Clubhouse, l'appli qui monte en politique
Clubhouse est le nouveau réseau social en vogue. Prisé des politiques, il pourrait jouer un rôle dans la campagne présidentielle.
Sur Clubhouse, il n'y a ni texte, ni vidéo. Le réseau social mise tout sur la voix : des conversations sont animées, autour de thèmes ou de personnalités, dans des salons digitaux appelés "room". Mais pour y participer, il faut recevoir l'invitation d'un membre - chaque utilisateur reçoit deux invitations à distribuer, puis il est possible de prendre la parole, uniquement sur autorisation.
Certains internautes se vantent déjà d'avoir échangé avec un artiste ou un ministre. Et pour cause, l'application reste très sélecte en France grâce à son système de cooptation. Mais la donne peut changer : d'ici à 2022, les restrictions sanitaires devraient empêcher toute réunion, meeting ou événement politique d'une certaine ampleur. Clubhouse va bientôt s'ouvrir aux utilisateurs d'Android. Le réseau social pourrait alors se révéler décisif.
Clubhouse, l'appli qui offre du direct
Pour les politiques, les réseaux sociaux offrent un contact direct avec les citoyens. Mais surtout, la censure et l'hystérisation des débats sur Facebook ou Twitter incitent à chercher de nouveaux espaces. Clubhouse est le réseau social rêvé : le ton est libre et la modération n'est assurée que par les administrateurs des salons.
Pour la ministre Marlène Schiappa, c'est une manière "d'avoir des capteurs". Sur RTL, elle a expliqué l'intérêt de l'appli : "Quand vous avez un dialogue direct avec les gens et que les gens vous posent des questions sur tel ou tel sujet, c'est un faisceau d'indices concordants pour comprendre que ce sujet est une préoccupation dans la population..." Ce n'est pas un hasard, si parmi les adeptes de Clubhouse, on trouve également Frank Riester, Clément Beaune, Jean-Baptiste Djebbari ou encore Cédric O.
2022, ligne de mire
La macronie n'est pas seule sur Clubhouse : d'autres politiques sont récemment intervenus, comme Arnaud Montebourg, l'ancien ministre socialiste, ou encore Philippe Olivier, député RN et conseiller de Marine Le Pen. Tous veulent retisser des liens avec les gens, à commencer par leurs propres militants ou sympathisants.
Il est déjà admis que la présidentielle de 2022 sera singulière : non seulement le jeu politique est très ouvert, mais la situation sanitaire ne permet pas de mobiliser ses troupes sur le terrain ni d'enclencher une dynamique électorale. Et c'est précisément la raison pour laquelle Clubhouse, ou même Twitch (réseau de streaming vidéo), connaissent des hausses de popularité fulgurantes. Les politiques cherchent la bonne tribune digitale dans cette jungle du marketing politique.
Nul ne sait quelle plateforme sera la plus populaire en 2022. Ce qui est certain, c'est que Clubhouse est à suivre de près, tant l'appli offre proximité et confiance à ses utilisateurs.
Guerre en Syrie : les media s'informent toujours auprès du très controversé Observatoire syrien des droits de l’homme
Le 15 mars, le conflit international en Syrie entrait dans sa onzième année. En manque de données chiffrées, les agences de presse comme l'AFP, Reuters et Associated Press relaient les informations de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une source pourtant plus que contestable.
Dix ans après son commencement, la guerre en Syrie se solde par au moins par 388 652 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Dans sa dépêche, l'AFP reprend ce chiffre que les rédactions françaises s’empressent de relayer. Aucun media ne parle du peu de fiabilité de cette ONG.
Créé en mai 2006 à Coventry (Royaume-Uni), l'OSDH est dirigé par une seule personne : Rami Abdel Rahmane. Ce Syrien exilé en 2000 est le seul militant du réseau à l'étranger. Il revendique environ 200 contacts sur place.

L’OSDH s'octroie le monopole du comptage de victimes
La quasi-exclusivité des sources d'informations de l’OSDH rend souvent impossible leur vérification. L’Occident refuse de prendre en considération l'agence de presse SANA, organe officiel syrien. En 2012, les États-Unis la placent même sur leur liste noire. Le département du Trésor américain prétextait que la radio-télévision publique syrienne « a servi d'instrument au régime alors que celui-ci mettait en place des attaques de plus en plus barbares contre sa propre population et cherchait à cacher les violences autant qu'à les légitimer » .
Quant au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH), il stoppa le comptage officiel en avril 2014. L'ONU déplore de ne pas pouvoir suffisamment accéder aux zones de conflit et de ne pas disposer de sources fiables sur le terrain.
Ce contexte permit à l'OSDH de devenir « comme une agence de presse » qui « fait l’actualité syrienne » pour la presse internationale, constate Hala Kodmani. La journaliste franco-syrienne explique que « l'OSDH s'est assuré un monopole du comptage des victimes, en s'imposant un peu par rapport aux autres organismes comme le Syrian Network for Human Right (SNFR) et le Violation Documentation Center (VDC) ».
Le manque de fiabilité de l'OSDH
Ignace Leverrier, le fondateur du blog « Un œil sur la Syrie », reprochait en 2014 à l’Observatoire de ne pas indiquer sa méthodologie ni de donner le nom des victimes, contrairement aux autres organismes de comptage. De nombreuses fausses informations répandues par Rami Abdel Rahmane, jamais rectifiées, entachent également la crédibilité de l’OSDH.
Ainsi par exemple, à l'automne 2011, l'OSDH annonce la mort de la jeune Syrienne Zainab al-Hosni, devenue martyre de la répression avant de réapparaître. Également, en février 2014, des victimes civiles syriennes sont identifiées comme combattants islamistes tchéchènes, saoudiens et afghans.
Le financement opaque de l’OSDH
En 2013, Rami Abdel Rahmane affirma dans les colonnes du New York Times qu’il finançait son organisation grâce à « l'argent de ses deux magasins de vêtements, de petites subventions de l’Union européenne, et d’un État européen qu’il n’a pas voulu préciser ».
En 2011, l’OSDH était pourtant placé sur la liste des ONG aidées par le National Endowment for Democracy. Le NED est une fondation privée américaine, financée par le Congrès américain, dont l'objectif déclaré est le renforcement et le progrès des institutions démocratiques à travers le monde.
En 2012, Alain Chouet creusait davantage le sujet dans l'hebdomadaire Marianne. Selon cet ancien chef du service de renseignement de sécurité de la Direction générale des services extérieurs (DGSE), « l’OSDH qui fonctionne sur fonds saoudiens et qataris est en fait une émanation de l’Association des Frères Musulmans et il est dirigé par des militants islamistes dont certains ont autrefois été condamnés pour activisme violent ».
L’Occident se contente des chiffres contestables de l'OSDH
« L'intelligence de l'OSDH, conseillé par les journalistes d'Al-Jazeera, est d'avoir compris que les journalistes occidentaux avaient besoin d'annoncer des chiffres », analyse Fabrice Balanche, chercheur au Washington Institute. La chaîne de télévision qatarienne est réputée pour son militantisme islamiste. Elle s'est largement investie dans la couverture du conflit syrien contre la propagande du régime de Damas au risque elle aussi de travestir la vérité.
Les rapports de l'OSDH sont toujours au service de la propagande anti-Assad. La majorité de la presse française les estime néanmoins fiables, et se contente de préciser sobrement « selon l'OSDH » lorsqu’elle les reprend. Le journaliste du Figaro Étienne Jacob constitue une des rares exceptions, en ajoutant dans un article en 2018 que l'Observatoire est un « organisme proche de l'opposition ».
Combien de temps l'OSDH va-t-il rester la source des media pour traiter le conflit syrien ? Les chiffres qu'il propose ont le mérite d'exister. En revanche, ses biais idéologiques évidents et la récurrence de ses fausses nouvelles devraient attirer l'attention de la presse française. Les journalistes se rendent complices lorsqu'ils se contentent de citer les bilans de l'Observatoire sans les contextualiser.
AstraZeneca : le vaccin aux effets indésirables est suspendu
La France a décidé de suspendre la distribution du vaccin d'AstraZeneca après que 30 cas d’accidents thromboemboliques ont été observés. Cette décision s’inscrit dans une dynamique commune à plusieurs autres pays européens.
Le vaccin anglais avait déjà mauvaise réputation. Produit par le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca et l’université d’Oxford, son efficacité n’était estimée qu’à 70%. Elle diminuait encore pour les plus de 65 ans et se révélait également moins grande face au variant sud-africain. Le gouvernement français aime pourtant ce vaccin pour des raisons évidentes : une dose d’AstraZeneca vaut 1,78€ tandis qu’une dose de Moderna coûte 14,7€ et une de Pfizer coûte 12€ ! Par ailleurs, le stockage est facile puisqu’un simple réfrigérateur entre 2° et 8° suffit à conserver les doses.
Un vaccin aux effets secondaires reconnus
Ce vaccin est le troisième autorisé en France bien qu'il soit le moins utilisé à ce jour. On rapporte 970 cas d'effets secondaires indésirables pour 270000 doses administrées sur le territoire national fin février. Quelques semaines plus tard, trente cas graves (parmi lesquels au moins un décès) sont détectés dans toute l’Europe. Le 11 mars, le Danemark suspend complètement la distribution d'AstraZeneca. Raison invoquée : des cas graves de formation de caillots sanguins chez les personnes vaccinées. La Norvège et l’Islande suivent rapidement. Au même moment, l’Autriche constate le décès d’une infirmière qui avait reçu ce vaccin. Vienne fait interrompre la distribution de tout le lot de vaccins associé à cet accident. Le Luxembourg, la Lettonie, l’Estonie et la Lituanie, également concernés par ce lot, ont tous réagi de la même manière.
Quand les effets secondaires évoluent
En France, l’Agence nationale de la santé publique indiquait qu’aucun lien n’était encore établi entre le vaccin et les caillots sanguins. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) assurait également qu' il "n’y a pas de raison de ne pas l’utiliser". C’est dans ces conditions que le ministre de la santé, Olivier Véran, annonçait encore jeudi 11 mars que la distribution du vaccin AstraZeneca ne serait pas suspendue en France. Quatre jours plus tard, Emmanuel Macron annonce l’inverse : suspension provisoire du vaccin en attendant l’avis de l’agence Européenne des médicaments (EMA). Ce changement de décision subit, auquel le gouvernement a habitué les Français depuis le début de la crise sanitaire, s’inscrit dans une dynamique commune à plusieurs autres pays européens. Les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Irlande ont pris une décision identique au cours du week-end. Le chef de l’État a dit « espérer reprendre vite » la vaccination avec ce sérum « si l’avis de l’autorité européenne le permet ».
Journée du droit de la femme : la collusion de toutes les luttes
Lundi 8 mars, de nombreuses manifestations étaient organisées partout en France, pour célébrer la journée internationale des droits des femmes. A Paris, le cortège parti de Port-Royal ressemblait plus à un méli-mélo de diverses revendications qu’à un cortège de défense des droits des femmes.
« Bas les Masques ! Autodéfense sanitaire et solidaire », le collectif des immigrants en France ou encore le « TJK-F, le mouvement de la femme kurde de France». Voici quelques noms de la cinquantaine d’associations qui appelaient à manifester pour célébrer la journée internationale des droits des femmes. Partie de Port-Royal à 13 heures, à Paris, la manifestation a rassemblé plusieurs milliers de personnes sous de multiples banderoles.
15h40 : l'heure féministe
Intitulée « 1ères de corvées », la manifestation se voulait un hommage à toutes les femmes qui ont lutté contre la pandémie de coronavirus, et dont les manifestants estiment que leur visibilité dans la société est trop faible par rapport à celle des hommes. Deux chiffres pour illustrer le propos : l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes, sans prendre en compte les différents métiers et statuts, est de 25%. C’est comme si chaque jour à partir de 15h40, les femmes travaillaient gratuitement. L’appel de la manifestation invitait chacun, ou plutôt chacune, à faire grève ce 8 mars, et à marquer cet horaire symbolique de 15h40. Ce que n’a pas manqué de faire Elisa Moreno, ministre déléguée de l'Égalité femme-homme.
https://twitter.com/1ElisaMoreno/status/1368934595882844162
Patriarcat-caca et autres revendications féministes
De nombreuses pancartes fustigent le système dit « du patriarcat » et les hommes en général. Une jeune demoiselle brandit par exemple un carton où est inscrit au rouge à lèvres : « Tout le monde déteste les hommes ». Le cortège n'est pourtant pas exclusivement composé de femmes. Martin, manifestant masculin d’une vingtaine d’années témoigne : « C’est important de soutenir ce combat en tant qu’homme blanc, cis-genre, né à Paris. Et puis, dans ma vie de tous les jours, je fais attention à me remettre en question sur les avantages dont je bénéficie en tant qu’homme ». Interrogé sur les pancartes hostiles aux hommes, il botte en touche : « Je ne sais pas si je peux poser un jugement dessus, je pense qu’il faut l’entendre et l’accepter. » Certaines parties du cortège, afin de « protéger les femmes des assauts des hommes », sont d’ailleurs réservées aux seules femmes, sous le nom « d’espaces non mixtes ». Il était préférable de ne pas se tromper de cortège lors de cette mobilisation. Malheur à l’homme qui intégrait un cortège de lesbienne, il se faisait rappeler à l’ordre par…deux hommes. Comme quoi, le patriarcat n’a pas que du mauvais.
https://twitter.com/lotcharlot/status/1368950829378658305
Pour l’égalité salariale, contre la transphobie, pour la reconnaissance des personnes LGBT, contre les « invisibilisations » des femmes, pour la régularisation de tous les sans-papiers, pour les femmes kurdes, contre la répression des Ouïghours, pour la défense des femmes palestiniennes… les sujets de manifestations semblent infinis. Toutefois, pour Océane et Sarah, deux manifestantes interrogées, la première des mesures à prendre pour l’égalité entre les hommes et les femmes est tout simplement l’égalité salariale.
https://twitter.com/LaManifPourTous/status/1368834883297116161
Si le respect des droits des personnes LGBT et la régularisation des migrants faisaient partie des revendications, peu de voix s’élevaient contre les techniques de marchandisation du corps humain, et notamment la gestation pour autrui. La veille, dimanche 7 mars, 268 mariannes de la Manif Pour Tous défendaient elles aussi les droits des femmes, en rappelant leur ferme opposition à la GPA.
Passeport vaccinal : garant de notre liberté à venir ?
La Commission européenne va présenter son projet de passeport vaccinal au cours du mois de mars. Emmanuel Macron avait déjà évoqué la mise en place d’un « pass sanitaire » au mois de février. Comment l’Europe et la France vont-elles mettre ce système en place ?
Le journaliste Christophe Barbier nous prévenait il y a quelques mois : pour aller au restaurant, au cinéma, sortir de chez soi ou voyager, il faudra être vacciné. Devant cette dérive totalitaire, bon nombre de Français avaient exprimé leur angoisse à un gouvernement pétri de contradictions et incapable de rassurer. La fin de la crise ne se profile toujours pas et l’idée a finalement du passeport vaccinal fait son chemin, apparaissant presque comme une solution raisonnable. La question du respect des données personnelles et les impératifs économiques sont au cœur du débat.
Pass ou passeport ? sanitaire ou vaccinal ?
Emmanuel Macron ne voulant pas effrayer parle donc de « pass sanitaire ». Sans doute une façon d’éviter d’associer passeport et vaccination. Le pass serait une condition de réouverture des lieux culturels et des restaurants. Rappelons qu’en France, début mars 2021, moins de 5% de la population a été vaccinée et ce chiffre est identique à l’échelle de l’Europe. Par ailleurs, les Français ont été largement hostiles au vaccin (58% contre, le 3 janvier sur Ouest France) puis majoritairement favorables (56% pour, le 7 janvier sur LCI). Un peu plus tard vers mi-janvier, France 24 annonçait que près de 60% des Français étaient favorables au passeport vaccinal. Les chiffres paraissent peu vraisemblables ou bien révélateurs d’une population aussi perdue que semble l’être son gouvernement.
L’Europe favorable au passeport vaccinal « vert »
La Commission européenne s’intéresse à la question et parle de « passeport vert numérique attestant d’une vaccination » contre la Covid ou de tests négatifs pour voyager plus librement. Les 27 membres de l’UE sont donc d’ores et déjà en train de réfléchir à une norme commune pour ce passeport mais leur motivation demeure économique avant tout. Pour eux, le problème majeur est qu'un pays avec des restrictions plus faibles que les autres attirera fatalement le plus de touristes. Ce qui serait injuste et s’apparenterait à de la concurrence déloyale. À ce jeu-là, le premier pays vacciné remportera toute la mise économique.
Ils se mobilisent pour le patrimoine
Dans les colonnes du Figaro, Stéphane Bern s’inquiète de la destruction du patrimoine français. Selon l’animateur, « nous sommes à la veille d’un désastre si nous ne nous mobilisons pas ». Face à cette situation alarmante, des initiatives privées se multiplient pour sauver notre patrimoine.
Dès 1825, Victor Hugo implorait « d’arrêter le marteau qui mutile la face du pays » (Guerre aux démolisseurs). Malheureusement, cette démolition semble continuer. En décembre 2020 débutait la destruction du pavillon de garde de l’époque de Napoléon III à Saint-Cloud, classé aux monuments historiques. Plus récemment, les pelleteuses se sont attaquées à la chapelle Saint Joseph de Lille, datant du 19e siècle. Ainsi, comme l’écrivait Hugo, « chaque jour, quelque vieux souvenir de la France s’en va avec la pierre sur laquelle il était écrit ». Près d’un quart des monuments historiques protégés dépérissent.
Patrimoine : une restauration par des fonds privés
Face au délitement du patrimoine, associations et particuliers se mobilisent. Hors de question pour eux de laisser s’effriter une part de notre identité. En Anjou, l’association SOS Calvaires, fondée en 1987, connait un second souffle depuis près de deux ans. Menuisiers, maçons et autres artisans mettent leurs talents au service de la sauvegarde de ce patrimoine. Cette association, reconnue d’intérêt général, se donne pour mission de restaurer un calvaire par mois. La demande des propriétaires et des locaux est forte. Comme le rappelle Olivier de Rougé, son vice-président, « les calvaires sont les témoins de la foi de nos ancêtres mais ils font aussi partis du patrimoine local ». L’association connait un véritable succès avec l’afflux de dons et la création d’antennes à Nantes, Rennes et Bordeaux. Ces bénévoles tentent ainsi de préserver une part des racines françaises.
Si l'on veut sauvegarder le patrimoine français, les fonds sont nécessaires. Or au niveau de l’État seuls 3% du budget du Ministère de la Culture y sont alloués. Pour Gilles Carrez (député LR), « les moyens consacrés à l’entretien de notre patrimoine […] sont notoirement insuffisants ». Par conséquent, des initiatives privées, cagnotte en ligne, mécénat, dons et autres collectes de fonds, se multiplient. A l’instar du Loto du Patrimoine porté par Stéphane Bern, les Dartagnans entendent préserver entre autre les trésors français grâce au financement participatif. Ces mousquetaires du patrimoine ont déjà réussi à lever près de 2 millions d’euros pour sauver le château de La Mothe-Chandeniers dans la Vienne.
Les réseaux sociaux au secours du patrimoine
La valorisation du patrimoine passe aussi par les réseaux sociaux. Pierre-Louis Delaunay et Philippe Siffert ont décidé de mettre en avant les plus belles places de France sur Facebook et Instagram. Au moment où le pays se confinait et les lieux culturels fermaient, les deux étudiants ont créé la page Patriotvisor, qui rassemble à ce jour près de 10 000 abonnés sur Facebook. Ils organisent régulièrement des concours : de la plus belle cathédrale, du plus beau monument et très bientôt de la plus belle mairie de France. Chaque tournoi est l’occasion de faire découvrir des monuments, des régions ou encore des traditions méconnues. Pour Pierre-Louis Delaunay, le patrimoine « est un témoignage du passé qui est fait pour nous enseigner l’histoire de notre pays, pas pour prendre la poussière ». Grâce à Patriotvisor, ces deux amoureux de la France font voyager leurs abonnés parmi les plus belles richesses du pays.
Avec 45 merveilles classées au patrimoine mondial de l’Unesco, plus de 45 000 châteaux et plus de 100 000 églises, la France a donc besoin de ces initiatives privées pour préserver l’ensemble de ces richesses qui font rayonner le pays au-delà de ses frontières et qui témoignent de son identité.
Censure : Big Facebook is watching you
Big Brother is watching you, mais pas seulement. De plus en plus, Big Brother, ou plutôt Facebook, façonne la réalité autorisée, non plus seulement par des algorithmes, mais par une censure presque aveugle tant elle est ciblée.
Le lendemain de la manifestation contre la dissolution de Génération Identitaire, mouvement proche du Rassemblement National, Facebook censure les pages de Jordan Bardella, député européen, et de Marion Maréchal.
Plus que les pages, Facebook censure les mots
La censure des pages de personnalités devient presque habituelle. Au lendemain de la prise de pouvoir de Joe Biden à la présidence des États-Unis, Twitter supprime la page de Donald Trump. La purge touche également des centaines de sympathisants. Alors, après tout, quoi de nouveau ? Facebook confirme simplement que certains n'ont, chez lui, pas droit à la parole.
En réalité, dans l'affaire des pages censurées Jordan Bardella et Marion Maréchal, ce ne sont pas les personnes qui sont ciblées, mais les mots qu'elles utilisent. Le mot incriminé ? "Génération Identitaire". Facebook s'octroie désormais la possibilité de bloquer les comptes de ceux qui utilisent les mots interdits : "Je serai demain à la manifestation pour Génération Identitaire" ou "Génération Identitaire c'est tous des fachos" en passant par "Vous avez des informations sur Génération Identitaire ? C'est pour un exposé". Les messages codés et les périphrases ont de beaux jours devant eux. On ne peut pas en dire autant de la liberté d'expression.
Comment Facebook détruit son avenir par la censure
Au fond, les choix de Facebook et Twitter regardent leurs PDG. Les entreprises américaines sont libres de leurs actes, tant qu’elles en informent leurs usagers et que ces actes respectent les lois. Les conditions d'utilisation que personne ne lit auraient bien pu mettre la puce à l'oreille aux utilisateurs. « Nous développons des systèmes automatisés pour améliorer notre capacité à détecter et à supprimer les activités abusives et dangereuses qui pourraient porter atteinte à notre communauté et à l’intégrité de nos produits », peut-on lire dans les termes d’utilisation. Une formulation aux nombreuses interprétations. Reste à créer un réseau social tout aussi performant où les idées seraient accueillies sans distinction, et à boycotter les entreprises dont les comportements ne nous conviendraient pas.
Justement, le déferlement de téléchargements de Signal, Gab et Parler après la censure de Donald Trump montrait les conséquences de cette pratique. Manifestement, l’hémorragie d'abonnés ne gêne pas Facebook. Cette perte est pourtant synonyme de perte de revenus, de perte d'influence, de perte de contrôle. Peut-être ces conséquences sont-elles acceptées par le réseau, qui préfère perdre des usagers mais servir ses intérêts. La censure de pages et de mots façonne une nouvelle réalité, où Génération Identitaire et Donald Trump n'existent pas. Un monde où leurs idées ne se répandent qu'en privé, ou pas du tout. La création de ce nouveau monde vaut peut-être, pour Facebook, la perte d'abonnés.
A Paris, manifestation contre la dissolution de Génération identitaire
Ce samedi 20 février se tenait une manifestation contre la dissolution de Génération identitaire à Paris. Quelques centaines de personnes manifestaient pour manifester leur soutien à l’association et à la liberté d’expression.
« On est chez nous », le slogan de GI résonne sur toute la place Denfert-Rochereau dans le 14è arrondissement de Paris. Après la décision du ministre de l’Intérieur de dissoudre Génération identitaire le 14 février, environ 1500 militants ont rappliqué de toute la France pour contester cette décision.
Pour rappel, le ministre de l'Intérieur a engagé la procédure de dissolution de Génération identitaire à la suite de l'action menée par le mouvement le 19 janvier. Ce jour-là, un groupe de militants protestait dans les Pyrénées contre l'absence de contrôles aux frontières. « Scandalisé», Gérald Darmanin avait annoncé qu’il envisageait la dissolution de ce mouvement dans la foulée.
Un condensé des angoisses actuelles
Si de nombreuses personnes soutiennent Génération identitaire, beaucoup viennent aussi exprimer leurs craintes et leurs inquiétudes. « Je pense que le peuple français va suivre Génération identitaire. La masse des Français dormants commence à comprendre que la situation est grave », confie Georges, 58 ans. Un constat que partage aussi Thierry : « Je suis ici parce que je suis un patriote, un ultra-nationaliste, si on dissout Génération identitaire, demain toute association pourra être dissoute pour n’importe quel motif », déplore-t-il.
Parmi les manifestants, on retrouve de nombreux jeunes, comme Elisabeth : « Les valeurs qu’ils promeuvent me sont chères. Thaïs d’Escufon, [porte-parole de Génération identitaire, NDLR] est courageuse de militer pour l’identité française. » D’autres viennent avec des raisons encore plus larges : « Je suis ici, principalement pour soutenir la France », affirme Martin, 18 ans. « La culture française est gravement mise en danger par l’immigration », nous souffle Géraldine, mécanicienne de 19 ans.
De nombreuses personnalités politiques mais aucune du RN
Dans le cortège, de nombreuses personnalités politiques apportent leur soutien à Génération identitaire. « La seule dissolution qu’on aimerait prononcer aujourd’hui, ça serait celle de l’Assemblée nationale », s’est indigné Florian Philippot, ancien cadre du RN et actuel président du parti Les Patriotes. « Je suis venu d’ailleurs mais je suis devenu d’ici. Génération identitaire, comme tous les mouvements nationaux et patriotes français, accueille en son sein tous ceux qui ont la France chevillée au corps », a déclaré Jean Messiha, lui aussi, ancien membre du RN.
Hormis les anciens piliers du RN, Jean-Frédéric Poisson, candidat à la primaire de la droite en 2016, et président du parti VIA, la voie du peuple, était présent. « Les Etats musulmans ont décidé d’engager une action commune visant à installer la charria en Europe », a alerté l’homme politique. Le milieu associatif s’est aussi mobilisé durant cette manifestation, comme l’organisation Résistance Républicaine. « Une association qui se bat contre l’islam », selon Christine Tasin, sa présidente. Interrogée par L’Info Déchainée, elle confesse : « Je soutiens des gens qui, comme moi, se battent pour que l’identité de notre pays ne soit pas changée. »
Un combat que mène aussi le Rassemblement national. Malgré l’indignation suscitée par la dissolution de Génération identitaire, aucun membre éminent du parti de Marine Le Pen n’était présent. Comme l’a révélé le journaliste Charles Sapin du Figaro, la direction du RN estimait que la présence du parti « n’est pas vraiment utile ». « Les manifestations c’est pas notre truc », selon un cadre du RN. Un absentéisme qui n’a pas laissé indifférent certains participants : « Je regrette que certaines personnalités brillent par leur absence », a souligné Jean Messiha. « Ceux qui ne se lèvent pas pour dénoncer cette dissolution, s’en mordront les doigts », a asséné Florian Philippot visant le RN sans le citer.
Des échauffourées en marge de la manifestation
A quelques centaines de mètres de la place Denfert-Rochereau, se tenait une contre-manifestation interdite par la Préfecture de police qui rassemblait une centaine de militants d’extrême-gauche. Aux alentours de 16 heures, des rixes ont éclaté entre militants des deux bords. Dans la cohue, un membre du service d’ordre est tombé au sol, puis a été tabassé par les opposants à Génération identitaire. Toutefois, ces accrochages se sont vite estompés. Les gendarmes et les policiers, venus en nombre, ont rapidement rétabli le calme au sein des manifestants.
Des combats qu’avaient anticipé certains comme Gaetan, 26 ans, arrivé avec deux paires de chaussures : des baskets aux pieds, et des rangers ( des bottes notamment utilisées dans l’armée) dans le sac « au cas où ça dérape », nous confie le jeune homme. Certains avaient opté pour des gants coqués, « pour casser de la gueule d’antifas », selon un autre, goguenard.
« Il y a une forte chance que Génération identitaire soit dissous »
Malgré un optimisme de circonstance, la confiance dans la justice française ne règne pas. Sollicitée au cours de la manifestation par L’Info Déchainée, Thaïs d’Escufon, porte-parole de Génération identitaire se désole : « Il peut exister une justice politique. De ce fait, nous avons conscience qu’il y a une forte chance que Génération identitaire soit dissous. Néanmoins, le combat que nous menons ne s’arrête pas à notre organisation. Tant qu’il y aura de l’immigration massive, nous continuerons à nous interposer. »
Une position qui se lisait sur de nombreuses pancartes. A l'effigie d'un roi de France, d'un poilu, de Jeanne d'Arc ou d'un gaulois, on y lisait : « Et moi vous allez me dissoudre ? » En d'autres termes : « On peut dissoudre une association qui porte des valeurs, mais pas les gens qui les défendent », selon Christine Tasin. Chez de nombreux manifestants, l’ardeur anti-immigration ne se limite pas au militantisme de Génération identitaire, et continuera que l’association soit dissoute ou non. Dans le domaine de la droite nationaliste, il existe un précédent. Le mouvement Bastion social avait été dissous le 24 avril 2019 en Conseil des ministres. La même année, il réapparaissait sous la forme d’antennes locales décentralisées. Un exemple que Génération identitaire pourrait suivre.
Le Cours des Frères Montgolfier : école hors-contrat mais pas hors-système
Une école "innovante et inspirante" vient d'ouvrir ses portes à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis). Depuis janvier 2020, le Cours des Frères Montgolfier accueille "des enfants atypiques en décrochage dans le système scolaire classique". Cet établissement hors-contrat se distingue par sa pédagogie personnalisée et son enracinement local.
Ici, on lève d'abord les yeux aux ciel. Au Cours des Frères Montgolfier, les élèves sont des "équipiers", les professeurs des "pilotes", les assistants des "seconds". Quant au directeur, on l'appelle l’"aérostier". Chaque classe regroupe deux niveaux : CP et CE1 forment la pelouse ; CE2 et CM1 la nacelle ; CM2 et 6e le foyer ; enfin 5e et 4e le ballon. Tous, de l'élève au directeur, portent l'uniforme : un pantalon beige et un pull à capuche bleu ciel sur lequel est écrit leur nom.
L'école accueille 32 élèves et en vise 64, soit huit par niveau. L’inscription répond à une nécessité, celle de l'inclusion de l'enfant ne pouvant pas continuer sa scolarité dans l’enseignement classique. Notamment parce qu'il est « dys » (pour dyslexique) avec des troubles spécifiques du langage et de l’apprentissage. Il peut être intellectuellement précoce ou souffrir de troubles de l’attention. Le second cas de figure, c'est l'enfant issu de l'instruction à domicile.
Le maître-mot : s'adapter aux besoins de l'élève
Le Cours des Frères Montgolfier assure aux élèves une pédagogie adaptée, dans une classe à l'effectif réduit et gérée chacune par deux professeurs. Ici, « le programme attend l’enfant. Tout débute à partir de lui et de son besoin », vante le directeur, Albéric de Serrant, un nom bien connu des milieux hors-contrat. Ce suivi personnalisé inclut la transmission du socle commun de compétences, conforme aux directives de l’Éducation nationale.
Le fondateur de l’école insiste sur la confrontation au réel. En plus des travaux pratiques réguliers, les élèves font des sorties ou accueillent un intervenant tous les vendredis après-midi. Le hors-contrat permet de s'organiser librement. Il faut savoir que toutes les écoles privées nouvellement créées restent sous ce statut pour cinq ans. Passé ce délai, elles peuvent choisir de le conserver ou non.
Participer à la dynamique locale
Les élèves ne resteront pas toute leur scolarité au Cours. Arrivés en 3e, ils rejoindront les établissements publics ou privés sous-contrat. L’examen d’admission sera alors plus facile que pour l'entrée en seconde. Il ne s'agit pas de se substituer à l’Éducation nationale ou de lui faire concurrence mais bien d’y amener les élèves après les avoir fait suffisamment grandir.
Pour Albéric de Serrant, « toutes les autorités doivent comprendre que nous sommes apolitiques, aconfessionnels, et que nous nous inscrivons dans une dynamique locale ». L'école se présente comme partenaire des établissements classiques. Elle appartient à la structure du Futé, espace de cotravail et incubateur dont pourront aussi profiter ses professeurs, éducateurs et parents d’élèves.
Avant d'ouvrir son école, Albéric de Serrant avait demandé l'accord du curé de Noisy-le-Grand « pour ne pas court-circuiter son élan pastoral ». « Pour autant, ajoute-t-il, j’ai l’imam de la ville qui est père d’enfants chez moi ; cela montre une vraie cohérence d’accueil ».
La légitimité du hors-contrat
En définitive, donner une légitimité au hors-contrat, c'est tout l’enjeu du Cours des Frères Montgolfier. Albéric de Serrant le soutient avec conviction : « Il est intelligent, parce qu’il n’est pas une fuite, une anarchie, ou un îlot d’intégrisme mais véritablement une pièce du puzzle qui travaille la complémentarité. »
À l’avenir, deux autres Cours verront le jour à Paris et à Meaux (Seine-et-Marne). L'aérostier estime suffisant d'avoir ainsi trois écoles pilotes, chacune dans un contexte différent : centre-ville, banlieue et rural. « Nous ne sommes pas là pour nous implanter, mais pour être des moteurs de création », s'écrie-t-il. « Des gens développeront sûrement notre pédagogie à travers leurs propres écoles, et nous dépasseront. Tant mieux ! »
La méthode Gueuleton : cette autre manière de chanter la France
Le succès de la série Gueuleton, parmi d’autres concepts du même acabit, témoigne de la réelle aspiration de la jeunesse à renouer d’un héritage que beaucoup croyaient en berne. L’art de vivre à la française semble reprendre la place que lui devait son caractère unique. L’excellence du terroir, l’exaltation de la franche camaraderie, sont de retour sous les feux des projecteurs. Malgré une absence totale de messages ouvertement politiques, il est possible d’y voir une continuation du combat culturel par d’autres moyens.
Il y a maintenant six ans que Vincent Bernard-Comparat et Arthur Edange ont publié le premier épisode de leur websérie « Terroirs de Gueuletons », un concept dont il n’est rien de moins naturel et évident. Armés d’une sincère gaieté de vivre, d’un appétit franc, et d’une profonde passion pour le terroir, ils promènent leur 2CV dans les coins les plus délaissés de France pour y promouvoir le savoir-faire et l’art de vivre qui parfument encore ces campagnes isolées. Bien loin des studios de Cnews, des antennes de Sud Radio, des bureaux du Figaro, par-delà le périphérique et la banlieue parisienne, en des régions que jadis l’on nomma le « pays réel », ces deux amis ont décidé de défendre leur héritage d’une façon aussi simple qu’originale, avec certes moins d’arguments chiffrés et de longs discours, mais non sans une efficacité certaine.
Si leur aventure commune est née lorsqu’ils ont créé leur restaurant à Agen en 2013, c’est véritablement ladite série, à suivre sur YouTube et Facebook, qui leur a assuré un premier succès. Aujourd’hui, ils peuvent se targuer de chiffres édifiants. 110 000 abonnés YouTube les regardent festoyer en compagnie non exhaustive d’éleveurs de poulets et de canards, de bouilleurs de crus, distillateurs de spiritueux ou encore de chasseurs de palombes, le tout dans des vidéos totalisant plus de 10 millions de vues. Sur Facebook, ils ont récemment dépassé le demi-million d’abonnés. Comme en témoignent les innombrables commentaires reconnaissants sous leurs vidéos, c’est à travers eux que beaucoup de jeunes français redécouvrent un pan de la culture dont ils avaient été coupés par la vie citadine et l’hégémonie des fast-foods : « Chaque vidéo est un coup de pied au cul contre la malbouffe et la morosité de ce XXIeme siècle ! Bravo et continuez ! », « Merci encore j'ai découvert votre chaine il y a environ un mois, et c'est pour un moi un véritable trésor... Je pensais que cette France avait disparu, et le fait de voir des gens, aimer, perpétuer la culture et le terroir français, ça me touche énormément ! Ne changez rien ! ». Mieux, ils font renaître un véritable regain d’intérêt pour la ruralité, plus tranquille, sincère et enracinée, qui peut constituer un idéal pour une jeunesse en quête de sens et de valeurs. Sans ouvertement délivrer de message politique, leurs productions renouent avec une partie du génie français peu abordée dans les médias classiques. Un génie avant tout gastronomique, mais qui naît dans l’excellence de l’élevage et de la culture nationale, et s’étend jusqu’à l’esprit de convivialité et de camaraderie assez unique au monde, dans lequel baigne ces hommes des temps anciens. Occitans, corses, bretons, … les identités régionales s’érigent toutes fièrement pour former ensemble l’entière richesse du patrimoine national.
L'éloge du "Bon vivant"
C’est aussi une reconnexion avec la splendeur des territoires de France qui s’opère à travers les expéditions des deux compères. Des côtes bretonnes aux prairies du Lot, des marais salins de Noirmoutier aux vignes de Cognac, les plans de vue filmés par drone mettent à l’honneur l’incroyable diversité dont notre terre est douée. Mais ce qui fait surtout le succès la chaîne, c’est bien l’esprit de fête qui habite chacun des épisodes. Quel que soit le produit découvert ou la bourgade élue, les personnages qui apparaissent à l’écran ont en commun l’art de savourer le moment présent, autour de chants et de mets finement sculptés par les traditions locales. Arthur et Vincent, conscient de leur force, ont voulu pleinement exploiter son potentiel en l’explicitant par une expression bien franchouillarde, le « bon vivant ». Leurs deux vidéos les plus vues : une chanson du même nom, avec le groupe Trottoirs d’en face, et un repas fameux en compagnie de l’humoriste Jason Chicandier, lui aussi ambassadeur de l’esprit « bon vivant » dans une brasserie parisienne du nom de… Bon vivant.
Loin de vouloir la cantonner aux seuls réseaux sociaux, la marque Gueuleton s’est toujours attachée à se diversifier et à prendre corps dans la réalité. Quoi de plus normal pour un tel éloge de la bonne chère ? Du premier restaurant ouvert à Agen, il en est né neuf autres depuis 2016, tous pratiquement dans le Sud-Ouest, cela en plus de proposer des services de traiteur partout en France. Mais, jamais rassasiés, les fondateurs de Gueuleton ont une multitude d’autres activités, tels l’élevage de porcs noirs de Bigorre, une boutique en ligne joliment garnie, la création en cours d’une distillerie, et surtout, le lancement fin 2020 de Gueuleton Magazine : un trimestriel dans le prolongement de la série, dont le dernier numéro en date a consacré sa Une au pâté en croûte.
Un rôle à jouer dans la défense culturelle de la France
Au-delà du caractère trivial et sympathique qui se dégage en premier lieu de Gueuleton, la chaîne se démarque par sa capacité à prendre place dans le combat culturel pour la défense de l’héritage national. Ceci non en opposition, mais bien en complément des débats politico-intellectuels des médias mainstream, dont la morosité et la routine rebutent une grande partie de la population. En déplaçant la lutte sur un terrain bien plus consensuel, la promotion du terroir et de la festivité, ceux qu’il faut désormais appeler les bons vivants, persuadent en 3 minutes de vidéos des personnes qu’il aurait fallu convaincre en plusieurs heures de raisonnements plus complexes. Aussi, ils rappellent que lesdits raisonnements complexes n’ont de valeur que dans la mesure où ils finissent par s’incarner et prendre chair dans le quotidien, sans quoi ils ne seraient que des paroles trop légères pour peser dans un débat.
Aujourd’hui, une réelle tendance s’est développée autour de cette nécessité d’incarner et de louer l’art de vivre à la française. C’est meilleur quand c’est bon, une série elle aussi vouée à découvrir des recettes et des établissements authentiques à travers le pays ; BENCH&CIGARS, une chaîne YouTube tenue par Baptiste Marchais, recordman de France de développé couché qui s’est fait connaître grâce à ses gargantuesques « Repas de seigneurs » à base de viandes et de fromages produits de manière artisanale : enfin, Neo, un média type Brut engagé sur la voie de l’enracinement et de la promotion du patrimoine français. Tous ont compris que bien des jeunes, peu convaincus par la fibre Konbini, aspirent à retrouver l’amour qu’on leur a fait perdre pour leur histoire, leur génie, pour leur pays.
Sale temps pour le mariage, concurrencé par le Pacs, laminé par le Covid
Le nombre de mariage est en chute libre, selon une dernière étude de l’INSEE.
225000 mariages en 2019. Vu comme ça, on se dit que ce n'est pas mal. En fait, c'est tout le contraire : ramené à la croissance démographique, le nombre de mariages ne fait que diminuer. En 1958, on comptait 300000 unions pour... 45 millions d'habitants ! Soixante ans plus tard, la courbe ci-dessous parle d'elle-même :

Figurez-vous que le nombre de mariages est aujourd'hui comparable au nombre de Pacs (200000 en 2018) !
Estival et festif
« Le mariage devient de plus en plus synonyme de fête, davantage qu’une obligation pour entrer dans la vie de couple », note l'INSEE. Ce changement d'état d'esprit fait évoluer l'événement lui-même. Au XIXe siècle, la plupart des mariages se célébraient en hiver car la France, à l’époque rurale, ne pouvait s’absenter pendant les moissons. En 2019, 3/5 des mariages eurent lieu pendant la saison estivale, de juin à septembre. Cette tendance s'affirme depuis les années soixante. Elle fait écho à la démocratisation des congés payés. Un mariage, dans 85% des cas, est scellé un samedi.
« Alors que la nature nous impose, tout au moins partiellement, la date d’une naissance ou d’une mort, elle nous permet de choisir celle d’un mariage »
Jean Bourgeois, 1946
Une tradition qui se perd… ou évolue
Cette étude permet de savoir que 40000 divorcés se remarièrent en 2019, ainsi que 2500 veufs. Il y eut aussi plus de 6000 mariages dits « homosexuels ». Les données révèlent que les mariages contractualisent autant de couples déjà installés que de célibataires qui changent d’état de vie. On se marie de plus en plus tard, surtout entre 30 et 50 ans.

Un autre chiffe retient l'attention : près de 40000 mariages sont mixtes, c'est-à-dire que l'union concerne un Français et un ressortissant étranger.
L’année 2020 risque d'être un cru exécrable pour les statistiques du mariage, Covid oblige. Une question se pose à présent : la courbe remontera-t-elle après les phénomènes inédits du confinement obligatoire et de la distanciation sociale forcée ?
Loi bioéthique : le Sénat rejette la PMA sans père
Le Sénat a donc exclu en deuxième lecture l’article phare de la loi bioéthique ouvrant l’accès à la PMA (procréation médicalement assistée) aux femmes célibataires et aux couples lesbiens. Un projet de loi clivant adopté dans la cacophonie.
L’examen en deuxième lecture de la loi bioéthique ne s’est pas passé sans heurts au Sénat, début février. 132 voix contre, 48 pour, 152 abstentions. L’hémicycle à majorité de droite a rejeté l’article 1 de la loi, mesure emblématique ouvrant la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes. Une décision choc qui n’a pas manqué de surprendre les parlementaires. Le Sénat avait en effet validé en première lecture cet article du projet de loi mais avait exclu le remboursement par la Sécurité sociale au motif qu'elle est réservée aux soins liés à des pathologies et ne saurait être étendue à une prestation de service pour des femmes naturellement fécondes.
Le texte se trouve donc en pleine navette parlementaire. En octobre 2019, l’Assemblée nationale l'avait voté en première lecture, suivie par le Sénat en février 2020. En juillet 2020, l’Assemblée l'a adopté en deuxième lecture, et en février 2021, le Sénat vient de voter le projet de loi mais a fortement modulé ses positions d’origine.
Autour de la PMA : conservation des gamètes et accès aux origines
Outre l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, le texte a également subi d’autres amendements comme la chaotique suppression de la PMA post-mortem.
Les sénateurs ont aussi retiré la possibilité pour les femmes d'une autoconservation de leurs ovocytes sans raison médicale.
Par ailleurs, ils préconisent de demander l’accord du donneur pour que les enfants nés d’un don puissent avoir accès à leurs origines biologiques. L’accès des enfants à leur filiation naturelle serait ainsi laissé au bon vouloir du donneur, là où le texte initial permettait aux enfants d’accéder à l’identité de leur donneur à leur majorité. Adrien Taquet, secrétaire d’État en charge de l'Enfance et des Familles, a ainsi regretté que les députés réduisent ces enfants à des « objets de droits » plutôt qu’à « des sujets de droit » avalisant de fait l'hypothèse très inflammable du « droit à l’enfant ».
Parmi les autres corrections suggérées, le Sénat a inscrit un système d’« adoption accélérée » permettant d’établir la filiation juridique de la mère d’intention (celle qui n’a pas accouché) avec l’enfant. Or cette disposition de l’article 4 a été votée par le Sénat qui a un peu plus tôt rejeté l’article 1 légalisant la « PMA pour toutes ». Une situation jugée "ubuesque" par les sénateurs sommés malgré tout de se prononcer en dépit de toute logique.
GPA, recherche sur l'embryon et avortement
Afin de renforcer l’interdiction de la GPA (gestation pour autrui), la Chambre haute a prohibé la retranscription complète à l’état civil français d’un acte de naissance étranger d’un enfant né de mère porteuse. En d'autres termes, lorsque deux hommes commanditaires d'une GPA sont reconnus légalement comme les parents de l'enfant dans son pays de naissance, cette filiation juridique ne serait pas établie en France. Le Sénat espère ainsi entériner le refus catégorique du commerce d'utérus.
Concernant le volet de la recherche, les sénateurs ont interdit la création d’embryons chimériques homme-animal et d’embryons transgéniques.
Enfin, ils ont supprimé la clause de « détresse psychosociale » qui visait à autoriser l’avortement jusqu’à neuf mois de grossesse.
Et maintenant, quelle suite pour la loi bioéthique ?
Dans plusieurs semaines, sept sénateurs et sept députés se réuniront en CMP (commission mixte paritaire) pour tenter de trouver un terrain d’entente.
La CMP est une étape du processus législatif prévue par la Constitution. Elle est chargée de trouver un compromis entre l'Assemblée nationale et le Sénat en cas de désaccord persistant dans l’élaboration d’une loi.
En cas d’échec, le projet de loi bioéthique sera examiné au printemps prochain une troisième fois par l‘Assemblée nationale qui aura alors le dernier mot. En attendant, les organisateurs des manifestations anti-PMA et GPA, qui ont réussi à mobiliser leurs troupes un peu partout en France juste avant l’examen du texte par le Sénat et malgré la pandémie, se félicitent du "coup d'arrêt pour la PMA sans père et la GPA".












