#NoHijabDay : la présidente du collectif Némésis placée en garde à vue
Article publié sur L'Incorrect.org
Les féministes du collectif Némésis étaient rassemblées ce matin à 8 heures place du Trocadéro sur le Parvis des libertés. Affublées chacune d’un voile intégral, elles ont dénoncé le « World Hijab Day », jour international de solidarité avec les musulmanes supposément opprimées en Occident.
Les filles arrivent par vagues, afin de ne pas être trop remarquées. Certaines viennent de province et se sont levées en pleine nuit. Elles attendent que le jour se lève et se préparent à enfiler leur voile intégral à usage unique, cousu spécialement pour l’occasion (hors de question d’acheter cinquante niqabs dans une boutique islamique). Alice, la présidente de Némésis, guette néanmoins l’arrivée de la police. Elles seront finalement une cinquantaine sur le Parvis des libertés du Trocadéro pour dénoncer le #WorldHijabDay, jour de solidarité internationale avec les femmes voilées supposément victimes d’oppression en occident, où des femmes se postent voilées sur les réseaux sociaux. L’événement qui a lieu chaque 1er février depuis 2013, est soutenu par Sciences Po.
Le but des Némésis est au contraire de dénoncer la dégradation flagrante des conditions de vie des femmes européennes, dégradation causée par l’immigration massive et souvent illégale d’hommes extra-européens majoritairement musulmans. Elles dénoncent le quotidien des femmes qui oscille entre « sale pute, je vais te violer » et les agressions sexuelles de plus en plus fréquentes. On se souvient de l’affaire du réfugié bangladais récidiviste acquitté en 2018 par la Cour d’assises de la Manche du viol d’une jeune fille de 15 ans, parce qu’il ne disposait pas des « codes culturels » et qu’il ne pouvait donc pas maîtriser la notion de consentement. Pas plus tard que l’été dernier à Angers, une étudiante de 20 ans a été séquestrée, battue et violée durant plusieurs heures par un migrant kosovar multirécidiviste déjà « interdit de territoire », mais non-expulsable. Selon le ministère de l’Intérieur, pour l’année 2018, 63 % des auteurs d’agressions sexuelles dans les transports en commun d’Île-de France, étaient des étrangers.
Némésis : un collectif féministe de droite
Les Némésis dénoncent aussi le silence coupable des « féministes » de gauche. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles en paient le prix fort : le 8 mars dernier, à l’occasion de la marche « contre les violences faites aux femmes » co-organisée par le collectif féministe « Nous Toutes », elles ont été poursuivies et sauvagement agressées par une quarantaine d’antifas, à coups de poing, à coups de pieds et à l’aide de battes de baseball. Elles avaient dû se réfugier durant plus d’une heure dans un bar sous les menaces de morts des militants féministes. La raison de cette ultra-violence : une banderole dénonçant l’immigration illégale massive.
Aujourd’hui, elles se placent en ligne toutes dissimulées sous un voile intégral, brandissant une banderole : « Les Françaises dans 50 ans ? » Alice, la présidente du collectif raconte : « Le sens de notre action aujourd’hui est de dénoncer le #WorldHijabDay […] Nous préférons rendre hommage aux femmes qui essayent d’enlever leur voile notamment dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, justement en dénonçant ce qu’est le voile intégral et en montrant qu’en France peut-être, ce voile aussi peut arriver. C’est une catastrophe de ne voir que les yeux des femmes. Cela n’est pas du tout dans nos principes républicains, ni européens d’ailleurs. Cela ne fait pas partie de notre culture. Nous préférons rendre hommage à ces femmes-là qui justement sont martyrisées tous les jours. On a beaucoup de cas de femmes défigurées à l’acide, de femmes emprisonnées sur des années, parfois même [avec des peines] de 150 ans pour les plus activistes d’entre-elles. Nous voulions dénoncer cela aujourd’hui en montrant que, oui, les Françaises seront peut être un jour voilées intégralement et que ce n’est pas souhaitable».
Interpellation et intimidation
Concernant la demande de dissolution du groupe Génération Identitaire demandée par Gérald Darmanin, Alice considère qu’il est « lamentable de vouloir dissoudre un groupe qui fait le travail de la police française. Je pense que M. Darmanin devrait avoir honte de voir que des citoyens français sont obligés de se mobiliser pour assurer le contrôle de nos frontières ».
L’action n’a duré que trois minutes et pourtant deux voitures de polices ainsi que deux patrouilles Vigipirate sont là pour les cueillir. Comprenez, Monsieur Darmanin n’a pas assez d’effectifs pour défendre les frontières françaises, ni pour assurer la sécurité des citoyennes, mais pour cinquante jeunes filles avec une banderole c’est une autre histoire. Alice a été interpellée et placée en garde à vue. Quant aux journalistes présents sur place, ils ont été soumis à un contrôle d’identité. Et nous-même avons été menacés de verbalisation pour cause de non-possession d’une carte de presse. Pour rappel, il n’est pas nécessaire de détenir une carte de presse pour être journaliste en France. Cela relève de la liberté de la presse. En septembre 2020, Gérald Darmanin avait présenté le nouveau Plan national de police. Ce plan prévoyait entre autres : la verbalisation des journalistes présents dans les manifestations (après l’ordre de dispersion), ainsi qu’une discrimination envers ceux ne disposant pas d’une carte de presse.
GameStop : des millions d’internautes font la peau des vautours de la finance
Fin janvier, des internautes boursicoteurs faisaient flamber l'action GameStop. Ils ont infligé d'énormes pertes aux fonds spéculatifs. Retourner contre la finance ses propres armes, c'est le sens que pourrait prendre une révolution sur les marchés. Après l'assaut du Capitole, voici l'attaque contre Wall Street.
GameStop est une chaîne américaine de magasins spécialisée dans la vente de jeux vidéos. Depuis plusieurs années, le groupe est en grande difficulté à cause de la dématérialisation de l’industrie et de la concurrence de l’e-commerce. La situation sanitaire n’aide pas l’enseigne qui a dû fermer la plupart de ses boutiques.
Au cours des derniers mois, de gros fonds d’investissement américains ont tenté de gagner de l’argent en pariant contre l’entreprise de jeux vidéos, cotée à la Bourse de New York. Ils ont fait ce qu’on appelle du « short selling » : il s'agit d'emprunter une action à une entité (contre des intérêts), de la vendre puis de la racheter à un prix plus faible pour empocher la différence, avant de la rendre à l'entité prêteuse.
Les choses ont plutôt mal tourné pour les géants de la finance : au lieu de baisser, le cours de l’action GameStop a explosé de plus de 1600 % en un mois. Les fonds d’investissement ont déjà perdu plusieurs milliards de dollars, et cela pourrait n’être qu’un début. Des milliers, voire des millions d’internautes du très populaire forum Reddit – mais également de 4chan et de certains groupes Facebook, veulent faire la peau aux financiers.
Une guerre ouverte contre Wall Street
Lorsqu’un hedge fund (fonds spéculatif) prend une position contre une société, le cours de cette dernière peut être fortement perturbé. Souvent, un représentant du fonds vautour intervient sur un plateau télé pour critiquer la société en question. Un procédé de prophétie auto-réalisatrice qui permet parfois d’engranger des sommes colossales : pas très moral, mais pas forcément illégal.
Des internautes de Reddit, et plus précisement de la section WallStreetBets – lancée en 2012 dans le but de partager des stratégies de trading pour enrichir ses membres, ont décidé de se positionner contre ces fonds en achetant massivement des actions de GameStop.
L’action est passée de 20 dollars à 492 (jeudi 27 janvier) en moins de deux semaines.
L’espoir de réaliser un gain financier est sans doute une motivation chez certains internautes, mais elle ne saurait tout expliquer. Les forums Reddit et 4chan hébergent une communauté de « trolls » internet - des individus à l’humour douteux provoquant des controverses sur internet, dont une part conséquente est connue pour ses positions nationalistes, réactionnaires ou encore libertariennes (anti-État). En 2016, ils avaient joué un rôle actif pour faire élire Donald Trump, usant de moyens détournés comme des piratages ou des actions virtuelles coordonnées.
La hausse du cours de l’action de GameStop causée par les internautes a créé la panique à WallStreet : pris à leur propre jeu financier, des fonds vautours ont déjà perdu des milliards.
Si l’action monte au lieu de baisser, les fonds vautours qui ont vendu à découvert (traduction française du short-selling) payent la différence afin de couvrir leurs pertes.
La communauté WallStreetBets de Reddit est vite passée de 1,7 million à 6,4 millions d’inscrits (au 29 janvier), provoquant un emballement d’autant plus important pour faire grimper le cours de GameStop et humilier les financiers.
Certains internautes disent n'avoir rien à perdre et vouloir faire la peau aux géants de la finance. Des références au Joker, antihéros marginal et nihiliste de l'univers Batman, sont constamment partagées sur les forums. « It is not about the money, it is about sending them a message » (Ce n'est pas pour l'argent, c'est pour leur envoyer un message) écrivent les trolls boursicoteurs, tirant une réplique du film The Dark Knight : Le Chevalier noir (2008) dans lequel le Joker brûle des montagnes de billets.
https://www.reddit.com/r/wallstreetbets/comments/l6ulcx/its_not_about_the_money_its_about_sending_a/?utm_source=share&utm_medium=web2x&context=3
Montage vidéo posté dans le subreddit WallStreetbets. Reddit, 27 janvier 2021.
Les institutions et le monde de la finance cherchent une réponse
Melvin Capital, l'un des principaux fonds vautours, aurait déjà vu 30 % de son capital disparaitre, si bien qu'il a dû se faire renflouer de 2,75 milliards de dollars par deux autres fonds. La chaine de télévision américaine CNBC, connue pour ses analyses financières, estimait les pertes de tous les fonds à environ 20 milliards de dollars au 29 janvier.
La riposte ne s'est pas faite attendre : Robinhood, et plusieurs autres intermédiaires de courtage - très utilisés par les petits porteurs, suspendaient le 28 janvier les achats des actions GameStop... mais pas les ventes.
Corrélation ou non, le cours de l'action a violemment chuté, allégeant la pression sur certains fonds vautours, dont certains possèdent des parts dans les entreprises de courtage. Melvin Capital a pour maison mère Citadel LLC, fonds qui a financé Robinhood par le passé. De quoi nourrir la méfiance des boursicoteurs.
Pis, la porte-parole de la Maison Blanche annonçait que Janet Yellen, ancienne présidente de la FED et secrétaire d'État au Trésor, surveillait de près la situation. Les internautes, et une partie de la presse, n'ont pas hésité à rappeler que Janet Yellen avait reçu 810 000 dollars de Citadel LLC pour des conférences données ces trois dernières années.
Les actions de GameStop étaient de nouveau accessibles le 29 janvier via ces courtiers, mais à des quantités limitées (le nombre serait variable).
Côté réseaux sociaux, Reddit et Facebook suspendaient temporairement les sections et groupes de boursicoteurs d'où les raids financiers se sont lancés. S'ils ont été vite rétablis, cela n'a fait qu'accentuer le sentiment de manipulation.
Le régulateur financier américain, la Securities and Exchange Commission (SEC), a prévenu qu'il veillait à ce qu'aucune infraction ne fût commise. Des politiques américains ont quant à eux dénoncé des manipulations de marché à la suite de blocages opérés par des courtiers, notamment Robinhood. Fait rarissime, la situation a mis d'accord Ted Cruz, le sénateur ultra-conservateur du Texas, et Alexandria Ocasio-Cortez, représentante de New-York au Congrès et figure de la gauche radicale américaine, sur le réseau social Twitter.
https://twitter.com/tedcruz/status/1354833603943931905?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1354833603943931905%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.npr.org%2F2021%2F01%2F29%2F961703023%2Ffrom-elon-musk-to-aoc-everybody-has-a-tweet-about-gamestop
Traduction : (AOC) « C'est inacceptable. Nous devons en savoir plus au sujet de la décision de Robinhood d'empêcher les petits investisseurs d'acheter des actions pendant que les hedge funds sont libres de les échanger comme ils le souhaitent. En tant que membre du comité des services financiers, je suis favorable à une audience si nécessaire. » (Ted Cruz) « Totalement d'accord. »Twitter, 28 janvier 2021.
Des internautes résolus à faire plier la finance
Les médias américains n'ont pas hésité à comparer cet événement avec l'assaut du Capitole, lancé le 6 janvier par une foule pro-Trump. Chris Cillizzan, analyste politique de CNN, estime qu'il s'agit d'une action anti-establishment. « Il n'y a aucun doute que la révolte populiste a fonctionné dans cette affaire » écrit-il dans un article intitulé Comment le trumpisme explique la flambée de l'action GameStop.
« Nous assistons à la révolution française de la finance », selon Anthony Scaramucci, financier et ancien conseiller de Trump.
Les protagonistes sont, à l'image des utilisateurs des forums Reddit et 4Chan, des hommes jeunes et plutôt énervés. Un internaute cevin_khan, a publié une vidéo montage, dont les sous-titres sont un manifeste pour justifier leur action : « Vous tous, foutus boomers, avez profité de l'âge d'or de l'Amérique, lorsque les lycéens pouvaient travailler pendant un été et acheter une voiture ou qu'un ouvrier d'usine avec un seul revenu pouvait acheter une maison et fonder une famille. Personne de mon âge n'a rien de tel », peut-on lire.
« J'ai joué toutes mes économies parce que, de toute façon, je sais que je ne vais jamais prendre ma retraite. La moitié des gens que je connais dépendent de petits chèques. »
Chamath Palihapitiya, investisseur connu de la Silicon Valley, a déclaré sur CNBC que les boursicoteurs derrière ces mouvements financiers étaient des anonymes parfois aussi bons que les pros. Il a rappelé que la crise de 2008 avait ruiné beaucoup de foyers américains, tandis que WallStreet avait été sauvé par le gouvernement avec l'argent des contribuables. Un événement traumatique pour ces jeunes, qui ont vu leur famille ruinée - et parfois même jetée à la rue, avant des années de galères. Ils prendraient aujourd'hui leur revanche.
Le cours de GameStop a plusieurs fois dévissé pour terminer la session du vendredi 29 janvier à 325 dollars, ce qui reste tout de même supérieur aux 20 dollars du début d'année. De nombreux boursicoteurs se sont enrichis et ont décidé de liquider leur position, mais la plupart revendiquent être des « holders » - c'est-à-dire des personnes conservant l'action pour favoriser son ascension, prêts à refuser d'énormes gains (parfois des centaines de milliers de dollars) tant qu'ils peuvent faire chuter WallStreet.
« Pour tous ceux qui ont été entubé par le système, les élites, les 1 %, pour le manque d'opportunités... je tiens ma position », a justifié un utilisateur de Reddit.
https://www.reddit.com/r/StockMarket/comments/l7372d/hold_the_line/?utm_source=share&utm_medium=web2x&context=3
L'expression « Hold the line » ("tenir la ligne" en français), référence guerrière au film 300 (sur la bataille des Thermopyles) et au film Braveheart (sur la résistance écossaise de William Wallace), est souvent utilisée par les internautes. Reddit, 28 janvier 2021.
Les internautes estiment que les « suits » (costume-cravate en français), un mot pour décrire les élites médiatiques et financières - très présentes à la télé pour critiquer ces actions, font tout pour les décourager et faire baisser le cours de GameStop. Ainsi, ils sont d'autant plus résolus à en découdre : les forums sont remplis de messages invitant les boursicoteurs à conserver leurs actions, voire même à en acheter de nouveau. Les internautes ont également commencé à investir dans d'autres actions comme Nokia, Blackberry ou AMC, cibles des fonds vautours.
« Je risque mon argent avec plaisir. Je n'ai pas la moindre crainte ou inquiétude. Vous êtes peut-être un expert financier, moi je suis un maître de la survie », déclare un internaute.
Enfin, les rebelles ont été galvanisés par les tweets d'Elon Musk soutenant leur action. Le milliardaire, fondateur de Tesla et SpaceX, est connu pour ses critiques à l'égard de la finance, notamment le « short-selling » dont il est lui même la cible régulière. Le 26 janvier, il publiait sur Twitter un lien de la section WallStreetBets, à l'origine de cette révolution, avec le jeu de mot « Gamestonk », composé de GameStop (du nom de l'entreprise de jeux vidéos) et de stonk, un mot d'argot internet épelant mal le mot stock (signifiant action boursière en français), pour ironiser sur le monde de la finance et ses absurdités contemporaines.
https://twitter.com/elonmusk/status/1354174279894642703
Un tweet d'Elon Musk encourageant la flambée du cours de GameStop. Twitter, 26 janvier 2021.
Une guerre qui ne fait que commencer ?
Les premières batailles ont été remportées par les internautes, mais rien n'indique qu'ils remportent leur guerre contre la finance, et plus précisément contre les gros fonds d'investissement. Malgré des pertes de plusieurs milliards, aucun n'a fait faillite à cause de la flambée de GameStop, d'AMC ou d'une autre action. L'histoire n'est pas encore terminée.
Pour Alex Imas, économiste de l'Université de Chicago, il n'y a aucune raison pour que ces raids financiers cessent : « Ce que nous avons vu avec GameStop, ce sont des réseaux comme Reddit qui ont le pouvoir de faire monter plus vite et plus haut des actions et les maintenir à des niveaux élevés plus longtemps. La coordination sur ces plateformes permet que cela se produise ». Des méthodes qui ne seraient nullement illégales (et totalement transparentes).
Louis Rossman, un utilisateur de Reddit interviewé par Yahoo Finance, a déclaré que des milliards avaient été injectés dans le système financier depuis le début de la pandémie, sans que cela ne profite vraiment aux gens normaux. Nombreux à avoir perdu leur emploi, ils auraient pris le temps d'étudier la finance, réalisant que c'est simple comme un jeu (vidéo) : « Il n'y a pas de raison qu'ils ne puissent pas gagner de l'argent si les financiers en gagnent depuis des décennies. »
L’Union européenne à l’épreuve d’une troisième vague de la Covid-19
Le conseil européen se réunit jeudi 21 janvier 2021 par visioconférence. L’objectif principal de cette réunion est de trouver une riposte commune et coordonnée face à une épidémie qui s’intensifie sur le continent européen. C’est une nouvelle fois l’unité des 27 qui est mise à l’épreuve.
Si l’Union européenne dispose désormais d’un vaccin contre la Covid-19, l’augmentation du nombre de cas dans plusieurs pays membres de l’organisation internationale impose aux chefs d’États et aux gouvernements de l’Union de nouvelles concertations.
C’est un message clair qu’a envoyé la commissaire européenne de la Santé Stella Kyriakides lors d’une conférence de presse mercredi 20 janvier 2021 en déclarant que « les vaccinations doivent s’accélérer ».
C’est ici la lenteur de la campagne de vaccination dans plusieurs pays de l’Union, comme la France, qui est mise en cause, comparée aux campagnes de vaccination menées au Royaume-Uni ou en Israël.
À la veille du Conseil européen, la Commission a fixé aux 27 l’objectif de 70% des adultes vaccinés d’ici fin août 2021.

« Nous avons déjà assuré assez de vaccins pour la population entière de l’Union européenne. Nous devons désormais accélérer la campagne de vaccination. » tweet la Présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, en rappelant un objectif de 70% de la population vaccinée d’ici l’été 2021. Un objectif loin d’être atteint pour l’instant. En effet, chaque pays membre de l’UE n’est pas tenu d’acheter les doses de vaccins précommandées par Bruxelles auprès des laboratoires BioNTech/Pfizer et Moderna.
La santé n’étant pas un domaine de compétence exclusif ou partagé de l’Union européenne, il a été difficile pour les 27 États membres de mettre en place une action coordonnée depuis le début de la pandémie. Cependant, l’arrivée de variants du virus issus notamment du Royaume-Uni ou d’Afrique du Sud amène les puissances européennes à s’entendre autour d’une politique commune. Cette réunion par visioconférence voulue par le président du Conseil européen Charles Michel risque d’exacerber les divergences autour d’un contrôle frontalier interne et la mise en place d’un passeport vaccinal européen.
Vers un retour des frontières à l’intérieur de l’Union européenne ?
La question des frontières est un sujet sensible de la politique européenne. Les frontières extérieures de l’Union sont fermées en ce qui concerne les voyages non-essentiels. Seuls les voyageurs de certains pays extérieurs à l’UE peuvent venir sur le territoire d’un État membre. En revanche, les frontières entre les États membres demeurent ouvertes, même si certains gouvernements ont déjà depuis longtemps mis en place des restrictions. Par exemple, l’Italie ou la Belgique réclament la preuve d’un test PCR négatif pour toute personne qui passe la frontière de leur territoire.
Mardi 19 janvier 2021, la chancelière allemande Angela Merkel a fermement déclaré que « si les pays devaient emprunter des voies complètement différentes, ce que je ne vois pas pour le moment mais qui peut aussi être le cas, alors il faut être prêt à l’extrême et dire que nous devons aussi réintroduire les contrôles aux frontières ».
L’instauration d’un « passeport vaccinal » divise
Face à l’arrivée de nouveaux variants du coronavirus sur le territoire des États de l’Union européenne, l’établissement d’un « passeport vaccinal » sera discuté au Conseil européen de ce jeudi 21 janvier. Plusieurs États comme le Danemark et la Hongrie se montrent favorables à la mise en place d’un « passeport vaccinal ». Cette mesure permettrait à celles et ceux qui ont reçu les deux doses de vaccin de pouvoir prendre l’avion ou encore de se rendre dans des lieux culturels. En revanche, d’autres pays comme la France se montrent moins enthousiastes à l’idée d’un « passeport vaccinal » coordonné à l’échelle européenne. Si 62% des Français y sont désormais favorables afin de pouvoir voyager à l’étranger (sondage Ifop du 16 janvier 2021 pour lemon.fr), le ministre de la Santé français Olivier Véran avait assuré le 22 décembre 2020 qu’être vacciné contre la Covid-19 ne serait pas une condition sine qua non « pour prendre les transports en commun » ou pour d’autres activités autorisées dans ce contexte de crise sanitaire. Dans une interview accordée à l’Express, Carine Milcent, chercheuse CNRS au laboratoire Paris Jourdan Sciences Économiques avait exprimé qu’«un passeport d’immunité rendrait, de fait, le vaccin quasi-obligatoire ».
Le conseil européen de ce jeudi 21 janvier 2021 devrait aboutir à la mise en place de mesures communes afin de limiter les conséquences économiques et humaines d’une troisième vague de la Covid-19. En amont, la Commission européenne a déjà prévu la vaccination de 70% des adultes vaccinés d’ici l’été 2021. Mais les retards de livraison des doses vaccinales en Europe annoncés par les laboratoires Pfizer et Astrazeneca pourraient compromettre cet objectif.
Saint Louis, nouveau nom d’une station de métro à … Bangkok !
À l’heure où la France rebaptise les rues de ses villes, éradiquant de la mémoire collective les plus grands noms de l’histoire de France, une station de métro nommée « Saint Louis » s’apprête à ouvrir à Bangkok, en Thaïlande.
Dans quelques semaines, les Thaïlandais inaugureront leur métro aérien. Le choix des stations de métro a retenu un nom français, celui de Saint Louis, roi de France au XIIIe siècle. Pourtant, accusé d’avoir participé aux croisades et d’avoir imposé le port de l’étoile jaune pour les juifs, Saint Louis est presque devenu persona non grata sur le sol français. Mais ce choix s’est imposé par la proximité immédiate de l’hôpital Saint Louis dans ce quartier de Bangkok.

L'hôpital Saint Louis, une oeuvre de charité d'origine française
« Là où se trouve la charité, là aussi est Dieu ». La devise de l’hôpital Saint Louis ne s’intéresse pas à des considérations historiques, mais encourage à l’amour pour les malades et les plus faibles. Depuis plus de 120 ans, l’hôpital tenu par des religieuses continue sa mission de soin de la population.
Lors de sa création en 1898, Mgr Louis Vey, prêtre des Missions Étrangères de Paris, parvient à collecter 250 000 francs et commence à construire un grand hôpital au cœur de la capitale thaïlandaise. Mgr Vey reçoit aussi un don de 100 000 francs de la part de la République laïque, mais l’on ne trouve aucun Français pour s’en offusquer.
Une station Saint Louis pour le quartier Saint Louis
L’hôpital est devenu un symbole dans la capitale thaïlandaise, si bien que lors de sa visite en novembre 2019, le pape François y a fait un arrêt. Il a alors encouragé le personnel soignant à créer une « une pastorale de la santé, où non seulement les patients, mais aussi tous les membres de cette communauté peuvent se sentir accompagnés et soutenus dans leur mission ». Le pape s’est ensuite rendu aux chevets des malades accueillis dans l’hôpital Saint Louis.
https://twitter.com/KTOTV/status/1197162847379316744?s=20
Côté Thaïlandais, les réactions divergent : certains déplorent que le nom choisi ne reflète pas l’identité thaïe, quand d’autres, plus pragmatiques, estiment ce choix logique puisque la station se trouve près de l’école Saint Louis, de la paroisse Saint Louis et de l’hôpital Saint Louis. Le quartier Saint Louis est donc un des signes de l'influence française en Thaïlande, notamment au travers des missionnaires catholiques.
Élections : le vote par correspondance au secours de la démocratie ?
Mardi 19 janvier, l'Assemblée nationale rendait une première décision sur la proposition de loi visant à rétablir le vote par correspondance. Le gouvernement semble encore très réticent à ce sujet.
L’Assemblée nationale a adopté mardi 19 janvier une série de retouches techniques pour les prochaines élections sans pour autant accepter le retour du vote par correspondance. Elle a cependant franchi un premier pas en autorisant cette pratique uniquement pour les détenus. Normalement les détenus doivent demander une autorisation de sortie (très rarement accordée) ou bien avoir recours à une procuration. En mai 2019, un vote par correspondance s’était exceptionnellement déroulé dans les prisons au cours des élections européennes. Une liste virtuelle et unique avait été créée pour les détenus et des espaces de vote avaient été mis en place dans les prisons. Cela avait permis à 5000 détenus de voter. Ce chiffre est quatre fois supérieur au chiffre habituel, en effet, les populations incarcérées se sentent généralement peu concernées par leur citoyenneté et votent très peu. Le chiffre reste très faible par rapport à l’ensemble du nombre de détenus (il y avait environ 50 000 détenus concernés au moment du vote).
Le vote par correspondance, une fausse bonne idée ?
Retour sur le déroulé des événements : au cours de l'été 2020, sous couvert du risque sanitaire, un certain nombre d’élus de droite comme de gauche font une proposition de loi visant à rétablir le vote par correspondance en vue des prochaines élections présidentielles. Les élections départementales et régionales à venir devaient servir de galop d’essai. L’idée est portée par le MoDem, le parti centriste de François Bayrou et allié de la majorité. Cela se passe au lendemain des élections municipales de juin qui se font remarquer par un taux d’abstention record. En raison de la crise sanitaire, une grande majorité d’électeurs n'ose pas se déplacer. La peur du coronavirus est trop forte et les résultats des élections font parfois l'objet de scandales à cause de la surprise qu’ils provoquent. En novembre 2020, la question ressurgit de plein fouet au moment même où se déroule l’élection présidentielle américaine et où un peu moins de la moitié des votes a été effectué par correspondance (environ 70 millions).
Plusieurs élus de tous bords ont donc relancé le débat en novembre forçant le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin à s’exprimer une première fois à ce sujet :
https://twitter.com/LCP/status/1326167320222453760?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1326167320222453760%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.20minutes.fr%2Fpolitique%2F2905555-20201112-regionales-2021-vote-correspondance-peut-faire-retour-france
Le ministre s'oppose donc à ce projet de loi et le confirme quelques jours plus tard dans un autre tweet:
https://twitter.com/GDarmanin/status/1327978572447944711?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1327978572447944711%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.ladepeche.fr%2F2020%2F11%2F23%2Ffaut-il-revenir-au-vote-par-correspondance-9215939.php
Le vote par correspondance ne peut assurer l'anonymat, pourtant essentiel
Le problème du vote par correspondance réside principalement dans sa sincérité. Il est aisé de voter à la place d'un membre de sa famille qui s'abstient. Un électeur ne peut jamais se trouver à l'abri des pressions de son entourage au moment de glisser le bulletin dans l'enveloppe. C'est ce qu'on appelle le poids communautaire auquel l'isoloir devait justement nous soustraire. Rappelons également qu'en 1975, la France s'était débarrassée du vote par correspondance à cause de fraudes massives (Le Monde titrait le 13 novembre 1975 « Pour réduire la fraude électorale, le vote par correspondance est supprimé »). Malgré cela, les députés s’entêtent puisqu'ils ne voient dans le vote par correspondance que le taux de participation record qui a été constaté aux États-Unis. En matière d'abstention, la France bat chaque année son propre record. Le retour du vote par correspondance est donc essentiellement motivé par la peur de l’abstention.
5 slogans pour comprendre la mobilisation étudiante
Mercredi 20 janvier, quelques centaines d’étudiants ont battu le pavé à Paris pour protester contre les cours en ligne et l’absence de mesures pour les soutenir, alors que certains ne sont pas retournés en cours depuis bientôt un an. Tour d’horizon des revendications.
1. « Vidal démission »
La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, est dans le viseur de la manifestation étudiante. Les étudiants estiment que le gouvernement leur fait injustement payer la crise sanitaire. Pour Sonia, étudiante à Nanterre : « Non seulement, les étudiants ne peuvent pas retourner en cours, mais il faut aussi prendre en compte l’incertitude pour le futur, pour trouver un emploi et pour rembourser les milliards que le gouvernement distribue aux activités privées de revenus ».
2. « Tout le monde déteste le distanciel »
Taux de suicide en hausse, explosion du nombre de décrochages scolaires, multiplication des difficultés économiques… Tous les indicateurs sont au rouge pour les étudiants qui clament faire partie d’une « jeunesse sacrifiée ». Devant le Panthéon, symbole de l’Université française, les manifestants respectent une minute de silence en hommage aux étudiants ne pouvant plus supporter la situation actuelle. Les logements précaires des étudiants ne sont en général pas des lieux propices à un bon apprentissage. Trop exigu, trop bruyant, trop sombre… les qualificatifs ne manquent pas pour caractériser les logements étudiants. Les manifestants semblent regretter le temps où ils passaient des heures sur des bancs en bois souvent inconfortables. Nils, étudiant à la manifestation lâche, ironique : « On n'a pas tous les moyens de se réfugier dans une maison de vacances ».
https://twitter.com/CharlesBaudry/status/1351914778357329921?s=20
3. « Y a pas que les CPGE dans la vie, y a les facs aussi »
Les étudiants dénoncent le « deux poids, deux mesures » entre les formes d’enseignement. S’ils sont privés de cours en présentiel depuis fin octobre, ce n’est pas le cas de leurs camarades de Classe Préparatoire aux Grandes Écoles (CPGE) ou de BTS. Ces deux formations dépendent en effet des lycées et les cours y sont donc possibles, dans la même mesure que les cours des lycéens. Certes, les promotions sont souvent plus nombreuses à l’Université, mais les étudiants ne manquent pas de propositions. « Faire des cours en demi-groupes, organiser un roulement entre les différentes années d’étude (1re année la semaine A, 2e année la semaine B…), privilégier les amphithéâtres… L’objectif est que ceux qui le veulent puissent revenir à la faculté, tout en respectant les protocoles sanitaires » propose Éric, étudiant de la Sorbonne.
4. « Rendez-nous nos étudiants »
Le cortège est majoritairement composé de jeunes de 18 à 25 ans, mais certains professeurs font aussi connaître leurs revendications. Mathilde, enseignante à Paris IV, brandit une pancarte où l’on peut lire « Rendez-nous nos étudiants ». Pour elle, la transmission de la connaissance, le cœur de son métier, est véritablement amputé par l’absence de liens avec ses étudiants. Elle est présente pour soutenir ses élèves, qu’elle souhaite revoir ni en visio, ni dans la rue, mais bien dans un amphi.
https://twitter.com/Alexandre5412/status/1350361792095072256?s=20
5. « Facs ouvertes aux enfants d’ouvriers, Facs fermées aux intérêts privés »
Solidaires, le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), l’UNEF étaient parmi les principaux syndicats qui appelaient à manifester ce mercredi 20 janvier. Les étudiants tenaient aussi des drapeaux rouges, siglés « Jeunes Communistes de France ». De nombreux tracts circulaient dénonçant la politique gouvernementale, plus largement que la seule gestion des étudiants pendant la crise. Certaines personnalités politiques, plutôt à gauche de l’échiquier politique, se sont joints au début du cortège, comme Esther Benbassa, sénatrice EELV (Europe Écologie les Verts). À l’Assemblée, le député François Ruffin a lancé un appel le 13 janvier, en demandant au gouvernement de rouvrir les facultés. Mais pour l’instant, ni la mobilisation de rue, ni les appels des députés n’ont décidé le gouvernement à permettre aux étudiants de revenir à l’Université.
La vaccination enfin ouverte aux plus de 75 ans
Depuis trois semaines, des pays étrangers pointent la lenteur de la campagne de vaccination française. Pour pallier les critiques, le gouvernement s'est résolu à simplifier les démarches pour les personnes de plus de 75 ans.
Au 17 janvier, la France annonce plus de 400 000 personnes vaccinées, alors que la plupart de nos voisins européens dépassent largement le million. Notre retard s'explique par le choix de répartir les vaccins dans la population. Les premières doses étaient réservées en priorité aux professionnels de santé ainsi qu’aux sujets à risque. Mais les consignes semblaient si vagues que de nombreuses personnes se croyant concernées se mirent à engorger les centres de vaccination. Pour se rattraper, les autorités ont décidé d'anticiper la phase II du plan de vaccination. 5 millions de Français sont concernés.
Consentement écrit
Annoncée à l’origine pour début février, la phase II a commencé aujourd’hui. Toutes les personnes de plus de 75 ans peuvent prendre rendez-vous pour aller se faire vacciner. Les procédures sont simplifiées pour ne pas renouveler les atermoiements de la première phase. Il faut toujours un consentement écrit. En revanche, la consultation du médecin traitant est désormais facultative pour se faire administrer la première dose du vaccin Pfizer. Les médecins des centres de vaccination disposent d'un questionnaire pour identifier les risques courus par chaque patient.
Une meilleure anticipation
Prendre rendez-vous était possible depuis le 14 janvier. Les sites spécialisés (Doctolib, Maiia et Keldoc) ont mis en place des procédures simplifiées pour aider les personnes âgées dans leur démarche. Le gouvernement a également promis d’ouvrir de nouveaux centres de vaccination. D’ici à la fin du mois, 600 établissements devraient couvrir l’ensemble du territoire national. Chaque personne vaccinée se verra inscrite au « dossier Vaccin Covid », ce qui permettra de compter et de tracer les vaccinations. La deuxième dose doit être reçue au moins trois semaines après la première. La phase III de la vaccination devrait concerner les plus de 65 ans mais les dates comprises entre février et mars sont encore incertaines à ce jour.
Un an après l'affaire Mila : vivons malheureux, vivons cachés
Le Figaro publie une enquête sur Mila ou « la vie clandestine d’une adolescente victime de la haine islamiste ». Il y a un an, cette jeune fille avait vivement critiqué l'islam sur les réseaux sociaux, alors qu'elle répondait aux insultes de plusieurs internautes. Harcelée par des musulmans radicaux, elle vit la peur au ventre et demeure le symbole meurtri de la liberté d'expression.
Tout commence le 18 janvier 2020, lorsque sur Instagram, Mila est victime de propos homophobes. S'ensuit une vidéo virulente où elle affirme détester le Coran : « Il n’y a que de la haine là-dedans, l’islam, c’est de la merde, c’est ce que je pense. » Sa vidéo est rapidement partagée sur les réseaux sociaux. La jeune adolescente devient la cible de milliers de messages d’insultes et de menaces de mort. Abdallah Zekri, délégué général du Conseil français du culte musulman, ajoute même : « Qui sème le vent, récolte la tempête ! » Plus récemment, certains lui prédisaient le même avenir que Samuel Paty. Au total, elle recevra plus de 50000 messages de haine.
Mila, une vie dans la clandestinité
Depuis lors, sa vie a basculé. Après avoir dû quitter son lycée de l’Isère, l'adolescente a appris qu’elle ne pourrait plus suivre ses cours dans le lycée militaire qui l’avait accueillie. Selon l’enquête du Figaro, Mila est aujourd’hui « sous haute protection policière, instruite à domicile ». Pour son avocat, Me Richard Malka, « elle vit comme les gens de Charlie Hebdo, dans la clandestinité ». Alors même que Mila exerce légalement sa liberté d'expression, elle est contrainte de vivre cachée contrairement à ceux qui la menacent. Certains ont été arrêtés, mais l'adolescente continue de recevoir « une trentaine de messages haineux à la minute ».
À cause de cette menace islamiste, la jeune fille voit son rêve de chanter sur scène s’envoler. Dans Je ne veux pas mourir, Mila chante « pour un blasphème je ne vivrai jamais comme avant. À vrai dire je ne sais même pas si je vais vivre encore longtemps ».
Islam et blasphème
Cinq ans après les attentats de Charlie Hebdo, cette affaire relance le débat sur le blasphème en France. Nicole Belloubet, alors garde des Sceaux, ira jusqu’à déclarer que « l'insulte à la religion est évidemment une atteinte à la liberté de conscience », avant de regretter ses propos. Ce discours vient soutenir une tendance inquiétante chez certains jeunes issus de l'immigration. Laurence Croix, maître de conférence à l’Université de Nanterre, constate dans les pages de Charlie Hebdo que « cette année, après l’affaire Mila et le meurtre barbare de Samuel Paty, des jeunes ne comprennent pas que l’on puisse critiquer la religion ».
Le droit au blasphème n'existe plus en France depuis la loi sur la liberté de la presse de 1881. L'adolescente a excercé sa liberté d'expression, comme l'humoriste de France Inter, Frédéric Fromet qui, quelques jours avant Mila, avait entonné Jésus est pédé. Les propos de la jeune fille ne peuvent être poursuivis en justice car elle critique l'islam, et non les musulmans. Ainsi, comme le rappelle Me Malka, Mila « n’a fait qu’exercer son droit à la critique de la religion », à l'instar de Frédéric Fromet, des journalistes de Charlie Hebdo ou encore de Michel Houellebecq.
Malgré tout, Mila ne reçoit pas un soutien unanime, notamment à gauche. Les « Je suis Charlie » de 2015, Ségolène Royal et François Hollande à leur tête, semblent avoir délaissé leurs idéaux. Pendant ce temps, une jeune fille de 16 ans vit dans la peur et sait qu'elle ne retrouvera sûrement jamais une vie normale.
À Paris, des milliers de personnes « marchent pour la vie »
Quelques milliers de manifestants se sont rassemblés place du Trocadéro à 15h dimanche 17 janvier pour la « Marche pour la vie ». 46 ans après la promulgation de la loi Veil, dépénalisant l’avortement sous conditions en 1975, ils s'affirment « pro-vie » et dénoncent le recours abusif à l'interruption volontaire de grossesse.
« La vie est toujours une bonne nouvelle » lance Pascale Morinière, présidente des Associations Catholiques de France depuis un podium situé place du Trocadéro. Des milliers de voix lui répondent par une clameur d’approbation en ce dimanche 17 janvier après-midi. Les manifestants de « la Marche pour la vie » réaffirment leur opposition à l’avortement, comme ils le font depuis 2005.
Les organisateurs ont annoncé 5000 personnes rassemblées sur place et plusieurs milliers sur… Zoom. En effet, suite aux restrictions sanitaires, la manifestation parisienne était doublée d’une manifestation virtuelle. Les militants de toute la France étaient invités à se connecter sur la plateforme, pour suivre les interventions sur le podium et participer ainsi à la « Marche pour la vie ».
https://twitter.com/MarchePourLaVie/status/1350819329126899712?s=20
La loi bioéthique prochainement débattue au Sénat
« Nous marchons pour la vie, car il y a deux propositions de loi qui la menacent actuellement », a expliqué Nicolas Tardy-Joubert, président du mouvement « Marche pour la vie ». En effet, deux textes de lois sont dans le viseur des manifestants. Le premier texte est une proposition de loi de la députée Aurore Gaillot qui permet l’avortement à 14 semaines, au lieu de 12 semaines actuellement. Examiné à partir du 20 janvier, le texte prévoit aussi la suppression de la clause de conscience, permettant au personnel soignant de refuser de pratiquer une interruption médicale de grossesse au nom de la liberté de conscience.
Le second texte est le projet de loi bioéthique, dont le parcours législatif a commencé en septembre 2019 et a été interrompu à cause de la pandémie de coronavirus. Toutefois, ce projet de loi sera examiné le 19 janvier au Sénat, et prévoit l’autorisation de l’avortement pour cause médicale jusqu’au neuvième mois.
https://twitter.com/AlbaneGaillot/status/1349277349687275520?s=20
« Stop aux embryons supprimés », «Non à l'avortement »
250 000 avortements sont réalisés chaque année en France. Un chiffre que ces « marcheurs pour la vie » trouvent scandaleusement élevé. En fin d’après-midi, des manifestants revêtus de sacs poubelles ont arboré des masques de poupons avec le message « bébé avorté = humain à la poubelle ». D’autres portaient des panneaux avec divers slogans : « Protéger le faible, ça c’est fort », « Maman, papa, laissez-moi naître » ou encore « Stop aux embryons supprimés ».
Critiqué comme un rassemblement d’arrière-garde, le cortège de manifestants dénombrait pourtant de nombreux jeunes parmi ses rangs. Plusieurs associations comme « Stop au porno » ou « les Éveilleurs » tenaient des stands pour faire connaître leur action. La fondation Jérôme Lejeune, finançant la recherche pour soigner la trisomie 21, tenait un rôle important, comme principal partenaire de la « Marche pour la Vie ».
Les manifestants tiennent un discours détonnant en affirmant que le droit à l’avortement est un recul de la société. Mais leur but est de réveiller les consciences et de faire bouger les lignes. Objectif réussi ? Un sondage du 7 octobre 2020 montrait que 92% des Français estiment qu’un avortement laisse des « traces psychologiques ». De quoi galvaniser ces militants pro-vie.
En 2022, Molière entrera-t-il au Panthéon ?
Le 15 janvier 1622, naquit Jean-Baptiste Poquelin, alias Molière. L'année prochaine, la France fêtera les quatre cents ans de naissance du dramaturge. Selon Francis Huster, il faut fêter l'anniversaire par l'accueil d'un des Pères de la Langue française au Panthéon.
Le 12 janvier, Francis Huster, sociétaire de la Comédie-Française, écrivit une lettre adressée au Président de la République jointe d'une pétition déjà signée notamment par Stéphane Bern, pour encourager l'intronisation de Molière au Panthéon. En voici un extrait :
"Parce que Molière aura honoré la France en lui offrant depuis quatre siècles d’incomparables moments de rire libérateur, de courage humaniste, de pure tendresse humaine devenus les drapeaux d’âme de notre République, (...) j’ai voulu au nom de tous ceux, par millions depuis quatre siècles dans tous les pays, à travers les continents, qui l’ont aimé et servi, par les milliers de mots de ce texte, officiellement ouvrir la page sur laquelle sera inscrite (...) l’entrée de Molière au Panthéon, à l’occasion du 400e anniversaire de sa naissance, le 15 janvier 2022."
Molière au Panthéon, un symbole national et international
Les gens de culture commencent à se mobiliser pour, finalement, préparer un hommage national sortant de l'ordinaire et rassembler dans la nécropole républicaine les restes d'un Français remarquable. Dans le monde entier, le français est qualifié de "langue de Molière". Dans son dernier livre, Molière mon Dieu, Francis Huster souhaite "rendre justice" au génie du théâtre français. Il continue :
"En France, la statue de Molière n'est même pas devant la Comédie-Française. Si je n'y arrive pas, ce sera l'échec de toute une vie. J'ai de l'admiration pour ceux qui sont entrés au Panthéon, de Zola à Jean Moulin en passant par Simone Veil mais je pense qu'il manque au Panthéon justement la voix du peuple".

Statue en or du Molière, qui récompense tous les ans, les meilleurs acteurs français
Le Panthéon et les hommes de Lettres
Actuellement au Panthéon, il se trouve de nombreuses plaques commémoratives avec des centaines de noms d'écrivains, mais seulement sept tombeaux d'écrivains y sont présents : Voltaire, Rousseau, Resnier, Hugo, Dumas, Zola, Genevoix. La dépouille de Molière repose depuis 1817 au Père Lachaise, avec celle de La Fontaine.

Tombeaux de Molière et de La Fontaine, au Père Lachaise (Paris XXe)
Nombreux sont ceux qui rêvent de voir de nouvelles plumes reposer dans la nécropole : Rimbaud, Verlaine, La Fontaine, Proust... La file d'attente s'allonge peu à peu.
Molière, un Grand Homme ?
Cette initiative fait débat. Il revient au Président de la République de trancher. Il est le seul à détenir le pouvoir, par décret, d'introniser un Français au Panthéon.
Le Président, amoureux des vers de Molière, se laissera peut-être convaincre... En 2005, il en déclamait spontanément des vers par cœur.
https://www.dailymotion.com/video/x37ojnc
Ligue 1 : Canal + rend ses droits TV et réclame un appel d'offres
La peur de l'écran noir à partir du 05 février pour le football français commence à faire surface. En effet, la chaîne Téléfoot ne diffusera plus la Ligue 1 suite à son défaut de paiement auprès de la Ligue de Football Professionnelle. De son côté, Canal+ estime que la L1 est trop chère et va donc rendre ses droits TV actuels.
Les Français commencent à redouter ce fameux 05 février. Cette date pourrait signer la fin de la diffusion des matchs de Ligue 1 et de Ligue 2. En effet, Maxime Saada, le président du directoire du groupe Canal +, a annoncé qu'il allait restituer ses propres droits sur la Ligue 1, à savoir les matchs du samedi à 21h et ceux du dimanche à 17h. De plus, il souhaite et réclame le lancement d'un nouvel appel d'offres pour la totalité des droits TV du championnat de France de football. Selon lui, la Ligue 1 a perdu beaucoup de valeur : « Mediapro a fait la démonstration que la L1 ne valait pas 1,156 milliard d'euros. Côté Canal+, nous pensons que la Ligue 1 est subventionnée depuis de nombreuses années. Aucun diffuseur n'a réussi à la rentabiliser » .
Cette situation exceptionnelle inquiète profondément les présidents de club. En effet, aucune rentrée d'argent ne leur est possible. La crise sanitaire actuelle empêche les clubs d'ouvrir les billetteries et les sponsors n'ont pas envie de payer car aucune communication n'est possible et la visibilité est nulle du fait des huis clos dans les stades. La seule rentrée d'argent pour les clubs Français sont les droits TV…
Téléfoot continuera la diffusion des matchs jusqu'au 31 janvier… ou plus…
Même si Canal+ souhaite le lancement d'un nouvel appel d'offres, le groupe Mediapro, avec sa chaîne Téléfoot, continuera la diffusion des huit matchs jusqu'au 31 janvier même si le groupe sino-espagnol a rendu ses droits à la Ligue de Football Professionnelle (LFP), faute de paiement. Le temps donc de trouver un nouveau diffuseur, Téléfoot assurera les huit matchs jusqu'à la fin du mois.
Seulement, le souhait de Canal+ d'obtenir un appel d'offres sur l'ensemble des droits TV de la Ligue 1 et de la Ligue 2 va prendre beaucoup temps, a minima 3 mois. Il n'est donc pas impossible que la LFP signe un avenant avec la chaîne Téléfoot pour que celle-ci puisse continuer à diffuser au-delà du 31 janvier en attendant qu'un terrain d'entente soit trouvé entre toutes les parties prenantes.
Aucun autre diffuseur en vue ?
L'appel d'offres voulu par Canal+ laisse entrevoir une diminution drastique des droits TV de la Ligue 1. En effet, cet appel d'offres remet tout naturellement en jeu les gains de Médiapro (environ 800 millions d'euros), mais aussi ceux de Canal+ (330 millions d'euros). Seulement, peu de diffuseurs seraient en capacité d'investir autant sur le football français. On pense notamment à des diffuseurs comme RMC Sport, Amazon ou bien même Netflix.
Le football français commence l'année 2021 comme il avait terminé l'année 2020, avec des incertitudes concernant la diffusion du football professionnel.
L'Éducation nationale prise en flagrant délit de discrimination
Le baccalauréat qui était déjà en pleine refonte a subi de nombreuses réformes d'urgence à la suite de la pandémie. Désormais le fameux diplôme s’obtient presque exclusivement en contrôle continu et un grand oral final vient le parachever en fin d’année. Les consignes de notation de cet ultime examen ont suscité de vives réactions après avoir été distribuées aux enseignants.
C’est sur le compte Twitter d’un professeur de philosophie que le scandale éclate : la grille d’évaluation du grand oral est révélée au public. On peut y lire que le ministère de l'Éducation nationale demande de noter des aspects qui se rapportent à la personne et non plus au travail fourni. L’élève se voit ainsi jugé sur sa voix « perçante », « criarde » ou encore « nasillarde » ainsi que sur sa « tenue vestimentaire » et son « déhanchement ».
https://twitter.com/trineor/status/1334079412040593408
https://twitter.com/trineor/status/1334079422584991744
L'Éducation nationale en tort
Pour le professeur de philosophie, la situation est très grave car il s'agit de discrimination. Selon lui, l’Éducation nationale n'a pas à demander aux enseignants d'évaluer sur ce type de critères. Le tollé suscité par cette injonction va finalement aboutir à une refonte de la grille d’évaluation discriminatoire du grand oral. Le tout sera accompagné d’une réécriture des archives par le ministère de l’Éducation nationale pour éviter de laisser des traces gênantes. Aujourd’hui on distribue aux professeurs un tout autre fichier beaucoup plus succinct.
Le grand oral deviendrait discriminant
La grille polémique a donc été reléguée au rang de document de formation et non plus de fiche d’évaluation avant d’être définitivement supprimée car la discrimination y était trop flagrante. C’est finalement la grille québécoise qui vient remplacer le document en tant que « ressource proposée », ce qui signifie qu'elle ne constituera pas une grille d’évaluation mais un document support. On remarque toutefois qu’on peut encore y trouver des propositions de notation sur des aspects qui n’ont rien à voir avec un quelconque travail d’étudiant.
https://twitter.com/trineor/status/1334161969444634624
À moins de croire que les formations déjà effectuées par l’Éducation nationale n’auront aucun impact sur les notations des professeurs, il est légitime de penser que les élèves vont probablement subir des discriminations lors du grand oral. Le doute est largement renforcé lorsqu’on lit le document support québécois. Malheureusement le mal est fait, car c’est bien avec ce support que l’Éducation nationale a déjà formé un grand nombre de ses enseignants.
Sur Twitter, les réactions du professeur de philosophie pointent du doigt l'aspect discriminatoire des consignes d'évaluation :
« Toutes ces petites horreurs sont dans la plus stricte continuité de la transformation progressive des écoles en succursales de recrutement pour les entreprises qui est à l’œuvre depuis des années - mais depuis J-M Blanquer, avec une accélération affolante . »
« Qu’un élève soit avenant, sympathique, souriant, ait de l’humour, on est tous capables d’apprécier cela. […] Mais en faire des compétences exigibles et évaluables, est-ce le rôle de l’école ? »
« Le simple fait qu’on demande à des enseignants d’inspecter si les élèves sourient assez, ne se déhanchent pas, sont assez propres, ne portent pas d’habits courts ou trop moulants, parlent sans accent ou ont de l’humour, me paraît sincèrement effrayant. »
« Dans un État normal, cela devrait suffire à soulever des protestations considérables »
« Ce sont des items transmis par l’Éducation nationale. Beaucoup d’élèves seront donc jugés sur cette base »
La pandémie avait déjà causé de nombreux torts aux élèves en donnant le baccalauréat sur seul contrôle continu. Il reste désormais à attendre le fameux grand oral, supposé rééquilibrer les chances. Mais avec de pareilles consignes, il pourrait bien augmenter encore le fossé entre les « bons » élèves (certifiés conformes) et les autres.












