La loi Schiappa contre les violences sexistes est-elle efficace ?
Le 27 janvier, Alexandra Louis, députée LREM des Bouches-du-Rhône, était missionnée pour faire un premier bilan de la loi Schiappa. Son rapport a été rendu aujourd’hui, 4 décembre.
La loi Schiappa, adoptée le 3 août 2018, visait à aider les femmes à lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Entre plusieurs propositions sensées s'en trouvaient d'autres beaucoup plus hasardeuses, comme celle sur la verbalisation pour outrage sexiste dans l’espace public. Comment définir l’outrage et surtout comment prouver qu’il a eu lieu ? Quant aux propositions contre le harcèlement en ligne, elles étaient également pertinentes mais franchement difficiles à mettre en place dans un univers aussi vaste et incontrôlable qu’Internet. Tous ces éléments rendaient l’évaluation particulièrement complexe à effectuer.
Comment Alexandra Louis a-t-elle évalué la loi ?
C’est pourtant dans ce contexte difficile à appréhender qu’Alexandra Louis, avocat de profession, a réussi à travailler. Ce métier l'avait par ailleurs déjà sensibilisé à la question des violences faites aux femmes puisque sa première plaidoirie portait justement sur une affaire de viol. Pour rédiger son rapport sur la loi Schiappa, Alexandra Louis s’est rendue sur le terrain auprès des professionnels, des spécialistes et des victimes. C'est ainsi qu'elle avait déclaré : « En 2019, 1000 contraventions ont été établies par les policiers dans la rue, ce qui est un très bon début (...) c'est une des nouveautés de la loi qui porte ses fruits. »
La loi Schiappa est largement perfectible
Alexandra Louis a donc passé 9 mois, dont 6 sur le terrain à effectuer environ 170 auditions, pour rendre son rapport de 210 pages. Que pense-t-elle au bout du compte ? Sa « conviction viscérale qu’on peut améliorer la loi mais que le vrai réveil pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes doit se faire dans la société ». Pour contrer les violences sexistes faites aux femmes, le rapport semble davantage insister sur la prévention et la formation. Une manière de dire que la verbalisation n’est probablement pas le meilleur moyen d’aider les femmes.
Bal des momies au Caire
Le Musée égyptien place Tahrir au Caire s’apprête à transférer solennellement vingt-deux momies royales vers le nouveau Musée national de la civilisation égyptienne, situé dans le Vieux Caire. Le succès international des pharaons n’étant plus à prouver, le ministre du tourisme et des antiquités parle d’un « événement mondial ». Le départ du cortège est prévu pour ce vendredi 4 décembre à 17 heures.
En matière de pharaons, l’Egypte voit toujours les choses en grand. Vendredi 4 décembre, pas moins de vingt-deux momies et dix-sept sarcophages datant des XVIIe à XXe dynasties quitteront le Musée égyptien de la célèbre place Tahrir au Caire. Ils enrichiront les collections du nouveau Musée national de la civilisation égyptienne, partiellement ouvert en 2017, dans le quartier historique de la capitale, Fustat. Parmi les dix-huit momies de rois et quatre de reines, se trouvent celles d’Amenhotep, de Ramsès II, ou encore de Séthi Ier.
Le cortège se constitue de chars de style pharaonique réalisés pour l’occasion, sur lesquels sont écrits en trois langues, hiéroglyphes, arabe et anglais le nom du défunt qu’ils transportent. Il devrait s’ébranler à 17 heures heure locale, et longer le Nil. Une parade militaire est prévue. Initialement voulu pour juillet, l’événement avait été décalé en raison de la crise sanitaire. Le public devra se contenter de le suivre à la télévision.
Développer les musées pour stimuler les voyages en Egypte
L’Egypte mise beaucoup sur la création de nouvelles infrastructures pour développer son tourisme. Selon la directrice du Musée égyptien, Madame Sabah Abdel Razek, seize des vingt-deux momies sont actuellement exposées dans les salles de ce musée ouvert en 1902, tandis que les autres se trouvent dans les dépôts et n'ont jamais vu la lumière.
Afin de mieux valoriser les collections de ce musée fondé par le Français Auguste Mariette, un « Grand Musée égyptien » près des pyramides de Gizeh ouvrira totalement l’année prochaine. En attendant, le ministre du tourisme et des antiquités, Monsieur Khaled El-Enani, a préféré approvisionner le Musée national de la civilisation égyptienne. Il redonne ainsi de l’importance à Fustat, la première capitale arabe de l'Égypte fondée en 641, intégrée aujourd’hui au Vieux Caire.
Le nouveau style pharaonique de la place Tahrir
L’emblématique place Tahrir, épicentre de la révolte populaire de 2011, fait elle aussi partie des grands travaux. Le drapeau égyptien ne flotte plus au milieu de la place, remplacé par un obélisque de granite rose trois fois millénaire issu du site archéologique de Tanis, dans le delta du Nil. Quatre sphinx à tête de bélier et corps de lion, enlevés au temple de Karnak à Louxor, l’entourent depuis le début du mois de mai. Ils n’ont été dévoilés qu’à la fin du mois de novembre, comme une mise en bouche de l’impressionnant transfert qui approche.
Ce nouvel aménagement de la place fait polémique, au vu des risques liés à la pollution, l'érosion et les dégradations. Cependant, « ça n'a pas de sens que des obélisques égyptiens se trouvent sur des places aux quatre coins du monde et qu'il n'y en ait pas sur Tahrir », souligne l'expert en égyptologie Ali Abu Deshish.
Avec notre correspondante sur place au Caire, Justine Mikhaïl Hayeti
Un jour de deuil national pour Valéry Giscard d'Estaing
Largement inconnu chez les jeunes, le nom de Valéry Giscard d'Estaing symbolise l'entrée du pays dans une nouvelle ère, celle inaugurée par Mai 68. L'héritier du gaullisme après Georges Pompidou va enterrer le gaullisme. Ses réformes dynamiteront les références traditionnelles au profit du "libéralisme avancé", de l'inféodation aux Etats-Unis et de la construction européenne. Emmanuel Macron, sa copie 2.0, vient de décréter un jour de deuil national, mercredi prochain, 9 décembre.
On se souvient de lui comme le Kennedy français. Dans un pays corseté par une morale victorienne, Giscard va faire souffler le vent du renouveau. Mais depuis 68, c'est une tempête tropicale qui balaie l'ancien monde. VGE aura beau être un surdoué, bachelier à 15 ans comme son mentor Edgar Faure, il sera à la remorque de la gauche, à force de respirer l'air du temps. Toutes ses réformes feront le lit de son adversaire François Mitterrand - qui finira par le battre en 1981, avec l'aide de Jacques Chirac, patron du RPR, son meilleur ennemi. Giscard regrettera toute sa vie de ne pas avoir aboli la peine de mort, ce que fera son successeur sitôt élu, et de manière retentissante.
Loi Veil et tutti quanti
Avec Giscard, l'ethos de Mai 68 entre dans sa phase politique. Le nom de VGE restera associé ad vitam à la libéralisation des mœurs : dépénalisation de l'avortement (loi Veil, 1975, surtout promue par Jacques Chirac, alors Premier ministre), extension de la contraception aux mineures (complétant la loi Neuwirth de 1967) avec remboursement de la pilule, abaissement de la majorité de 21 à 18 ans (1974), divorce par consentement mutuel (1975) ringardisant l'adultère. Aujourd'hui, ces mesures ne font plus débat. Nul ne songe à revenir sur ces "conquêtes" sociétales. Mais à l'époque, les esprits s'enflamment. L'avortement passera grâce à l'appui de la gauche contre une partie de la droite et dans le plus fracassant silence épiscopal. On est avant l'arrivée de Jean-Paul II (1978).
Regroupement familial
Le progressisme se traduira aussi par une ouverture au monde tous azimuts. Le décret autorisant le regroupement familial (1976) est à l'origine de l'immigration massive avec laquelle le pays se débat toujours 40 ans plus tard, sur fond de terrorisme et de criminalité. En 2018, VGE reconnaîtra avoir eu « tort ». Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 entacheront aussi le bilan de son septennat, durement marqué par l'inflation et les plans d'austérité de son Premier ministre Raymond Barre. La France sortait des Trente glorieuses et ce coup de déprime favorisera le socialisme qui voulait "changer la vie". En 1981, accusé d'être « un homme du passé », Giscard cèdera sa place à François Mitterrand et gardera toujours de son mandat, « la frustration de l’œuvre inachevée ». Son "au revoir" (19 mai 1981) sera perçu comme une théâtralisation excessive à la fois pathétique et burlesque.
Pourtant, VGE avait tout pour réussir. La mort prématurée de Georges Pompidou avait accéléré son destin présidentiel. Le 27 mai 1974, il devint, à 48 ans, le plus jeune président de la Ve République. Son esprit brillant mais formaté par l'énarchie le rendit inapte à percevoir les conséquences des mutations en cours. La France, comme tout l'Occident, était traversé par une lame de fond libertaire qui aurait mérité davantage de prudence. Les structures de transmission (comme l'école ou l'université) étaient déjà très corrodées de l'intérieur. Giscard n'entreprit rien dans ce domaine, si ce n'est la désastreuse réforme Haby (1975) qui instaure un collège unique repoussant après la classe de 3e l'orientation vers les filières générales ou professionnelles.
Sa volonté de changer de style, en s'invitant à la table des Français ou en jouant de l'accordéon, fut souvent mal comprise par une opinion encore attachée au prestige du pouvoir souverain. Le 3e monarque républicain passa ainsi pour un régent entre de Gaulle et Mitterrand. On le soupçonna de démagogie, alors qu'il voulait sincèrement se rapprocher du peuple en cassant les codes de sa caste.
Président de l'Europe ? C'était son rêve.
Certain de la réélection de François Mitterrand, il ne concourt pas à la présidentielle de 1988, ni à la suivante, crédité de 2 % des voix. Peu de temps avant sa mort, il se disait pourtant persuadé que, s'il s'était présenté, il aurait gagné contre Balladur et Chirac.
Alors que le giscardisme disparaît peu à peu du paysage politique, l'ancien président poursuit un ultime but : devenir président de l'Europe. Il rêve des « Etats-Unis d'Europe », d'une Europe politique. Président de la Convention sur l'avenir de l'Europe, Valéry Giscard d'Estaing initie la Constitution européenne, rejetée par la France et les Pays-Bas en 2005.
En 2003, l'Académie française accueille un immortel. VGE s'assied au fauteuil numéro 16, anciennement occupé par Charles Maurras et Léopold Sédar Senghor.
Les points noirs écologiques d'Emmanuel Macron
Selon l'ONU, 2020 s'annonce comme l'une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées. Il y a un risque que la hausse du mercure dépasse les 1,5°C d'ici à 2024. Vendredi dernier, Emmanuel Macron réunissait à l'Elysée un Conseil de défense écologique pour procéder à des "arbitrages" sur les propositions de la Convention citoyenne sur le climat. Voici quatre mois, le président annonçait qu'il en reprendrait 146 de ses 149 mesures. Qu'en est-il aujourd'hui ? Si le parti écologiste se livre à une sorte de chantage permanent, l'exécutif n'entend pas y céder. Et des contentieux subsistent.
L'écologie oui mais pas au détriment de l'économie. Plusieurs éléments montrent que le président de la République joue les équilibristes : donner des gages sans s'engager. Ménager les écolos mais pas déménager chez eux.
Le glyphosate
On garde tous en mémoire le tweet de novembre 2017. Le président de la République y annonçait la mesure suivante : "J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans." 2019, changement de discours : Emmanuel Macron expliquait que l'interdiction "à 100%" n'était pas possible en si peu de temps. On ne pouvait prendre le risque de pénaliser le monde agricole sans proposer d'autres solutions que le glyphosate.
Emmanuel Macron veut ainsi plaider à Bruxelles pour un engagement européen à sortir du glyphosate. Objectif qu'il lui sera difficile d'atteindre si ses voisins ne font pas de même. En effet, il y a trois ans, la France s’engageait à renoncer à l'essentiel des usages du glyphosate en 2021 avant une interdiction totale en 2023 mais, c’était sans penser que cela revenait à se tirer une balle dans le pied. Sans abandonner son projet le gouvernement va tout de même débloquer une enveloppe de 7 millions d'euros pour accélérer la recherche sur d'autres herbicides à base de glyphosate.
Les néonicotinoïdes
Cette substance était interdite depuis 2016. Patatra ! Début novembre, le Parlement autorisait, via un ultime vote du Sénat, le retour temporaire des néonicotinoïdes, insecticides accusés de tuer les abeilles, pour sauver la filière betterave. Un texte "difficile", de l'aveu du gouvernement, dénoncé à gauche comme un "recul environnemental" mais qui n’en est pas un pour notre économie. Le projet de loi autorise, à titre dérogatoire, les producteurs de betteraves à sucre à utiliser jusqu'en 2023 des semences traitées avec ce genre de pesticides. Pour la filière, qui représente près de 46.000 emplois, il y a urgence : les dérogations devraient en effet être effectives au plus tard ce mois-ci, pour laisser le temps aux industriels de produire les semences nécessaires au semis de mars. En cause, un puceron vert qui transmet à la betterave la jaunisse, une maladie qui affaiblit la plante, conduisant à une perte importante de rendement. Les betteraviers sont unanimes dans la défense de ce produit pour leurs récoltes : sans les NNI les dégâts au sein de la filière seront considérables avec 30 à 40% de perte dans certaines régions tandis que, du côté des apiculteurs, la production européenne de miel n’a pas baissé depuis 1960 contrairement à ce qui avait été avancé en 2016 en faveur de l’interdiction des néonicotinoïdes.
Un délit n'est pas un crime
La semaine dernière, le gouvernement annonçait la mise en place d'un "délit d'écocide", initiative accueillie avec circonspection par les citoyens de la Convention climat et les défenseurs de l'environnement, certains dénonçant un renoncement. En juin, Emmanuel Macron avait promis de créer un "crime d'écocide", et de militer pour son inscription en droit international. Alors avancée ou reculade ?
"Enterrement du crime d'écocide (...) mais création très intéressante de deux nouveaux délits environnementaux", réagissait sur Twitter l'avocat spécialisé Arnaud Gossement. "Je suis déçu. On n'est manifestement pas sur l'écocide, on est sur un délit de pollution", regrette Guy Kulitza, un "citoyen" particulièrement investi dans cette cause, interrogé par l'AFP. "Le gouvernement a tout simplement collé le mot écocide sur sa proposition de délit général de pollution", renchérit Marine Calmet, juriste et présidente de l'association Wild Legal. Côté écolo, on craint qu'une telle définition, a minima en droit français, "donne un très mauvais signal" dans le cadre de la campagne promise par le chef de l'Etat pour faire entrer la notion d'écocide en droit international.
Fessenheim
Autre dossier sensible : la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace). EDF va recevoir de l’État 377 millions d’euros pour la mener à bien. Mais dans le même temps, la France va relancer des centrales à charbon pour compenser la perte en électricité. La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili avertissait mi-novembre que des "coupures très courtes" d'électricité pourraient avoir lieu cet hiver en cas de "grosses vagues de froid". La droite accusa l'exécutif de s'être précipité. Le chef de file des députés LR Damien Abad vit "une démonstration flagrante d'incohérence et d'amateurisme". "Après avoir fermé (la centrale nucléaire de) Fessenheim, alors que Flamanville est en travaux, le gouvernement annonce tranquillement de possibles coupures d'électricité cet hiver ! La tiers-mondisation de la France est bien en marche", relevait-il dans un tweet. Le député LR du Haut-Rhin Raphaël Schellenberger estimait que la "responsabilité du gouvernement était immense". "En fermant Fessenheim par idéologie, En Marche a exposé notre pays à des coupures d'électricité. C'est indigne de la France", tweetait-il de son côté.
Plan de relance
Face à ce qui parait pour certains être des reculades, l'exécutif fait valoir son plan de relance : 100 milliards d'euros. Il portera pour 30 milliards sur des mesures en faveur de la transition écologique et reprendra 20 % des propositions de la Convention, en particulier les aides à la rénovation énergétique des bâtiments. "Un vrai virage vert", selon un conseiller.
L'agenda écologique du chef de l'Etat est également international. La France prépare la célébration des cinq ans de l'Accord de Paris sur le climat avec un sommet organisé avec la Grande-Bretagne et l'ONU au cours duquel les Etats seront invités à relever leurs ambitions de réduction des émissions. La France compte s'inscrire dans l'objectif de l'Union européenne d'atteindre d'ici à 2030 une réduction de 55 % de ses émissions par rapport à 1990. Paris espère que cet objectif sera acté lors du sommet européen des 10 et 11 décembre.
En Indonésie, Daesh massacre des chrétiens
Des terroristes liés à Daesh ont tué quatre chrétiens en Indonésie. Le plus grand pays musulman du monde fait face à la résilience de L’État Islamique en Asie du Sud-Est.
L'un a été poignardé, l'autre décapité, le troisième égorgé et le dernier brûlé vif. Cette scène d'horreur a eu lieu à Lembantongoa, village isolé sur l'île de Sulawesi. Les quatre victimes étaient des hommes. Munis de sabres et d'armes à feu, les assaillants ont incendié une demi-douzaine de maisons dont celle abritant le culte chrétien. Selon les autorités, l’attaque serait le fait des MIT (les Moudjahidines de l’est de l’Indonésie). Ce groupe appartient à la dizaine d’organisations indonésiennes qui ont prêté allégeance à L’État islamique.
Il y a deux ans, Sidney Jones, experte en terrorisme vivant à Jakarta, expliquait que le MIT était soupçonné d'avoir envoyé des hommes chargés de recruter de nouveaux membres. Ces hommes s'étaient fait passer pour des humanitaires à la suite du tremblement de terre et du tsunami survenus en 2018.
Face à la menace terroriste
Au printemps, Jakarta refusait le rapatriement de quelque 600 nationaux engagés au côté de Daesh en Syrie. Dernièrement, 2000 manifestants s'étaient réunis devant l'ambassade de France à Jakarta pour dénoncer les propos du président français sur la liberté d'expression et le droit à la caricature. Certains avaient brandi des banderoles sur lesquelles était écrit : "Le vrai terroriste est Macron".
L’Indonésie est le pays islamique plus peuplé. 87 % de sa population est musulmane, soit 267 millions d’habitants.
Macaroni, rosbif et bol de riz sont-ils des insultes racistes ?
Vendredi 27 novembre au soir, Manon Aubry détaillait la hiérarchie du racisme selon La France Insoumise. On apprenait donc que traiter un Italien de « sale macaroni » n'était pas raciste, contrairement peut-être à « bamboula » ou « bol de riz » , parce qu'ils ciblent des personnes de couleur...
« Sale macaroni, c'est pas une insulte raciste. » Vendredi, France Info recevait Manon Aubry, députée La France Insoumise. Florence Portelli, maire LR de Taverny et vice-présidente de la Région Ile-de-France rappelait les injures racistes que sa mère, immigrée italienne, subissait à son arrivée en France. « Elle s'est fait traiter de "sale macaroni" , c'est pas une insulte raciste ? » . C'est alors que tout dérape, lorsque Manon Aubry répond, après un instant de réflexion : « non c'est pas une insulte raciste » . Si Manon Aubry reconnaît que cette insulte est déplorable et condamnable, elle ne relève pas du racisme car elle n'est pas « sur le même plan en terme d’ampleur » .
« Macaroni » , l'insulte trop ancienne pour être raciste
Pour Manon Aubry, le racisme se définit par des insultes « systématiques » . « Est-ce que vous pensez que les forces de l'ordre traitent des gens de "macaroni" ? Par contre "sale nègre" ils l'ont fait » . Exit donc le racisme subi par les immigrés italiens aux XIXe et XXe siècles, les dossiers administratifs égarés par la mairie, les "sale macaroni", les cafés interdits « aux chiens et aux Italiens". L'histoire efface tout.
Face à la levée de boucliers, « macaroni » redevient raciste
Samedi 28 novembre, Manon Aubry se dépêche de tweeter de quoi éteindre l'incendie allumé la veille. Sale macaroni redevient raciste et Manon Aubry se dit solidaire des immigrés italiens blessés par cette injure. Ses soutiens n'en continuent pas moins à nier le racisme anti-Italien, moins systématique et dur, à les entendre, que le racisme subi par les personnes de couleur.
"Sale macaroni" est une insulte raciste dont sont victimes les immigrés italiens. Je suis solidaire de tous ceux qui l'ont subi ou le subiraient. Et de tous ceux qui sont aujourd'hui ciblés en raison de leur origine ou couleur de peau. Le racisme n'a pas sa place en République !
— Manon Aubry (@ManonAubryFr) November 28, 2020
Biathlon : nouvelle ère et nouvelles ambitions pour les Bleus sans Fourcade
La saison de biathlon reprend samedi 28 novembre avec la première course de coupe du monde à Kontiolahti en Finlande. L’équipe de France reprend la carabine sans Martin Fourcade, le quintuple champion olympique qui a mis fin à sa carrière l’année dernière.
La coupe du monde de biathlon est de retour avec une première course (Individuel) en Finlande dans le contexte particulier de la pandémie. Cette année, seuls six lieux ont été retenus pour accueillir les étapes de la coupe du monde, les autres comme le Grand Bornand à Annecy ne répondant pas aux critères sanitaires mis en place par la fédération.
Les Bleus ne verront donc pas la France mais affichent, en l’absence de leur emblématique chef de fil Martin Fourcade, de sérieuses ambitions. Si celui qui donnait déjà du fil à retordre à Martin Fourcade, le norvégien Johannes Boe, reste le grand favori, le français Quentin Fillon Maillet pourrait venir jouer les trouble-fêtes. Troisième du classement général l’année passée, le jurassien prendra cette année le leadership de l’équipe de France.
Après lui, Emilien Jacquelin se positionne comme outsider pour le général. Après une saison très prometteuse (huit podiums, un petit globe de cristal en poursuite, et surtout un titre aux Mondiaux en Autriche), le grenoblois de 25 ans ne se fixe aucune limite. « En ce moment, Emilien m’inquiète le plus. Je pense qu’il a le même charisme que Martin. Il peut être très dangereux », a même avoué Siegfried Mazet l’actuel entraineur de l’équipe norvégienne à la télévision norvégienne début novembre.
Simon Desthieux, Antonin Guigonnat et Fabien Claude complèteront cette équipe de France très dense, sans Fourcade désormais spectateur.
Les amateurs de glisse ne trouveront pas chaussure à leur ski en France
Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé jeudi 26 novembre que les stations de ski françaises pourraient ouvrir pour les fêtes mais avec l’interdiction de faire fonctionner les remontées mécaniques. Cette mesure provoque la colère parmi les professionnels de la montagne qui s’inquiètent de voir leurs clients partir skier à l’étranger, chez nos voisins qui n’interdisent pas aux stations de fonctionner.
Ski : Mauvaise année pour les saisonniers français
Cette mesure étonnante prise fin novembre par le gouvernement français indigne fortement les 120 000 professionnels de la montagne. Cette décision les contraint à renoncer à 20 % de leur chiffre d’affaires annuel. Parmi eux les saisonniers, en première ligne, estiment que l'aide de 900€ proposée par Emmanuel Macron n'est pas suffisante et irréaliste. "C’est un effet d’annonce, qui ne prend pas en compte la réalité de l’emploi saisonnier en France. Car la condition d’avoir travaillé 60 % du temps [..] exclut de fait de très nombreuses personnes », affirme Antoine Fatiga, représentant CGT de la branche saisonniers.
Quelle station de ski choisir en Europe ?
Pendant ce temps en Europe c’est la bataille pour savoir quel sort sera réservé aux stations de ski. Outre-Rhin, Angela Merkel a été bien plus claire en fermant intégralement les stations de ski allemandes et demande même à ses confrères européens d’en faire autant. Mais ce n’est pas l’avis de tous. L’Italie repousse sa décision au 4 décembre. La Pologne, elle, autorise l’accès à ses stations uniquement aux résidents polonais.
Toutefois, l’Andorre et la Suisse, nos voisins frontaliers directs, laissent grandes ouvertes leurs stations de ski aux Français.
L’Autriche, elle aussi, laissera quiconque présentera un test PCR négatif de 72 heures au plus profiter de ses pistes.
De fait, la crainte des stations de ski françaises est fondée : à partir du 15 décembre, lorsque les déplacements à l'étranger seront de nouveau autorisés, les vrais grands mordus de ski alpin iront sans doute séjourner chez nos voisins européens pour profiter de leurs remontées mécaniques.
LesComplices.info, ce site qui voudrait recenser les associés de l'islam politique
Répertorier les preuves de compromissions avec l'islamisme. Voilà l'objectif d'un nouveau site internet collaboratif intitulé Les Complices. Encore au stade de brouillon fin novembre.
« Ils les financent, ils les protègent, ils relaient leurs discours ». À la lecture du sous-titre, l'intention ne fait aucun doute.
Damien Rieu, collaborateur parlementaire de l'eurodéputé RN Philippe Olivier, lance début novembre sur son compte Twitter « un projet d'investigation et de veille » contre la progression de l'islam politique en France. Il serait donc la clé de voûte du site Les Complices comptant, selon ce dernier, « 59 volontaires qui travaillent pour collecter et exposer les preuves ». Libé dans un article à charge publié vendredi 29 novembre, dénonce la fameuse « fachosphère » guidée par « une hostilité à l’islam sous couvert de lutte contre l’islamisation ». Les accusations restent donc floues. À l'inverse, la légalité du projet ne semble pas remise en cause.
La cible favorite de « lescomplices.info » : les politiques
Les deux journalistes de Libération ont eu accès à des pages masquées du site, dont la fiche sur la « complicité » de François Fillon. Lescomplices.info ne fait pas de cadeau à l'ancien Premier ministre de droite. Il se voit attribuer la note de « 7/10 », ce qui fait de lui un « complice modéré ».
Dans un tweet publié vendredi 27 novembre, Damien Rieu, (qui se proclame lanceur d’alertes (sic) sur son compte Twitter), remercie ironiquement les deux journalistes de Libération pour « la pub » engendrée par leur article. Aussi, il assume et ne cache pas ses intentions : « Libé n’a pas le temps d’enquêter sur l’islamisme qui a fait 260 morts [en France, NDLR] mais pour fustiger des citoyens qui s’organisent pour enquêter par contre...ils sont là ».
Faut-il filmer les policiers ? Une controverse qui n'en finit pas
L'article 24 de la loi de "sécurité globale" suscite toujours de très vives réactions, alimentées par des interpellations médiatisées comme celle du professeur de rap dans le XVIIe arrondissement de Paris. Jeudi 26 novembre, la préfecture de police annonçait avoir suspendu les quatre agents accusés d'agression.
Même Kylian Mbappé s'en mêle : sur Twitter, l'attaquant-vedette de l'équipe de France et du Paris SG dénonce "une vidéo insoutenable" et "des violences inadmissibles" à propos du passage à tabac filmé d'un producteur de rap noir par des policiers à Paris. Le tweet de Mbappé, conclu par les mots "Stop au racisme", fait suite à celui de son coéquipier sous le maillot des Bleus Antoine Griezmann qui avait écrit plus tôt sur son compte Twitter: "J'ai mal à ma France".
La scène dure cinq minutes
Les faits remontent au soir du samedi 21 novembre. Michel Zecler, professeur de rap, se rend à son studio sans masque lorsqu'il voit une voiture de police. Il presse alors le pas pour éviter une amende. Selon leur procès verbal consulté par l'AFP, les trois policiers tentent de l'intercepter, mais "il nous entraîne de force dans le bâtiment", écrivent-ils. Sur les images de vidéosurveillance de ce studio, on voit les trois fonctionnaires de police entrer dans le local en agrippant l'homme puis le frapper à coups de poing, de pied ou de matraque. Dans leur rapport, les policiers soutiennent que Michel les a frappés. Selon ces mêmes images, l'homme résiste en refusant de se laisser embarquer, puis tente de se protéger le visage et le corps. Il ne semble pas porter de coups. La scène dure cinq minutes. Dans un second temps, des personnes qui se trouvent dans le sous-sol du studio parviennent à rejoindre l'entrée, et provoquent le repli des policiers à l'extérieur et la fermeture de la porte du studio. Les policiers tentent ensuite de forcer la porte et jettent à l'intérieur du studio de rap une grenade lacrymogène.
Sitôt les images diffusées sur les réseaux sociaux, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin demande au préfet de police de Paris Didier Lallement de suspendre les policiers concernés. Trois premiers sont d'abord suspendus. Puis un quatrième, arrivé en renfort et soupçonné d'avoir lancé la grenade.
Les syndicats appellent à la prudence
Denis Jacob, secrétaire général du syndicat d'Alliance Police CFDT, se dit "très circonspect par rapport à cette affaire". Pour lui, les images de violences qui mettent la toile en émoi ne sont pas forcément des preuves de "violences policières". Celles-ci peuvent faire suite à un refus d'obtempérer, auquel cas les policiers "sont là pour faire leur travail" et conduire au poste Michel, la présumée victime. Denis Jacob précise que l'exiguïté de la pièce et le gabarit de l'interpellé rendaient l'arrestation difficile. Cependant, des soupçons de faux en écriture pèsent sur les policiers, qui auraient justifié l'interpellation et la garde à vue par de faux témoignages. Un comportement "tout simplement scandaleux", selon Denis Jacob.
Cette nouvelle affaire tombe en pleine polémique sur la loi dite de "sécurité globale" dont l'article 24oblige à flouter les visages des policiers présents sur les vidéos et images. Les syndicats de la profession rappellent que, sur les trois millions d'interpellations annuelles, seules 1000 donnent lieu à une enquête de l'IGPN, lesquelles restent majoritairement sans suite.
Sans la vidéo, Michel serait peut-être en prison
Après cette interpellation, Michel Zecler avait dans un premier temps été placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête ouverte pour "violences sur personne dépositaire de l'autorité publique" et "rébellion". Mais le parquet de Paris a classé cette enquête et ouvert mardi une nouvelle procédure, cette fois pour "violences par personnes dépositaires de l'autorité publique" et "faux en écriture publique". "Si nous n'avions pas les vidéos, mon client serait peut-être actuellement en prison", a dit à l'AFP, Me Hafida El Ali, avocat de Michel.
Quand Aurélien Taché défend la polygamie
Jeudi 20 novembre, Aurélien Taché confirmait ses propos sur la polygamie dans les colonnes de L'Obs. La veille, le député du Val d'Oise avait défendu cette pratique au nom de la diversité des modes de vie.
Que ne ferait-on pas pour faire parler de soi ? Aurélien Taché n'en est plus à une polémique près. L’an dernier, il comparait le port du hijab à celui d'un serre-tête. Plus récemment, il défendait les certificats de virginité. Aujourd’hui, l’ex-LREM affirme que la polygamie relève simplement « de visions alternatives et de modes de vie différents ». Il fait référence aux « trouples » des films de Christophe Honoré et François Truffaut. "Il y a des tas de gens qui ont des visions alternatives, des modes de vie différents", explique-t-il. Dans les films d’Honoré ou de Truffaut, on voit des ‘trouples’, des couples d’un homme et deux femmes par exemple”, ajoute-t-il. Si pertinentes soient-elles, ces références cinématographiques esquivent le cœur du sujet - qui consiste à lier polygamie et culture islamique.
Un lien avec le fait religieux
Les propos d'Aurélien Taché s'inscrivent dans les débats sur le projet de loi contre les séparatismes religieux. Le gouvernement entend retirer leur titre de séjour aux personnes arrivant de l'étranger et vivant en situation de polygamie. Il s’agit de lutter contre les mariages religieux forcés. On compterait plus de 20 000 familles polygames sur le sol français. Pour Aurélien Taché, l’État ne devrait pas aller « regarder combien il y a de personnes sous la couette chez les gens ». Pourquoi pas ? Mais contrairement à ce qu’il affirme, le phénomène de la polygamie se rattache très nettement au fait religieux, et pas à une volonté de vivre un "amour libre". Selon les spécialistes interrogés par Le Figaro, cette pratique « persisteraient notamment chez les jeunes réislamisés ou convertis appartenant aux courants salafistes ».
"Militantisme islamiste"
Coutumier de la polémique, Aurélien Taché n'a pas manqué de susciter une nouvelle fois de vives réactions. Son ancienne collègue, Aurore Bergé, exprime sa « honte » qu'il ait pu être élu sous l'étiquette En Marche en 2017. De son côté, Éric Ciotti dénonce un « militantisme islamiste ». Quant à Jordan Bardella, il accuse le fondateur du mouvement Nous Demain de ne plus cacher « son soutien à l'obscurantisme ».
C'est une première : Paris aura sa police municipale
Cette semaine, les députés examinaient une kyrielle de mesures sécuritaires, dont l'encadrement controversé de la diffusion de l'image des policiers et gendarmes. Aussi bien dans l'hémicycle que dans la rue, l'article 24 suscita une vive contestation. Celle-ci fit oublier que la proposition de loi LREM dite de "sécurité globale" incluait aussi la création d'une police municipale à Paris. Jeudi 19 novembre, l'Assemblée nationale en approuvait le principe et mettait fin à un particularisme prévalant dans la capitale depuis la Révolution.
Paris serait-elle encore une ville rebelle, indisciplinée, où bouillonne le péril de la rue ? On le pensait encore il y a peu car la capitale jouissait d'un statut spécial qui n'était pas dû au hasard mais à l'histoire. La foule parisienne renversa l’Ancien régime en 1792, Charles X en 1830, la Monarchie de Juillet en 1848, sans même parler de la terreur qu'elle fit régner sous la Commune en 1871. Ces tumultes obligèrent les pouvoirs successifs à tenir la bride aux Parisiens. Pour cette raison, il n'y eut pas de maire jusqu’en 1977 mais un préfet de la Seine (ancien nom du département de Paris), nommé par le gouvernement et soumis à ses ordres. Jacques Chirac fut le seul édile de France sans police municipale. L’administration des forces de l’ordre était réservée à l’Etat depuis Napoléon Bonaparte. L’arrêté du 12 messidor An VIII (1er juillet 1800) créa la préfecture de police, administration unique en France qui se voyait accorder l'ensemble des missions de police, nationale et municipale.
Les années 80 virent les milieux populaires progressivement chassés vers la banlieue. L'embourgeoisement puis la boboïsation de la capitale devaient la rendre moins dangereuse pour le pouvoir central. Le prix de l'immobilier se révéla être la barricade la plus efficace contre l'instinct de révolte. Aussi la loi tient-elle compte aujourd'hui de la nature de la population à protéger et à... surveiller. Le principe d'une police municipale est souhaitée depuis 2018 par la maire PS Anne Hidalgo et le gouvernement y est également favorable.
Moins de prérogatives pour la préfecture de police
La police municipale de Paris devrait être lancée en 2021. Pour atteindre le nombre de 5.000 policiers, des recrutements se succèderont pour compléter le contingent formé actuellement par les 3.200 agents de la Direction de la prévention, de la sécurité et de la protection (DPSP), essentiellement des Agents de surveillance de Paris (ASP) venus de la préfecture de police et Inspecteurs de sécurité de la Ville de Paris (ISVP). Formés dans une école parisienne, ces policiers seront dotés de bâtons "Tonfa" pour lutter notamment contre les incivilités. Leur mission ? Principalement faire appliquer les arrêtés municipaux et dresser des contraventions pour les infractions au code de la route. En revanche, les affaires de banditisme ou de trafic de drogues ressortiront toujours du préfet de police.












