Aux origines de la fête des pères

Si la fête des pères a d’abord été célébrée le jour de la Saint Joseph, père de Jésus, la fête que l’on célèbre aujourd’hui a une toute autre origine. 

L’approche des vacances d’été apporte son lot de rituels de fin d’année parmi lesquels la fête des mères et la fête des pères. Ces deux dimanches consacrés aux parents occupent une place particulière dans le cœur des français : qui n’a pas eu l’occasion à six ans de préparer un cadeau fait de ses mains et avec tout son cœur d’enfant : colliers de pâtes, albums photos, photophores ou cadres personnalisés. 

Mais ce que beaucoup moins de Français connaissent, c’est l’origine de ces fêtes, et en particulier celle de la fête des pères. Il y a fort à parier que la réponse devrait surprendre la plupart d'entre nous, bambins devenus adultes. Non, la fête des pères que nous célébrons aujourd’hui n'est pas une fête qui remonte à la nuit des temps dont la tradition se serait transmise de génération en génération. L’origine de cette fête est purement commerciale. Il s’agit d’une opération marketing d’une entreprise souhaitant augmenter ses ventes, rien de moins.

L’idée commerciale d’un entrepreneur breton

Cette entreprise, c’est le fabricant de briquets Flaminaire, un petit et authentique industriel breton. En 1950, le patron Marcel Quercia souhaite augmenter les ventes de ses briquets qui, à cette époque où les fumeurs sont nombreux, représentent un bien indispensable pour un homme. Il décide donc de lancer une opération de communication et demande aux buralistes qui revendent ses produits d’afficher sur leur devanture le slogan suivant : "Nos papas nous l'ont dit, pour la fête des pères, ils désirent tous un Flaminaire”. L’opération est un succès, les ventes s’envolent. L’entreprise reconduit l’opération chaque année. Et tout bascule lorsque l’entreprise de calendrier Oberthur décide d’indiquer le jour de la “fête des pères” dans son calendrier. L’Etat finit par suivre, la fête des pères est officiellement née.

Une fête moins populaire que le fête des mères

Aujourd’hui la fête des pères est célébrée chaque année le 3e dimanche de juin. Si elle est moins populaire que la fête des mères (43% des français déclarent la célébrer contre 61% pour la fête des mères) elle reste un moment marquant de la fin de l’année rappelant à beaucoup les joies des cadeaux confectionnés avec amour lorsque nous étions enfant. 


83 ans de l’appel du 18 juin : une commémoration inutile ?

L’appel du 18 juin 1940, c’était il y a 83 ans. À l’instar d’autres grandes dates commémorées tous les ans, l’intérêt accordé à l’appel du Général de Gaulle par les Français s’essouffle. Comment faire pour conserver la portée historique d’événements du passé à travers le temps ? Est-ce possible, mais surtout est-ce souhaitable ?

Tournant majeur de la Seconde Guerre mondiale, le message de Charles de Gaulle aux Français marque la naissance de la résistance contre l'occupation allemande. L’acte fondateur de la France libre a pourtant eu très peu d’écho le jour de sa diffusion. Il ne reste rien de l’enregistrement. Depuis 83 ans, l'événement historique est rappelé comme un événement majeur de l’histoire de France. À une époque où la défaite semblait inévitable face à l'avancée rapide des troupes nazies, le général de Gaulle a en effet réussi à rallier tous ceux qui refusaient la défaite autour d’une cause : celle de la résistance. 

Un évènement qui n'intéresse plus les Français d'aujourd'hui

Malgré l’impact considérable de l’appel du 18 juin à l'époque et dans l’histoire, le temps écoulé depuis rend l'événement moins tangible pour les Français. Les souvenirs directs de la Seconde Guerre mondiale s'estompent car tous les résistants sont morts, laissant place à une mémoire plus diffuse et à des événements plus contemporains. À cela s’ajoute la déconnexion générationnelle, les jeunes d’aujourd’hui se préoccupant davantage à des problématiques actuelles telles que l'environnement ou la technologie. La variété de cultures présentes en France n’aide pas non plus à rassembler. En effet, de nombreux citoyens issus de l'immigration ou de familles d'origines étrangères ne retrouvent pas dans l’appel du 18 juin leur héritage culturel. Dans l’éducation et les médias également, le manque de visibilité de l’événement peut expliquer le manque d’intérêt du grand public. Par exemple, les programmes scolaires abordent souvent de manière succincte cette période, charnière dans l’histoire de France et donc très chargée en événements.

L'appel du 18 juin, bien qu'important dans la construction de l'identité nationale, semble donc perçu comme appartenant à une époque révolue pour une majorité de Français.

https://youtu.be/MghiqSQuwrA

https://youtu.be/MghiqSQuwrA

 


Emmanuel Macron boit une bière cul-sec après la victoire de Toulouse en TOP14

Samedi 17 juin, le Président Emmanuel Macron surprend les internautes. Il boit cul-sec sa bière pour célébrer la victoire des Toulousains lors de la finale du Top 14. Le geste inattendu du chef de l'État  a été acclamé par les joueurs et a suscité de vives réactions.

Un cul-sec inattendu

Dans les vestiaires, Emmanuel Macron, président de la République française, s’est joint à la fête des joueurs du Stade Toulousain au Stade de France. Ces derniers venaient de remporter pour la 22e fois le prestigieux Bouclier de Brennus lors de la finale du Top 14 contre l'équipe de La Rochelle (29-26).

Tout comme les héros de la soirée, Emmanuel Macron était également d'humeur festive. Après avoir assisté à la rencontre, le chef de l'État a décidé de célébrer cette victoire. Sous les encouragements chaleureux de l'équipe, il a pris part à un geste inhabituel pour un homme politique de son rang : il a bu une bière cul-sec sous les lumières des caméras.

https://twitter.com/Rivenzi_/status/1670186336362414081?s=20

Interrogé par Le Figaro, l'entraîneur des trois-quarts toulousains témoigne : «Je peux juste vous dire qu'il a bien été accueilli…».

Avant d'aller féliciter les joueurs dans les vestiaires, on aperçoit sur plusieurs vidéos le Président traverser la pelouse de Stade de France où il s'y fait fortement huer.

https://twitter.com/F_Desouche/status/1670154568955559937?s=20

Le cul-sec suscite des réactions vives sur les réseaux sociaux

Cette image a rapidement enflammé les réseaux sociaux, suscitant des réactions diverses de la part des internautes suite au cul-sec du Président.

Certains se sont montrés surpris de voir un président de la République partager un moment de convivialité avec des sportifs : "C'est rigolo. Ça dédramatise la fonction présidentielle mais ce n'est quand même pas digne d'un Président. ", déclare la jeune femme.

Tandis que d'autres ont même semblé être impressionnés par ce geste inattendu : "Il veut faire peuple mais il a tort de faire ça" dénonce un habitant du 16ème arrondissement de Paris.

 


Fête des pères : qu’est-ce qu’on aimerait leur dire ?

La date de la fête des pères est toujours fixée le troisième dimanche de juin. Cadeau, balade, ou poème, les idées ne manquent pas pour gâter les papas ! Mais à l’heure de la pudeur et de la discrétion, comment leur dire qu’on les aime ?

Après la fête des mères, place à la fête des pères. Le dimanche 18 juin, les papas ont eux aussi le droit à leur journée en leur honneur, le troisième dimanche de juin. Les idées ne manquent pas, et les possibilités sont nombreuses. Pourtant, trouver un cadeau peut parfois être un défi. Un mot doux, un appel téléphonique ou un « je t’aime » est ce qu’il y a de mieux à faire. La fête des pères devient le jour parfait pour lui montrer notre reconnaissance ou notre amour.

La fête des pères, un jour insignifiant

Une fête commerciale. Une perte de temps. Un père décédé. Pour certains, la fête des pères ne se fête plus, ou s'oublie. Pour eux, ce jour devient insignifiant : « je ne fais rien du tout aujourd’hui. Je me repose, c’est tout », grommelle un automobiliste. Le dimanche est un jour de repos, et il faut le montrer : « je ne sais pas du tout, je fais rien ». Aucun effort n’est fait pour célébrer celui qui nous a conçu. S’il est pris comme modèle, il devient peu à peu oublié et la mise à distance s'enclenche. Lorsqu’il est décédé, ce n’est plus la peine de le fêter, ni de s’en rappeler. Une page se tourne…

L’occasion rêvée de témoigner à notre père notre amour

Chaque année, la fête des pères constitue le jour qui n’est pas ratée dans le calendrier familial. Les enfants fabriquent un cadeau à l’école et le cachent tout le week-end, pour leur plus grand bonheur. Les plus grands appellent leur père absent ou lui offrent un moment de qualité : balade, expo, restaurant, … Les idées ne manquent pas pour passer un moment père-fils ou père-fille. Ce dimanche 18 juin, le père est la star de la famille. Une occasion rêvée de lui témoigner notre amour ! A la question : « qu’est-ce que vous aimeriez dire à votre père », la réponse est unanime : « lui dire que je l’aime ». Parfois, le ton de voix se compose d’une note de tristesse : « il est décédé malheureusement, j’aimerais qu’il soit là. »

Le message est clair : les gens veulent témoigner de leur amour pour leur père et le remercier, tout simplement. Il en faut peu pour faire un heureux !

 

 


Le marathon "ekiden", cette course insolite qui nous vient du Japon

La course ekiden est un marathon en relais qui se court par équipes de six personnes. Le Stade Français organisait dimanche 18 juin cette course atypique, au départ de son stade Jean Bouin.

Vous avez toujours eu peur d’affronter les 42,195 kms de la distance mythique du marathon ? Le marathon en relais ekiden, venu du Japon, vous permettra sans doute de vous familiariser avec l’épreuve reine de la course à pied. Au programme, six coureurs différents se relaient dans l’ordre de distance suivant : 5 kms, 10 kms, 5 kms, 10 kms, 5 kms, 7,195 kms.

Certains sont affutés, mollets saillants et équipement dernier cri, d’autres sentent bon l’amateurisme et le challenge entre amis avec leurs chaussures de tennis : le format de la course laisse la possibilité aux coureurs de tous niveaux se venir se défier, joggeurs du dimanche ou athlète de haut niveau.

Qui a dit que la course était n’était pas un sport collectif ?

Philippe, qui courait le premier relais de cinq kilomètres, se rapproche plus de la deuxième catégorie : « Depuis 40 ans, j’ai toujours été dans un club d’athlétisme ». Plutôt content de sa prestation, le quinquagénaire souligne « la bonne ambiance » de l’événement, plutôt convivial grâce à l’esprit d’équipe.

« Le concept est super sympa, j’en ai profité pour embarquer les amis avec moi » explique Élise, habituée de la course à pied. Anne-Laure, moins sportive, était un peu moins sereine : « Je me suis inscrite il y a deux mois en me disant que j’allais me préparer, et je n’ai pas pu me préparer ! ». Mais tout s’est bien déroulé pour la jeune femme, inscrite avec des collègues de travail : « Il y a un petit dénivelé à la sortie du pont du Garagliano, et mes relayeurs me disaient que c’était un peu difficile… Mais ça s’est super bien passé, mieux que ce que j’espérais ! ».

Au total, ce sont 3000 coureurs qui ont pris le départ de la course, aux alentours de 9 heures dans le stade Jean Bouin. Nous avons demandé aux participants ce qui les faisait courir :

https://youtu.be/nWJ6T97f_4I


Commémorer l’appel du 18 juin a-t-il encore un sens aujourd’hui ?

L’appel du 18 juin 1940, c’était il y a 83 ans. Entre désintérêt croissant et devoir de mémoire, l'événement historique semble perdre de l'importance aux yeux des Français.

“Le 18 juin ? euh…il s’est passé quoi ?”. Voilà ce qu’on peut entendre aujourd’hui sortir de la bouche de jeunes interrogés dans la rue. Quelle résonance l’appel du Général de Gaulle depuis Londres en 1940 a-t-il encore aujourd’hui pour les Français ?

L’appel du 18 juin 1940, c’était il y a 83 ans maintenant. Ce texte lu sur les ondes de la BBC à l'attention de ceux qui refusaient la défaite n’a eu presque aucun écho le jour de sa diffusion. De son enregistrement, rien ne reste. Les paroles du Général de Gaulle émises depuis Londres vers la France sont pourtant considérées comme le symbole de la Résistance et l’acte fondateur de la France libre. Malgré l’importance de l’événement, les Français ne l’ont plus tous en mémoire. 

Aujourd’hui en effet, tous les résistants sont morts, l'Allemagne nazie a été vaincue, la figure du Général de Gaulle ne semble plus être aussi importante qu'elle l'a été dans le passé. Difficile de se sentir proche de cet événement lointain pour nos contemporains. La conséquence directe, c’est qu’en 2023, on croise dans la rue des jeunes qui se demandent bien ce qu'on commémore le 18 juin. D'autres estiment qu'il n'est pas souhaitable de toujours regarder en arrière, voire que cela agit comme un frein et empêche d’avancer.

L’appel du 18 juin, un moment historique lointain qu’il faut commémorer

Si une majorité croissante de personnes ne se sentent plus concernés par l’appel du 18 juin, beaucoup de Français continuent de penser qu'il faut savoir se rappeler des moments qui ont fait l'histoire du pays. Précisément, se tourner vers le passé peut servir à ne pas reproduire les mêmes erreurs. Le 18 juin doit, notamment pour nos aînés, résonner comme le 11 novembre et le 8 mai. C’est-à-dire être commémorée comme une date décisive, ici comme le marqueur de la naissance de la Résistance.

 


Elisabeth Borne : qui peut prendre sa place comme Premier ministre ?

Depuis quelques jours les rumeurs d’un remaniement ministériel en France vont bon train, la défiance pour les 42 ministres se creuse et en particulier pour madame le Premier ministre. Qui pourrait-prendre sa place ?

 

Le changement c’est presque maintenant ! Du moins c’est ce qu’aimeraient les Français, selon un sondage Odoxa-Backbone publié par le Figaro ce matin du 18 juin. Près des deux-tiers des Français estiment qu’Élisabeth Borne devrait démissionner de son poste de Premier ministre, sa place est sérieusement menacée. Chose confirmée dans les rues par notre micro-trottoir où les français de tous âges et de toutes origines sociales se prononcent en majorité en faveur de son départ :

Après à peine 13 mois de présence, elle ne semble pas être celle qui va faire remonter les 34 mois moyens de longévité d’un Premier ministre à Matignon. Qu’elle se console, au moins elle aura battu le record de son unique homologue féminin à ce poste, Édith Cresson, et ses 10 mois d’activité...

Ce sentiment de mécontentement contraste particulièrement avec l’opinion publique mesurée lors du départ d’autres Premiers ministres. En 2020, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, par exemple avait été écarté alors que sa cote de popularité avoisinait les 50% et dépassait celle du Président Emmanuel Macron.

Plus que madame le Premier ministre Borne, c’est la République en Marche toute entière qui suscite le mécontentement, et plutôt que de compter à quel point les ministres suscitent l’adhésion pour calculer leur popularité, le sondage Odoxa-Backbone observe le taux de rejet dont ils font l’objet. Force est de constater qu’à part Sébastien Lecornu, ministre des Armées, tous les ministres voient au moins 35% des français demander leur départ tandis qu’à part Bruno Le Maire, aucun n’arrive à susciter plus de 35% d’adhésion.

 

Plus qu’un remaniement pour le poste de Premier ministre, les Français demandent un changement de ligne politique

 

56% des français désirent que le gouvernement passe un accord avec les Républicains, montrant que malgré leur défaite cuisante aux présidentielles, ils sont encore vus comme un parti crédible qui a sa place dans les affaires gouvernementales. Au grand dam de Manuel Valls, toujours à l’affut d’un poste, qui déclarait le 9 juin sur « ça vous regarde » que la politique lui manquait beaucoup. Mais face à l’impopularité d’Élisabeth Borne est-ce dans leurs rangs qu’un Premier ministre sera trouvé ? Et bien pas vraiment, le « favori » ou plutôt le moins « défavori » est Bruno Lemaire, puisque « seulement » 50% de la population estime qu’il ne serait pas bon dans le poste, tandis que 30% l'y verrait bien. Il devance largement Xavier Bertrand, le seul des Républicains considéré en lice, qui suscite 52% de rejet pour 24% d’adhésion.

Il est surtout plus crédible de regarder du côté de personnalités politiques moins connues du grand public pour devenir Premier ministre

Ces personnalités pourraient bien remplacer Elisabeth Borne, elles ont l’avantage de ne pas susciter instantanément de grande impopularité, après tout c’était la stratégie d'Emmanuel Macron en nommant Élisabeth Borne Premier ministre. Dans cette optique, et malgré une adhésion presque inexistante, Julien Denormandie, ancien ministre de l’agriculture est en position favorite car « seulement » 39% des Français ne le voient pas dans le poste et 53% attendent de voir. Dans la même optique Yaël Braun-Pivet et Sébastien Lecornu sont crédibles puisqu’avec des scores de rejet autour des 40%, ils sont les cadors de la popularité Macroniste…

Devant ces chiffres, si ce sondage montre bien quelque chose, c’est que les Français ne veulent plus de la Macronie.

 

Bastian Siguret

 


Après quoi courent les joggeurs ?

L’ekiden de Paris, marathon en relais inventé au Japon, a rassemblé dimanche 18 juin 3000 participants. À cette occasion, nous avons demandé aux coureurs pourquoi ils enfilaient leurs baskets avec autant de plaisir.

Qui a dit que le goût de l’effort était mort ? En France, selon Le Parisien, 13 à 14 millions de personnes pratiquent régulièrement la course à pied. Que l’on soit coureur du dimanche ou athlète dans l’âme, il faut de la volonté pour se lever tôt et avaler les kilomètres.

Pour la course ekiden, les équipes de six devaient parcourir les 42,195 kilomètres en six relais dans l’ordre suivant : 5 kms, 10 kms, 5 kms, 10 kms, 5 kms, 7,195 kms. Pour certains, c’est un défi entre amis sur un coup de tête, pour d’autres c’est une épreuve préparée depuis longtemps où on va scruter le chronomètre : en tout cas l’esprit d’équipe propre au format de l’ekiden, contribue au dépassement de chacun des courageux.

Où la course devient un sport collectif

Anne-Laure s’est inscrite avec ses collègues de travail, sans avoir forcément une expérience de la course à pied : « Je me suis inscrite il y a deux mois en me disant que j’allais pouvoir préparer cette course et je n’ai pas pu la préparer, mais je me suis quand même levé pour mes camarades ce matin ! ». L’esprit d’équipe est en effet central dans cette épreuve, où les relayeurs encouragent leur coéquipier pendant son relais : « Allez Mathieu, c’est bientôt fini ! », s’égosillent deux supportrices en applaudissant.

Guillaume*, venu avec son équipe du Ministère des Affaires étrangères souligne aussi l’aspect social du running : « C'est sympa de partager ça avec les collègues ou amis ». « On partage presque une passion, une activité commune », ajoute le trentenaire qui a couru 10 kilomètres aujourd’hui.

« Une sensation de méditation »

Élise, qui fait « trois-quatre sorties par semaine en moyenne », voit de nombreuses raisons de courir : « Ça procure un sentiment de bien-être, de dépassement de soi ». D’ordinaire adepte du trail, la course sur des chemins en nature, la jeune femme venue avec des amies apprécie aussi « la proximité avec la nature ». « C’est un peu une sensation de méditation quant on court, c’est agréable » philosophe-t-elle.

Philippe*, venu de Marseille, est lui aussi un coureur aguerri : « Depuis 40 ans, j’ai toujours été dans un club d’athlétisme ». Satisfait de sa prestation sur 5 kilomètres, il a maintenant pris de l’expérience dans le milieu de la course : « Pourquoi est-ce que je cours ? Je ne me pose plus la question ! » répond-il en souriant. « Avec mon club je fais partie d’une grande famille, où on se fixe des challenges, et on se retrouve pour courir ».

Pendant les Jeux Olympiques de Paris 2024, un « Marathon pour tous », destiné aux amateurs, sera proposé en parallèle de la compétition olympique. A quand le marathon ekiden, compétition officielle ?


Netflix accusé de blackwashing pour sa Cléopâtre noire

Une actrice noire pour jouer une reine blanche ? Pas de problème pour Netflix, adepte du blackwashing.

« La reine Cléopâtre » sort sur Netflix le 10 mai, mais sa bande-annonce dévoilée le 12 avril suscite déjà la polémique. En cause : c’est une actrice noire, Adele James, qui incarne la reine d’Egypte dans cette série documentaire alliant reconstitution et témoignages d’experts.

L’afrocentrisme assumé de Netflix dénoncé en Egypte

Netflix assume tout à fait ce choix, et insiste même sur sa conformité avec la couleur de peau de Cléopâtre. D’après les experts interviewés, « c’est possible qu’elle soit Egyptienne », puis « Je l’imagine avec des cheveux frisés comme moi, et la même couleur de peau », et enfin « ma grand-mère me disait : je me moque de ce qu’on t’a appris à l’école. Cléopâtre était noire ».

Des arguments légers qui ne passent pas auprès du public égyptien. Pour eux, Cléopâtre, aux racines gréco-macédoniennes attestées, est forcément blanche. Une pétition en ligne circule activement, critiquant l’afrocentrisme de la série, appelant à son annulation pour préserver l’histoire et l’intégrité des Egyptiens comme des Grecs.

L’hommage de Jada Pinkett Smith aux reines africaines, tant qu’elles sont noires

Que Cléopâtre soit noire réjouit la productrice exécutive et narratrice, Jada Pinkett Smith, qui fait de la dernière reine d’Egypte le second volet de sa série Reines africaines. Le premier volet, Njinga, rend hommage à la reine du royaume de Ndongo et du royaume de Matamba au XVIIe siècle. Njinga est aujourd'hui un symbole national angolais, revendiqué tant par les anticolonialistes que par les féministes pour sa longue résistance aux Portugais.

Inspirée par sa fille Willow, Jada Pinkett Smith confie à Tudum, le média de Netflix : « Nous n’avons pas souvent l’occasion de voir ou d’entendre des histoires de reines noires de peau, et c’était vraiment important pour moi, comme pour ma fille, et toute ma communauté d’être capables de connaître ces histoires, car il en existe plein ! Le plus triste est de ne pas avoir un accès facile à ces femmes historiques qui étaient si puissantes et étaient la colonne vertébrale des nations africaines. »

La cause de la polémique : la méconnaissance de l’origine maternelle de Cléopâtre

Alors, qu’en est-il de l’origine et de la vraie couleur de peau de Cléopâtre ? Par son père Ptolémée XII, Cléopâtre VII appartient à la dynastie d'origine macédonienne des Lagides, laquelle règne sur l'Égypte depuis la fin du IVe siècle avant Jésus-Christ. Cette dynastie a été fondée par Ptolémée Ier, l'un des généraux d'Alexandre le Grand. Côté paternel, Cléopâtre est donc blanche. Mais tout se joue sur les origines de sa mère, dont on ne connaît pas l’identité.

Fautes de sources suffisantes, la plateforme de vidéos à la demande prétend qu’on ne peut pas savoir précisément si la mère de Cléopâtre VII était une Egyptienne native ou une Grecque... A l’époque de son règne au Ier siècle avant Jésus-Christ, la population de l’Egypte était multiculturelle et multiraciale. Alors autant choisir parmi la « minorité » !

Pour Netflix, Cléopâtre est forcément égyptienne et africaine

« Cléopâtre se représentait elle-même comme une Egyptienne, il faut ainsi arrêter de toujours la décrire comme uniquement Européenne », explique Sally Ann Ashton, une des experts de la série, pour Tudum. « Cléopâtre dirigeait l’Egypte bien avant la conquête arabe de l’Afrique du Nord. Si elle est indigène par sa mère, alors ses racines sont africaines, et cela doit être mis en avant dans les représentations actuelles de Cléopâtre. »

Cléopâtre entretenait d'ailleurs elle-même le mystère sur ses origines maternelles, laissant planer le doute sur une possible ascendance égyptienne, d'autant qu'elle parlait égyptien, contrairement à ses prédécesseurs. De plus, à l'époque hellénistique, être un enfant « illégitime » n'était pas un obstacle politique pour accéder au trône, Ptolémée XII étant lui-même, par exemple, le fils illégitime de Ptolémée IX.

Pour Netflix, les anciens Egyptiens sont noirs

De là, Netflix se fait le porte-étendard de l’afrocentrisme et des thèses du chercheur sénégalais Cheikh Anta Diop. Ce dernier voit dans les anciens Egyptiens une population à la peau noire, de langue et de « culture africaine ». L’Egypte, et donc les Noirs, seraient à l’origine de toute civilisation. Il ne reste plus qu’à raccourcir : Cléopâtre est égyptienne, et dès lors noire.

Afrocentristes contre égyptologues

Pourtant, la théorie de Diop, développée dans les années 1950 et 1960, est plus que contestée. Selon l’archéologue Damien Agutleur par exemple, sa démarche n’est pas scientifique mais seulement politique, existentielle et identitaire. Au-delà du fait de savoir si les anciens Egyptiens étaient ou non noirs, voyons également si la mère de Cléopâtre était égyptienne. Impossible, explique l’historien Maurice Sartre pour Géo.

« A partir du deuxième roi, la dynastie lagide a été tellement soucieuse de préserver la pureté ethnique qu'ils se sont mariés entre frères et sœurs. Il n'est pas impossible que les rois d'Alexandrie aient couché à droite à gauche, qu'ils aient eu des tas de bâtards. Nous n'avons aucune preuve à ce sujet. Mais pour les enfants royaux légitimes ou illégitimes amenés à régner, l'endogamie la plus stricte était respectée. Donc imaginer que Cléopâtre ait eu du sang égyptien, c'est une absurdité totale. »

Whitewashing vs blackwashing

On peut raisonnablement penser que Cléopâtre était blanche. Alors pourquoi choisir une actrice noire ? On retrouve par exemple cette situation dans la série de 2021 Anne Boleyn, où Jodie Turner-Smith, actrice britannique noire, interprète le rôle de l’épouse d’Henri VIII d’Angleterre. Le blackwashing, visant à augmenter la diversité ethnique dans le cinéma, concurrence-t-il le whitewashing, qui à l’inverse consiste à choisir un acteur blanc pour jouer un personnage issu d’une minorité ?

En effet, comment ne pas citer le péplum de 1963, Cléopâtre, où la reine d’Egypte est incarnée par Elizabeth Taylor? Et quid du futur film qui sortira en 2024 où Gal Gadot reprendra le rôle ? Devant des actrices si blanches (et juives de surcroit), à chaque fois, les Egyptiens ne manquèrent pas de dénoncer l’appropriation culturelle. Et ils continuent de le faire maintenant avec une actrice (trop) noire.

La polémique autour de l’origine de Cléopâtre ou de sa couleur de peau ne doivent pas éclipser l’essentiel : le portrait d’une reine mythique, le dernier pharaon d’Egypte avant la domination romaine, qui joua de son charme et de son intelligence pour préserver au maximum son royaume, un personnage dont la légende s'est emparée de son vivant même et qui fascine et inspire encore aujourd’hui.

 

https://twitter.com/Adele_JJames/status/1646434915976634371?ref_src=twsrc%5Egoogle%7Ctwcamp%5Eserp%7Ctwgr%5Etweet

 

 


Ecole : quand Emmanuel Macron parle de niveau, Pap Ndiaye veut la mixité

Dans son allocution du 17 avril, Emmanuel Macron s’est pris à rêver d’une école à la reconquête des premières places européennes. Pap Ndiaye nourrit les mêmes ambitions, mais avec des moyens diamétralement opposés.

Surchauffe à l’Élysée depuis que l’exécutif a mis le dossier des retraites sur la table. Pour donner le change et apaiser un climat social plus que tendu, Emmanuel Macron s’exprimait lundi 17 avril devant les Français. Aux 15 millions de téléspectateurs, le président a tenu à exposer les prochains chantiers du gouvernement.

Parmi eux il y a l’école. « L’Éducation nationale doit renouer avec l’ambition d’être l’une des meilleures d’Europe. Dès la rentrée, notre école va changer à vue d’œil », a promis Emmanuel Macron avec aplomb. Le chef de l'Etat a dévoilé une série de mesures : « Pour les enseignants, qui seront mieux rémunérés. Pour les élèves, qui seront davantage accompagnés en français, en mathématiques, pour leurs devoirs ». La ligne d’horizon est claire : il faut relever le niveau des élèves en France, qui ne cesse de baisser depuis des années.

À la fin de l’année 2022, le ministère de l’Éducation nationale constatait que « 21% des élèves âgés de 15 ans » n’ont pas « un niveau suffisant de compétences en compréhension de l’écrit, culture mathématique et culture scientifique ». Tandis que son prédécesseur assurait en 2019 que « le niveau remonte ! », Pap Ndiaye s'affligeait de la situation inverse : « Disons-le clairement : le niveau d’ensemble baisse ». Que le niveau baisse ou qu’il reste dans « la moyenne européenne », l’exécutif s’est donné pour mission de remettre à flot la barque de l'école chahutée par les flots de l'ignorance.

Deux calendriers, deux projets, un seul dossier

Emmanuel Macron souhaite tenir les « engagements de l’école publique » en mathématiques et en français notamment. Sauf que Pap Ndiaye s'en prend au privé qu'il accuse de ne pas jouer le jeu de la « mixité sociale ». Son but : exiger des établissements privés sous contrat de prendre davantage d'élèves boursiers dont le taux serait aujourd’hui « inférieur à 10% ». Dans le même esprit, le ministre entend développer des secteurs bicollèges, soit une fusion de deux collèges proches géographiquement mais aux situations sociales contrastées.

Dans une tribune publiée en décembre dernier intitulée « Pourquoi nous devons réformer l’école », Pap Ndiaye évoquait son éventail d’ « objectifs ambitieux » destinés à refouler le scepticisme d’une partie de la population à l’égard de l’école publique, principalement. Dans les bureaux de l’hôtel de Rochechouart, l’opération « job-dating » de la rentrée de septembre soulignait le peu d'attrait qu'exerce le métier d’enseignant. Il fallait alors passer à autre chose et réformer un secteur dans le doute, renforcé par l’assassinat du professeur Samuel Paty le 16 octobre 2020.

Si Emmanuel Macron espère avancer sur ces grands chantiers en 100 jours, du côté de l’Éducation nationale, on espère faire bouger les lignes à partir du 11 mai, jour de l'annonce des mesures en faveur de la mixité sociale.


1er-Mai : les casseurs coûtent cher

Mobiliers urbains détruits, commerces vandalisés, voitures incendiées : le 1er-mai a ressemblé aux 12 autres manifestations qui se sont succédé depuis janvier. La haine anti-flic coûte cher.

La fête du Travail est une belle tradition française mais au lieu de s’illustrer par des festivités, elle se résume à des cocktails molotov lancés sur les représentants de la République, sous prétexte de protester contre la réforme des retraites. Les Parisiens se lèvent-ils pour aller à la boulangerie ? Pas de bol ! Elle est fermée pour cause de vandalisme. Les riverains excédés signent des pétitions mais en vain.

Les assurances tirent la sonnette d’alarme

Depuis janvier, les commerçants se demandent si leur petite boutique survivra au passage de l’essaim cagoulé qui rafle tout sur son passage. En effet, les dégradations leur coûtent très cher et les assurances tirent la sonnette d’alarme ; elles ne peuvent plus rembourser. Pour un commerce vandalisé, le prix à payer s’élève en moyenne à 20 000 euros. S’ajoutent à cette facture les produits hors d'usage. Un sentiment de désespoir règne : à quoi bon réparer son commerce si c’est pour qu’il soit détruit la semaine d’après ?

Un coût total de 1 680 000 euros

La Ville de Paris paye aussi très cher les manifestations. Il faut compter 7000 euros pour changer un abribus. Selon le Parisien, depuis janvier, le coût total s’élève à 1 680 000 euros. Celui-ci comprend 1 144 000 euros de réparation de mobiliers urbains et 536 000 euros de nettoyage. Des frais aggravant la dette astronomique de la capitale, même si Anne Hidalgo peut compter une nouvelle fois sur l'aide de l’Etat qui lui avait versé 1,4 million d’euros en compensation des dégâts causés par les gilets jaunes. Tout le monde paie pour les casseurs : les commerçants, les villes, l’Etat, en fait vos impôts.


Semaine sainte en Egypte : temps de fraternité et d’espérance

En Egypte, les chrétiens en carême et les musulmans en ramadan vivent le même temps de jeûne, de prière et de charité. Au-delà de la religion, le sentiment national égyptien aide à surmonter les difficultés économiques.

Les chrétiens d’Egypte entrent ce dimanche 9 avril dans la semaine sainte, alors que les chrétiens d’Occident fêtent déjà Pâques. Cette différence de date s’explique par le calendrier suivi : julien pour les premiers, grégorien pour les seconds.

Des églises remplies de fidèles

Ce temps très particulier chargé d’offices permet de revivre les derniers jours de la vie de Jésus Christ sur Terre. Les célébrations commencent le dimanche des Rameaux. Les fidèles se rassemblent avec des rameaux d'olivier et des palmes tressées pour rappeler l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.

Le jeudi saint, l’Eglise commémore le dernier repas du Christ, la Cène, puis le vendredi saint sa passion et sa mort. Lors de la veillée pascale du samedi saint, les chrétiens célèbrent la résurrection du Christ. Les églises sont pleines et les paroisses qui le peuvent  aménagent des espaces de prières supplémentaires.

Le grand carême pour préparer Pâques

Le temps de préparation à Pâques, la plus grande fête chrétienne, s’appelle ici grand carême, et ce n’est pas par hasard. En effet, les coptes ont quatre autres périodes de jeûne, dont une avant Noël par exemple. Mais le grand carême se distingue des autres par sa longue durée : cinquante-cinq jours, comprenant une semaine de préparation, les quarante jours de Jésus au désert, et la semaine sainte.

De plus, les règles du jeûne y sont plus strictes : abstinence totale de viande, de poisson, et de tout produit d’origine animale. L’Eglise copte demande également de ne prendre qu’un seul repas par jour, de préférence l’après-midi.

Le père Abraham Malak, prêtre dans la paroisse Saint Athanase située dans un quartier populaire d'Alexandrie, précise que cette dernière règle n’est pas obligatoires, mais recommandable : « Nous sommes tous membres de l’Eglise, le Corps de Jésus. Il n’est pas bon qu’un membre fasse différemment que les autres. »

Jeûne, prière, charité

Le carême n’est pas qu’une affaire de jeûne, mais il inclut aussi des efforts sur la prière personnelle, la charité, et l’attention à son prochain. « Puisque nous nous privons de nourriture, nous ressentons davantage les difficultés que vivent les plus pauvres », explique Abouna Abraham.

Un temps de fraternité partagé avec les musulmans en ramadan

Le temps du carême coïncide avec celui du ramadan pour les musulmans, cette année du 23 mars au 22 avril. « C’est une bonne opportunité pour nous rapprocher, se réjouit Abouna Abraham. Nous jeûnons ensemble, nous prions, ils prient, nous faisons des donations, eux aussi. »

Les internautes ne manquent d’ailleurs pas de plaisanter avec ce temps de jeûne commun. Les vidéos et les mèmes abondent sur les réseaux sociaux, montrant par exemple un jeune copte qui boit de l’eau en narguant son ami musulman, et celui-ci se rattrape dès le coucher de soleil en mangeant devant lui un gros morceau de viande.

Le temps de l’iftar, la rupture du jeûne, permet de beaux moments de fraternité. Les musulmans invitent les chrétiens qui partagent leur repas à l’exception bien sûr des produits d’origine animale. Le plat phare de la cuisine égyptienne qui les réunit le mieux, c’est le foul, les fèves, qui rassasie longtemps et qui est très bon marché.

Un temps d’espérance malgré les difficultés économiques

Avec les lumières dans les rues, les pâtisseries et les sériés télévisées propres, l’ambiance festive et conviviale, Abouna Abraham confie qu’il aime beaucoup le ramadan. Mais au-delà de la religion, « nous sommes d’abord égyptiens, puis musulmans et chrétiens. Pas l’inverse. Même si nous traversons des périodes difficiles, l’important est d’avancer ensemble. »

Les chrétiens, comme tous les Égyptiens, souffrent de la mauvaise situation économique du pays : la dévaluation de la livre égyptienne, la hausse des prix des produits de première nécessité, le chômage et les bas salaires. L’Eglise se démène pour aider les pauvres de plus en plus nombreux. La paroisse Saint Athanase dont dépendent environ 7000 familles, offre ainsi un centre éducatif, une crèche, une maison de retraite et un hôpital ouverts à tous, quelle que soit la confession.