo agace ses coéquipiers. Les Marseillais ne décrochent pas encore au classement mais il va falloir qu’ils se reprennent vite s'ils veulent que leurs supporters fêtent une nouvelle victoire sur le Vieux Port.
Le Tour de France par vaux et surtout par monts
Dévoilé jeudi, le tracé du Tour 2023 fait la part belle au relief, en particulier du centre de la France, ce qui est plutôt inédit.
Cette année, la grande boucle ira par monts et par vaux, si l'on en croit Christian Prudhomme, directeur du Tour. La course s’élancera le 1er juillet du Pays basque, avec trois étapes en Espagne. Les coureurs rejoindront ensuite le sud-ouest avec deux étapes dans les Pyrénées. Et après une arrivée au sprint à Bordeaux, la 9e étape emmènera le peloton sur les pentes du Puy-de-Dôme, délaissées depuis 35 ans !
Le Tour d’Auvergne Rhône-Alpes
Sur les 21 étapes, dix sont situées dans cette même région. Après un jour de repos à Clermont-Ferrand, les coureurs passeront trois jours calmes avant les Alpes. Le massif sera ainsi traversé par quatre étapes décisives, à l’issue desquelles le vainqueur du classement général devrait être connu. Parmi les 30 cols gravis (un record pour l'épreuve), on notera une arrivée au sommet au Grand Colombier le 14 juillet, le Cormet de Rosenlend, ou encore le col de la Loze, point culminant de cette 110e édition à 2300 mètres d’altitude. C’est aussi dans les Alpes que se trouvera l’unique contre-la-montre de ce Tour, long de 22 kilomètres dont 2,5 à 9% de moyenne. Un chrono à l’image du profil très montagneux de ce Tour, qui ne compte que six étapes de plat.
Les Vosges en juge de paix
Enfin, à la veille de l’arrivée sur les Champs-Elysées, le relief alsacien servira de décor aux dernières explications. 133 kilomètres et 3600 mètres de dénivelé attendront les survivants pour la pénultième étape, et le maillot jaune pourrait bien changer de porteur si le match est encore ouvert. A noter aussi qu’à la différence des trois dernières éditions, ce n’est pas un contre-la-montre qui précède la dernière étape. Avec une telle proportion de haute montagne, les purs grimpeurs tricolores comme David Gaudu ou Romain Bardet seront très attendus pour jouer les premiers rôles face aux grands favoris.
Action à Wolfsburg : les militants écologistes sont-ils écoresponsables ?
Le 19 octobre à Wolfsburg (Allemagne), des militants écologistes radicaux ont mené une nouvelle action coup de poing, sans se douter qu'ils allaient rencontrer une opposition inattendue.
Wolfsburg, 16h00. Des hommes en blouses blanches s’approchent de grandes baies vitrées. Derrière, des voitures allemandes de luxe sont tous feux allumés. Une personne sort un grand seau de colle et badigeonne la façade de la concession automobile. Son camarade y étale ses affiches, un troisième tapisse le sol de peinture rouge. A l’intérieur du bâtiment, neuf membres du commando s’enduisent les mains de superglue et les collent au sol autour d'une Porsche dernier modèle. L'un des membres filme la scène sur son Smartphone. Ces blouses blanches sont les activistes du groupe Scientist Rebellion. Ils revendiquent la décarbonation du secteur automobile allemand.
Tout ne s’est pas passé comme prévu
Devant cette irruption, le personnel décide de réagir, éteint l’éclairage et coupe le chauffage, laissant les militants dans l’obscurité et la fraîcheur d’octobre. Mais le commando n'apprécie pas ce geste écologique. Au lieu d’applaudir des deux mains, choses impossibles puisqu'elles sont collées au sol, les membres de l'équipée se plaignent sur Twitter. Ils dénoncent les conditions inconfortables et l’accueil peu chaleureux du personnel de la concession. Dans leurs doléances, ils regrettent de ne pouvoir faire leurs besoins et déplorent la qualité de la nourriture proposée. Ils réclament même de se faire livrer leurs repas via UberEats !
Des méthodes vraiment écologiques ?
Cet activisme écologique coup de poing pose une question : celle de la cohérence entre les idées et les actes. Peinture déversée sur le sol, superglue produite avec des dérivés du pétrole, téléphone produit à l’autre bout du monde, ou encore application de livraison : aucun de ces moyens n'est compatible avec la neutralité carbone. Au contraire, ce militantisme paraît même faire l’apologie du jetable et de l’éphémère.
Affaire de Roanne - La justice d’un père
Mis en examen pour violences aggravées, le père de famille, qui encourt une peine de cinq à dix ans de prison, a avoué sur BFM le mardi 25 octobre ne rien regretter, « en aucun cas ». Il ajoute que « n’importe quelle personne aurait fait la même chose ».
La justice doit répondre à cette attaque qui remet en cause son utilité même : réparer les torts causés aux victimes et à la société. La vengeance privée, autrefois appelé faida, était de tradition lorsqu’aucune instance ne réglaient les conflits entre particuliers. La victime rendait donc justice en s’attaquant au coupable, souvent réduit à être esclave. Cependant cette pratique archaïque a disparu depuis longtemps et est aujourd’hui réprimée par la loi, dès lors qu’il ne s’agit pas de légitime défense.
Le procureur à l’origine des poursuites contre le père déclare ne pas accepter « qu’on se fasse justice soi-même, que cela devienne une vengeance personnelle ».
Roanne : le cas du père, un cas défendable ?
L’avocat du père de famille en cause, Me Jean François Canis, intervenait sur RMC dans Apolline Matin ce mercredi 26 octobre. Il tente d’expliquer la réaction de son client qui « touché au plus profond de soi-même » ne pouvait être raisonné ou raisonnable au moment où le jeune garçon retourne sur les lieux du crime. Il ajoute qu’il s’agit de la réaction d’un homme « blessé, inquiet » qui dans l’urgence a réagi de manière disproportionnée.
L’avocat défend son client en rappelant que le père de famille avait porté plainte au commissariat, « de façon normale et citoyenne », après l’agression de sa fille. Il ajoute que n’ayant constaté « qu’aucune patrouille ne rôdait dans le quartier », il avait pris la décision de monter lui-même la garde. C’est ce qui a donc permis la rencontre fortuite entre le père de la victime et l’agresseur, un face à face dont se souviendra l’agresseur. Interrogé par RMC le mardi 25 octobre, le père de famille, mis en examen, qui affirme que « n’importe quelle personne aurait fait la même chose », déclare ne « regretter en aucun cas ».
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont légion. Elles vont à courant et à contre-courant. Beaucoup invoque la défaillance de la justice qui pousse à se faire justice soi-même ou encore avouent qu’ils auraient réagi de manière similaire. D’autres fustigent la violence qui ne peut être acceptée, au risque de rendre légitime la justice personnelle.
Les deux se valent, mais s’agit-il uniquement de vengeance privée ou de violence gratuite ?
Lorsqu’un père, touché au plus profond de lui-même, inquiet, défend, certes très violemment, l’honneur de sa fille et de lui-même, atteint dans son cœur de père mais aussi d’homme, est-il pleinement coupable ?
La plainte de l'Ordre des médecins contre le professeur Perronne rejetée
La chambre disciplinaire de la région Île-de-France n'a pas retenu la plainte déposée à l'encontre du professeur Christian Perronne. Il était accusé de propos controversés sur l'épidémie de covid.
L'instance régionale rend la décision publique vendredi 21 octobre. Elle précise que ce «spécialiste internationalement reconnu» était «légitime» à s'exprimer sur le sujet. Il a été jugé qu'il n'a pas «appelé à la violence, ni incité à la haine, ou eu un discours “antivax”», ni «gravement mis en cause des confrères». Le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) compte faire appel « dans les meilleurs délais ».
Le Conseil de l'Ordre avait attaqué plusieurs médecins
Mardi 13 septembre, le professeur Christian Perronne était auditionné pour répondre de propos « indignes de la fonction qu’il exerce » et de la « grave » mise en cause de « confrères ayant pris en charge un membre de sa famille ou ayant participé à des décisions sanitaires des pouvoirs publics ». Ces mots sont ceux du Cnom. L'institution portait plainte en novembre 2020 contre six praticiens aux avis controversés sur l’épidémie de Covid-19. Parmi eux, le professeur Christian Perronne, ancien président de la commission spécialisée « maladies transmissibles » du Haut Conseil de la santé publique, vice-président en 2009 d’un groupe de travail de l’OMS sur la politique vaccinale européenne. Chef de service des maladies infectieuses à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches, la direction le démet de ses fonctions en décembre 2020 à cause de ses propos sur l'épidémie. La petite foule venue le soutenir avait applaudit le médecin à sa sortie de la chambre disciplinaire. « La discussion était très calme et sereine, avait-il déclaré. Toute ma carrière, je l'ai dévouée aux malades ».
Quelle suite est donnée aux autres plaintes déposées par l’Ordre en 2020 ? Le professeur Didier Raoult, microbiologiste français spécialiste des maladies infectieuses, lauréat du grand prix de l’Inserm en 2010, quitte la direction de l’Institut hospitalo-universitaire de Marseille en août 2022. Il recevait en 2021 un blâme de l’Ordre des médecins de Nouvelle-Aquitaine pour sa promotion de l’hydroxychloroquine en traitement contre la covid. La chambre disciplinaire du Centre-Val-de-Loire a de son côté condamné Hélène Rezeau-Frantz, médecin généraliste de la région montargoise, accusée de la prescription d'antihistaminiques contre la covid. Sa patientèle mène un discret combat contre la décision prise en novembre 2021. Le Cnom a fait appel de ces deux arrêts afin d'aggraver les peines.
La plainte de l'Ordre des médecins était permise par le Conseil d'État
Le 28 septembre, le Conseil d’État rejette la requête en excès de pouvoir déposées par le professeur Perronne et cinq autres médecins en décembre 2020. Ils demandaient l'annulation d'un décret adopté le 22 décembre 2020 qui introduisait de nouvelles dispositions dans le Code de déontologie des médecins. Celles-ci stipulaient que « lorsque le médecin participe à une action d’information du public (…), il ne fait état que de données confirmées, fait preuve de prudence et a le souci des répercussions de ses propos auprès du public » et qu'il « doit se garder de présenter comme des données acquises des hypothèses non encore confirmées ». Ce sont ces articles qui avaient permis la poursuite et la condamnation par l'Ordre de plusieurs praticiens. Le Conseil d’État a jugé que ces obligations ne portaient pas une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression des médecins.
La crise de la covid met en lumière des pressions déjà présentes dans le milieu médical. En témoignent par exemple les antécédents des médecins cibles du Cnom en décembre 2020. Le professeur retraité Henri Joyeux, cancérologue reconnu, avait failli être radié de l’Ordre des médecins en 2016. Il avait lancé une pétition controversée sur les dangers des vaccins pour les nourrissons. Le professeur Perronne était lui vivement décrié depuis 2017 du fait de ses prises de position non conventionnelles sur la maladie de Lyme.
Grippe aviaire : une situation hors de contrôle ?
La grippe aviaire sévit une nouvelle fois en France. Les autorités ne parviennent pas à contrôler une maladie dont le bilan est plus lourd à chaque nouvel épisode.
À peine le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau décide-t-il, en juin 2022, d’abaisser le niveau de risque à négligeable, que les éleveurs retrouvent l’angoisse de la contamination. Alors qu’en 2021 le premier foyer de contamination en élevage avait été annoncé le 27 novembre, on en compte cette année au moins 20 à la date du 10 octobre. Plus de 300 000 volailles ont été abattues dans les élevages français depuis le 1er août. Selon le site du ministère de l’Agriculture, « la situation est exceptionnelle (encore jamais rencontrée en France) de par son ampleur et la période où les détections ont cours ». Le retour du virus suit de près une saison épidémique 2021-2022 catastrophique : le nombre de cas n’avait jamais été aussi élevé en Europe. Plus de la moitié des foyers de contamination se trouvait en France. Depuis 2006, date de la première apparition de ce virus grippal de type A en France, la grippe aviaire fait peser une menace toujours plus grande sur les éleveurs français. La maladie, très contagieuse, provoque des taux de mortalité importants chez les oiseaux domestiques.
Confiner les élevages pour combattre la grippe aviaire
La stratégie de lutte préconisée par le ministère de l’Agriculture consiste à confiner les élevages dans les zones à risque afin d’éviter la contamination par la faune sauvage. Si un élevage est contaminé, il doit être euthanasié et une zone de protection est mise en place aux alentours. Ces mesures n’ont pas empêché l’abattage de plus de 20 millions d’animaux pendant la crise de 2021-2022. Selon Jean-Luc Guérin, professeur de l’école vétérinaire de Toulouse interrogé sur France Culture, les animaux sauvages dispersent le virus mais les élevages intensifs favorisent la prolifération du virus et ses mutations. Les nombreux transports d’animaux et de personnels sont aussi responsables des contaminations rapides, comme le soulignent la Confédération paysanne et le Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux) dans un communiqué commun. Selon eux, les mesures ne s’attaquent pas aux principales causes de diffusion du virus et « interdire le plein air est la seule solution trouvée par le ministère de l'Agriculture pour faire croire qu'il essaie d'endiguer une épidémie d'influenza aviaire devenue incontrôlable ». Ces « règlementations absurdes » leur font craindre la disparition du métier d’éleveurs en plein air.
La grippe aviaire pourrait devenir dangereuse pour les hommes
Les premières victimes de ces épidémies sont les éleveurs. Si l’on ajoute au virus la sécheresse, les canicules estivales, la hausse du prix de l’alimentation des volailles et la crise énergétique, leur avenir est gravement compromis. Mais nous sommes tous des potentielles victimes de ce virus, selon l’Institut Pasteur. Une des formes du virus est pathogène pour l’homme. Si pour l’instant la transmission ne se fait que de l’animal à l’homme, l’apparition d’un virus grippal transmissible d’homme à homme est à craindre. Ce virus inconnu échapperait à notre système immunitaire et pourrait déclencher une pandémie. Les autorités sanitaires françaises et mondiales se préparent à faire face à une telle éventualité.
La NUPES veut rebondir en marchant contre la vie chère et l’inaction climatique
Après la gifle de Quatennens et le harcèlement moral de Bayou, la NUPES, flanquée d'ONG et de syndicats, organise dimanche prochain une « marche contre la vie chère et l’inaction climatique ». Et si on changeait d'ambiance...
Un nouveau défi à relever pour la Nupes, cet attelage entre la France insoumise, le Parti socialiste, Europe Écologie-Les Verts et le Parti communiste. Touchée par différentes affaires, la coalition dirigée par Jean-Luc Mélenchon souhaite que cette marche donne le ton de la rentrée. Ses revendications portent sur des mesures sociales et écologistes, à la fois contre la vie chère et contre l’inaction climatique. Le projet, in fine, c'est la la VIe République tant espérée par le malheureux candidat de la présidentielle, 3e sur le podium.
"Un moment qui sera craint par M. Macron"
« Qu’est-ce que ça va donner ? On ne sait pas. Mais ce dont on est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de bons résultats si on ne fait rien. Donc on fait quelque chose, on se bat. Cette marche, si vous la rendez puissante, ouvrira des possibilités puissantes », déclarait Jean-Luc Mélenchon dans une vidéo postée sur sa chaîne YouTube le 11 octobre. L'Insoumis compte capitaliser sur l’actualité. Selon un sondage de l’IFOP, 34 % des Français soutiennent cette mobilisation, 32 % y sont opposés et 34 % se disent indifférents. La marche mobilise plusieurs CGT (commerce, énergie) et pas moins de 700 syndicalistes. Une soixantaine de personnalités du monde culturel entendent défiler. La marche sera « un moment très regardé, craint par le régime et le gouvernement de M. Macron », prophétise Jean-Luc Mélenchon.
Des moyens qui s’essoufflent
Cependant, l’omniprésence des Insoumis, et notamment de Jean-Luc Mélenchon, excède les autres partis de la NUPES. Des syndicats tels que la CGT, la FSU ou encore SUD-Solidaires refusent de signer l’appel à la manifestation et appellent à se mobiliser le mardi suivant. Le député communiste Fabien Roussel annonce de son côté qu’il ne sera pas de la partie. Pourtant, l'Insoumis essaie de la jouer conciliante : « Ce n’est pas la marche de la Nupes, ce n’est pas la marche des Insoumis, ce n’est pas la marche de M. Mélenchon, c’est la marche du peuple qui a faim, qui a froid, qui veut être mieux payé.». Le ton est un rien lyrique mais Jean-Luc Mélenchon a beau se justifier, c'est lui qui prend la lumière et fait de l'ombre à ses petits camarades.
Italie : Giorgia Meloni présente son gouvernement
Le 21 octobre, un mois après sa victoire aux législatives, Giorgia Meloni a formé son gouvernement. Le nouveau Premier ministre témoigne d’une volonté de s'entendre avec les partis coalisés.
La liste est tombée à peine vingt-quatre heures après que le président de la République Sergio Mattarella le lui a demandé. Entourée de 24 ministres, Giorgia Meloni a fait le choix de l’équilibre et du compromis, les partis coalisés La Ligue et Forza Italia obtenant un nombre inespéré de ministères au vu de leurs résultats électoraux respectifs (8 % et 9 %). Matteo Salvini revient aux commandes, en tant que vice-Premier ministre. La Ligue prend en main les portefeuilles des Infrastructures et de l’Economie, mais pas celui de l’Intérieur. Giorgia Meloni montre ainsi sa volonté de conserver l’hégémonie de Fratelli d’Italia sur des domaines clés comme les ministères de la Défense, de la Famille, des Affaires européennes ou encore de la Justice. Forza Italia reçoit le ministère des Affaires étrangères incarné par la figure pro-européenne d’Antonio Tajani, nommé également vice-Premier ministre aux côtés de Salvini,
Ce gouvernement se veut équilibré mais n'est point épargné par les divergences politiques. Malgré une vision commune de l’identité, de l’immigration ou encore de la souveraineté, la nouvelle équipe se fracture sur les questions internationales. Ainsi Giorgia Meloni prône-t-elle un soutien inconditionnel à l’Ukraine, alors que Silvio Berlusconi, chef de file de Forza Italia, affiche ostensiblement sa sympathie envers le régime de Vladimir Poutine. Le gouvernement Meloni devra prouver qu'il peut garantir l’unité d'un pays dont la vie politique se caractérise depuis longtemps par une grande instabilité.
Ecole : 313 signalements pour atteintes à la laïcité
Deux ans après la mort de Samuel Paty, les revendications communautaristes explosent partout en France. Retour sur les chiffres du ministère de l’Éducation nationale.
313, c'est le nombre de signalements recensés en septembre pour atteintes à la laïcité. Selon le ministère de l’Éducation nationale, 54 % des incidents le sont pour « port de signes et tenues » religieux. Entre avril et juin, on avait enregistré 627 incidents de ce type. Depuis le mois dernier, ce chiffre est communiqué à un rythme mensuel pour plus de transparence.
Deux ans après l’assassinat de Samuel Paty par un terroriste tchétchène, ce recensement montre que la laïcité est toujours autant remise en cause dans les établissements scolaires de la République et que les hussards noirs sont toujours désemparés. Preuve en est : un enseignant alsacien s’est vu menacer en cours, à la suite d’une diffusion de caricatures de Charlie Hebdo. Le ministre Pap Ndiaye, longtemps critique de l’universalisme à la française, s’en inquiète. Dans un entretien au quotidien Le Monde, le ministre observe qu'« il y a bel et bien une vague de port de tenues pouvant être considérées comme religieuses ». Dans Libération, il ajoute que certains élèves éprouvent des sentiments de quasi « rejet » de la laïcité.
« Les islamistes mènent une campagne organisée d’infiltration de l’école »
Ces révélations de la rue de Grenelle font réagir des politiques et des intellectuels. Le sociologue québécois conservateur Mathieu Bock-Coté dénonce la mainmise grandissante des islamistes sur la jeunesse musulmane immigrée. Les abayas et les quamis présument selon lui d'un « rejet des mœurs françaises » par un islamisme, certes minoritaire mais militant et bruyant. Face au phénomène, Pap Ndiaye préconise pédagogie, sanctions et fermeté mais, sans la volonté politique de les faire respecter, ces mots sonneront creux et le mal ne pourra qu'empirer.
Election présidentielle au Brésil : à la fin, il n'en restera qu’un
Le 30 octobre, les Brésiliens sont attendus aux urnes pour élire leur nouveau président. Nombreux sont les enjeux de cette élection divisée entre les deux favoris du premier tour, Jair Bolsonaro et Lula da Silva.
Les élections sont-elles jouées d'avance ? Lula avait été incarcéré pour corruption en 2018, avant d’être blanchi par la justice. Cependant, c'est un homme politique populaire, ayant réduit les inégalités de son pays. Il a donc ses chances face à Bolsonaro, candidat au bilan jugé catastrophique. Qu'est-ce que les Brésiliens reprochent au président sortant ? Sa gestion de la pandémie (680 000 morts), l’augmentation de la pauvreté et l’accroissement des inégalités. Pour autant, Bolsonaro garde le soutien des marchés. Les milieux financiers votent encore en sa faveur, encouragés par sa politique libérale et la bonne performance de l’économie.
Brésil : deux projets politiques radicalement opposés
Deux mandats mitigés, deux projets politiques radicalement opposés, le pays est fracturé. Le chômage, l’inflation ou encore la démocratie sont les grands invités de ces élections. Mais alors que tout les oppose, Bolsonaro peut compter sur un électorat solide, notamment sur les évangéliques. La campagne de Lula portant sur le rassemblement des Brésiliens et la relance de l’économie, il s’appuie sur les classes défavorisées, les femmes et les jeunes.
Présidentielle brésilienne : Bolsonaro et Lula dans un mouchoir
Ce second tour, qui aura lieu le 30 octobre, pourrait avoir de lourdes conséquences, le Brésil étant la première puissance d’Amérique Latine. C’est là qu’est l’enjeu. Le système de vote par voie électronique est remis en cause. Elu à 55%, Bolsonaro avait dénoncé des fraudes en 2018. Lors du premier tour, il avait menacé de ne pas reconnaitre le résultat des élections. Même si l'ancien dirigeant de gauche est arrivé en tête du premier tour avec 48,43% des voix, l'écart avec son rival d'extrême droite a été bien plus serré que prévu, Bolsonaro ayant récolté 43,20% des voix. Lula remporterait l’élection avec 53% des voix, contre 47% pour le président sortant Bolsonaro selon le sondage de l’institut brésilien de référence Datafolha publié le 19 octobre, mais l’incertitude sur l’issue de ces élections continue de planer…









